BATEAU IVRE
Le crado libre
Comme je ramonais une femme impossible,
Je ne me sentis plus, au vit la même raideur :
Son rouge à lèvres criard me rendait irascible,
Je regardais d'un oeil la télé en couleur.
J'étais très énervé par tout son bavardage,
Elle parlait en allemand et dès fois en anglais.
Quand après quelques heures a cessé son ramage,
Je n'avais pas pu jouir mais ça elle s'en foutait.
Dans les grands escaliers aux marches si bien cirées,
Moi, l'autre soir, plus soul qu'un polonais navrant,
Je vomis ! Et les voisins d'un air ulcéré
N'ont pas connu hurluberlu moins ragoùtant.
La concierge a crié après son mari Tim.
Plus vite qu'un TGV j'ai trissé illico
Devant ce gros costaud patron d'une salle de gym,
Dix nuits, j'ai dù passer à l'hôtel Buffalo!
J'y rencontrais Fanfan, une femme un peu mùre,
Ouverte à tous mes vices et mes désirs coquins
Et des taches de vins rouges sur ses belles chaussures
Les lava, avant que je la mette au tapin.
Et dès lors, j'ai mis fin à cette vie de bohème
Au goùt amer, de vrai désastre, et sans argent,
Délaissant cette période noire; truffée de problèmes
Et de ce fait, j'ai l'air enfin bien plus décent;
En, comptant mes euros, mes dollars et mes lires,
Je vais au restaurant prendre le plat du jour,
Sans avoir pour cela à casser ma tirelire,
Puis je monte dans ma chambre, tirer ma rousse glamour !
Je sais les belles filles, de véritables bombes
Pas les gros sacs bedonnants : je baise tous les soirs,
L'Aude sensuelle que j'tire pendant des plombes,
Et j'ai bu quelquefois l'champagne dans la baignoire !
J'ai vu ses bas coquins, qui me filaient la trique,
Qui vous donnait envie de suite de la violer,
Pareille à une actrice de porno artistique
Elle voulait par pudeur qu'on ferme les volets !
J'ai rêvé qu'elle reste toute la nuit dans mon lit,
Baiser son petit cul avec une belle ardeur,
La circulation des sèves inouÏes,
Et l'éveil dans ses bras et ses seins enchanteurs !
J'ai connu, des mondaines, pareille aux vacheries
Hystériques, quand je leur retirais le calcif,
Sans songer que cocus je faisais leurs maris
Surtout s'ils avaient su le montant des tarifs !
J'ai baisé, savez-vous, d'incroyables torrides
Offrant leurs cuisses ouvertes, elles portaient des chapeaux
D'hommes ! De belles garces lubriques, l'air hautain, impavides
Sous les draps de soie bleue, j'étais un vrai pourceau !
J'ai viré plus d'une fois d'incroyables connasses
Qui vous pourrissent la vie, qui vous bouffent votre temps !
Des malsaines, des tordues, des droguées, des pétasses
Je préfère rester seul qu'écouter leurs cancans !
Femmes, sans argent, coups foireux, pas question de baise !
Boudins décatis au volant de Golf d'emprunt
Où elles pensaient bêtement n'avoir pas l'air de niaises
Repartaient aussi sec, avec leur puant parfum!
J'aurais voulu monter un bordel pas trop crade
" Les Flots bleus ", " Poisson d'or ", un joli nom charmant.
- Mais hélas ce projet a dù rester en rade
Car la maréchaussée m'attendait au tournant.
Souvent, je suis bien las, et plus rien de m'étonne
La mer me calme un peu avec son doux frou-frou
Je descends au bistrot pour boire un petit jaune
Je reste ainsi au bar jusqu'à finir fin soul,
Je rêve de jolis seins, ballottant, de jarretelles
Et de fente d'oiselle avec un cul tout rond.
Et je divague ainsi comme une pauvre brêle
Noyé dans mon pastis, j'en oublie même mon nom !
Ainsi, je me retrouve seul dans les lieux d'aisances,
Jeté par le patron qui me traite de poivrot,
Moi qui n'ai que mon chien, ce brave et fidèle Hans
Qui me guide dans la nuit jusqu'à ma couche, là-haut;
Bourré, titubant, je trimballe de belles casquettes
Moi qui buvais avant des litres d'alcool pur
Je ne tiens plus le coup, je deviens femmelette
Alors qu'un peu plus jeune, j'étais un sacré dur ;
Qui courais, les donzelles avec toujours la trique,
Comme un satyre barbu dans un film de Renoir,
Quand les juillets au bal, je devenais sadique
Je pelotais en douce les filles dans le noir;
Moi qui tremblais, de joie en voyant dans leurs yeux
De belles envies de rut et de membres épais,
Dragueur éternel, du beau sexe j'étais curieux,
Je regrette les boxons aux profonds canapés
J'ai vu de belles femmes à l'allure si gracile!
