kuma

an 2

049 - 19/05/23 : bol

ratée

Les débutants autodidactes ça osent tout. "C'est même à ça qu'on les reconnait". Parfois ils obtiennent des résultats intéressants. Le plus souvent des horreurs. Revenant de Seto avec de l'argile et des émaux pour Shino, je ne pouvais pas ne pas tenter des tests dans mon petit four électrique avec une montée et une descente oxydée en 24h alors qu'on m'a bien expliqué qu'une cuisson ultra-lente réduite (une semaine de feu, une semaine d'attente) est requise.

Point intéressant, j'ai entendu à Seto un propos opposé à celui de Bizen sur le pin rouge comme combustible : à Seto, aka matsu car sa combustion ne produirait que peu ou pas de cendres volantes allant perturber les pièces émaillées (souvent en gazette par surcroit de protection); à Bizen, aka matsu utilisé (depuis Edo; avant, les céramistes cuisaient avec tout combustible mixte disponible) pour l'effet de ses cendres.

Le problème des tests multiples d'émaux, c'est de trouver la bonne technique d'application et la bonne épaisseur/dilution. Pour une pièce unique, on verse un peu de sa bouteille d'un litre dans le bol, on l'arrose puis le louche ou le peint : du bouinage honteux. C'est encore plus problématique dans le cas des shino qui requièrent une couche épaisse d'émail..

Résultat de cette cuisson : des horreurs à recuire (dans l'anagama de Sayo cet automne).

Juste trois bonnes surprises :

L'oni-ita (nama) 鬼板 trouvé chez Voice of Ceramics en sous-émail, produit un noir/bleu intéressant qui donne de la profondeur à la surface. Mais réagit intensément (super-flux) avec certains émaux.

L'émail Shino A 18 B de Voice of Ceramics a donné un résultat intéressant dans cette sous-cuisson électrique. La texture est rêche (l'émail n'a pas suffisamment cristallisé) mais le bol est utilisable tel quel.

L'émail, 2-S-47 燻黄金釉, pris par hasard dans un ensemble de bouteilles soldées produit un effet métallique or/bronze/rouille qui appliqué seul crée une ambiance trop "moderne" (urbaine, industrielle) mais qui pourrait être intéressante en surcouche (kuro / tenmoku). Le F90 n'était pas pas suffisamment épais ni cuit (est resté pour l'essentiel blanc) mais a produit un début de vert intéressant au fond. Idem pourrait être utilisé en mélange.

Tests d'émaux Shino :

Mizuno 865 灰志野 : l'émail a rétréci créant de grandes cellules vides : probablement en réagissant avec l'oni-ita. Blanc coulant typiquement "Shino".

Yamada 暁志野 : un léger blanc transparent farineux/bulleux donc sous-cuit, dont on se dit qu'il pourrait être vraiment intéressant

Mizuno 赤志野 : le plus bel échec de toute ma courte carrière. L'émail est très épais, caoutchouteux à l'application. Résultat : un fromage fondu blanc réparti en coulures écoeurantes. On pense à  "The Thing", à une forme de vie venant de l'espace et post-agonisation devant l'arrogance humaine. Au Nazi fondant dans Indiana Jones 1. Mérite de valoir une fortune dans une galerie moderne. Attention peut terroriser des enfants.

Yamada 桜志野 : aucune trace de sakura. Mais comme le akatsuki précédent un blanc transparent intéressant révélant l'oni-ita

Yamada 赤志野 : pas rouge mais plutôt fond de teint épais foncé

Yamada 志野 : comme le 暁 et le 桜 mais blanc plus mat. Même qualité "farineuse/pâte à crêpes" de texture.

Yamada 紅志野 : Comme le Mizuno 赤, épais à l'application et fromage fondu à la sortie. Lui aussi semble avoir voulu fuir l'Oni-Ita. Plutôt sur le registre des vergetures.

Voice of Ceramics A-18A : blanc mat / vergetures toiles d'araignées. Lui aussi veut fuir l'Oni-Ita.

L'émail Karatsu de Mizuno sur deux bols à l'argile Karatsu de Maruni a produit dans cette cuisson un transparent/blanc/marron avec quelques taches blanches au fond. La couleur de cette terre est d'un beau rouge pourtant. Je me demande ce qu'ils donneront à la recuisson bois.

Pas intéressants sur cette terre (Shino / Murasaki Shino) et avec cette épaisseur et cette cuisson en oxydation : Voice of Ceramics A-34, A-21 et A-86

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