UN FRIGO EN AOUT
Une nature ma Simone, morte !
Eh bien voilà, ils ont trouvé ma grosse Simone. Enfin dans mon malheur, il paraît
qu'il valait mieux ne pas être à l'ouverture du frigo. T'y crois toi, un Brandt qui
tombe en panne ! C'lui qui a pondu qu'il fallait l'acheter pour pas s'tromper,
aujourd'hui, ça me f'rait plaisir de l'trouer ! Ils ont été me cueillir à Fribourg et
depuis je croupis. Comme Simone, tiens d'ailleurs. Donc le plan de la placer une
fois trucidée en petits morceaux dans le frigo avant de l'éliminer bout par bout,
c'est raté. J'étais parti en vacances histoire de donner le change - avec une jambe,
pile poil elle en avait d'ailleurs - la longueur de mon sac, j'l'ai enterrée en arrivant
dans le jardin des parents. Surpris le vieux quand j'ai pris la bêche " pour l'aider
" ! J'avais déjà lourdé ses mains à la poubelle, doigt par doigt, et les paumes d'un
seul jet. C'est le chat qu'a bouffé le cœur, les poumons, sa cirrhose, ses reins, 8
jours d'économies Kit et Kat et j'avais laissé tout le reste, sa tête de vache, son
buste, bonjour la découpe, putain, les os qu'on a, ses bras de graisse, sa jambe
variqueuse, au frais, ça paraissait pas con. Mais j'ai lésiné sur les sacs, j'aurais dû
en acheter des vrais au lieu d'utiliser ceux de Cora. Bonjour le retour. Sirènes,
gyrophares, ils m'ont fait le grand jeu. En fait ce qui m'étonne, c'est pas l'odeur,
paraît que c'était terrible, un mélange de station d'épuration, d'usine de
déshydratation et d'ammoniaque, en plus les sacs n'étaient pas terriblement bien
fermés, le sang a coulé, un liquide verdâtre aussi, le frigo est marbré maintenant.
Elle m'a fait assez chier avec sa cuisine Mobalpa et sa surface de travail en
imitation froide comme le marbre. C'qu'est bizarre c'est que Monique ait appelé
les flics, ca schlingue toujours dans l'immeuble. Un vrai risque s'ils étaient
rentrés dans son gourbi, c'était pas mieux, avec son stock de télés. Enfin, ça, ça
pue pas, ou alors juste quand c'est allumé. Paraît que dans mes sacs, y'avait plus
que du poison j'ai dit logique avec Simone ! C'est chaud quand même cette
histoire de panne ! J'suis con, mais prévenu !
Jean Frigonnard, à Clairvaux, 30 août 1999.
Rapport d'autopsie du docteur Kalt, pathologiste de l'hôpital Saint François.
Simone Frigonnard, née Banquise, 47 ans, retrouvée ensachée. Confirmation de
l'identité par examen de l'appareil dentaire.
Décomposition quasi totale des tissus. Os manquant des membre inférieur droit,
mains droite et gauche. Viscères sans doute enlevés. La mort date de plus de cinq
semaines. Deux balles calibre 36 retrouvées dans le sachet renfermant vertèbres
D6, D7, D8 et D9.
Dépêche AFP.
Macabre découverte à Foix. Simone Frigonnard a été tuée, son corps découpé et
dissimulé dans le réfrigérateur familial. Le crime remonterait à plus d'un mois.
Un voisin alerté par l'odeur de putréfaction a prévenu la police. Le mari de la
victime, seul suspect, a été placé en examen.
un-vent-terre
Inventaires poet-hic.
C'est incroyable comme peu de choses peuvent se métamorphoser en beaucoup. Il
y a comme cela quelques transsubstantiations du quotidien dont on néglige la
puissance et le caractère fascinant - et qu'elles soient triviales, voire
malodorantes, n'excuse pas le peu d'intérêt qu'on leur porte, à l'exclusion, bien
sûr, des plus hautes sphères de la chimie organique.
Trois courgettes. Trois malheureuses courgettes livrées à la panne, à l'offensive
d'un chaud progressif s'immisçant sournoisement dans leurs tissus sans défenses,
infiltrant leur faible carapace d'émeraude pour, au dedans, gangrener
insidieusement la tendresse des chairs, investissant enfin avec morgue et
arrogance la liqueur de pépins et d'eau claire qui réside au plus profond du cœur.
Il aura fallu que la frigidaire tombe en panne alors que, pourtant jeunes et
fermes, elles pouvaient prétendre à une petite semaine de repos conservateur
pour que me soit révélés conjointement la nécessité si vite oubliée, quand nous en
usons presque machinalement, du froid qui sévit dans le bahut ronronnant et la
deuxième loi de la thermodynamique, parce que vraiment, ah oui, vraiment, là,
du désordre, il y en avait partout
Elles avaient coulé. Le concept de coulure est en nous d'une affligeante
monotonie : dites " coulure " et, immanquablement, le tracé exaspérant mais
rectiligne d'une goutte de peinture surgit à votre perception et ce que vous
évoquez là, ce n'est pas le cheminement erratique d'une substance informe
s'éparpillant au hasard des rencontres, c'est la simple loi de la pesanteur qui
stipule que tout corps soumis à ladite s'écrase à terre par le chemin le plus court
nonobstant tout de même et bien sûr les obstacles qu'il trouve sur son chemin
désespérément droit. Mais pas les courgettes. Car les courgettes laissées à leur
solitude réchauffée une semaine durant sont, justement, soumises au
cheminement erratique d'une substance informe s'éparpillant au hasard des
rencontres Sauf que de rencontres, là, il n'y en avait pas - et c'est bien le mystère
de toute cette aventure.
Jugez vous-même. En bas à droite, trois taches brunes et gluantes, produits
manifestes d'une décomposition avancée qui avait aussi bien eu lieu en haut
(dans le corps même de la courgette), qu'en bas (une fois l'écrasement effectif, une
nouvelle phase de métamorphose chimique avait commencé), d'où je déduisis avec
probablement un assez fort degré de certitude que le liquide avait dû être vert et
aqueux avant de devenir marron et figé - mais passons. Sur la porte même, c'est-
à-dire face aux légumes, une projection de matière blanchâtre ornée de quelques
microchampignons incontestablement gris. Au deuxième étage à gauche, une
sorte de confit de pépins d'une couleur indéfinissable - plutôt glauque, dirais-je -
aggloméré en une sorte de figuration parfaite de la prolifération accélérée des
bactéries, mitose, partitose, et tout le tintouin compris.
Mais comment donc ? Quels obstacles pour l'heure invisibles avaient bien pu
concourir à la création de cette configuration s particulière, à cet éparpillement à
droite, à gauche et en face, alors que les courgettes, dans leur cercueil défaillant,
étaient pour ainsi dire toutes seules et que nulle autre substance présente ne
pouvait donc, par le fait, expliquer le phénomène ? Il faut peu de choses pour
susciter une vocation - par exemple trois courgettes, et je peux dire non sans
fierté que sans elles, alliées à l'acuité peu commune d'une perspicacité sagace, ma
destinée de Sherlock Holmes des temps modernes eût été ignorée et tous, et
jusque de moi-même. Mais à présent, je suis, entre tous les hommes, en mesure
de le révéler : entre le 11 et le 18 août 99, un homme est entré dans mon
appartement et, à l'instant exact où il s'apprêtait à commettre son larcin, un
tremblement de terre inopiné lui a dérobé brutalement les objets de sa
convoitise.Reconstitution. Il pénètre dans l'appartement, se dirige vers la cuisine,
le frigidaire, en ouvre la porte, se saisit des courgettes déjà bien ramollies, le
séisme ébranle l'immeuble, le frigidaire penche d'abord sur la droite pendant que,
d'un mouvement convulsif, notre homme serre dans sa main les courgettes, il
tente de rétablir son équilibre, déporte alors son bras vers la gauche puis,
dégoûté, lâche enfin les légumes comprimés, s'essuie la main souillée de quelques
morceaux de chairs contre la porte, la referme et, maugréant contre l'électricité
qui vient de sauter, s'enfuit sans plus demander son reste.
Evident, non ?
-"Noir? - Pas de courant - Disjoncteur, clac, oooooooh, et la lumière fut..... Dans la
cuisine, ma vielle pendule reprend son bruit habituel et affiche ses minutes,
heures, jours.
Jours? - ce qu'elle indique ressemble au jour de mon dépa
Sabirateur
Bye bye vacances, hello frigo...
valises rangees
maillot de bain aux oubliettes
Bonjour frigo, j'arrive
menu a l'esprit autre que celui des restos
des plages sablonneuses
des eclipses millenaires
ARRET, ne pas ouvrir, colle sur la porte du frigo
"Maman, n'ouvres pas, c'est une surprise!!!"
Je m'arme de patience et d'un masque
J'ai souvenance..l'an dernier, la panne...
"Maman, fermes-les yeux"
La castrophe, je vous le predis
Les petites mains ouvrent la porte du frigo
Mon nez sens la rose..
Que dis-je des roses rouges, roses et jaunes dans mon frigo
Mes yeux reperent des pates, des fromages
Du bon pain
Du cafe frais, du lait, des yaourts
Mes chocolats favoris
Sans oublier une note d'amour de mon mari
Ecrite a la creme sur un gateau de fete!!!!
La panne fut electrique
Mais pas de panne dans l'imaginaire de la famille
K-coral
Unité de temps : Air frigide du 29 août.
Unité de lieu : Une étuve blanche, sombre, bactériologisée : un frigo en panne,
presque vide...
Unité d'action : ..presque vide : deux bières, échauffées par la panne, s'y battent
en duel.
Extraits de l'enregistrement audio (boite noire de l'alarme domotique Téfal) :
- Va donc eh mal levurée !
- Enfant d'houblon OGM !
- Arrète le french-can-cannette, on voit ton bock !
- Pov Bic de la lambic !
- T'amer picon en slip devant Kanter !
- T'es pas brassée, juste coulée !
- Kronenbourgeoise
- Tueuse de Borg
- P'tite bière
- Demi-demi
- Fausse brune
- Panaché !
- Limonade !
- Sale Fermenteuse !
- Viens ici que je te chope !
- Taïaut, en avant Stout !
- A la fin de l'envoi, je débouche !
- Kirin-era bien qui Kirin-era la dernière...
fonds de cartable
Inventaire de marché au puces, mais faut bien aller quelque part aprèsl'école,
non ?
