Lors du gala du dernier symposium de l'Opus Dei, consacré à la mode au paradis,
l'abus de Lacrima Christi et de spiritus avait conduit Monseigneur H., évêque in
partibus de Kaboul, et son alter ego de Téhéran, à un état proche du delirium
tremens. Un missi dominici papal leur conseilla, ex cathedra, d'effectuer
incognito, le tour des tours de Notre-Dame pédibus jambus, au lieu de chanter :
"au frontibus, au nasibus, au sexibus" ; Il ajouta en les sermonnant : "Souvenez-
vous de ce que disaient les anciens : Mens sana in corpore sano, en plus pour
votre mea culpa, vous réciterez trois pater, cinq ave et un credo".
Nos deux compères, promirent de revenir vite, mais sous l'emprise de Bacchus se
perdirent là, où la devise est fluctuat nec mergitur, alors que l'écho de l'angélus
était déjà loin
"Après avoir perdu Kaboul, voilà que je perds la boule" lança le religieux afghan, "
et maintenant tu es comme moi t'es errant" répliqua spirituel le Perse."Où
sommes nous et que faisons-nous ici ?" S'interrogea, jalonnant la Seine de son iris
perçant, le pontife décoiffé d'Iran, avant de rendre la blanquette de veau sous
forme d'ex-voto, en duo, du haut du pont Saint-Michel.
"Comment retrouver l'auditorium ? Prions, invoquons les saints " Suggéra le
prélat kabouli. "Alors," poursuivit-il, "primo suivons Saint-Michel, secundo Saint-
Germain, tertio Ste Geneviève sur sa montagne, et voilà Saint-étienne, laissons
Descartes avec son cogito, ego sum, car je vois Saint-Médard qui nous amène dans
la rue gracieuse".
"Puis, reposons-nous in situ, rue du puits de l'Ermite."
"In vino veritas " rappelle Monseigneur O., " puisons-y un deus ex machina ou un
modus vivendi pour retrouver notre chemin."
"Tiens, nous sommes à côté de l'institut musulman, gagnons l'espèce de
sanatorium de Geoffroy de Saint-Hilaire, sùrement un ancien templier."
Au croisement de la rue Linné ils aperçurent les arènes et crurent entendre
encore des morituri te salutant. Ils dissertèrent sur l'objectif fixé grosso modo, et
ad vitam
latinade
Rédiger un texte contenant le plus d'expressions latines possible
session 1
Annus horribilis
Grosso modo, j'ai vécu une année de merde. Des soucis, j'en ai eu ad nauseam.
Il y a de ça 6 mois, j'avais un modeste boulot de factotum dans un arboretum du
Sud-Ouest. J'avais trouvé ce job plutôt cool par une boîte d' intérim. C'est vrai, je
ne m'y voyais pas ad vitam aeternam, mais a priori pour un an ou deux ça m'irait.
Le mercredi je faisais la visite pour les juniors, et les autres jours pour les
séniors. C'était plutôt tranquille, et puis avec mon curriculum vitae presque vide
et mon cursus qui finissait en 3ème, je ne pouvais pas avoir des desideratas trop
ambitieux. Le modus operandi était des plus simples, j'accueillais le vulgus
pecum qui arrivait par l' omnibus 78 bis. Je balladais mon petit groupe via un
parcours fléché en donnant quelques vagues explications et je rammenais tout le
monde au terminus en moins d'une demi-heure. Le summum de la visite était le
baobab. Alors là chacun y allait de sa video ou de sa photo pour l' album souvenir.
Quand sonnait l'Angelus au clocher du village, je mettais les retardataires dehors
manu militari. Quand je repense à tout ça a posteriori, je me dis que ce modus
vivendi me convenait parfaitement. Mon seul pensum c'était de faire les lavabos,
mais je me consolais en chipant des Magnum ad libitum dans la réserve.
Mais c'était sans compter avec les aleas de la vie, et il y a eu un hic. Un arbre est
tombé sur un visiteur, l'expédiant illico ad patres. Sa femme s'est posée en mater
dolorosa et a saisi le tribunal qui a ordonné un audit. Le patron a bien fait son
mea culpa, mais rien n'y fit, ex abrupto, le parc fut fermé sine die. Mais quid du
personnel ? Le consensus a été vite trouvé : exit tout le monde ! De facto je me
suis retrouvé chômeur, avec juste le revenu d'insertion minimum pour vivre. Tous
les matins j'avais beau me répéter : Carpe Diem, Carpe Diem, je me sentais
salement persona non grata et tout était à refaire ex nihilo.
Alors j'ai fait des petits boulots. J'ai nourris des requins dans un aquarium, fait le
gladiateur dévoré par les lions dans un peplum minable, livré des produits dopant
dans des critériums cyclistes, servis d' alibi à un gangster, tenu l'agenda d'une
star du porno, restauré des ex-voto en Bretagne, distribué des prospectus pour
Weight Watchers, dessiné des rébus pour Barbie Magazine, trafiqué des visas
pour des sans-papiers, truqué un referendum en Corse, été traqueur de lapsus
pour un politicien, fait des extras dans un club échangiste gauchiste, animé un
forum sur l'élevage des castors sur Internet, et ceatera.