Dont les yeux délirants sont ouverts au noceur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Toi qui m'avais donné une si grande vigueur ?
Mais, vrai, j'ai trop baisé! Les Femmes sont navrantes.
Toute luxure est atroce et tous les coÏts amers :
L'âcre amour m'a gonflé et le repos me hante.
ô que ma queue éclate! ô que j'aille à la mer !
Dès que je vois une femme d'Europe, je flashe
Blanche et chaude quand vers le crépuscule embaumé
Sur le sol accroupie, pleine de désir, lâche
Un cri de jouissance, car avec moi y'a pas d'mais.
Je suis toujours, baigné de vos langueurs, ô dames,
Enlever vos culotte d'un si joli coton,
Ni une, ni deux j'agite l'étendard de la Femme
Et j'ai hâte de pouvoir me passer des condoms.
PPP qui a trouvé le Rhin beau en marchant vers l'Aisne
transe-par-anse
Prendre un poème célèbre. Poser une feuille calque imaginaire dessus et remplacer les mots par d'autres mots à la sonorité proche pour conserver rythme et rime (proposé par Ed. R)
Le Gâteau libre
Lorsque je déclamais des rimes impossibles,
Je ne me sentais plus visé par les râleurs:
Des critiques amis m'avaient pris pour leur Bible
Et les avaient traités de pauvres vieux farceurs.
J'étais sursaturé de ces déblatérages,
Visant mon testament et mes oblongs palais.
Quand avec mes valeurs on a tourné la page
Ces cuistres m'ont blessé, mais là, je m'en foutais.
Dans les tapotements curieux des mariées,
Moi, l'autre hier, plus lourd que les cerceaux d'antan,
Je mourus! et les Clavicules dépravées
N'ont pas vomi un Lustucru plus répugnant.
...................
(toute la partie centrale du poème a été perdue, l'auteur l'ayant
malencontreusement écrite sur un papier soluble dans l'absinthe...)
....................Mais assez lamenté! Les Daubes sont barbantes.
Toute prune est féroce et tout groseillier vert :
Le tambour m'assourdit de clameurs délirantes.
ô que ma vie est plate! ô quel affreux désert!
Si je chantonne une ou deux strophes, c'est la drache(1)
Débandade où vers le forficule enrhumé
Le Grand Pan assouplit plein d'un sentiment vache,
Un gâteau tiède comme des salons de thé.
Je ne puis plus saigné par vos danseurs infâmes,
Habiter le village aux champs de potirons,
Ni brosser le cercueil des dragons et des femmes,
Ni baver sous les vieux et fétides tontons.
......................
(1) Note pour les non-belgophones: la drache, en dialecte bruxellois, c'est la grosse
pluie, dont la plus célèbre est celle qui arrose immanquablement le défilé du 21
juillet: "la drache nationale"...
(strophes 13 à fin)Banquiers, avides d'argent, vieux mafieux, gardez vosaises !
Milliardaires jouant au fond des golfs bruns
Que ces serpents puants soient dévorés des punaises
Quel choix! , des hommes tordus, avec de noirsdesseins !
J'aurais voulu montrer aux enfants ces pendards
des péteux, des matons forts, des assassins chantants.
-- Des milliers de voleurs ont percé mes soirs
Et d'ineffables gants m'ont frappé par instants.
Parfois , martyr lassé des râles et des zones,
Ma mère dont le sanglot faisait mon mauvais goùt
Montait vers moi ses pleurs sombres et son foie jaune
Et je pestais, ainsi qu'une âme en courroux...
Petite fille ballottée sur les bords des selles
Et les puants naseaux des chevaux aux poil blond.
Je te voyais, lorsqu'à travers tes liens fidèles
tu faisais tes sentiments dormir à reculons.
Or moi, pataud perdu sous les cheveux des anges
Jeté par ma maman dans l'été sans gâteau,
Moi dont les Monos et les colos dans le Gange
N'auraient pas empêché ma carcasse d'manquer d'eau ;
Libre, fumant, (et pas que des violettes),
Moi qui voulait celle rougisssant derrière la cure
Qui porte confiture exquise aux bons prêtres,
Barbies et Ken aux morveux d'côte d'azur;
Qui jouais, fana de guitares électriques,
Blanches folles, escortées d'hyppocaloriques noires,
Quand les filles et faisans dansaient à coups detriques
Les vieux ultramalins en profitaient sur le tard.
Moi qui tremblais, entendant geindre à cinquantelieues
le rut des Bébés morts et les Mamas éplorées,
pleur éternel contre les imbécillités des gueux,
Je regrette la paix des anciennes cités !