De vieux outils au manche de bois lustré et des fringues militaires. Destee-shirts
noirs décorés de monstres, des médailles, une vieille cafetière,quatre verres
fragiles dépareillés. Une tite lolita arrogante, juchée surdix centimètres de
mousse noire, vêtue de la combinaison rose de son arrièregrand-mère par dessus
un pantalon orange. Des bijoux barbares, de lourdscolliers d'ambre ou de lapis-
lazuli, de boules d'argent ou d'ivoire, quitransformeront la femme qui les porte en
byzantine esclave nue.
Des chiens. Une malle. Trois boites chinoises rouges. Des hectares decartons de
vieux disques, de vieux livres. Des éléphants de bois fabriqués àla chaîne. Des
cadres chamarrés. Un tableau représentant des petits chatsblancs dans une
corbeille.
Une douzaine de liens de serviette en argent.
Des épées. Des jouets cassés. Des bouteilles vides. Des napperons dedentelle
jaunie. Une odeur d'encens, de poussière, et d'animaux sauvages dueau zoo tout
proche dans lequel dorment des sapajous et un rhinocéros. Unesoupière aux
myosotis. Des agates polies et des étoiles de mer, un grandcoquillage pour écouter
la mer. Neuf montres de gousset toutes arrêtées àune heure différente.
La caravane du marchand de sandwichs à l'omelette et de tartes à lacourgette.
J'ai rangé le grenier trouvé ouvert le vieux cartable, s'enoiseaumigratèrent
Vers les années passées
les petits carnets à carreaux bleues à lignes noires à spirale ou toucousus
et les belles plumes, les encriers de porcelaine
l'odeur de maroquinerie.
Les beaux stylos, de bois d'argent et de laque,
d'extraordinaires papiers épais qui donnent envie d'écrire des lettres
d'amour déchirantes à l'encre de chine violette
une corbeille à papier avec un perroquet dessus
trois coupe-papiers dont l'un orné d'un minuscule sabot doré
un crayon 2B un petit peu rongé
un pinceau avec un seul poil
la page pliée cinq fois déchirée d'un cahier sur laquelle une enfantine cursive
trace ces mots pleins de sens : "moi aussi"
une bille verte
un Club des Cinq
un malabar
mâché.
A genda
U topies
F euille
O deurs
N ostalgie
D écimètre
D ouble-décimètre
E querre
M anuels
O bjets
N otes
C rayon
A rdoise
R ègle
T rousse
A rgent
B louse
L ivres
E cole !
il y a tout ça
S
De ma sacoche crevée
Tous mes petits secrets ont filé
Sur le trottoir et la chaussée
Les passants rigolaient
En voyant mes illusions
Ratatinées noircies
Mes amours perdues
Et mes feuilles de Sécu
Mes poèmes d'adolescent
Pleins de sentiments inavoués
Mes questions sans réponse
Mes réponses sans théorie
Mes théories sans fondement
Mon fondement sans fêlure
Mes fêlures sans faiblesse
Mes faiblesses sans rémission
Mes rémissions sans pardon
Mais pas de ratons-laveurs
Mes clés gisaient là
La clé des champs
Que j'avais pourtant rendue
En revenant de la tangente
Avec un cosinus bouché
La clé de sol
Que j'avais abandonnée
En m'envolant du la
La clé de mon coeur
Usée d'avoir servi
A refermer des portes
Et toutes les autres
Jamais utilisées
La clé des songes
La clé à molette
Pour visser la discipline
La clé de l'énigme
Jamais résolue
La clé désormais inutile
De ton appartement
Et toujours pas de ratons-laveurs
Et puis au milieu de la rue
Traînaient mes souvenirs
De blondes embrassées
De blondes consumées
De blondes ingurgitées
Des souvenirs de mer
Au lait salé d'écueils
Des souvenirs de neige
Dévalant dans les noires
Mes souvenirs de joie
De tristesse et de pleurs
Et pas un seul raton-laveur
Les passants ramassaient
Des bouts de ma vie
Des bouts de piste
Des bouts de saucisson
Des bouts de bouts
Des bouts debout
Sans embout
Une machine à laver
Une auto déglinguée
Un gourbi mal rangé
Ils riaient de mes livres rongés
De mes habits troués
De mes photos jaunies
De mes verres vidés
Et mes mégots écrasés
Mes pantalons trop longs
Mes vestes trop vertes
Mes chaussettes archi-sèches
Étalés ça et là
Entre un platane écorcé
Et un abribus nettoyé
Et même pas un raton-laveur
Drôle d'idée de mettre
Tout ça dans une sacoche
Et sans raton-laveur
La rousse mousse-brousse que je trousse contient un taille-crayon.
Des regards bleus en travers de la classe
Des zans tout collants
Un trou dans la trousse
Une miette
Un air faux d'aristo
Un coeur gros
Des rire-soleils
Fluide et Lui
Le nez levé par delà les grilles
Un ex-libris de la bétise
Et beaucoup.
L'infini de temps perdu.
referendums
Français,
Je te propose un référendum sur la possibilité constitutionnelle d'avoir à la
maison, ou dans plusieurs maisons, deuxépouses au moins dont une serait raide
folle, ce qui n'est pas bien compliqué à trouver et assez simple à fabriquer sion en
a pas dans le coin mais y en a toujours, vous faites pas de soucis, et une autre
alors super pas folle du tout laguêpe .
Un genre d'opposé.
Et là il faudra les présenter ensemble à elles même pour qu'elle se voient et
commencer à vivre en équilibre dans lamoyenne sur le mode de celui qui, sans
trop de ressources, plante sa tente entre deux rails d'autoroute.
Français, ça devrait le faire (à repasser).
Il s'agit d'un projet de modification de la constitution que je conduirai avec
méthode et selon un calendrier précis.
Chacune sera reçue pour mon casting perso et peut m'envoyer une réservation à
cette adresse mél de messagerie internet.
Nous formerons des sous groupes pour évoquer les problématiques complexement
intriquées de la formation du plan de tabledes commissions : la petite commission
et la grosse commission.
Tout les ébats seront retransmis dans tout l'hôtel.
C'est dans la légalité que moi-même j'assume le mandat exceptionnel d'établir un
projet de constitution nouvelle et dele soumettre à la décision du peuple.
La nation qui seule est juge, approuvera ou repoussera mon oeuvre, mais c'est en
toute confiance que je la lui propose
Qu'il existe au-dessus des querelles politiques, qu'il existe un arbitre national élu
par les citoyens qui ont unmandat public, qui soit chargé d'assurer le
fonctionnement régulier des institutions.
Qu'il existe un gouvernement qui soit fait pour gouverner, à qui on en laisse le
temps et la possibilité.
Qu'il existe un Parlement destiné à représenter la volonté politique de la nation,
à voter les lois, à contrôlerl'exécutif, mais sans sortir de son rôle
Voilà, Français, de quoi s'inspire, en quoi consiste la constitution qui, le 29
septembre, jour de ma fête, la SaintMichel, sera soumise à vos suffrages.
Au nom de la France et de mes pulsions libidineuses, dont l'aiguille du mano
desquelles s'est pliée sur le taquet dubout tant grande est la pression, je vous
demande de répondre OUI à cette proposition simple :
Deux femmes par mec : une folle, une pas folle et autant de mecs qu'elles veulent
pour celles que personne voudra.
Vive la République !
Vive la France !
Madame, Mademoiselle, Monsieur,
En plein accord avec l Assemblée Nationale et le Gouvernement, le Président et le
Premier Ministre de la République Française sollicitent votre avis à propos de
deux problèmes de société qui concernent tous les Français et sur lesquelles deux
Commissions parlementaires ont travaillé durant de longs mois.
Nous vous soumettons ci-dessous un texte que nous vous demandons de lire avec
la plus grande attention et qui sont basés sur les résultats de leurs travaux.
Après lecture, nous vous demandons de réfléchir en toute sérénité aux questions
posées, et enfin de répondre à ces questions en votre âme et conscience.
Votre collaboration franche et loyale est indispensable.
Il y va de l avenir de tous.
Merci.
Premier problème : On sait depuis fort longtemps que le bruit des vagues
empêche les poissons de dormir.
On sait de plus, mais seulement depuis peu, que les poissons insomniaques sont
impropres à la consommation, contrairement à leurs semblables qui ont le
bonheur de vivre dans des eaux calmes.
Faire dormir tous les poissons, quel que soit leur habitat représente donc un
enjeu économique important.
Les solutions proposées par la Commission n°1 sont :
a) Subventionner des recherches afin de rendre les vagues déferlantes aussi
silencieuses que possible, à l aide de tous moyens physiques, chimiques ou autres
qu il reviendra aux laboratoires spécialisés de déterminer.
b) Mettre au point des boules Quies adaptées aux différentes espèces de poissons
concernées et les placer dans leurs ouïes afin qu elles jouissent du sommeil
réparateur auquel elles ont droit et qui, de plus, les rendra utilisables dans l
alimentation humaine.
Veuillez indiquer ci-après la solution qui vous semble la plus souhaitable : a) ou
b)
Deuxième problème :
Il existe un large consensus pour admettre que ce qu on appelle le " problème
corse " est lié à l insularité de ce territoire.
Pour pallier cet inconvénient, la Commission n°2 propose également le choix
entre deux solutions :
Remorquer l île jusqu à la Côte d Azur et l y amarrer définitivement.
Provoquer une Conférence internationale des pays riverains de la Méditerranée
afin d en envisager l assèchement. Il s agirait de démontrer que cet assèchement,
loin d être une proposition égoïste venant de la France, aurait des avantages
multiples pour les autres nations. La presse a suffisamment parlé de ces
avantages pour qu il ne soit pas nécessaire de les énumérer.
Ici également, veuillez noter vers laquelle de ces deux propositions va votre
approbation : a ou b
QUESTION N°1
Approuvez-vous l'organisation d'autres référendums ?
En cas de réponse affirmative passez à la question N°2.
Mais pensez aux conséquences induites par un oui.
Songez aux campagnes avec leurs professions de foi débitées sur fond de muzak
ouï au rayon congelé du mammouth de Crécy en Boise centre.
Songez que vous allez enrichir les imprimeurs qui activeront la pollution, tirant
tracts et affiches à gogo ; enlaidiront les piliers des échangeurs et provoqueront la
discorde entre colleurs antagonistes pouvant semer la mort sur ce front.
