Introduction
Le Mengqiu (蒙求, littéralement « Recherche pour dissiper l’ignorance ») est un manuel pédagogique chinois composé en 746 par Li Han (李瀚) sous la dynastie Tang. Cette anthologie versifiée d’anecdotes historiques a joué un rôle fondamental dans l’éducation traditionnelle en Chine, puis au Japon, en Corée et au Vietnam, devenant l’un des textes d’initiation les plus influents de l’Asie orientale prémoderne.
Contexte historique et auteur
L’époque de composition
Le Mengqiu fut achevé la cinquième année de l’ère Tianbao (天寶五年), soit en 746, durant l’apogée culturelle de la dynastie Tang sous le règne de l’empereur Xuanzong. Cette période, souvent considérée comme l’âge d’or de la poésie chinoise, vit également le développement d’une importante littérature pédagogique destinée à la formation des lettrés et des fonctionnaires.
Li Han, un auteur énigmatique
Paradoxalement, nous savons très peu de choses sur Li Han, l’auteur de ce texte si influent. Les sources historiques ne nous ont transmis que son nom et la date de composition de son œuvre. Cette absence de données biographiques suggère qu’il n’occupait probablement pas de position officielle importante, mais était vraisemblablement un lettré provincial ou un enseignant privé. Son œuvre témoigne néanmoins d’une érudition remarquable et d’une connaissance approfondie de l’historiographie chinoise classique.
Structure et composition de l’œuvre
Le titre et sa signification
Le titre Mengqiu provient de l’hexagramme Meng (蒙, « Jeune Ignorance ») du Yijing (易經, Classique des Mutations). Le commentaire de cet hexagramme énonce : « Ce n’est pas moi qui cherche le jeune ignorant, c’est le jeune ignorant qui me cherche » (匪我求童蒙,童蒙求我). Cette référence établit d’emblée la relation pédagogique idéale selon la tradition confucéenne : l’initiative de l’apprentissage doit venir de l’élève, non du maître. Le caractère meng évoque métaphoriquement une plante grimpante qui obscurcit les arbres, symbolisant l’état initial d’ignorance que l’éducation doit dissiper.
Architecture formelle
Le Mengqiu présente une structure rigoureuse et mnémotechnique :
- 596 couplets (lian 聯) organisés en vers de quatre caractères
- 2384 caractères au total dans le texte principal
- Système de rimes : changement de rime tous les huit vers (quatre couplets), créant 148 sections rythmiques
- Conclusion : les quatre derniers vers forment une coda avec leur propre schéma de rimes
Chaque couplet juxtapose deux références historiques parallèles ou contrastées, créant ainsi un système d’associations qui facilite la mémorisation. Par exemple :
- « 孫康映雪,車胤聚螢 » (Sun Kang ying xue, Che Yin ju ying)
« Sun Kang étudie à la lumière reflétée par la neige, Che Yin rassemble des lucioles [pour s’éclairer] »
Ces deux personnages exemplifient la persévérance dans l’étude malgré la pauvreté, devenant des archétypes culturels.
Sources et contenu
Les anecdotes du Mengqiu puisent dans un vaste corpus de sources classiques :
- Les Vingt-Quatre Histoires (二十四史), particulièrement le Shiji (史記), le Hanshu (漢書), et le Hou Hanshu (後漢書)
- Le Shishuo Xinyu (世說新語), recueil d’anecdotes sur les lettrés des Six Dynasties
- Les classiques confucéens et leurs commentaires
- La littérature philosophique taoïste et légiste
- Les biographies de personnages exemplaires ou infâmes
Le texte couvre environ deux millénaires d’histoire chinoise, depuis les souverains mythiques jusqu’à la dynastie Tang. Les thèmes récurrents incluent :
- La piété filiale et la loyauté politique
- L’excellence littéraire et calligraphique
- La sagesse stratégique et militaire
- L’intégrité morale face à l’adversité
- Les amitiés exemplaires entre lettrés
- Les ruses et stratagèmes célèbres
- Les exemples de vertu féminine
Le système des commentaires
Les annotations originales
Le texte principal du Mengqiu, extrêmement concis, était accompagné dès l’origine d’annotations (zhu 注) expliquant chaque allusion. Ces commentaires, essentiels à la compréhension, identifient les personnages, situent les événements historiquement et citent les sources originales. Sans eux, le texte reste largement cryptique pour le lecteur non initié.
Les commentaires de Xu Ziguan
Durant la dynastie des Song du Sud, Xu Ziguan (徐子光) composa un commentaire augmenté (buzhu 補注) qui devint la version standard. Son travail :
- Clarifie les références obscures
- Ajoute des détails biographiques
- Fournit des citations étendues des sources
- Explique les implications morales des anecdotes
- Corrige certaines erreurs des annotations antérieures
Cette version enrichie fut introduite au Japon au XVIe siècle et devint dominante durant l’époque d’Edo.
Transmission et influence en Chine
Époque Tang et Song
Durant la dynastie Tang tardive et les Cinq Dynasties, le Mengqiu s’établit comme manuel de base dans les écoles privées (sishu 私塾). Les manuscrits de Dunhuang témoignent de sa diffusion jusqu’aux confins occidentaux de l’empire.
Sous les Song, l’ouvrage atteignit son apogée d’influence, inspirant de nombreuses imitations :
- Le Shiqishi Mengqiu (十七史蒙求, « Mengqiu des dix-sept histoires »)
- Le Zhengmeng (正蒙, « Instruction orthodoxe ») des néo-confucianistes
- Diverses compilations thématiques sur le modèle du Mengqiu
Déclin sous les Ming et Qing
À partir de la dynastie Ming, le Mengqiu fut progressivement supplanté par d’autres manuels jugés plus accessibles :
- Le Sanzijing (三字經, « Classique des Trois Caractères »)
- Le Qianziwen (千字文, « Classique des Mille Caractères »)
- Le Youxue Qionglin (幼學瓊林, « Forêt de joyaux pour jeunes étudiants »)
Ces textes, utilisant un vocabulaire plus simple et une structure plus systématique, convenaient mieux à l’enseignement élémentaire généralisé. Le Mengqiu conserva néanmoins un prestige culturel comme témoignage de l’érudition traditionnelle.
Le Mengqiu au Japon : une seconde vie
Introduction et première réception (époque de Heian)
Le Mengqiu fut probablement introduit au Japon dès le VIIIe siècle par les missions diplomatiques et les moines bouddhistes revenant de Chine. La première mention documentée date de 878 (Gankyō 2) dans le Nihon Sandai Jitsuroku(日本三代実録), chronique officielle qui relate que le prince Sadabo (貞保親王), futur empereur Yōzei, alors âgé de neuf ans, commença l’étude du Mengqiu sous la direction de Tachibana no Hirotomo.
Durant l’époque de Heian (794-1185), le texte devint fondamental dans l’éducation aristocratique. Un dicton de l’époque affirmait : « Même les moineaux du Kangakuin chantent le Mengqiu » (勧学院の雀も蒙求を囀る), témoignant de l’omniprésence de ce texte dans l’académie Fujiwara où se formaient les futurs hauts fonctionnaires.
Importance linguistique et phonétique
Le Mengqiu joua un rôle crucial dans la transmission de la prononciation chinoise au Japon. Les manuscrits japonais comportent plusieurs systèmes de notation :
- Points vocaux (shōten 声点) : marques diacritiques indiquant les tons chinois, datant du Xe siècle
- Notations en kana : transcriptions phonétiques en syllabaire japonais, apparaissant dès le XIIe siècle
- Lectures mixtes : combinaison de prononciation sino-japonaise (on’yomi) et de gloses japonaises (kun’yomi)
Le manuscrit de 1134 conservé au Musée national de Tokyo constitue un témoignage précieux de ces pratiques. Le linguiste Arisaka Hideyo (有坂秀世, 1908-1952) utilisa ces notations pour révolutionner la compréhension de l’évolution phonétique du japonais et de la réception des sons chinois.
Adaptations et créations japonaises
Le Mōkyū Waka de Minamoto no Mitsuyuki
Au début de l’époque de Kamakura, Minamoto no Mitsuyuki (源光行, 1163-1244) créa le Mōkyū Waka (蒙求和歌), sélectionnant 250 anecdotes du Mengqiu qu’il réorganisa thématiquement. Chaque histoire était suivie d’un waka (poème court japonais) qui en captait l’essence morale ou émotionnelle. Cette œuvre représente une remarquable synthèse entre érudition chinoise et sensibilité poétique japonaise.
Le Mōkyū-shō de l’époque Muromachi
Durant l’époque Muromachi (1336-1573), des commentaires en langue vernaculaire japonaise, collectivement appelés Mōkyū-shō (蒙求抄), furent compilés. Ces textes, rédigés en kana-majiri (mélange de caractères chinois et de syllabaire japonais), rendaient le contenu accessible à un public plus large, incluant les marchands et les guerriers. Ils constituent aujourd’hui une source précieuse pour l’étude du japonais médiéval parlé.
L’époque d’Edo : apogée et systématisation
Durant l’époque d’Edo (1603-1868), le Mengqiu connut son apogée au Japon dans plusieurs contextes :
- Écoles domaniales (hankō 藩校) : manuel obligatoire pour les enfants de samouraïs
- Écoles de temple (terakoya 寺子屋) : adapté pour l’éducation populaire
- Académies privées (shijuku 私塾) : étudié avec commentaires savants
Les éditions xylographiques se multiplièrent, souvent enrichies de :
- Guides de prononciation détaillés
- Illustrations des scènes historiques
- Tableaux généalogiques et chronologiques
- Index thématiques
Préservation et transmission
Ironiquement, c’est au Japon que les versions les plus anciennes et complètes du Mengqiu ont été préservées. Alors que l’ouvrage disparaissait progressivement en Chine, les bibliothèques japonaises conservaient :
- Des manuscrits Tang et Song introuvables en Chine
- Des xylographies Yuan et Ming de grande qualité
- Des commentaires perdus dans leur pays d’origine
Cette préservation permit aux sinologues modernes, chinois et occidentaux, de reconstituer l’histoire textuelle du Mengqiu.
Diffusion en Corée et au Vietnam
La Corée et le Monggu
En Corée, le Mengqiu (coréen : Monggu 몽구) fut introduit durant la période de Silla unifié (668-935) et devint partie intégrante du curriculum confucéen. Les lettrés coréens produisirent :
- Des éditions annotées en hangeul pour faciliter l’apprentissage
- Des adaptations incorporant des exemples de l’histoire coréenne
- Des commentaires philosophiques néo-confucéens
Durant la dynastie Joseon (1392-1897), le texte était étudié dans les académies confucéennes (seowon 서원) et requis pour les examens préliminaires au service civil.