J'ai vu des architectes sidérés ! et des files
où les doux enfants sont couverts de chaleur :
-- Est-ce en ces nuits profondes que tu fuis dans lesîles,
Millionnaire, oiseau d'malheur, ô sombre Vengeur?
Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! à l' Aube tapantes
j'irai, avec lunettes atroces (de soleil) à la mer :
L'Accra d'morue m'a gonflé d'aigreurs puantes.
j'me maquille et j'm'éclate mais j'dégueule à la mer !
Si je désire une eau propre, c'est lâche
Noire et froide où vers le crépuscule j'dégueulai
mon vomi croupit plein de kleenex, je mâche
Une boisson fraîche comme un pipi long de mai.
Je n'en peux plus, ma baignade à des longueurs, jerame,
Enlever les coquillages me foule le cœur tel un coton,
la traversée, les écueils, les chapeaux des dames
et nager me fout les yeux horribles des tontons.
L'homme se défendait de preuves impossibles,
de feux de sentiers - plis - ridés par la chaleur
des pas rouges criants des abbés gris, sourds - bibles
des aÏeuls floués niée. - ô pote de couleur !...
Jdu
Le macho chibre
Comme je revendais des veuves impossibles,
Je ne me senti plus vidé par leurs chaleurs :Des yeux rouges hagards les avaient
pris pour bible,
Les ayant jouées nues au banco des violeurs.
J’étais cafardeux de tous leurs bavardages,
Mateur de nénés blancs ou de cotillons frais.
Quand avec leurs chaleurs ont fini ces dragages,
Les veuves m’ont laissé m’étendre où je voulais.
Dans les débordements ruineux des mariées
Gasp ! plus le temps.
Aav
Le cabot vibre
dormeur du val
Le dormeur Duval C'est un bout de pâture où campe une meunière Attachant
mollement aux merles des grillons Chantant; où le sommeil dans la campagne-
pierre, Fuit. C'est un maudit val où pousse le paillon. Un berger faune, couche
offerte, bête crue, Et la flùte brillant dans le vrai frison feu, Dort. Il est entendu
sans verbe, sous la vue, Mâle en son hiver que la meunière veut. Le nez dans les
ailleurs, il dort. Soupirant comme Soupirerait faon en salade, il se fait homme.
Nature, presse-le gentiment, elle a proie. Les refrains ne font plus gazouiller la
mutine. Elle mord dans le soleil, le grain dans la mounine, Gentille. Elle a deux
joues rouges à son minois. Clo
Le mordeur du bal C’est un brou de merdure où rampe une civière Arrachant
mollement aux gerbes des maillons D’or blanc ; où la corneille de la campagne-
lierre, Nuit. C’est un festival qui tousse sous le bâillon. Un fol rat jaune, mouche
alerte, fête bue Et sa clique régnant dans un gai buisson creux, Mord. Il est
revenu d’averses, sous la rue, Mal dans son nid-terre où la lune ne peut. Le nez
dans les aÏeuls, il mord. Mordillant comme Mordillerait chat en ballade, il flaire
une pomme. Rature, gerce-le vertement, il y croît. La grande faim ne fait plus
moissonner babines. Il mord dans le sommeil, le pain sous la racine, Futile. Il a
deux mous rouges au buffet froid. Clo
l'albatros
Souvent, pour s'amuser, les femmes un peu volages Prennent un bel albinos, qui
tète encore sa mère, Qui suivent, le croupion drapé sous un voilage, Son vit se
redressant au vu des touffes amères. à peine les a-t-il culbutées dans les
branches, Que ce roi de l'amour, maladroit et baveux, Laisse piteusement couler
sa queue si blanche Comme une nouille trop cuite et puis il fait un voeu. Ce
baiseur aux yeux rouges, il est de gauche et veule ! Lui, naguère à L.O, qu'il est
comique et laid ! L'une crame ses actions avec un brùle-gueule, L'autre mime, en
louchant, un bobo qui votait ! Le Poète est semblable à la pine levée Qui hante les
partouzes d’Arlette Laguiller ; Exilé sur le sol au milieu des mousmés, Ses
couilles de géant l'empêchent de penser. PPP bobo, de l’air !
Valse de Strauss Avant, pour s'occuper, les femmes de ménage Ecoutaient Johann
Strauss, l’idole de nos mères, Et valsaient, oubliant les heures de balayage, Sur
les parquets cirés en bois de conifère. A peine les patins étaient-ils sur les
planches, Que ces reines de la cire, adroites hirondelles, Laissaient gracieusement
leurs grandes jupes blanches Comme des avions tournoyer autour d'elles. Ah, ce
patron zélé, comme il nous casse les meules ! On est bien exploitées dans ses
hôtels Accor ! S’il ne veut pas qu’on danse, qu’il fasse gaffe à sa gueule, Il nous
traite en esclaves nous on dit : pas d’accord ! Le patron est semblable à un presse-
purée Qui écrase les soubrettes, mais on va se venger Séquestré à l’hôtel au
milieu des huées, Son zèle de gérant l'empêchra pas d’lâcher.
