064 - 19/10/06 : bol, grand bol
Argile Bizen Shozan "Kannon" : gris foncée crue, lisse sans particules, très facile à trimmer à cuir dur ce qui permet d'envisager des pièces très légères. Cuit crême sans texture ni gradient. Les pièces fines ont bien tenu le choc thermique (par la Yama E). Pas d'aji à l'électrique.
Argile Bizen Shozan Yama E : est arrivée très (trop) souple. Pas de particule comme la E原 (celle que j'ai utilisée jusqu'à présent). Au trimmage, des "petits points blancs". Résultats de cuisson comme la kannon (un chouilla de gradient, un pointillisme lié à la disparition des points blancs), mais plus fragile que la Kannon (deux grands bols en morceaux). Cette fragilité est peut-être due au fait que j'ai tenté un effet shino blanc en appliquant une très épaisse couche de 3号石灰透明釉, mais uniquement à l'intérieur. Pas de possibilité d'équilibrage des tensions. Mais là encore, à l'électrique en l'état, pas d'aji.
Il faudrait pour ces deux terres des hitazuki-緋襷. Quand on comprend le sens des kanji, ces marques vibrent d'une beauté intense : hi, le premier kanji signifie écarlate; tasuki, le deuxième kanji est la corde qui sert à nouer les manches d'un kimono pour ne pas les salir et par efficacité, un geste qui, depuis la fin des samourai, est associé à un érotisme féminin. Je me demande comment en créer dans le four électrique sans créer de fumée susceptible de faire débarquer les pompiers. Avec du fil métallique ?
La leçon fondamentale de cette cuisson est que seule la E原土 vaut pour ce dispositif.
J'aime le mouvement d'ouverture du bol, à midi, avec une spatule en bois : tout le corps prie.
Grande surprise à découvrir que le bol que l'on croit si grand sous ses doigts sur le tour est en fait bien plus petit qu'il ne devrait l'être après cuisson. L'idée est de créer des patrons de bois avec +15-20% pour la rétraction au four. Les pièces apparaissent monstrueuses.