Le Vietnam et le Mông Cầu
Au Vietnam, le Mengqiu (vietnamien : Mông Cầu) fut adopté sous la dynastie Lý (1009-1225) et adapté au contexte local. Les lettrés vietnamiens :
- Traduisirent le texte en chữ Nôm (écriture démotique vietnamienne)
- Créèrent des versions bilingues sino-vietnamiennes
- Composèrent des ouvrages similaires centrés sur l’histoire vietnamienne
Le texte resta influent jusqu’aux réformes éducatives du XXe siècle.
Contenu et thèmes : analyse approfondie
Typologie des anecdotes
Une analyse systématique du Mengqiu révèle plusieurs catégories d’anecdotes :
1. Exempla moraux
- Piété filiale : Histoires de fils dévoués sacrifiant leur bien-être pour leurs parents
- Loyauté politique : Ministres fidèles mourant pour leur souverain
- Intégrité : Fonctionnaires refusant la corruption malgré la pauvreté
- Frugalité : Sages vivant dans la simplicité volontaire
2. Prouesses intellectuelles
- Prodiges littéraires : Enfants composant des poèmes remarquables
- Mémoire exceptionnelle : Lettrés récitant des classiques entiers
- Calligraphie : Maîtres créant des styles immortels
- Stratégie : Tacticiens brillants gagnant contre toute attente
3. Relations humaines
- Amitiés légendaires : Pairs de lettrés inséparables
- Rivalités constructives : Compétitions stimulant l’excellence
- Mentorat : Maîtres transmettant leur sagesse
- Amour conjugal : Épouses vertueuses et maris dévoués
4. Sagesse pratique
- Ruses diplomatiques : Négociations habiles sauvant des royaumes
- Jugements équitables : Magistrats résolvant des cas complexes
- Adaptabilité : Sages s’ajustant aux circonstances
- Prévoyance : Visionnaires anticipant les catastrophes
Expressions devenues proverbiales
De nombreuses expressions du Mengqiu sont entrées dans le langage courant de l’Asie orientale :
- 螢雪之功 (yingxue zhi gong) : « Les efforts à la lumière des lucioles et de la neige » – désigne l’étude acharnée malgré la pauvreté
- 漱石枕流 (shushi zhenliu) : « Se rincer la bouche avec des pierres, prendre le courant pour oreiller » – s’entêter dans l’erreur par orgueil
- 斷虀畫粥 (duanji huazhou) : « Diviser la sauce et tracer la bouillie » – pauvreté estudiantine exemplaire
- 囊螢映雪 (nangying yingxue) : « Lucioles en sac, neige réfléchissante » – ingéniosité face au dénuement
Ces expressions, toujours vivantes, témoignent de l’impact culturel durable du Mengqiu.
Méthodes pédagogiques traditionnelles
Mémorisation et récitation
L’apprentissage du Mengqiu suivait une progression rigoureuse :
- Lecture rythmée : Le maître scandait le texte, les élèves répétaient en chœur
- Mémorisation progressive : Huit vers par jour, révision hebdomadaire
- Récitation individuelle : Chaque élève récitait devant la classe
- Explication graduelle : Les commentaires introduits après mémorisation du texte
Exercices d’application
- Composition parallèle : Créer des couplets sur le modèle du Mengqiu
- Identification des sources : Retrouver les textes originaux des anecdotes
- Essais thématiques : Développer une anecdote en dissertation morale
- Débats : Discuter des leçons morales des histoires
Intégration culturelle
Le Mengqiu servait de :
- Introduction à l’histoire : Chronologie et personnages majeurs
- Initiation littéraire : Styles et genres classiques
- Formation morale : Valeurs confucéennes incarnées
- Préparation aux examens : Base pour les compositions officielles
Études modernes et redécouverte
Recherches philologiques
Les sinologues modernes ont entrepris des travaux critiques sur le Mengqiu :
- Éditions critiques : Comparaison des manuscrits de Dunhuang, des xylographies Song et des versions japonaises
- Études des sources : Identification précise des origines de chaque anecdote
- Analyse linguistique : Évolution du vocabulaire et de la syntaxe
- Recherches prosodiques : Structures rythmiques et schémas de rimes
Perspectives comparatistes
Le Mengqiu est étudié dans le contexte de la littérature pédagogique mondiale :
- Comparaison avec les exempla médiévaux européens
- Parallèles avec les fables d’Ésope et de La Fontaine
- Analyse des processus de transmission culturelle
- Étude de l’adaptation interculturelle des textes éducatifs
Applications contemporaines
Plusieurs initiatives visent à revitaliser le Mengqiu :
- Éditions annotées modernes : Avec traductions et explications actualisées
- Adaptations numériques : Applications mobiles pour l’apprentissage
- Bandes dessinées éducatives : Visualisation des anecdotes historiques
- Intégration curriculaire : Dans l’enseignement de la culture classique
Conclusion : héritage et signification
Le Mengqiu représente bien plus qu’un simple manuel scolaire. Il constitue un condensé de la mémoire culturelle chinoise, une fenêtre sur les valeurs traditionnelles de l’Asie orientale, et un témoignage de la transmission du savoir à travers les siècles et les frontières.
