journal de cuisson : an 7

8 avril 2024 : cuisson 252 (électrique 700° et 1230°)

la vue des bols sourires (voir la cuisson précédente) faits pour être pris en main les yeux fermés peut donner le sentiment d’être gâchée par les gros traits caricaturaux des visages.

(les bols sont tous construits avec les mêmes déformations basés sur le chiffre 5, les 5 pétales de l’ume : cinq coups de pouce à l’intérieur, vers la base, vers le haut, cinq pinçages irréguliers sur les lèvres, cinq coups de pouce sur l’extérieur, sur la hanche; pied en fleur d’ume et noeud de bambou)

tentative alors de placer les visages sourires…. dans les bols.

mais mauvais timing d’application et problème de séchage, les visages ont gercé

un bol tentative de sculpture par retrait de matière sans déformation initiale

04 avril 2024 : cuisson 251 (électrique 700° et 1230°)

poursuite de l’exploration des bols sourire 笑碗 (argile bizen, émail soba-shino) avec utilisation de deux petits boudins pour les yeux pour éviter une fente trop fine recouverte par l’émail épais.
pas de dilution d’émail cette fois pour éviter l’effet raté de la cuisson 249

les bols peuvent apparaître mastoques, simplets sur les photos mais ils sont moins faits pour être vus que pour être tenus dans les mains : on joue avec le visage comme un aveugle, ou compte tenu de la taille comme avec un chat ou un chiot qui accepte de se laisser masser dans une détente et une confiance absolue.

le contact avec le bol devient alors bien plus fort que celui qu’on peut avoir par la vue. l’attachement, la connexion au bol, la connivence plus intime. sensation d’adoption. et la série devient comme une portée.

une petite tasse sans motif hors le pied avec 慈, toute simple, à peine déformée, mais qui m’émeut sans que je puisse expliquer pourquoi

l’avantage du soba-shino, c’est qu’il prend un très beau kannyu lors de son utilisation avec différents thés

25 mars 2024 : cuisson 250 (électrique 950°)

rangement des différentes caisses d’anciens bols.
retrouver notamment une série d’akaraku jizowans qui ont bullé car cuits trop chauds
donc les recuire (en travaillant à la fraiseuse droite les coulures sur les pieds au préalable) à 950° et en encrer quelques un pour faire ressortir le kanyu, en calligraphiant sur le côté un 慈 indéchiffrable, mais l’important est qu’il soit là comme intention

18 mars 2024 : cuisson 249 (électrique 700° et 1230°)

suite à la visite de l’exposition enku à osaka, création de bols « enku » en bizen-shino-soba

l’entaille pour les yeux fermés étant fine, j’ai dilué très fortement le soba-shino pour l’extérieur du bol : un seul bol est ressorti blanc alors que c’est ce que je visais.

deux façons de créer les bols : soit par déformation lorsque la terre est à la bonne consistance, soit par ajout de terre.
l’ajout est plus agréable dans les mains mais les bols déformés semblent plus doux à l’oeil.

14 mars 2024 : cuisson 248 (électrique 700° et 1230°)

suite de la création d’un set pour la nouvelle cuisine dont 2 grands bols à ramen.

même terre bizen et même émail shino soba que la précédente cuisson

depuis février je travaille à une fiction autour de 慈 et j’ai donc créé un sceau avec ce kanji appliqué au fond des bols
l’émail soba-shino épais a recouvert l’empreinte

après la découverte des headpots romain sur youtube, création d’un premier bol à tête malheureusement fendu au fond mais qui mériterait un kintsugi

12 mars 2024 : cuisson 247 (électrique 700° et 1230°)

après un an de travaux de rénovation, enfin pouvoir rester dans la maison de mizuo et retrouver la routine de l’atelier

pour me refaire la main après plus de trois mois d’interruptino, création d’un premier set pour la nouvelle cuisine : terre de bizen et émail soba-shino épais

aucun souci de poids et pieds plus larges que pour les chawans

cuisson de deux vases-têtes restant de l’automne dernier (après la visite au musée de séoul et l’inspiration par un vase-sculpture)