232 - 23/06/02 : petit ido pour oolong, jizo
réussieargile : retour avec grand plaisir à la bizen E de shozan
j'aime cette argile. elle sent. elle attaque les mains. elle est pleine de morceaux bizarres. elle est plastique, difficile à trimmer. mais les formes créées avec ont de l'âme.
et les pièces cuites dans le four de tougaku sensei l'automne dernier qui ont donné un bordeaux-cuir vivant sont mes préférées. je ne cesse de boire mon macha dans l'un de ces bols depuis cet hiver.
je crois que j'arrive enfin à trouver ma voie pour les lèvres. j'ai testé jusqu'à présent les différentes techniques japonaises : 5 montagnes, biseautées à l'intérieur, recourbées, asymétriques, fines. aucune ne convient.
je me souviens d'un reportage sur les tuiles en forme de démon placées sur les angles des maisons japonaises (pour éloigner le mauvais sort) et le sculpteur disait qu'avec le temps les formes ressemblent toujours de plus en plus involontairement à des autoportraits de l'artisan.
une lèvre doit être charnue.
alors j'ai décidé de les laisser légèrement épaisses. sans les trimmer ou les étirer pour leur donner une asymétrie.
formes : deux séries
- de petits idos pour du oolong
- des jizo (je ne sais pas pourquoi car ils n'ont pas de rapport avec les nez mais c'est ainsi que j'ai envie de nommer mes chawans cyrano-cléopatre)
émaux :
je me bats encore avec la tentative de créer du faux complexe à partir du four électrique qui lui veut faire du simple, de l'homogène.
- transparent 3go : bof, à buller un peu
- mélange shino (avec de l'oni-ita et de l'oxyde de fer violet, appliqué au pinceau en surcouche de l'émail) : l'oni-ita donne du marron rougeâtre, l'oxyde de fer violet du noir qui devient vraiment intéressant avec deux couches.je tenterai de créer des kuro avec cette technique
- shino-soba : a un côté coréen trop design, contemporain à la sortie du four. mais il vieillira bien. un petit vase à aji.
- un vert marbré qui a coulé sur les pieds
- un "feu" fin : a créé un marron rouille qui est intéressant pour des tasses à hoji-cha
- un kairagi de tougei qui a créé un transparent mousseux, bleuté que j'aime
- un émail sans étiquette qui a créé du lisse vert et rouge mais qui a "kairagïsé" sur cette argile
résultats : sensation que cette cuisson montre une étape sur mon chemin.
comme les musiciens de nô qui dans une première étape veulent maîtriser en virtuose le plus grand nombre de sons, d'expressions possibles. pour réduire progressivement leur palette à ce qui leur correspond, corps et âme.
réduction volontaire de palette