Son influence dépasse largement le domaine pédagogique. Les anecdotes du Mengqiu ont nourri la littérature, enrichi la langue quotidienne, et façonné l’imaginaire moral de générations de lettrés. Les expressions issues de ce texte continuent d’être employées dans le chinois, le japonais, le coréen et le vietnamien contemporains.
L’histoire du Mengqiu illustre également les dynamiques complexes des échanges culturels en Asie orientale. Texte chinois devenu classique japonais, préservé quand son pays d’origine l’oubliait, puis redécouvert grâce aux exemplaires conservés à l’étranger, il incarne la nature transnationale du patrimoine littéraire asiatique.
Pour l’historien de l’éducation, le Mengqiu offre un aperçu précieux des méthodes pédagogiques prémodernes et de leur remarquable efficacité. La combinaison de mémorisation, d’analyse et d’application morale créait une formation intellectuelle complète, intégrant savoir historique, compétence littéraire et développement éthique.
Aujourd’hui, alors que l’Asie orientale réexamine son héritage culturel, le Mengqiu retrouve une pertinence nouvelle. Il rappelle que l’éducation ne se limite pas à la transmission d’informations, mais vise la formation d’êtres humains cultivés, moralement conscients et culturellement enracinés. En ce sens, ce texte vieux de près de 1300 ans continue d’interpeller notre époque et mérite d’être connu au-delà du cercle restreint des spécialistes.
Bibliographie sélective
Sources primaires
- Mōkyū (蒙求), édition de Wang Liqi (王利器), Zhonghua shuju, Beijing, 1960
- Mōkyū-shō (蒙求抄), manuscrits de l’époque Muromachi, Bibliothèque de l’Université de Kyoto
- Édition xylographique Song conservée au Musée national de Tokyo (1134)
autres
