même série que la précédente
l'uniformité des "raku-orange" les rend trop 2D (les kuro ont un aspect trou noir qui leur donne une 3D voire une 4D) : leur paroi comme des murs. les ramène à des contenants.
il faut les habiller. tentative avec des calligraphies au shirogesho en utilisant différents moyens : le verseur à ketchup du hyaku-en shop, des éponges découpées de différentes largeurs, un pinceau
et un tracé dessiné au crayon 2B à partir d'une forme de 玄 découpé dans un plastique souple.
grande surprise : à 1020 avec l'émail transparent 900° le graphite (le tracé était pourtant très léger) est resté (je pensais qu'il allait disparaître à la cuisson).
le résultat final est moche.
seul le shirogesho calligraphié au verseur à ketchup, suffisamment épais, donne un résultat contrasté qui se tient mais l'épaisseur du trait est trop fine. effet un peu trop "le jeune spiderman est passé par là".
j'avais effacé au papier de verre une partie des grosses zones calligraphiées à l'éponge : quand l'épaisseur du shirogesho est trop superficielle, elle fond dans l'émail transparent. résultat insatisfaisant
cette expérience s'est combinée avec le grand choc de janvier lors de la découverte des dictionnaires de tatouage marquisien.
si mes chawans sont des visages alors toute décoration est un tatouage.
l'échec des calligraphies de cette cuisson m'a permis de formuler ce que je ressens comme ma seconde grande intuition céramique (après celle, initiale, liant chôjirô et le gyosho de ôgishi) : le tatouage ne peut en aucun cas être attribuable à un individu, à une personnalité, à une signature. le symbole sacré doit être celui d'un groupe, d'une collectivité : on ne doit pas pouvoir identifier la main d'un de ses membres.
et la collectivité en question est celle des êtres humains
pas une culture ou une époque spécifique
mais un symbole que pourrait dessiner n'importe quel être humain de n'importe quelle culture
bien sûr il doit s'agir d'un symbole sacré puisque le chawan est là comme instrument d'un rituel
c'est en cela que la grammaire des signes de oribe fonctionne. partiellement.
ses "dessins d'enfant" pourraient être tracés par tous les hommes de toutes cultures.
mais seuls ceux qui sont connectés au sacré fonctionnent. les torii par exemple
ceux qui relèvent d'un symbole d'identité groupale trop spécifique, échouent.
c'est la raison pour laquelle les symboles trop mythologiques, ceux que l'on peut trouver sur la céramique amérindienne ou les proto-kanji de la chine antique, trop connectés à l'histoire d'un groupe donné, eux aussi échouent partiellement.
les symboles marquisiens
le tatouage des chawans requiert :
l'écriture sacrée des humains sans écriture
le projet dorénavant est donc de créer ce type de symboles...