035 - 19/02/23 : bol, théière, petite théière pour oolong
ratéePoursuite des tests et de l'acquisition de tours de main, notamment au tour électrique (bols et petites théières).
Le tour électrique shimpo "mini" acquis pour sa petite taille, sa facilité de rangement et dans le doute initial quant à ma capacité à poursuivre dans l'utilisation de cet outil, s'avère désormais trop limité (pas de pédale, bruit, torque faible). Libération d'espace pour achat d'un modèle sérieux en cours.
Pour cette cuisson, tests des deux terres "haute température" achetées chez Maruni : noire serrée A-91-1 et jaune (en oxydation) fine (80目) A-45-2. Ces deux terres se tournent facilement à la motte. La terre noire produit de petits grains blancs à la cuisson finale. La jaune produit un sablé fin de caractère (théière en bas au centre).
Je souhaitais pour les pièces noires tester l'émail transparent 3号土灰釉(灰系) mais il me restait du 3号 préparé, acheté chez Shimogamo Togei. Probablement pas assez dilué. Le transparent est resté laiteux en produisant un gris bleuté - intéressant mais aux antipodes de ce que je cherche - sur la terre noire. L'émail a produit des fissures anguleuses "vitrail" que je n'aime pas mais la texture en main est douce et chaleureuse.
Test également d'un émail "kairagi" de chez tougei.com mais 1250° était trop élevé ou bien le programme de montée en température (par défaut) ne convenait pas : résultat transparent sans intérêt et plutôt moche. La quête d'une bonne recette de kairagi pour four électrique en oxydation continue.
Pour la première fois, tests de création de théière et notamment de petites théières pour oolong de Taiwan (mon thé en feuille de prédilection). C'est un bon entraînement pour l'acquisition de gestes techniques importants : tour électrique, petites pièces à la motte, montage de plusieurs parties pour une seule pièce, couvercles, formes et motifs, harmonie générale d'une pièce, anticipation de la rétraction. Découverte inspirante sur youtube des techniques de construction à la main des théières yixing et des outils utilisés.
Et puis comme une révélation en tombant sur cette théière qui m'a fait immédiatement penser aux Netsuke (le musée de Kyôto derrière le Mibu dera est à visiter) : une forme qui n'est pas un habillage d'une fonction mais forme et fonction organiquement une : dans un mouvement. C'est ce mot-clé, "mouvement", qui constitue pour moi un déclic incroyablement ouvrant. Jusque là, je réduisais le tao au flow : un flux courbe linéaire. Le mouvement lui est une dynamique qui couple intentionnalité et discret. C'est un vecteur, une force, pas un champs. Une action, pas une vague. Le Tao est le continu. Le mouvement est le tourbillon dans la cascade. L'art occidental ne connaît pas le mouvement. Mais la pose. La vibration de cette théière, des netsuke, des petits personnages dans l'art japonais - ceux de Kawase Hasui par exemple comme ceux de Hokusai, c'est le mouvement. Le kabuki est une caricature du mouvement, sa négation paradoxale. Le nô, le kyogen, la visée de son essence. Quand je faisais l'hypothèse d'une corrélation entre le système Chojirô et le gyosho de Ôgishi, c'est le mouvement que je désignais sans pouvoir le pointer. Le gyosho, c'est le mouvement dans la pompe de la formalité versaillaise du kaisho. Le soshô, c'est la familiarité adolescente négligée : un mouvement sans tenue. Ce n'est pas l'humilité cosmique qui touche chez Chojirô, mais la présence d'un mouvement, une âme qui se révèle dans un geste, une âme qui n'a pas besoin du langage, qui pourrait être juste animale : comme un chiot qui pose sa tête sur votre cuisse. Le mouvement gyosho est l'harmonie juste entre la cognition et la pulsion. Le symbole de l'humain comme funambule.
Èchec total du BFG-44 黒艶消釉 appliqué trop finement.
Le 辰砂釉 de tougei.com a produit un résultat peu intéressant (théière en haut à droite)
Le 090121-1 de Maruni confirme sa capacité à produire du dessous de militaire allemande (théière en bas à droite)
Le うのふ釉 dv-1 produit un "rustique" bicolore rêche et faux (théière en haut à gauche)
l'oxyde de cobalt dilué dans le thé marche, mais il me faut trouver une recette d'émail coréen coque d'oeuf, fin, craquelé, et doux comme un souvenir. Ici, le transparent cité plus haut : théière en haut au centre (et en bas à gauche pour du transparent seul).
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