- Manuscrits et éditions anciennes numérisées
- L’Université Waseda possède une version numérisée : 『蒙求詳説』序目録, 巻1-16, avec les annotations de Xu Ziguan 蒙求詳説. 序目録,巻1-16 / 李瀚 著 ; 徐子光 補註 – 早稲田大学
- L’Université de Kyoto conserve une version manuscrite avec les commentaires de Kiyohara Nobukata (清原宣賢) (標題補注)蒙求 3巻 | 京都大学貴重資料デジタルアーカイブ
- Le Musée national de Tokyo possède le manuscrit le plus ancien du Japon, daté de 1134 (長承三年) e国宝 – 蒙求残巻
texte intégral
https://ctext.org/text.pl?node=274635&if=en
1
王戎簡要,裴楷清通。孔明臥龍,呂望非熊。楊震關西,
丁寬易東。謝安高潔,王導公忠。匡衡鑿壁,孫敬閉戶。
2
郅都蒼鷹,甯成乳虎。周嵩狼抗,梁冀跋扈。郗超髯參,
王珣短簿。伏波標柱,博望尋河。李陵初詩,田橫感歌。
3
武仲不休,士衡患多。桓譚非讖,王商止訛。嵇呂命駕,
程孔傾蓋。劇孟一敵,周處三害。胡廣補闕,袁安倚賴。
4
黃霸政殊,梁習治最。墨子悲絲,楊朱泣岐。朱博烏集,
蕭芝雉隨。杜後生齒,靈王出髭。賈誼忌鵩,莊周畏犧。
5
燕昭築台,鄭莊置驛。瓘靖二妙,岳湛連璧。郤詵一枝,
戴馮重席。鄒陽長裾,王符逢掖。鳴鶴日下,士龍雲間。
6
晉宣狼顧,漢祖龍顏。鮑靚記井,羊祜識環。仲容青雲,
叔夜玉山。毛義捧檄,子路負米。江革忠孝,王覽友弟。
7
蕭何定律,叔孫制禮。葛豐刺舉,息躬曆詆。管甯割席,
和嶠專車。時苗留犢,羊續懸魚。樊噲排闥,辛毗引裾。
8
孫楚漱石,郝隆曬書。枚皋詣闕,充國自贊。王衍風鑒,
許劭月旦。賀循儒宗,孫綽才冠。太叔辨洽,摯仲辭翰。
9
山濤識量,毛玠公方。袁盎卻座,衛瓘撫床。于公高門,
曹參趣裝。庶女振風,鄒衍降霜。范丹生塵,晏嬰脫粟。
10
詰汾興魏,鱉靈王蜀。不疑誣金,卞和泣玉。檀卿沐猴,
謝尚鴝鵒。泰初日月,季野陽秋。荀陳德星,李郭仙舟。
11
王忳繡被,張氏銅鉤。丁公遽戮,雍齒先侯。陳雷膠漆,
范張雞黍。周侯山嶷,會稽霞舉。季布一諾,阮瞻三語。
12
郭文游山,袁宏泊渚。黃琬對日,秦宓論天。孟軻養素,
揚雄草玄。向秀聞笛,伯牙絕弦。郭槐自屈,南郡猶憐。
13
魯恭馴雉,宋均去獸。廣客蛇影,殷師牛鬥。元禮模楷,
季彥領袖。魯褒錢神,崔烈銅臭。梁竦廟食,趙溫雄飛。
14
枚乘蒲輪,鄭均白衣。陵母伏劍,軻親斷機。齊後破環,
謝女解圍。鑿齒尺牘,荀勖音律。胡威推縑,陸績懷橘。
15
羅含吞鳥,江淹夢筆。李廞清貞,劉驎高率。蔣詡三徑,
許由一瓢。楊僕移關,杜預建橋。壽王議鼎,杜林駁堯。
16
西施捧心,孫壽折腰。靈輒扶輪,魏顆結草。逸少傾寫,
平子絕倒。澹台毀璧,子罕辭寶。東平為善,司馬稱好。
17
公超霧市,魯般雲梯。田單火牛,江逌爇雞。蔡裔殞盜,
張遼止啼。陳平多轍,李廣成蹊。陳遵投轄,山簡倒載。
18
淵客泣珠,交甫解佩。龔勝不屈,孫寶自劾。呂安題鳳,
子猷訪戴。董宣強項,翟璜直言,紀昌貫虱,養由號猿。
19
馮衍歸裏,張昭塞門。蘇韶鬼靈,盧充幽婚。震畏四知,
秉去三惑。柳下直道,叔敖陰德。張湯巧詆,杜周深刻。
20
三王尹京,二鮑糾慝。孫康映雪,車胤聚螢。李充四部,
井春五經。谷永筆劄,顧愷丹青。戴逵破琴,謝敷應星。
21
阮宣杖頭,畢卓甕下。文伯羞鱉,孟宗寄鮓。史丹青蒲,
張湛白馬。隱之感鄰,王修輟社。阮放八雋,江臮四凶。
22
華歆忤旨,陳群蹙容。王浚懸刀,丁固生松。姜維膽鬥,
盧植音鐘。桓溫奇骨,鄧艾大志。楊修捷對,羅友默記。
23
杜康造酒,蒼頡制字。樗裏智囊,邊韶經笥。滕公佳城,