Le nec plus ultra fut quand même ma participation à la recherche sur le virus du
SIDA, et pourtant j'ai fait ça gratis. Faut dire que j'étais nourris et logé. J'ai
bouffé un maximum de médicaments ou de placébos en un mois ! Ils en ont fait
des expériences : in vivo, in vitro, que sais-je encore ! In fine, j'ai été fait Elève
Honoris Causa de la faculté de médecine de Poitiers, j'ai même un fac similé de
diplôme, moi qui ai à peine fini ma 3ème ! Je serais bien resté un peu plus, mais
ils avaient leur quota de cobayes, alors je suis parti en m'autodécernant un
satisfecit pour mon action héroÏque et quasi désinterressée pour la science.
Tout héroÏque que je me sentais, je me retrouvais à la rue, et pas sous les vivats
de la vox populi, hélas ! C'est alors que j'ai rencontré celui que j'appelle mon
sponsor pour l'au-delà ! A l'époque, il m'apparut plutôt comme le Deus ex
machina, mais aujourd'hui, je me rends bien compte de mon erreur.Une voix
derrière moi se fit entendre ferme et profonde : Quo vadis ? Je me retournai et me
trouvai nez à nez avec un quidam au facies de bébé joufflu. De visu il y avait un
contraste saisissant entre la voix et le physique. Il s'agissait d'un certain Henri
Trémard alias Riri de Nevers, une pointure dans le post-mortem tarifé. Mais moi
je ne le connaissais pas alors. Il me dit, " File moi tes fringues, et prends les
miennes " (sic). J'ai protesté, mais il a ajouté, : " T'as pas de droit de veto mon
gars, c'est un ultimatum et la condition sine qua non pour que je ne t'expédie pas
au museum des refroidis. Alors, bis repetita, mais je te préviens il n'y aura pas de
ter : donne moi tes fringues, ". Il sembait y tenir mordicus et surtout il avait un
gros revolver. On a fait l'échange.
Je portais donc ses vêtements, et vice versa, il s'est aussitôt éloigné à grands pas
et les balles ont commencé à siffler à mes oreilles. Ipso facto j'avais décroché un
premier accessit pour les emmerdes. Je me suis planqué, mais la fusillade allait
crescendo, alors j'ai couru et je l'ai rattrapé in extremis avant qu'il disparaisse
dans le métro. J'avais compris qu'il voulait qu'on me prenne pour lui dans ses
vêtements, j'en ai déduit que désormais on était ex aequo dans la cavale pour
écahapper aux tueurs.
" La chasse à l'homme, c'est pas mon credo, surtout quand c'est moi le gibier. Ton
histoire ça sent le casus belli façon mafia alors tu vas me raconter tout ça in
extenso . J'ai comme qui dirait un deficit de veine ces temps-ci, mais a fortiori
depuis que je t'ai rencontré ça a plutôt tendance à se dégrader et je ne me sens
pas trop d'être ton alter ego dans les emmerdes, mon gars" que je lui ai dit.
Nous étions dissimulés dans l'encoignure d'une porte, ce n'était pas toutafait la
cachette ad hoc mais il semblait y avoir comme un statu quo du côté des
canardeurs. Il m'expliqua la situation.
"Je suis en disgrâce chez mon ancien patron, César le Tonkinois, y a eu comme un
erratum dans mon parcours, alors il m'a mis à l' index. Mais moi, je me suis
rebiffé et je l'ai balancé aux médias sur ses magouilles pour que tout soit révélé
urbi et orbi. Ils ont un memorandum épais comme ça sur un trafic sur les moto-
crottes à Paris, Fluat Nec Mergitur, tu parles ! M'est avis que ça va faire un sacré
tollé. Il va s'enfoncer dans la merde oui et au prorata de ce qu'il a distribué larga
manu en pots de vins ! Minimum minimorum, il prend 15 ans ! Moi pour sauver
ma peau, il ne me reste que ce petit memento plein d' items variés avec des noms
et de jolies sommes en face, mais j'ai peu de chance. Toi a contrario, tu peux t'en
tirer, ils ne te connaissent pas. Prend ça et porte le au Canard Enchaîné ca fera
un bel addendum à leur premier article. Allez vas-y tout de suite avant que ça se
gâte, alea jacta est. Dépêche-toi, il faut qu'on échange nos fringues à nouveau."
On a commencé à se déshabiller dans notre planque mais les porte-flingues de
César le Tonkinois nous avaient repérés. Et je me suis retrouvé en slip avec deux
balles dans le ventre et du sang partout. Idem pour Riri de Nevers qui était
encore plus salement touché. Il a ouvert un œil et balbutié Tu quoque, fili ! Vade
in Pace que j'ai répliqué, et il est mort. La foule commençait à s'approcher et
j'entendais les quolibets de ceux qui commentaient ma tenue. Hélas je n'étais pas
d'humeur à goùter toute la vis comica de la situation.
Merde, je me sens partir. La vie est entrain de me délivrer un quitus pour l'enfer,
j'entends les diablotins entonner un chorus pour m'accueillir, j'ai beau crier Vade
retro Satana, rien n'y fait, c'est la fin, je le sens bien. Je vois un gros avec un look
de mafieux qui s'approche, ce doit être le pourri qui veut récupérer son Vade-
mecum du parfait corrupteur. