038 - 19/03/14 : bol, bol en porcelaine
ratéeL'objectif initial de ce projet est d'arriver à produire des bols de type Ido. D'où la nécessité d'apprivoiser le tour et de trouver comment créer un émail kairagi dans les limites disponibles (pas de réduction, pas d'accès à un petit four de test à bois). Les vendeurs d'émaux kairagi m'ont dit "il faut un palier d'au moins 10h à 1230". J'ai donc relancé une cuisson pour tester ce critère avec tous les bols ratés de la cuisson 36 plus un certain nombre de bols médiocres de l'an passé. Résultat : pas de Kairagi.
Le plus pustulent est le blend "coréen" : 70% Feldspar, 15% calcium (pour émuler les cendres de coquillages), 15% cendres de pin. À tester avec une autre terre ("Shino rouge") et peut-être aussi un autre felsdpar.
Le Kairagi de chez Shimogamo (blanc à l'application), est le plus mousseux, avec des effets de crystallisation, une sensation de surface "années 70-80". Il transforme la terre jaune en un saumon intéressant.
Le Kairagi de chez Iwasaki (noir à l'application) n'a pas bullé, est lisse façon émail transparent, a transformé la terre jaune de bizen en vert olive clair, mais le "blanc" s'est regroupé dans des flaques, un effet qui pourrait être intéressant sur une terre plus granuleuse et à la bonne couleur.
Le "Bidoro cendre de pin" APG-73 松灰ビードロ釉(灰系) a coulé façon "huile de vidange".
Le blend "Bone Ash Ivory" trouvé sur glazy.org : 70% Feldspar, Dolomite 30%, Kaolin 25%, Cendre d'os 5%, Bentonite "appelez le bloc" 3% : qui avait donné un blanc uniforme a produit un effet franchement intéressant. L'uniformité a laissé place à une sorte de pâte à crêpe cuite avec des points et des zones plus épaisses et plus claires. J'ai envie de la rester en plus diluée. Très agréable à la main. Pas d'effet de "verre".
Le Blend "Kuan Crackle 1" trouvé dans le livre de John Britt "The Complete Guide to High-Fire Glazes : Feldspar 79%, Whiting 9.5, Silice 9.5, Cendres d'os 2, Bentonite 2 : est assez proche d'un kairagi bas de gamme (pas de cellule, juste des gouttes ici et là) mais effet "verre".
L'idée est de retester tout cela avec d'autres terres, granuleuses, cuisant rouge à 1230. Pas certain que le palier de 10h soit impératif.
En attendant le refroidissement du four, j'ai lancé la cuisson au charbon de deux bols en porcelaine blanche de l'année dernière, qui avaient été cuits à 1200°. La leçon apprise alors était que la porcelaine requiert des formes linéaires, géométriques. Tous les effets "de main" rendent moches. Mais la forme et le poids très faible de ces bols me plaisaient. J'ai tenté de les recouvrir avec le noir mat d'Iwasaki et le résultat fut deux beaux échecs : la porcelaine ne supporte bien sûr pas les chocs thermiques, leur cuisson initial à 1200 (et non pas biscuit) a conduit à des coulures (pas assez d'absorption de l'émail) révélant le blanc (effet moche), la surface lisse n'était pas vraiment intéressante. Troisième confirmation pourtant de la qualité de l'émail qu'il faut donc appliquer sur une terre suffisamment granuleuse et solide aux chocs pour ce type de cuisson.