王果石崖。買妻恥醮,澤室犯齋。馬後大練,孟光荊釵。
24
顏叔秉燭,宋弘不諧。鄧通銅山,郭況金穴。秦彭樊轅,
侯霸臥轍。淳于炙輠,彥國吐屑。太真玉台,武子金埒。
25
巫馬戴星,宓賤彈琴。郝廉留錢,雷義送金。逢萌掛冠,
胡昭投簪。王喬雙鳧,華佗五禽。程邈隸書,史籀大篆。
26
王承魚盜,丙吉牛喘。賈琮褰帷,郭賀露冕。馮媛當熊,
班女辭輦。王充閱市,董生下帷。平叔傅粉,弘治凝脂。
27
楊生黃雀,毛子白龜。宿瘤采桑,漆室憂葵。韋賢滿籝,
夏侯拾芥。阮簡曠達,袁耽俊邁。蘇武持節,鄭眾不拜。
28
郭巨將坑,董永自賣。仲連蹈海,範蠡泛湖。文寶緝柳,
溫舒截蒲。伯道無兒,嵇紹不孤。綠珠墜樓,文君當壚。
29
伊尹負鼎,甯戚叩角。趙壹坎壈,顏駟蹇剝。龔遂勸農,
文翁興學。晏禦揚揚,五鹿岳嶽。蕭朱結綬,王貢彈冠。
30
龐統展驥,仇覽棲鷹。葛亮顧廬,韓信升壇。王褒柏慘,
閔損衣單。蒙恬制筆,蔡倫造紙。孔伋縕袍,祭遵布被。
31
周公握發,蔡邕倒屣。王敦傾室,紀瞻出妓。暴勝持斧,
張綱埋輪。靈運曲笠,林宗折巾。屈原澤畔,漁父江濱。
32
魏勃掃門,潘嶽望塵。京房推律,翼奉觀性。甘甯奢侈,
陸凱貴盛。幹木富義,於陵辭聘。元凱傳癖,伯英草聖。
33
馮異大樹,千秋小車。漂母進食,孫鐘設瓜。壺公謫天,
薊訓曆家。劉玄刮席,晉惠聞蟆。伊籍一拜,酈生長揖。
34
馬安四至,應璩三入。郭解借交,朱家脫急。虞延克期,
盛吉垂泣。豫讓吞炭,鉏麑觸槐。阮孚蠟屐,祖約好財。
35
初平起石,左慈擲杯。武陵桃源,劉阮天臺。王儉墜車,
褚淵落水。季倫錦障,春申珠履。甄後出拜,劉楨平視。
36
胡嬪爭摴,晉武傷指。石慶數馬,孔光溫樹。翟湯隱操,
許詢勝具。優旃滑稽,落下歷數。曼容自免,子平畢娶。
37
師曠清耳,離婁明目。仲文照鏡,臨江折軸。欒巴噀酒,
偃師舞木。德潤傭書,君平賣蔔。叔寶玉潤,彥輔冰清。
38
衛後發鬒,飛燕體輕。玄石沈湎,劉伶解酲。趙勝謝躄,
楚莊絕纓。惡來多力,飛廉善走。趙孟疵面,田駢天口。
39
張憑理窟,裴頠談藪。仲宣獨步,子建八鬥。廣漢鉤距,
弘羊心計。衛青拜幕,去病辭第。酈寄賣友,紀信詐帝。
40
濟叔不癡,周兄無慧。虞卿擔簦,蘇章負笈。南風擲孕,
商受bw涉。廣德從橋,君章拒獵。應奉五行,安世三篋。
41
相如題柱,終軍棄繻。孫晨槁席,原憲桑樞。端木辭金,
鐘離委珠。季劄掛劍,徐稚致芻。朱雲折檻,申屠斷鞅。
42
衛玠羊車,王恭鶴氅。管仲隨馬,蒼舒稱象。丁蘭刻木,
伯瑜泣杖。陳逵豪爽,田方簡傲。黃向訪主,陳寔遺盜。
43
龐儉鑿井,陰方祀灶。韓壽竊香,王蒙市帽。句踐投醪,
陸抗嘗藥。孔愉放龜,張顥墮鵲。田豫儉素,李恂清約。
44
義縱攻剽,周陽暴虐。孟陽擲瓦,賈氏如皋。顏回簞瓢,
仲蔚蓬蒿。糜竺收資,桓景登高。雷煥送劍,呂虔佩刀。
45
老萊斑衣,黃香扇枕。王祥守奈,蔡順分椹。淮南食時,
左思十稔。劉惔傾釀,孝伯痛飲。女媧補天,長房縮地。
46
季珪士首,長孺國器。陸玩無人,賈詡非次。何晏神伏,
郭奕心醉。常林帶經,高鳳漂麥。孟嘉落帽,庾凱墮幘。
47
龍逢板出,張華台坼。董奉活燮,扁鵲起虢。寇恂借一,
何武去思。韓子孤憤,梁鴻五噫。蔡琰辨琴,王粲覆棋。
48
西門投巫,何謙焚祠。孟嘗還珠,劉昆反火。姜肱共被,
孔融讓果。端康相代,亮陟隔坐。趙倫鶹怪,梁孝牛禍。
49
桓典避馬,王尊叱馭。晁錯峭直,趙禹廉倨。亮遺巾幗,
備失匕箸。張翰適意,陶潛歸去。魏儲南館,漢相東閣。
50
楚元置醴,陳蕃下榻。廣利泉湧,王霸冰合。孔融坐滿,
鄭崇門雜。張堪折轅,周鎮漏船。郭伋竹馬,劉寬蒲鞭。
51
許史侯盛,韋平相延。雍伯種玉,黃尋飛錢。王允千里,
黃憲萬頃。虞en才望,戴淵鋒穎。史魚黜殯,子囊城郢。
52
戴封積薪,耿恭拜井。汲黯開倉,馮驩折券。齊景駟千,
何曾食萬。顧榮錫炙,田文比飯。稚珪蛙鳴。彥倫鶴怨。
53
廉頗負荊,須賈擢發。孔翊絕書,申嘉私謁。淵明把菊,
真長望月。子房取履,釋之結襪。郭丹約關,祖逖誓江。
54
賈逵問事,許慎無雙。婁敬和親,白起坑降。蕭史鳳台,
宋宗雞窗。王陽囊衣,馬援薏苡。劉整交質,五倫十起。
55