Songez qu'un référendum coûte 200MF à la collectivité, soit 13F par électeur
allant voter en comptant une moitié d'abstentionniste, soit presque deux litres de
carburant!!!!
Songez au dimanche au lit, à sommeiller, avec ou Sandra celle en couverture qui
se tait le dos rayé.
Songez au feuilleton ou aux éliminatoires de pelote basque sur gazon des J.O
loupés car la pub est vraiment trop courte pour pouvoir sortir et le magnéto trop
compliqué à programmer.
Songez au gibier qui vous nargue ailé et rejoint sans pétard le Maroc.
Songez à la promotion scandaleuse faite au président dont la constitution fut et
est encore élaborée avec des pratiques frauduleuses révélées récemment.
Seule consolation : la mise à disposition de panneaux où peut s'exprimer
l'expression populaire de peinture sur soi transformant les bas leaders sourds
ouistitisexant en moustachus ou borgnes.
( Ca reste sur certains.)
QUESTION N°2
Approuvez-vous une action pour refaire un D.O.M. ou un T.O.M., et si oui lequel ?
(*)
La Grande-Bretagne. ( Petite Normandie)
L'Australie. ( Aborigénie Français )
Le Japon. ( Nipponichie )
Sainte-Hélène. ( Nova Corsica )
La Suisse ( Grotte d'or )
Les Pays-Bas : ( les hautes Landes )
Les Emirats Arabes Unis : ( Fin de mer d'Oman )
(*) Cocher avec votre case vide.
QUESTION N°3
Voulez-vous refaire un dôme, si oui le ou lesquels ?
L'art est fait de rein d'homme, comme la raie pour refaire l'Indo homme. Réf. :
airain d'homme. Editions du dos mais des Invalides.
QUESTION N°4
Pour repartir sur une voix oubliée par l'évolution, voudriez-vous revenir :
- Au paradis, et cette fois ci, n'écoutez pas ceux qui vous conseillent de manger
des pommes.
- Au stade de la première division cellulaire.
- Au stade de supporter.
- A l'âge de la chasse, de la pêche, et de la cueillette, le tout naturel et
traditionnel.
- La veille de la première propriété, de la première monnaie, du premier impôt, du
premier travail, de la première guerre clanique, de la première culotte, du
premier religieux, de la première morale, du premier esclave, du premier village,
du premier étage, après on sait déjà que c'est trop tard.
QUESTION N°5
Approuveriez-vous le fait d'inverser le cours de l'existence en entrant dans la vie
professionnelle à l'âge de cinquante ans et en s'arrêtant définitivement à quatre-
vingt-dix ans.
- Doit-on rendre la bière obligatoire ?
- Etes-vous pour que le barbier du village, qui rase exclusivement tous ceux qui
ne se rasent pas eux-même, porte la barbe ?
- Cuisine : me voulez-vous comme chef ?
- Voulez-vous instituer l'&e
anniversaire
DONNEZ-MOI DES CADEAUX A MON ANNIVERSAIRE :
Un beau bateau
Un bon gâteau
Une neuve auto
Une grosse moto
Une ado
Avec des gros
Lolos
Un bon bordeaux
Toute la collec de Pratt Hugo
Des billets (gagnants) de loto
Moins de boulot
Voyage à Rio
Par ici la naiemo
Plein de billets, des gros
Pour une année en trop.
ET MOI, CHAQUE ANNEE, JE VOUS DONNERAIS CEUX-LA :
Le présent que je voudrais faire
C'est plein de bonheur sur la terre
Du beau temps pour toute l'année
La santé pour tous les bébés
Le cadeau que je veux donner
Quand l'avenir ne semble pas
Surgir sous les sombres nuées :
Un éclair de sérénité
Ce don accepte-le, toi qui
Doutes en permanence de toi
Et des autres : toi-même, chéris-
Toi, les autres tu aimeras.
Facile à dire, ce cadeau-là !
Mais de demain j'ai toujours peur !
Alors pour toi mon frère, ma soeur
Mon cadeau : la confiance en toi.
PEUT-ETRE QUE JE M'EGARE ?
LES CADEAUX QUE JE DIS VOULOIR
DONNER SONT-ILS CEUX QUE JE VEUX RECEVOIR ?
ET CEUX QUE J'AIMERAIS AVOIR
JE VOUDRAIS LES DONNER, VA SAVOIR !
EN TOUT CAS :
LES CADEAUX QUE VOUS POUVEZ GARDER :
Vos idées
Votre intérêt
Vos opinions
Votre persuasion
Votre éducation
Vos impressions
Vos conseils
Vos merveilles
Votre petit cadeau pas cher
(Parce qu'on ne va pas chez les gens sans un petit cadeau pas cher)
Votre force de caractère
Votre présence d'esprit
Vos saillies
Votre humour qui fait mal
Votre moral
Votre féminine prestance
Ou votre mâle assurance
Vos diplômes d'ingénieur
Vos qualités de coeur
Votre situation de fonctionnaire
Votre évolution de carrière
Bref tout ce qui vous fait dire : "Je suis formidable !"
Alors que c'est MON gâteau sur la table !
ALORS FOUTEZ-MOI LA PAIX !
> Un-vent-terre d'amie-vers-suaire
" Salade de Fruits, jolie, jolie, jolie, tu plais à mon père, tu plais à mamère ". Née
le 29 février d’une année bissextile, le quanniversaire de Saladede Fruits lui
permet d’espérer :
à 4 ans une orange, pour apprendre combien la terre est ronde et bleue commele
ciel
à 8 ans un pamplemousse, pour imaginer un monde plus vaste
à 12 ans deux cerises en parure et pour cracher leur noyau au plus haut
à 16 ans une figue pour faire bonne figure sans acné, avec santé
à 20 ans une pomme pour renouveler le genre
à 24 ans des airelles pour voler de ses propres ailes
à 28 ans une groseille à maquereau pour son goût suave et sa dure peau
à 32 ans un ananas pour dire toujours et na et na
à 36 ans un corossol pour rouler encore au sol
à 40 ans deux pommes d’amour
à 44 ans une fraise des bois pour ne pas prendre de poids
à 48 ans des raisins pour élaborer un vin fin
à 52 ans une banane pour flamber encore un peu
à 56 ans une mandarine en espérant toujours trouver un mandarin
à 60 ans une grenouille à transformer en pomme de rainette
à 64 ans une pêche d’enfer à la peau si soyeuse
à 68 ans un pruneau d’âge serein
à 72 ans le citron d’Edouard Manet, belle huile sur petite toile
à 76 ans une girandole de caramboles pour faire une farandole
à 80 ans une compote de pommes à la canne-lle
à 84 ans une grenade aux pépins à dégoupiller et au jus à laisser ruisseler
à 88 ans une olive verte
à 92 ans une noisette pour retrouver la couleur de ses yeux
à 96 ans une bergamote pour se souvenir de la pépinière
à 100 ans un pépin de pomme à planter
à 104 ans une douce euthanasie, dernier fruit défendu
Pour Noël, manque de bol, comme cadeau, j'ai eu une femme.
C'est un peu ma faute, j'aurai dû me précipiter sous le sapin avec les autres lors
de la distribution générale, mais j'étais resté à discuter devant le buffet avec une
cousine que j'avais pas revue depuis longtemps. Elle me rappelait un souvenir de
jeunesse, quand on jouait au docteur sous la tente et qu'elle se moquait de moi,
parce que j'arrivais pas à dire 33, à cause d'un disgracieux appareil dentaire et
que je prononçais :"crankroi!" Ce qui entre-nous, ne m'avait pas empêché
d'explorer sa grotte intime à la lampe de poche, m'empressai-je de lui rappeler
d'un air lascif en suçotant une olive.
Toujours est-il, que quand je suis arrivé sous le sapin, tout le monde s'extasiait
devant son cadeau, il ne restait qu'un gros paquet que j'ai ouvert avec fébrilité,
mais déception après ouverture, c'était une femme, et c'était pour ma pomme.
Tournant le dos à ce cadeau empoisonné que je comptais oublier discrètement
sous le sapin, au moment du départ, je me dirigeai vers le buffet pour reparler
avec la cousine de cette fameuse double labiale à succion différée, que je lui avais
logée dans le triangle à pine-oïdal pendant qu'on jouait à Robinson Crusoë et que
je l'appelais Vendredi, mais mon con de frère m'a rattrapé par le bras et m'a dit: "
Oublie pas ton cadeau, vas-y, prends le, c'est pour toi. Je parie que t'en avais pas"
Comme si j'en avais besoin! J'aurai préféré un téléphone portable, mais bon!
Franchement, quel manque d'imagination. Je sais bien que la " femme " est à la
mode en ce moment, et que beaucoup d'hommes en ont une, mais tout de même,
on peut pas dire que dans la famille, ils se soient beaucoup creusés les méninges
pour trouver un truc original.
J'ai pas osé refuser, ils se seraient vexés ces andouilles.
J'ai fait mine d'être ravi, mais franchement, je me demandais bien ce que j'allais
pouvoir en faire.
La refiler à un pote, mais lequel? J'en avais déjà peu, c'était pas le moment de les
perdre.
Bref, j'ai ramené mon cadeau chez moi, et je l'ai rangé dans un coin. J'ai essayé de
jeter un coup d'œil sur le mode d'emploi, mais c'était trop compliqué et en plus
c'était écrit en tout petit.
Une femme! Vraiment le genre de truc inutile dont on a bien du mal se
débarrasser. Tel que je me connais, je vais oublier de l'arroser et elle va se
dessécher.
Si le Sabir avait pas son chat, (lequel, j'imagine, doit être tout pelé à force de se
faire lustrer le poil) je la lui aurais bien offerte à la soirée du 6.Il y aurait vu que
du feu, elle est comme neuve. Elle a pratiquement jamais servi.
PPP deux seins valant un!
Simple j'aimerai aller sans retour.
Avare j'aimerai hériter des hérités.
Bègue j'aimerai un rabais sur l'SFR.
Irradié j'aimerai être retraité à La Hague.
Robot j'aimerai un rabot à ongle.
Simple je détesterai hâler sans retour.
Avare je détesterai hériter de l'Erythrée.
Bègue je détesterai un rabais sur l'essai de Deferre.
Irradié je détesterai être retraité à La Hague.