Souvent, pour s'amuser, les zombies de Carthage Prennent du calvados, le soir
après dessert, Pour suivre, indolents compagnons de passage, Le navire glissant
sur les gouffres amers. à peine se sont-ils reposés sur les planches, Que ces rois de
l'usure, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes alèses
blanches Comme des avirons traîner à côté d’eux. Ce visiteur damné, comme il est
gauche et seul! Lui naguère si beau, qu’il est hideux et blet! L’un harasse son mec
avec un vieux Brueghel, L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait! Le Poète
est semblable au prince dénudé Qui hante la tempête et se rit du bùcher; Exhibé
sur le sol au milieu des huées Ses zèles de géant l’empêchent de marcher.
Où nous retrouvons mes nonnes friponnes ! L’albinos Couvent, jour tamisé, les
nonnes sans entraves Cernent les albinos, chaste peau, fine et claire, Qui vivent,
comme blancs champignons à la cave, Vampires s’enfuyant sous le souffle solaire.
Appel monostyle et osé, pure revanche Que la joie démesure, désarroi des laiteux.
Gestes libres, contrebande, fesses franches, Pommes des environs glanées par des
boiteux. Cette blancheur zélée, comme elle chevauche et meule ! Buis à terre,
clitos, cris archaÏques et gais ! Faim ramasse miettes et sec et dur éteule, Ote
grime, repentance et frime qui bégaie. Galipette est vitale aux minces immaculées
Qui mentent sous la couette au mépris du péché; Exténuées par leur rôle aux
cieux, d’éberluées, Elles gémissent sous l’amant par la nuit dépêché.
Ah! Le beau Thrace. Mouvant pour là s’user, les .com des i-pages Traînent des «
Ah ! la peau brasses, tasses-moi des vers De lui, un collant : quand l’oignon a
peau volage, Le nid vire glaçant les sourds-muets, affreux guère. Allons, plies des
ailes, de plus sors les, penchent Ce soir les busards qui ont droit à matheux,
Lissent péteux, mais en leurs glandes les laits de hanches, Came védive, auront
tes traits à n’ôter qu’eux. » Ce volleyeur âgé, Olmèque est chauve : Hegel, La nuit
si Garbo est qu’il aime comme il est. Lagon à sec, un bain advint à un Breughel,
L’homme trime, entend, l’un frime, vie collée. Le plat étant bohême, drain et pot
suaient Quand l’épithète tant tarie cède lâchée, Excisée les sorts lus aux îles,
lieux des muées Les selles des gens, j’ai mal en paix de chercher. Laure de l’arche
Bœuf
Sous le vent des forêts, dans l'or des campagnes Traîne un albâtre rose, présent
imaginaire Qui sculpté, en rêvant de figures de cocagne Confie aux dérivants un
souffle dans les airs Le pénis est gravé et en dessous des hanches Ils sont dieux
assurés, magiques et vertueux Laissés béatement au zèle des déchiranches Tous
les détails sonnants des héros majestueux. Cet albâtre tatoué, communément en
meule Il est pourpre ou garance, enfin, il nous plait L'un face à l'enfant sec qui lui
montre sa gueule L'autre dissimulé, évitant, ce qui nait Le Sculpteur sent mal le
grain qu'il a noué Il chante et sa trompette sourit aux débauchés Esseulé,
solitaire, à mille lieux des aînés, Seize ailes de son séant l'entraînent vers le
marché.
Souvent pour s’épouser les nonnes d’ermitage Portent des sombreros, vastes
chapeaux d’Elmer, Qui suis-je, hein, folle contagion du potage ? L’ENA vire
impuissant les moufles à ta mère. En pleine saison, dis, désolé, tu t’épanches :
Cancer, waters, ah zut ! Mal au foie éhonté Lèche-frite démente, gronde, vieille
branche Connais tous les Gnafron, freinés à coups de dés. Cerveau nageur, il est
con, il accouche, appelle « Look : never see ! Paw ! Kill them, come in & lay ! » Je
remâche un bonbec si je pue de la gueule, L'aut' trépigne, embêtant, la frime qui
roulait ! Lisboète, sable Louis Leprince-Ringuet ! Chiante ta tante, série de
quartier Excité sur le sol à mille lieues de draguer : Tes grands airs de G.O.,
n’empêche, me font chier. Charles Bordel