張敞畫眉,謝鯤折齒。盛彥感螬,薑詩躍鯉。宗資主諾,
成瑨坐嘯。伯成辭耕,嚴陵去釣。董遇三餘,譙周獨笑。
56
將閭仰天,王淩呼廟。二疏散金,陸賈分橐。慈明八龍,
禰衡一鶚。不占隕車,子雲投閣。魏舒堂堂,周舍諤諤。
57
無鹽如漆,姑射若冰。邾子投火,王思怒蠅。符朗皂白,
易牙淄澠。周勃織薄。灌嬰販繒。馬良白眉,阮籍青眼。
58
黥布開關,張良燒棧。陳遺飯感,陶侃酒限。楚昭萍實,
束晰竹簡。曼倩三冬,陳思七步。劉寵一錢,廉範五袴。
59
泛毓字孤,郗鑒吐哺。苟弟轉酷,嚴母掃墓。洪喬擲水,
陳泰掛壁。王述忿狷。荀粲惑溺。宋女愈謹,敬薑猶績。
60
鮑照篇翰,陳琳書檄。浩浩萬古,不可備甄。芟繁摭華,
爾曹勉旃。
https://zh.wikisource.org/wiki/蒙求
王戎簡要,裴楷清通。孔明臥龍,呂望非熊。
楊震關西,丁寬易東。謝安高潔,王導公忠。
匡衡鑿壁,孫敬閉戶。郅都蒼鷹,寧成乳虎。
周嵩狼抗,梁冀跋扈。郗超髯參,王珣短簿。
伏波標柱,博望尋河。李陵初詩,田橫感歌。
武仲不休,士衡患多。桓譚非讖,王商止訛。
嵇呂命駕,程孔傾蓋。劇孟一敵,周處三害。
胡廣補闕,袁安倚賴。黃霸政殊,梁習治最。
墨子悲絲,楊朱泣岐。朱博烏集,蕭芝雉隨。
杜后生齒,靈王出髭。賈誼忌鵩,莊周畏犧。
燕昭築臺,鄭莊置驛。瓘靖二妙,岳湛連璧。
郄詵一枝,戴馮重席。鄒陽長裾,王符逢掖。
鳴鶴日下,士龍雲間。晉宣狼顧,漢祖龍顏。
鮑靚記井,羊祜識環。仲容青雲,叔夜玉山。
毛義捧檄,子路負米。江革忠孝,王覽友弟。
蕭何定律,叔孫制禮。葛豐刺舉,息躬歷詆。
管寧割席,和嶠專車。時苗留犢,羊續懸魚。
樊噲排闥,辛毘引裾。孫楚漱石,郝隆曬書。
枚臯詣闕,充國自贊。王衍風鑑,許劭月旦。
賀循儒宗,孫綽才冠。太叔辨洽,摯仲辭翰。
山濤識量,毛玠公方。袁盎却座,衛瓘撫牀。
于公高門,曹參趣裝。庶女振風,鄒衍降霜。
范丹生塵,晏嬰脫粟。詰汾興魏,鼈靈王蜀。
不疑誣金,卞和泣玉。檀卿沐猴,謝尚鴝鵒。
泰初日月,季野陽秋。荀陳德星,李郭仙舟。
王忳繡被,張氏銅鉤。丁公遽戮,雍齒先侯。
陳雷膠漆,范張雞黍。周侯山嶷,會稽霞舉。
季布一諾,阮瞻三語。郭文游山,袁宏泊渚。
黃琬對日,秦宓論天。孟軻養素,揚雄草玄。
向秀聞笛,伯牙絕弦。郭槐自屈,南郡猶憐。
魯恭馴雉,宋均去獸。廣客蛇影,殷師牛鬬。
元禮模楷,季彥領袖。魯褒錢神,崔烈銅臭。
梁竦廟食,趙溫雄飛。枚乘蒲輪,鄭均白衣。
陵母伏劒,軻親斷機。齊后破環,謝女解圍。
鑿齒尺牘,荀勗音律。胡威推縑,陸績懷橘。
羅含吞鳥,江淹夢筆。李廞清貞,劉驎高率。
蔣詡三徑,許由一瓢。楊僕移關,杜預建橋。
壽王議鼎,杜林駮堯。西施捧心,孫壽折腰。
靈輒扶輪,魏顆結草。逸少傾寫,平子絕倒。
澹臺毀璧,子罕辭寶。東平爲善,司馬稱好。
公超霧市,魯般雲梯。田單火牛,江逌爇雞。
蔡裔殞盜,張遼止啼。陳平多轍,李廣成蹊。
陳遵投轄,山簡倒載。淵客泣珠,交甫解佩。
龔勝不屈,孫寶自劾。呂安題鳳,子猷訪戴。
董宣彊項,翟璜直言。紀昌貫蝨,養由號猨。
馮衍歸里,張昭塞門。蘇韶鬼靈,盧充幽婚。
震畏四知,秉去三惑。柳下直道,叔敖陰德。
張湯巧詆,杜周深刻。三王尹京,二鮑糾慝。
孫康映雪,車胤聚螢。李充四部,井春五經。
谷永筆札,顧愷丹青。戴逵破琴,謝敷應星。
阮宣杖頭,畢卓甕下。文伯羞鼈,孟宗寄鮓。
史丹青蒲,張湛白馬。隱之感鄰,王修輟社。
阮放八雋,江臮四凶。華歆忤旨,陳羣蹙容。
王濬懸刀,丁固生松。姜維膽斗,盧植音鐘。
桓溫奇骨,鄧艾大志。楊修捷對,羅友默記。
杜康造酒,蒼頡制字。樗里智囊,邊韶經笥。
滕公佳城,王果石崖。買妻恥醮,澤室犯齋。
馬后大練,孟光荆釵。顏叔秉燭,宋弘不諧。
鄧通銅山,郭況金穴。秦彭攀轅,侯霸臥轍。
淳于炙輠,彥國吐屑。太真玉臺,武子金埓。
巫馬戴星,宓賤彈琴。郝廉留錢,雷義送金。
逢萌挂冠,胡昭投簪。王喬雙鳧,華佗五禽。
程邈隸書,史籀大篆。王承魚盜,丙吉牛喘。
賈琮褰帷,郭賀露冕。馮媛當熊,班女辭輦。
王充閱市,董生下帷。平叔傅粉,弘治凝脂。
楊生黃雀,毛子白龜。宿瘤采桑,漆室憂葵。
韋賢滿籯,夏侯拾芥。阮簡曠達,袁耽俊邁。