Robot je détesterai une robote à angle.
Simple Joffre un aller hâler sans retour.
Avare j'offrirai aux héritiers les déshérités de l'Erythrée.
Bègue j'offrirai un rabais sur le laissez faire.
Irradié j'offrirai un être retraité à La Hague.
Robot j'offrirai un héros beau à l'oncle.
DES FETES : ASSEZ!
Cadeaux souhaités : omniscience, omnipotence
Cadeau à offir : idem mais simultanément aux miens
les maris de ma tante
Ma tante Gilberte a plus d'un mari
(poême coquin)
Un mari couches-toi là
Qu'elle monte les soirs de grands vents
En prenant soin d'enlever ses dents
Hennissant à la lune
Jusqu'à ce qu'il en perde du volume
Un mari de Bourgogne
Avec son gros pif d'ivrogne
Qui sans vergogne
La varlope sous les pognes
Un mari officiel
Loin de l'amener au 7ième Ciel
Un mari d'occasion
Pour essayer d'autres positions
Un ex-mari dans les assurances
Qui utilise le condom
Un autre à l'hospice
Qui après avoir pris son viagra
y va d'une belle pisse bien droite
Mata Hari des jeux d'alcôves
Elle fait l'envie des pauvres
Ma tante Gilberte a plus d'un mari
Ma tante eut quatre maris, tous marris d'être maris dema tante :
Le premier sous la tente rencontra ma tante, et,trente ans, une patente, des
tentacules et plusieurstentatives de suicide plus tard, tenta de ne plus enêtre le
détenteur. [de ma tante...]
Le second quant à lui la rencontra un lundi. Lemardi qui suivit, il s'en fit une
amie, le mercredi ildevint son mari, le jeudi elle lui raconta sa vie, etle vendredi il
s'enfuit!
Le troisième était une crème. Patissier de sonétat, il lui faisait des babas. Mais
ressemblant viteà une religieuse, elle décida en un éclair de luifaire faire Paris-
Brest.
Et le quatrième me direz-vous? Eh bien, c'était unfou :
Nuit de noces à Corfou, Bijoux, Sous, beaux cailloux,soupes aux choux...
En Aoùt, ce roux ruiné prit ses poux, son hibou et sonloup et quitta pour toujours
la tante d'amour...
Aujourd'hui, parfois verte de rage, bleue de peur ourouge de honte mais plus
souvent rose de bonheur, matante mélange les couleurs avec un peintre
ébène :buvant un petit noir au bord d'une plage de sableblanc, les pieds lèchés par
une mer turquoise, ilsvoient la vie en rose...
[PS : bisous à JS et MP s'ils me lisent]
Monsieur le Directeur Général,
je vous serais très reconnaissante de prendre en considération la demande de ma
tante qui souhaiterait jouir d'une pension bien méritée au regard de son
observance du cahier des charges de la Maison, poursuivie tout au long de sa vie
quant au choix de ses maris, dont je me permets de vous joindre la liste qui me
semble en effet absolument correcte :
deux homos
un Britannique
un Noir des Départements et Territoires d'Outre-mer
un Noir n'appartenant pas à la catégorie ci-dessus
une femme battue
un handicapé moteur
un handicapé mental
un ex-membre d'Action directe
un Juif rigolo
un troisième âge
un quatrième âge
un Arabe présentant bien le journal de la mi-journée
un Corse
un chasseur Girondin
un acteur de X
un philosophe qui se déplace sur le terrain
une fourmi
un Japonais
un drogué
un accidenté de la route
un psychanalyste du service public
un ex-fumeur
une minorité ethnique
quelqu'un de la Maison
un ancien possesseur de Pittbull repenti
un français moyen
un styliste
un pèlerin d'Emma
TATA A AMIS
Je viens vous conter l'histoire véridique de ma tante Micheline dont je tairais le
nom de famille par respect pour sa mémoire.
Elle est née durant les années folles, d'une liaison entre une ancienne serveuse
d'un bar du Havre, et un exploitant de cinéma ambulant de trente ans son aîné.
Elle vécut les premières années au milieu d'un ménage à trois, formé de ses
géniteurs et de la femme régulière du père, et des autres enfants du couple.
La multiplication des salles fixes les fixa, les faisant devenir concessionnaire
d'une marque de camionnette, qui tomba en faillite à la veille du dernier conflit
mondial. Ils déménagèrent et se firent éleveur de canard dans une ancienne
écurie de pur-sang devenue inutile avec le conflit.
A la libération, libérée, tata fugua et suivit l'armée américaine pour ramener un
an plus tard, amère une fille, prénommée Monique.
C'est le premier oncle, celui d'Amérique, soldat inconnu, que l'on imagine par
exemple avoir survécu, ayant dirigé une compagnie de soda, et qui mourrant
bientôt, recherche cette femme et ses descendants pour les dédommager
grassement de son attitude passée.
C'est l'attente de l'oncle.
Le deuxième oncle, tonton Georges était un petit colosse mesurant cinq pieds avec
des pectoraux féminins qu'ils pouvaient agiter sur demande.
Ma grand-mère, vivant en concubinage avec un militaire de carrière de dix ans
son cadet, bien introduite dans ce milieu et grâce à sa camionnette, put obtenir
un marché un peu particulier : les droits pour dégager des champs de bataille par
le biais du service des domaines. L'élevage en peu de temps se transforma en
chantier de ferraille, tout en métamorphosant le matériel militaire en remorques
agricoles ou en tracteurs madmaxiens.
Tonton Georges embauché à cette occasion forma durant dix ans avec ma tante
un couple volcanique avec sept enfants et des scènes sans cesse.
Puis lassé d'être enlacé par ce ferrailleur elle partit le faire plus loin avec un
représentant qui se suicida se pendant quand la surprenant prise par ailleurs par
un autre.
Puis vînt le tonton de la Somme, car en 1968, après une période de totale rupture
de plus de 10 ans, nous la revîmes. Pour moi, je découvrais, cette tante mythique
en lui rendant une visite au tabac d'Albert qu'elle tenait depuis peu.
L'oncle que je vis était plus âgé et ne respirait plus trop la santé, par contre la
tante un poil enrobée était ensorcelante et resplendissante. Le pauvre homme
devenu impuissant se suicida d'une ultime décharge en apprenant dans le journal
que le curé, ultime oncle éphémère, était l'amant de sa compagne.
En première noce, ma tante épousa les frères siamois Adolphe et Benito. Elle est
devenue bilingue par la force des choses, mais l'histoire ne dit pas en quelle
langue elle criait pendant l'orgasme. Hélas pour elle, la guerre sépara les deux
frères qui périrent chacun de leur côté, laissant une femme éplorée et tondue à la
libération par de courageux résistants FFI.
C'est à cette occasion qu'elle rencontra, puis épousa son bourreau, le commandant
Raoul, dit la " Tondeuse " qui succomba devant son charme, et a une crise
cardiaque pendant un débat télévisé qui opposait Georges Marchais à Love
Amour.
Depuis elle est pacsée avec son chien Pol Pot et coule des jours heureux dans son
petit pavillon de banlieue. Certains soirs on entend les jappements de l'animal et
les cris de sa maîtresse mêlés qui montent jusqu'aux étoiles.
PPP pourvou que ça doure !
Deuxième acte de La Périchole d’Offenbach :
Don André
Conduisez-le, bons courtisans,
Et que cet exemple serve,
Dans le cachot qu’on réserve
Aux maris ré
Aux maris cal
Aux maris ci
Aux maris trants
Aux maris récalcitrants.
Si la Périchole était ma tante, mes oncles composeraient ces charades d’unvent
terre:
Mon premier éprouve du plaisir, ré, parce que réjoui
Mes deuxièmes vivent dans le sud de la France, cal, parce que lescalissons d’Aix-
en-Provence
Mon troisième éveille votre amour, ci, parce que s’i’ vous plait
Mon quatrième coupe les cheveux, trants, parce que transitif
Mon premier n’est pas Comte, ré parce que rééduque
Mon deuxième n’est pas mort, cal, parce que Calvi
Mon troisième jette des ovins, ci, parce que Le silence des agneaux
Mon quatrième change de peau, trants, parce que transmue
Mon premier sent trop le produit ménager, ré parce que répulsif
Mon deuxième aperçut mon troisième, cal et ci parce que calvitie
Mon quatrième a changé de nom, trants, parce que pénétrant
Mon premier émet un vent, ré parce que répète
On veut faire exploser mes deuxièmes, cal, parce que décalaminer
Mon troisième éructe, ci, parce que sirote
Mon quatrième émet aussi un vent en se baignant, trants, parce quetrempette à
l’eau
Mon premier abandonne, ré parce que récapitule
Mon deuxième bouquine, cal, parce que kali
Mon troisième représente une vérité historico-patronymique, ci, parce queCicéron
c’est Poincaré
Mon quatrième entretient bien sa voiture, trants, parce que transgresse
Mon premier manifeste, ré parce que réclame
Mon deuxième enlève, cal, parce que calotte
Mon troisième cuit plusieurs fois, ci, parce que circuit
Mon quatrième compatit, trants, parce que tremplin
On soigne mon premier manifeste, ré parce que récompense
Mon deuxième couche sa fille le soir, cal, parce que Calmiflorine au lit
Mon troisième aime les agrumes, ci, parce que six scies scient sixcitrons
Mon quatrième élabore mon premier, trants, parce que transférer
Joe
et son taxi
toasts a la marine anglaise
Sur l'air de Lundi des patates...
lundi : des patates
mardi : des patates
mercredi : des patates
jeudi : des patates
vendredi : des patates
samedi : des patates
dimanche : feuille blanche (eh oui, c'est lourd les patates, mon inspiration s'en
ressent)
Le toast du Lundi.
Lundi c'est le jour de la Lune, c'est le jour des gens qui sont dans laLune, le jour
des marées, le jour des plages normandes et des MontsSt-Michels, le jour des
pleines Lunes et des loups-garous, le jour des lunesde miel et de confiote de
coings, le jour des jeunes mariés aussi... LeLundi, on lève un toast aux mystères
de l'Amour et aux mystères en général.
Le toast du Mardi.
