061 - 19/09/19 : bol
Retour à Kyôto avec la nécessité de préparer un volume importants de pièces pour une cuisson anagama en mars prochain.
Presque tous les sacs d'argile ont séché, même correctement fermés.
Maruni A-1S 2 : grise crue, terre sableuse sous les doigts, résistante (capable de supporter du poids sur le tour), pardonne des maladresses au tour (3/5)
Voice of Ceramics 2kg de 赤津貫入土1-G : très plastique, presque porcelaine, ne pardonne pas si l'on monte trop fin (2/5)
Voice of Ceramics 2kg de 粘土赤1号 : super facile à tourner (5/5), bon maintien, vraiment agréable
純国産 赤5号 Oasis design : terre rouge plastique sans âme, façon terracotta espagnole vendue premier prix en France. Cela permet de saisir à quel point les argiles japonaises de qualité ont une âme, de la profondeur comme un grand vin, avec différents plans, une véritable personnalité. Ici, c'est de la vache qui rit.
Voice of Ceramics 2kg de 耐熱なべ土 (1-F-23-2) : terre pour nabe à haute résistance au feu (pour mettre directement une cocotte sur la flamme). Terre grise sableuse de base sans caractéristique particulière.
Pour donner de la consistance à une barbotine de terre rouge rouille prélevée sur Higashiyama, préparation d'un sirop de Funori selon la recette donnée par Richard Wilson dans son livre essentiel "Inside Japanese Ceramics" (p. 106) : 10 cm2 de l'étoffe d'algue jaune dans 500ml d'eau chaude, retirer la partie solide. 250ml suffisent pour 20 litres de barbotine.
Avant le biscuit, pose de cette barbotine "Higashiyama" et d'Onita ita (avec trop d'eau et un peu de funori) sur les pièces en écrivant le zengo 茶碗一花 à l'extérieur et 道 à l'intérieur.
Le zengo calligraphié en gyosho en tenant la pièce sur le côté renverse les caractères de 90° dans le sens inverse des aiguilles d'une montre
Au sortir du four du biscuit, avec un gant en cuir, étalage de la barbotine et de l'Oni-ita pour noyer le contraste trop grand, créer une dynamique vortex et pour effacer les caractères : on doit les deviner seulement.
Application d'un émail transparent 1230°C, le 3号石灰透明釉, par trempage dans un seau de 10l (5kg de mélange, 4l d'eau) en tentant d'appliquer la technique "Popping a glaze" de John Britt : 3 réussites sur 14 pièces. Popper requiert de l'entrainement et un dispositif pare-éclaboussures.
Résultats à la cuisson finale : la barbotine Higashiyama a tourné d'un noir sale, l'oni-ita plutôt bordeaux. L'émail a dissous les aplats faits au gant. Le résultat crée sur la terre blanche un effet sale de tâches. Tentative de rattrapage en appliquant de l'encre noire alors que les bols sont encore chauds pour révéler le Kannyu. L'émail en a produit du très intéressant avec des cellules dont la taille varie avec le grain et la finesse de la terre. L'une des terres (赤津貫入土1-G ?) n'a créé aucun kannyu. La Maruni A-1S 2 a produit de grosses cellules craquelées (presque peau de lézard). Mes tests de "pops" m'ont conduit à tremper une pièce deux voire trois fois, l'émail était donc épais. Laiteux sur les pièces rouges (où l'oni ita et l'higashiyama sont quasi-invisibles).