蘇武持節,鄭衆不拜。郭巨將坑,董永自賣。
仲連蹈海,范蠡泛湖。文寶緝柳,溫舒截蒲。
伯道無兒,嵇紹不孤。綠珠墜樓,文君當壚。
伊尹負鼎,甯戚叩角。趙壹坎壈,顏駟蹇剝。
龔遂勸農,文翁興學。晏御揚揚,五鹿嶽嶽。
蕭珠結綬,王貢彈冠。龐統展驥,仇覽栖鷹。
葛亮顧廬,韓信升壇。王褒柏慘,閔損衣單。
蒙恬製筆,蔡倫造紙。孔伋緼袍,祭遵布被。
周公握髮,蔡邕倒屣。王敦傾室,紀瞻出妓。
暴勝持斧,張綱埋輪。靈運曲笠,林宗折巾。
屈原澤畔,漁父江濱。魏勃埽門,潘岳望塵。
京房推律,翼奉觀性。甘寧奢侈,陸凱貴盛。
干木富義,於陵辭聘。元凱傳癖,伯英草聖。
馮異大樹,千秋小車。漂母進食,孫鍾設瓜。
壺公謫天,薊訓歷家。劉玄刮席,晉惠聞蟆。
伊籍一拜,酈生長揖。馬安四至,應璩三入。
郭解借交,朱家脫急。虞延剋期,盛吉垂泣。
豫讓吞炭,鉏麑觸槐。阮孚蠟屐,祖約好財。
初平起石,左慈擲杯。武陵桃源,劉阮天台。
王儉墜車,褚淵落水。季倫錦障,春申珠履。
甄后出拜,劉楨平視。胡嬪爭摴,晉武傷指。
石慶數馬,孔光溫樹。翟湯隱操,許詢勝具。
優旃滑稽,落下曆數。曼容自免,子平畢娶。
師曠清耳,離婁明目。仲文照鏡,臨江折軸。
欒巴噀酒,偃師舞木。德潤傭書,君平賣卜。
叔寶玉潤,彥輔冰清。衛后髮鬒,飛燕體輕。
玄石沈湎,劉伶解酲。趙勝謝躄,楚莊絕纓。
惡來多力,飛廉善走。趙孟疵面,田駢天口。
張憑理窟,裴頠談藪。仲宣獨步,子建八斗。
廣漢鉤距,弘羊心計。衛青拜幕,去病辭第。
酈寄賣友,紀信詐帝。濟叔不癡,周兄無慧。
虞卿擔簦,蘇章負笈。南風擲孕,商受斮涉。
廣德從橋,君章拒獵。應奉五行,安世三篋。
相如題柱,終軍棄繻。孫晨槀席,原憲桑樞。
端木辭金,鍾離委珠。季札挂劒,徐穉致芻。
朱雲折檻,申屠斷鞅。衛玠羊車,王恭鶴氅。
管仲隨馬,蒼舒稱象。丁蘭刻木,伯瑜泣杖。
陳逵豪爽,田方簡傲。黃向訪主,陳寔遺盜。
龐儉鑿井,陰方祀竈。韓壽竊香,王濛市帽。
句踐投醪,陸抗嘗藥。孔愉放龜,張顥墮鵲。
田豫儉素,李恂清約。義縱攻剽,周陽暴虐。
孟陽擲瓦,賈氏如臯。顏回簞瓢,仲蔚蓬蒿。
糜竺收資,桓景登高。雷煥送劒,呂虔佩刀。
老萊斑衣,黃香扇枕。王祥守奈,蔡順分椹。
淮南食時,左思十稔。劉惔傾釀,孝伯痛飲。
女媧補天,長房縮地。季珪士首,長孺國器。
陸玩無人,賈詡非次。何晏神伏,郭奕心醉。
常林帶經,高鳳漂麥。孟嘉落帽,庾凱墮幘。
龍逢板出,張華台坼。董奉活燮,扁鵲起虢。
寇恂借一,何武去思。韓子孤憤,梁鴻五噫。
蔡琰辨琴,王粲覆棊。西門投巫,何謙焚祠。
孟嘗還珠,劉昆反火。姜肱共被,孔融讓果。
端康相代,亮陟隔坐。趙倫鶹怪,梁孝牛禍。
桓典避馬,王尊叱馭。鼂錯峭直,趙禹廉倨。
亮遺巾幗,備失匕箸。張翰適意,陶潛歸去。
魏儲南館,漢相東閣。楚元置醴,陳蕃下榻。
廣利泉湧,王霸冰合。孔融坐滿,鄭崇門雜。
張堪折轅,周鎮漏船。郭伋竹馬,劉寬蒲鞭。
許史侯盛,韋平相延。雍伯種玉,黃尋飛錢。
王允千里,黃憲萬頃。虞𩦎才望,戴淵鋒穎。
史魚黜殯,子囊城郢。戴封積薪,耿恭拜井。
汲黯開倉,馮驩折券。齊景駟千,何曾食萬。
顧榮錫炙,田文比飯。稚珪蛙鳴,彥倫鶴怨。
廉頗負荆,須賈擢髮。孔翊絕書,申嘉私謁。
淵明把菊,真長望月。子房取履,釋之結韤。
郭丹約關,祖逖誓江。賈逵問事,許慎無雙。
婁敬和親,白起坑降。蕭史鳳臺,宋宗雞窗。
王陽囊衣,馬援薏苡。劉整交質,五倫十起。
張敞畫眉,謝鯤折齒。盛彥感螬,姜詩躍鯉。
宗資主諾,成瑨坐嘯。伯成辭耕,嚴陵去釣。
董遇三餘,譙周獨笑。將閭仰天,王凌呼廟。
二疏散金,陸賈分橐。慈明八龍,禰衡一鶚。
不占隕車,子雲投閣。魏舒堂堂,周舍諤諤。
無鹽如漆,姑射若冰。邾子投火,王思怒蠅。
符朗皁白,易牙淄澠。周勃織薄,灌嬰販繒。
馬良白眉,阮籍青眼。黥布開關,張良燒棧。
陳遺飯感,陶侃酒限。楚昭萍實,束皙竹簡。
曼倩三冬,陳思七步。劉寵一錢,廉范五袴。
氾毓字孤,郗鑒吐哺。茍弟轉酷,嚴母埽墓。
洪喬擲水,陳泰挂壁。王述忿狷,荀粲惑溺。
宋女愈謹,敬姜猶績。鮑照篇翰,陳琳書檄。
浩浩萬古,不可備甄。芟繁摭華,爾曹勉旃。