Mardi, c'est le jour de Mars, le jour de Et-ça-repart, le jour des Snickerset des
Bountys et des Twix, c'est le jour du dieu de la guerre, c'est lejour des chars
soviétiques et des obus non explosés à marquer d'un petitdrapeau et à signaler
par téléphone , le jour de la planète rouge, deschoeurs de l'Armée rouge (encore
elle), de la viande rouge et du vin qui nel'est pas moins... Le Mardi on lève un
toast à tout ce qui fait mal (auxoreilles, aux dents, à la tête, aux côtes...).
Le toast du Mercredi.
Mercredi, c'est le jour de Mercure. Là ça devient dangereux. Le mercure, onle sait,
est un métal lourd. Il y a des gens lourds, ceux qui raccontent desblagues lourdes,
le mercure, lui, est bien pire : non seulement ses blaguessont vraiment très très
lourdes, mais en plus elles ne font rire personne.Le Mercredi, on lève un toast aux
poids-lourds vainqueurs par KO.
Le toast du Jeudi.
Jeudi, c'est le jour de Jupiter. Le jour des taches rouges, des taches engénéral. Le
jour des poudres à lessives qui lavent plus blanc que blanc mêmequand le linge
est noir, le jour des pubs, des arnaques financières, le jourdu fric, quoi. Le Jeudi,
on ne lève pas de toast, on a pas les moyens. LeJeudi, on lève la main et on vote à
droite. Le Jeudi on supprime 30 milleemplois. Le Jeudi on passe son tour.
Le toast du Vendredi.
Vendredi c'est le jour de Vénus. Le jour de la beauté, de la grâce, le jourdes jolies
filles qui marchent nues sur la plage, le jour des poiresWilliams, le jour de l'étoile
du Berger, aussi. Mais le Vendredi, avanttout, c'est le jour où on mange du
poisson. Le vendredi, donc, on ne lèvepas de toast non plus, on le mange. Avec du
saumon dessus.
Le toast du Samedi.
Samedi c'est le jour de Saturne. Le jour des anneaux et de leurs seigneurs,le jour
des ours et de leur Jean-Jacques, des Teddy-Bears, le jour despetits canards
jaunes, du saturnisme, des plombs et de ceux qui les pètent,le jour des silences (ça
turne !), du silence des anneaux et des brebiségarées. Le Samedi, on lève un toast
aux moutons et on les compte, pour nepas tourner en rond toute la nuit.
Le toast du Dimanche.
Dimanche, c'est le jour du Seigneur (pas celui des Agneaux, l'autre). C'estle jour
de la paix, du calme, du repos, du farniente, des doigts-de-pieds enéventails sous
les cocotiers à boire des coquetails, de la grasse-matinéepassée à ronfler pendant
le sermon. Le Dimanche, on lève un toast à l'aided'un treuil éléctrique, pour ne
pas se fatiguer.
Le toast du 30 février.
Le 30 février, on ne lève pas de toast, on va voir un psy.
Lundi : Je m'enivre au courage et à la volonté des alcooliques en cure de
désintoxication.
Mardi : Aux maris des femmes battues, parce qu'elles le valent bien.
Mercredi : Aux malheureux de la Baie de Somme, parce que une inondation
pareille, ça s'arrose.
Jeudi : Aux ouvriers de chez LU, dont j'achète maintenant tous les produits de la
marque.
Vendredi : à Xavier, mon meilleur ami, dont je me tape la femme
Samedi : Aux lions qui rêvent de se bouffer le dompteur.
Dimanche : à tous ceux qui ne trinqueront jamais avec moi, car ils flattent ma
misanthropie.
PPP et tchin ! aux femmes faciles, car il n'y a qu'elles qui veulent de moi !
Ils sont très bien ces toasts anglais, il suffit de les traduire, moi, ça me va très
bien :
Lundi : nos slips à la mer : vive nos foufounes marines et iodées!
mardi : nos hommes (les vrais)
mercredi : nous-mêmes : pas mieux!
jeudi : des bons coups et une saison pourrie pour rester au lit : bien pensé
vendredi : des partenaires qui en veulent et quoi?
samedi : doux coeurs, aaahhhh!.... et leurs femmes ? non! qu'elles restent à
nevers, les mites!
dimanche : les absents ont toujours tort. Je me garde un toast-joker, ça peut
toujours servir.
Et vivement lundi prochain qu'on remette ça!
Lundi : A Pi (toast de mathémathiciens égyptiens adorateurs d'un boeuf dont la
circonférence vaut 3,1416)
Mardi : A + (toast de mathématiciens pas nécessairement égyptiens)
Mercredi : A - que (toast de mathématiciens sceptiques)
Jeudi : A Laëgrand (poète breton trop peu connu)
Vendredi : A Méçansepasserapacomça (Divinité aztèque)
Samedi : A la bourguignone ( toast en usage chez les boeufs)
Dimanche : A ta soeur (toast en usage chez les zouaves, la main gauche sur la
couture du pantalon)
et
Last but not least, comme disent les Grands Bretons,
Aux Niçois qui Mali pensent (toast de réserve pour les semaines qui comptent 8
jours)
Les lundis
Portons un toast aux inlassables scribouilleurs de la terre entière qui, jouraprès
jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année,réalignent leur
prose débilitante sur la peau de chagrin usée d'un quelconquebout de papier amer
en passe de devenir transparent et de les avaler comme lamort les bouffera sans
rien d'autre à léguer que les sédiments osseux de leurcarcasse inanimée
Les mardis
Portons un toast à tous ces ratés de la littérature en puissance qui pullulentsur le
net en quête d'une identité de rechange à la leur, engoncés dans leurmédiocrité
latente qu'ils dissimulent sous le couvert de pseudonymes pasvraiment géniaux
supposés les couvrir d'un anonymat fulgurant, mais en faitque le chiche miroir de
leur petitesse existentielle inavouée dissimulée dansle poing serré de la larme qui
leur fend le gosier en permanence
Les mercredis
Portons un toast à la mondialisation de l'écriture, au processus créateurendigué
dans une odeur de pet proprette pasteurisée afin qu'il coule avecaisance dans l'œil
imberbe du lecteur lobotomisé moyen sans risque de ledéprogrammer et de
bousiller ses synapses fragilisés par un lavage de cerveauopéré en sourdine
depuis sa nuit des temps, dans cette opération tentaculaireet démentielle
enrichissant sournoisement les riches et appauvrissantsauvagement les pauvres.
Les jeudis
Portons un toast aux concours canins carnavalesques de ces enculés de
premièrede notre littérature préférentielle qui se haranguent entre eux en se
serrantles fesses que de leur péteux poudrés et parfumés ne s'échappe le fatras
sesoie froissée résultant de ce gaz lacérant d'une balafre d'excrémentsmollasses
leur caleçon alors qu'ils pérorent pointus et émus au micro devanttous ces
dignitaires et autres parvenus de la culture
Les vendredis
Portons un toast aux instants volés, au temps qui passe, pour tout ce que
nousécrivons et qui ne se rendra jamais ailleurs que dans notre propre
regard,parfois ébahit, parfois déçu, mais toujours accroché à la subtile musique
desmots qui courent sur l'écran ou sur le papier dans un enchevêtrement
dephrases sorties toutes droit du néant et propulsant des lettres, des mots
versune vie, une identité unique, majestueuse, royale et pas assez célébrée
commela fête grandiose qu'elle devrait être
Les samedis
Portons un toast à la résonance des mots, à ce doux remugle qui les animentsur le
papier et propulse cette giclée d'adrénaline pure dans nos veines,agitant notre
plume d'une faconde née créatrice et sans compromis d'aucunesorte avec l'instant
présent qui voit naître à la réalité ces grands élans deprose et de poésie que nous
léguons au silence qui a tôt fait de les happernous rejetant sans ménagement sur
d'autres rives d'autres regards à explorer,à humer, à toucher, à béatifier de notre
présence
Les dimanches
Portons un toast à ces quelques lecteurs vous ayant lu, ayant trouvé écho àleur
propre écho à travers vos mots et vous donnant foi et confiance en cegeste posé au
quotidien, jour après jour, semaine après semaine, mois aprèsmois et année après
année dans la solitude totale, dépouillée, emplie d'effroiet de silence, de remises
en question et de découragements perpétuels, animéque par le rêve qui vous porte
et vous soulève au-delà votre condition vers lamort brutale et bête, vers votre fin,
votre dernier paragraphe, votre dernièrephrase, votre dernier mot, votre dernière
image volée à la vie
LUNDI : Large lèche.
Lamelles de lépiotes, de lactaires et de lycoperdons.
Jus de lime.
Boisson : limonade.
MARDI : Morceau de miche tirée de la maie.
Magret de malard ou de mauvis macéré dans la marmotte et lematon.
Un tour de malaguette.
Boisson : matricaire.
MERCREDI : Sur la mense, une miche de pain de méteil.
Morceau de meunier accompagné de meuniers.
Boisson : un meunier (ou un merlon).
JEUDI : Une tranche de pain cuit en un jadot.
Joue de jeune jardinier.
Jamerose et jaque en accompagnement.
Boisson : Juliénas.
VENDREDI : Vache farcie de vinette, relevée d'un verjus.
Parsemer de vaccinium.
Boisson : un vieux vin.
SAMEDI : Sanglier saisi.
Saugrenée relevée d'un saupiquet en accompagnement.
Boisson : Sauternes.
DIMANCHE : Escalope de dudong daubée dans des drupes.
Boisson : du Dubonnet.
Entre ministres :
Lundi : à ma mairie !
Mardi : à mon syndicat de communes !
Mercredi : à mon conseil général !
Jeudi : à mon conseil régional !
Vendredi : à mon assemblée nationale !
Samedi : à mon conseil européen !
Dimanche : à Marianne, ma maîtresse sadique qui m'humilie tant.
Entre maîtres du monde :
Lundi : à la déréglementation universelle et à la disparition des états !
Mardi : à la suppression des syndicats !
Mercredi : à la suppression des charges !
Jeudi : à la limitation de la concurrence !
Vendredi : à la dictature des marques !
Samedi : à la consommation obligatoire !
Dimanche : à nos cassettes et à nos trous de chaussettes !
Entre mafieux
Lundi : aux cigarettes libérées des taxes d'avides états !
Mardi : aux alcools délivrés des rançons fiscales !
Mercredi : aux poudres blanches des tropiques !
Jeudi : aux armes etc!
Vendredi : aux filles de l'Est, compensant les délocalisations !
Samedi : aux contrats pour tueurs sensibles !
Dimanche : à notre sainte mère l'église ! ( chute )
LUNDI : à tous les LUNatiques DIfformes,
MARDI : à tous les MARgoulins DIarrhéiques,
MERCREDI : à tous les MERdeux CREDItés,
JEUDI : à tous les JEUnets DIscothéqués,
VENDREDI : à tous les VENdus RhEDIbitoires,
SAMEDI : à tous les SAccageurs MEDIsants,
DIMANCHE : à tous les DIsjonctés MANCHots.
LUNDI : à tous les Laborieux Unijambistes NaÏfs et Dépourvus d'Intelligence,
MARDI : à tous les Malheureux Aptères Réduits à Demeurer Immobiles,
MERCREDI : à tous les Minables Efflanqués Repus avec un Croùton Ramolli
Enfoui après une Digestion Interminable,
JEUDI : à tous les Jaloux Epouvantés par les Usuriers Dénaturés et Implacables,
VENDREDI : à tous les Vertueux Erudits Noués à leur Dictionnaire pour Rendre
avec Exactitude leur Dissertation Imperfectible,
SAMEDI : à tous les Salauds d'Anonymes qui Médisent avec Effronterie des
Délicats Innocents,
DIMANCHE : à tous les Diaboliques Informateurs qui Mentent avec
Acharnement aux Nuées Candides par des Homélies Emphatiques.
Tous les jours, à toutes heures : à la jouissance éternelle
bilan 2001 voeux 2002
Ils sont drôles, eux, avec leurs jeux d'écriture contraints (eux, parce que vous y
croyez, vous, à l'intégrité et l'unicité du Don Sabirador ? Ils seraient du genre
société secrète, eux, à se réunir dans des cryptes baroques de goùt moyen,
encampuchonés lecteurs d'entrailles d'onyx, trouvant dans la divination les sabirs
à venir, en avalant du gros thé). Et puis à nous prendre pour des poètons en
charentaises, des randonneurs ou des facteurs (quand ce n'est pas adolescent
adepte de l'épistoliation /s Saône correspondance (de gare timbrée)), ils en
oublieraient presque qu'être inventoriste, aussi, peut être art, mais un art où la
liberté des formes est telle qu'entre compter les pois chiches, les carats ou les
russeries, on enjambe la littérature de l'épigramme à l'ode en kilovers ou le
roman cale-porte. Inventorier, oui, mais on n'inventorie que des marchandises,
oui, mais lesquelles ? Inventorier, c'est inventer des listes, et donner du sens aux
listes, et finir ses phrases.
(Plus loin)
D'un commun accord avec l'autre rive du ruisselet coulant au milieu, la
surcontrainte serait fournie par un magasin Habitat. N'allez pas croire que le
sabir est pour moi corvée, mais samedi dernier, c'est à dire avant-hier, lorsqu'il
m'échut la tâche de collecter la liste nécessaire à son élaboration, j'étais déjà
suffisamment loin de chez moi quand je réalisai l'absence totale en ma main
droite de tout instrument d'écriture ainsi que du minuscule dé rouge qui me sert
usuellement d'espace de probabilité discret de poche. L'emprunt d'un stylo noir et
d'une calculatrice traînant sur un bureau du magasin susmentionné dans lequel
je me trouvai maintenant, ainsi que l'application t|->4t(1-t) semblèrent résoudre
la première partie de notre problème consistant en le calcul d'une promenade,
entre les vases et les poufs bariolés, façon jeu de l'oie. Promenade dont les étals-
stations devaient me fournir une liste de noms d'objets, par dessus laquelle on
jetterait de grandes toiles rouges, et des cornes et des mouflons.
(Plus loin, ce qui fut dit fut fait)
DUFFEL. Les fùts de ces eaux de vie, Yves, Ed osaient se les lamper, les soirs.
Rats au sel et paons, les gens mangeaient aux - ente, ouvre l'oeil - agapes sabirs.
Ris bas, pagaille, leur voùte en haut !
TRIBECA. A la ferme aux sabirs, nouvelles poules qui des dents brisent
l'isostaticité de la liaison basse-cour / canards à trois pattes. Pour l'an prochain,
révision des classiques, faute de quoi autant de sabirs que de variétés de roses
sèmera le trouble chez les sabiracteurs, nez avancé. Un bon vieux lipo, foi
d'animal !
INDO. ESTE. Eastern-Western, et si l'on arrêtait de mater des films made in
Bollywood ; Et si on se faisait l'Inde par la route en combi Volkswagen ?
CONTOUR. ORBIT. On a tourné autour du pot, et, potaches, dansé autour de la
potée, potion potentiellement potagère. Orbit au potard : potiche ou potentat ?
ACERO. On ne sait plus calculer en nos terres ventées. Une année à venir, moins
de musique baroque et moins de calcul symbolique sirupeux.
IRRADIAL. TRAY. Parce que ce fut une année pleine de vaches, et qu'en
émigrant sur la lune cornes sur corde tendue, elles, mimant ensuite par le ballet
de leurs troupeaux des tâches sombres et tâches claires, nous aurons une lune
vachetée, une lune avec des pis rosis.
SHIZUKA. Nous ne nous couperons plus les cheveux, et nous ne tondrons plus la
pelouse. Le gazon a lui aussi son droit à ne pas prendre des allures de skinhead.
MAURICE. Et la moustache, et les ailes de pigeon pour m'ouvrir les portes, j'en
garde quel souvenir ? A faire : des miroirs sur les murs des couloirs jaunes, des
colombiers aux portes, et nous nous connecterons par volatiles interposés.
RFC1149.
JUKES. De Duke à Fluke, en substitution, penser peut-être que le voisin ne
supporte pas l'onde d'un gamelan.
SATURN. HOLST. Planétaire planer-terre, halo posé à l'opposé. On a
photographié le soleil au travers des bambous. L'an prochain, on traversera le
soleil. "Another dimension, another dimension..."
BASILICO. Ne plus croire en les dames qui ressemblent à des dessins qu'on a vu
dans les salons de Dieu. Du moins, ne plus leur envoyer d'ambassadeurs, même
pour leurs cheveux.
SERAFFITO. MAGNA. Petit et joli, je remplis des mains et je glisse dans les
poches. Plus tard, cet an, je serai grand et beau, et je remplirai des cœurs et
glisserai dans des vies. Objet-Gens.
BILAN 2001
Les nostalgiques du général et de son successeur, se souviendront d’un hôpital
tuant ses malades, et d’un porte-avions inoffensif dans le Pacifique.
Les débitants de pompe et les bottiers picards, noyés sous un afflux de
commandes se souviendront d’un bilan record en liquide.
Les salariés d’une kyrielle de grosses sociétés se souviendront du facteur leur
faisant signer le récépissé de leur licenciement.
Les organisateurs de négociation de l’administration centrale se souviendront
avoir beaucoup travaillé.
Les Toulousains habitant derrière le ventre de la ville ( dans ce cas sous les
abris ) se souviendront de l’air d’un temps coupant le souffle, quand leur engrais à
haricot d’une filiale âgée d’Elf les secoua d’un pet trop chimique, tel un gaz des
marais.
On se souviendra que le bouton de la guerre au proche orient est sur la position
Char ON alors que les vierges commencent à manquer au Paradis.
Dans leur parler, on dira de l’état français, abonné aux promesses de minuit, qu’il
trompa leur île d’amour, causant la mort des bavards, bien que les Corses envient
les corps en vie.
David Douillet se souviendra avoir pris trente kilos à force d’être servi à toutes les
sauces.
André, celui que Charles tâtait à la porte du garage se souviendra avoir été
entraîné par une mer de gaieté dans un jardin extraordinaire.
Les supporters se souviendront du TGV permettant à ceux de l’OM ou du PSG de
prolonger la troisième mi-temps de façon à mieux se connaître sans arriver en
retard au bureau le lendemain.
Les dieux tutélaires ovins d’outre Manche se souviendront avoir été honorés
comme jamais ils n’espéraient l’être, attendant toujours la requête du grand
sorcier britannique.
Les Parisiens se souviendront que pour sauver leur cité du naufrage et des
inondations, ils firent appel à un expert spécialisé, de là Noé.
Les Serbes se souviendront avoir expédié leur maître mis à bas dans le pays
correspondant.
Les Italiens se souviendront avoir confié les clefs de Rome à un cavalier surtout
dans ses manières.
Les courbes de l’audimat se souviendront qu’elles dépendent souvent des formes
généreuses d’une blonde comme celles des rentrées de blé.
La justice se souviendra du pouvoir magique l’exécutant d’une
abracadabrantesque pschichitterie.
Les torturés se souviendront que leur tortionnaire après avoir trouvé les maux
pour les faire parfois parler a trouvé les mots pour ses aveux.
Gare à ceux qui oublieront la disparition de Garcimore.
Le trésorier de la plus grande société sportive espagnole se souviendra qu’il
aurait pu acheter un airbus A321 ou 360 Ferrari au lieu d’un simple bipède.
Les profs de pilotage se souviendront d’élèves séchant les cours au début et en fin
de stage mais attentifs entre deux.
On se souviendra que pour contrer la publicité clandestine faite au pétrole lors
des différentes catastrophes qu’il provoque, les producteurs de charbon, mal
conseillés auront voulu promouvoir un combustible délaissé par la distribution
postale d’échantillons.
Les barbiers afghans se souviendront avoir dù raser de vieilles femmes masquées
auparavant.
Les marmottes de la même région se souviendront avoir eu du mal à trouver le
sommeil cet automne.
Les Argentins désargentés se souviendront que l’argent dollar régentant les a
rejetés, tandis que les oropéens devront jeter leur anciennes devises.
ANNEE 2002
Comme 1991 , calindromique.
- Reprendre ses rêves dans l'ordre de l'infaisable et s'y ateler
- Ecrire à tous ceux qu'on a pas vu depuis longtemps
- Pas se laisser aller à voir les choses realistement quand on est pas fait pour ça
- Aller retrouver Penju à Dharamsala
- Al
Année 2001. Constat :
Rien, des nèfles, zéro, nada, keudchi, balpo, podzob, nib, que dalle, néant !
Pas ça ! (pour illustrer cette expression, incérer l’ongle d’un de vos pouces sous les
dents de devant de la mâchoire supérieure. Fermer le poing, qui doit demeurer
bien roide. Puis d’un geste vif, retirer le pouce tendu de sous les dents et l’arrêter
au niveau de la bouche à une vingtaine de centimètres du visage. L’ongle du
pouce, qui vient d’être ainsi délogé soudainement de la paroi des dents, doit faire
entendre un bruit sec qui peut varier de tonalité suivant qu’on garde la bouche
plus ou moins ouverte pendant l’opération)
Année 2002. Résolutions :
Arrêter de fumer après l’amour si je trouve une femme, sinon, je m’en branle !
Trouver la combinaison gagnante de ce putain de loto, sinon je reste gueux entre
les jambes.
Essayer d’en foutre le moins possible au boulot, afin de réussir à battre le
tamponneur Corse du service courrier, à qui l’on décerne le Ramier d’Or chaque
année.
Trouver le moyen d’ouvrir mes shakras, sinon ça sent le renfermé et je vais encore
puer du bec.
Me faire offrir un téléviseur en espérant qu’on m’en donne une avec
télécommande, car j’en ai marre de devoir me lever toutes les cinq minutes. Mon
canapé n’en peut plus et moi itou (Avis aux âmes mateurs).
Changer ma voisine d’en face qui est un vrai tromblon, car je passe de plus en
plus de temps à me faire reluire quand je la guigne en train de prendre sa douche.
Dans le même ordre d’idée, acheter une longue-vue fixée sur un trépied, parce
qu’avec les jumelles ça tremble trop, et au moment de l’orgasme j’ai l’impression
de voir un film expérimental, et je me la cogne partout.
Ecrire le prochain Goncourt pour pouvoir dire encore plus de conneries que
Houelbecq dans les médias (élémentaire, Sir Particule !) et puis payer quelques
dettes que j’ai dans certains lieux clos (pour les cruciverbistes : E.T. la désigne du
doigt, en 6 lettres).
Ne pas rencontrer le grand Amour, car il faudra nettoyer, repeindre, ranger mon
appartement, acheter des meubles, de la vaisselle, refaire ma garde-robe et
apprendre le savoir-vivre pour plaire à la Dame, sinon elle fera la moue et
prendra n’importe quel prétexte pour me fuir au plus vite et c’est tant mieux !
Continuer à Sabirer, sinon j’écris plus une ligne et je me flagelle devant la page
blanche du roman que je ne commencerais jamais.
PPP les maux pour le dire !
Petite note de papier quadrillé déchirée en haut à gauche, collée sur mon frigo :
" Larmes : Un baiser par oeil brouillé
Plaintes : Une larme par lamento
Blessés : Un pardon par pansement
Présent : Un pensée pour le passé
Passé : Une lanterne sur le pavé
Futur : Un coup de pied pour chaque erreur
Imbéciles : Un mépris par méchanceté
Mots : Un bâton par barbarisme
Oiseaux : Pfiou, toutes les cages à ouvrir"
- l'absurde
- l'absurde
- Comme un chêne
la ou conduit l'ivresse
un mal aux cheveux à boire du Pétrole Hahn des vapeurs de vin à rendre tokay
des propos incohérents à se noyer dans un verre d'eau des roulés-boulés sous la
table en noyer, sous un verre d'eau des vapeurs de cocktail à assomer un colonel
une libido effrenée à voir des geishas au fond de tous les verres des vapeurs de
bière à voir les Leffe en rose des maux de foie à ne plus rien voir si rose et une
bonne gueule de bois, en cognassier véritable, pour ceux qui se seront bourrés
comme des coings
Frédér-Hic fait encore son c-hirc ! Le v'là dans un resto c-hic à exiger son fr-hic en
p-hic-ant sa crise d'hystér-hic... Pourtant, c'est un bon fl-hic. Mais il se p-hic au
Beaujolpif,et son t-hic, c'est de p-hic-oler en des lieux c-hic-s, et, rond comme une
barr-hic, de pas vouloir lâcher son fr-hic... Hic-onoclaste amphat-hic, il vomit (s-
hic) sur les mannequins famél-hic-s, héro-hic-s, raides comme des p-hic-ets au
bras de gros rub-hic-onds card-hiac-s qui s'enfilent l'alamb-hic... Il inv-hec-tive les
grosses diabét-hic-s accompagnées de g-hic-olos quasi-squelett-hic-s qui s-hec-
ollent des tifs acrobat-hic-s sur un crâne cadavér-hic... On le flanqua donc, c'était
fatid-hic, à la c-hirc-ulation. J'vous dis pas le traf-ic !
L'ivresse conduit à gauche dire la vérité se trouver beau aimer tout le monde le
dire bien fort rire s'ennuyer pleurer s'allonger sur le macadam trouver le monde
mou, merveilleux et conciliant enfin tout comprendre mais surtout l'amour avoir
le hoquet comme Aristophane être bavard plus exactement avoir plein de choses à
dire palper les autres avec insistance bien voir que ça leur plait trouver
lamentable le saoulard d'en face avec ses chaussures à bascule boire encore en
avoir marre de tous ces cons avinés qui ne comprennent rien chercher encore
quelqu'un qui vous écouterait se consoler dans un face à face sublime avec la nuit
sentir le tragique de ces petites fenêtres éclairées si tard comprendre qu'on est
vraiment seul profiter de cet instant de vérité que seules l'ivresse et la nuit vous
dévoilent se sentir immensément poète se casser la gueule dans la porte-fenêtre
proférer un juron indigne de soi tomber sans se faire de mal fermer les yeux
partir ailleurs DD
HIC TRANSAT Sùr qui f’zait chaud sur c’transat à midi au mois d’aoùt ! Sùr qui
f’zait soif sur c’transat ! Alors j’crois qu’j’ai bu : un pastis par ci, trois vodkas par
là, cinq Cinzani ici, six Saint-Pourçain, huit daÏquiris ou dix astis, j’sais plus !
Alors j’crois qu’j’ai vu sortir du mur : UN Alligator du Kalahari qu’à Caligary
Harry, à tort, mardi battait à mort UN plus UN Bisons bisontins bizutant au
savon un saxo saxois au boxon saxon TROIS Capucins cajuns chafouins chiquant
du sainfoin pour la Saint Frusquin QUAT’ Dindons dodus d’Issoudun dont dînait
Dody, la doudou dandinant du dos du doux Dady CINQ Faisans valaisans faisant,
vaillants forbans, un fort ban à Faizan SIX Gnous d’Ougarit au gabarit maoux
goùtant au vit d’un pou ripou dans l’igloo d’un zoulou SIX plus UN Hotus foutus,
farcis au tofu, bouillis aux choux fourchus HUIT Ibis d’Ibiza irritant un doux
Hindou aux doux seins sans son saindoux DIX moins UN Jacots aux jabots
rococos jacassant un cocorico coasssant DIX Karaculs cubains caracolant sans
collants dans la casbah d’Akaba DIX plus UN Lamantins du Tonkin poursuivant
à Pantin Quentin, l’amant tintant d’Armand SIX plus SIX Moutons mormons
morfondus, dont Tonton Tony tondit, dit-on, l’amont HUIT plus CINQ Narvals
amiraux admirant à Narvik la rani d’un anar miraud VINGT moins SIX Ouistitis
jouissifs du pif juchant un whig poussif sans calcif DIX plus CINQ Poulains
pisans passant par l’Ain sans qu’un pissât par là DIX plus SIX Quangourous
couillus au court cou roux coursant, sans courroux, un gourou goulu VINGT
moins TROIS Ragots cathos au calicot trop gros du haut du dos DIX plus HUIT
Sapajous pas jojo jouant du banjo aux barjos du Bal à Jo VINGT moins UN
Tamarins marrants aux caftans marins d’astrakan ramant dans un mazagran
toscan VINGT Urubus barbus un abri-bus, buvant du vin bourru VINGT plus UN
Vautours hautains volant haut tôt au matin autour d’ la tour d’Autun
VINGTCINQ moins TROIS Wapitis Inuits du Puy huilant la nuit l’huis du puits
VINGTCINQ moins UN Yacks All Black saisis au colbach, à Tolbiac, par un amok
Ouzbak VINGTCINQ Zizis zinzolin zinzins, zinzinulant Tonton Tintin d’un
tintouin tintinnabulant Oui mais tout ça m’donnait soif, alors j’crois qu’j’ai bu : un
galopin, trois ratafias, cinq-six lambics, plus dix wiskis ! Alors j’crois qu’j’ai vu
bondir du mur : VINGTCINQ Zozios fluo du zoo d’Oslo glougloutant du goulot
VINGTCINQ moins UN Yaourts tabouls d’Istanbul distrayant à Kaboul dix lions
mabouls VINGTCINQ moins TROIS Wikings d’Hasting, d’Asti schlass, astiquant
à l’anthrax l’asticot d’ Astianax VINGT plus UN Varans vaudois aux doigts froids
qui vont droit à l’octroi à Rocroi VINGT Urus dans un bus d’URSS conduits sur
Uranus par Ursus, fils d’Horus VINGT moins UN Taulards tatars au tarin taurin
tartinant un gratin au lard DIX plus HUIT Snarks dans un snack kanak
chassant un cornac Ostiak du Haut-karabakh VINGT moins TROIS
Raminagrobis tous gris, gros matous qu’Olga au doux minou a nourri au nougat
mou DIX plus SIX Quasimodo poursuivant à moto un moutard braillard
Boulevard Victor Hugo DIX plus CINQ Porc-saluts passant par Port-SaÏd, tirant
à bout portant du boudin blanc du bout d’un banc sur un tyran d’Iran VINGT
moins SIX Okapis d’Atica accros au tapioca sous un tapis moka tapis, saouls
HUIT plus CINQ Nagas gagas du manga, gavant d’agar-agar un gars fada
d’agaric SIX plus SIX Marsupilami sans soins laminant un marsouin pour savoir
où l’ami Marc l’a mis son salami DIX plus UN Lulus d’Honolulu sortant cul nu du
lupanar à Cucuron pour alunir, ronds, à l’O.N.U. DIX Koalas d’Oklahoma, accros
au Coca, qu’au Ladakh calotta Colas DIX moins UN Jabairwock mastoc fourguant
à Woodstock un stock d’airbags à un jobard à l’air toc HUIT Ichtyornis aux pifs
pourris d’un ichor suintant, honnissant un oto-rhino niçois SIX plus UN Homards
cossards bossant au noir au manoir d’un cornard sans costard SIX Godzila
hilarant gongorizant d’un god odorant Lady Godiva, diva du gorgonzola CINQ
Fourmilions lyonnais adorant Lili aux mil lys au four du « Lion d’Or » à Oran
QUAT’ Dahus bannis du bachot pour chahut au bahut du dab à Huc TROIS
Chats-huants mutants chahutant un anchois chouan à Huan UN plus UN
Basilics aux airs loustic taguant au bic « Viva Moustic » sur un cockpit du «
Titanic » UN Axolotl palot qu’Albot, poulbot du Lot, boulotta tôt au labo plus un
graton-lavoir
à ramener une femme chez soi, la tirer comme il se doit, et le matin au réveil,
trouver à ses côtés un truc genre Annie Girardot avec une haleine à décoiffer un
boeuf qui vous dit : « t’es ki toi ? » à passer la soirée malade dans les gogues, le
froc baissé, la tête sur les genoux pendant que des connards viennent frapper à la
porte en se plaignant pour leurs besoins... - Va chier dans l’évier, salope ! je
réponds. à se trouver spirituel dans les soirées, amuser la galerie, mais personne
ne vous rappelle jamais, alors on rentre seul et on se tire sur l’élastique. à
raconter des conneries, et les regretter amèrement le lendemain, en sirotant un
Doliprane 1000 et deux témesta. à se fâcher avec un ami de longue date parce
qu’on a peloté les nichons de sa femme. à danser comme un fou sur des rythmes
techno à la noix alors qu’on est déjà un vieux con mais il n’y a que les autres qui
s’en aperçoivent. à avouer qu’on est pour la peine de mort, même si c’est pas vrai,
histoire de faire chier la maîtresse de maison qui vote socialiste. à reluquer toutes
les jeunettes en imaginant qu’on a une chance de les soulever, mais au bout du
compte on se tape une vieille radasse et en plus on paye le taxi et le lendemain on
prétexte un repas de famille pour qu’elle mette les voiles aussi sec, alors qu’elle
aimerait bien remettre le couvert. à dire des choses magnifiques à une femme, des
bouts de poèmes ensorceleurs, en bref passer pour un grand romantique et puis
lâcher une caisse dans le lit après une citation de Mallarmé. à se sentir à l’aise en
société alors qu’on a des chaussettes trouées, un slip douteux et qu’on commence
à sentir sous les bras. à dormir avec un doigt dans le cul histoire de s’imaginer
qu’on est pas seul au monde. à croire que la Vie peut être gaie un instant, alors
que les problèmes reviennent au triple galop une fois dégrisé et qu’en fait on a
toujours misé sur le mauvais cheval. PPP Licence IV
Encore une ! Sept fois qu’elle le passe, ce sacré permis ! Ils ont fini par lui donner
Faut arroser ça ! Elle tremble, n’en revient pas. Absinthe lui caresse le dos. Allez,
c’est ma tournée ! Elle n’a rien mangé depuis la veille Le trac. Absinthe parle fort.
Ben oui, faut arroser ça, c’est la coutume Encore une ! Elle rêve de voyages, ira au
ciné, au super marché, voir sa mère Absinthe rit jaune Elle va lui piquer sa
voiture, dérégler son siège, ses rétro On remet ça ! Elle a chaud. Ses yeux brillent.
Absinthe rumine Va y mettre des coussins, des rideaux La dernière ! Elle ricane,
louche. Absinthe fulmine Va perdre les clés, l’envoyer dans le mur La der des der !
Elle tangue, s’accroche. Absinthe explose. Cette fois, elle a dépassé les bornes !
C’est sa tournée ! Elle tremble. Clo
Un dieu jovial Avec de belles bacchantes, à poil Des festins, des orgies, des
bacchanales Et un raton-noceur Une paire de testicules, ceux de Noé Une hilarité
déplacée Un fils maudit, déshérité Et un raton-buveur Un envahisseur venu de
Ninive Une intrépide Juive Une décollation définitive Et un raton-cuveur Des
contes de la folie ordinaire Les fleurs du mal de Baudelaire Les alcools
d'Apollinaire Et un raton-viveur Une javanaise Une jamaÏcaine Marseillaise Une
gitane éternelle, ne vous déplaise Et un raton-chanteur
A quoi donc mène l'ivresse ? A rien. Ou presque rien. A la vie, à la mort, A l’est
d’éden, A la claire fontaine s'en aller promener, A bicyclette, A cheval gendarme,
à pied bourguignons, A pied, à cheval, en voiture, et en bateau à voile, A
l’enseigne de la fille sans cœur, A la pêche aux moules, A l'ombre des maris, A
l’arrière des berlines, A l'hôpital Velpeau, A Joinville-le-Pont, A genoux, A ta
santé A tâtons, A jeun, A chanter, à beugler, à hurler, à traire de mauves génisses
dans leur nid-bar perchées, à pratiquer un langoureux tantra entomologique, sous
le regard complice d’un éléphant couleur pétale, à déposer un voile diapré sur
l’émail clair des goguenots, à déambuler nu à la suite d’un mauvais raton-laveur,
à le pourchasser à cor et à cri sous les bahulées d’une meute de tritons irisés, à
exhiber au soldat inconnu son je-ne-sais-quoi, son presque-rien et son rien. A
quoi ? A dada.
Livraison à toute heure, la tâche n’est pas facile. Un homme de petite taille,
comme on dit maintenant, devant livrer d’urgence une caisse de vin vida quelques
bouteilles pour les rendre moins lourdes. Stratagème un peu niais : c’est vous
vous en doutez en bien mauvais état qu’il arriva au port. Moralité Nain portant
les flacons, fourbu connaît l’ivresse.
en dictionnaire, de sept en sept, l'ivresse conduit au jable, rainure pratiquée aux
extrémités des douves d'un tonneau pour fixer les fonds, au jacaranda, arbre
d'Amérique tropicale, à la jachère, état d'une terre qu'on laisse reposer en ne lui
faisant pas porter de récolte, au jacquard, nom donné au métier à tisser dans le
droit fil, à jacter, au jaillissement, à toute heure, en toutes choses, à la jambe, au
jangada, radeau de bois et du Brésil, au japonisme, au jardin, à jargonner, à la
jarretière, sans ordre, à jaspiner (encore), au jaunâtre, couleur de foie, au
javanais, à la javellisation, à la jeannette, le " narcisse des poètes ", au je-m'en-
fichisme, aux jérémiades, au jésuitisme, au jettatura, le mauvais œil, à la
jeunesse, à se monter le job, au jocrisse, au joint, au joker, au jonchet, à la jota et
à trois temps, à jouer, au jouisseur, à la joute, à la jovialité, à la jubilation, au
judiciaire et au jugement, au jujube, fruit du jujubier avec lequel on concocte des
remèdes contre la toux, aux jumelages, à la jupette, du jurement, imprécation
sacrilège au juron, jusque au juste-milieu très juteux, au kabuki, au kaléidoscope
produisant d'infinies combinaisons d'images aux multiples couleurs, au kamikaze,
au karaté, au kéfir, à la kermesse, au khédivat, au kief et à vos cas biliaires!
... des profondeurs, aux fondeurs d'or, à l'or des Incas, aux catastrophes, aux
strophes déliées, aux liaisons dangereuses, osseuses en tous genres, au genre
qu'on se fait, aux faits divers, aux versions latines, aux tinettes et autres
tonnelets, aux lézards mordorés, aux réactifs, aux tifs coupés, au pétrin, au train
d'enfer, en fermeture, en turgescence, en sens développés, et périssables, en sable
de mer, aux mercenaires, aux nerfs de guerre, au guère de bien, au bienséant, en
ses embellies, aux lits et aux délits, aux indélicatesses, aux tessitures, aux
urgences, aux gens d'hier, à l'air de rien, aux riens du tout, à Toutankhamon, au
Mont d'Athos, aux toasts de fête, aux faîtages, aux âges canoniques, à niquer ta
mère, en émerveillement, en mensonges éhontés, en thé au citron, aux troncs à
vider, dévergondés, dépucelés, les frondaisons, en zoniers de toujours, jours
d'ivresses, en ivresse de pros, aux profondeurs, en heure et en minutes, en ut
majeur, en joueur de fond, foncièrement mauvais, aux vessies pleines, aux plaines
du Nord, aux Normands et à leurs drakkars, au car en sac, en sac à viande, en
viande hachées, aux chais de Bourgogne et sans vergogne, aux oignons frits, aux
fritures salées, aux léthargies, au gît en croix, au croissant beurre, en beurre tout
doux, en douces douceurs, en Sœur Marie-Madeleine, en laine à carder, en
déboussolés, les aiguilles au carré, ré du piano, noces de Cana, de narcotiques, au
tique à bois, de boissons fraîches, à l'échiquier, de quiétude, d'études loupées, en
pénicilline, aux linéaires, aux aires à vendre, au vendredi, d'ivresse, et
vraisemblablement, aux mandibules, aux bulles de savon, aux savons gras, en
gratitude, Tudieu !
L'ivresse délivre L'ivresse ment L'ivresse chante L'ivresse des livres m'enchante.
L'ivresse conduit aux bons grains qu'il faut séparer de l'ivraie Il n'est pire ivresse
que celle qui s'endort. Tant va l'ivresse à l'eau, qu'à la fin elle m'agace. Une
ivresse avertie en vaut deux. Quand il n'y a plus d'ivresse, il y en a encore.
Abandon d'ivresse fait larron sans fesse. L'abus d'ivresse est sans modération.
Qui va à l'ivresse perd sa laisse. Tant va l'ivresse à l'eau, qu'à la fin elle s'irise.
Où conduit l’ivresse Elle conduit au pire en laissant croire au meilleur Elle
conduit au port où se noient les marins perdus Elle conduit au poste car conduire
dans son état est interdit Elle conduit au rhum où mènent tous les chemins Elle
conduit à un degré toujours supérieur d'alcool et de conscience Elle conduit au
lendemain sans que la nuit ne pèse Elle conduit au vertige délicieux ou critique
Elle conduit aux serments que l'on brise sitôt debout Elle conduit le pieux à
douter et l'incroyant à croire Elle conduit dit Debord au vrai goùt du passage du
temps Elle conduit au cycle du buveur de Saint-Ex Elle conduit à embellir le
décor et les figures Elle conduit aux mauvais souvenirs que l'on tournera en
bonnes histoires Conduit-elle à la mort ? Pas plus que toute autre vie ADC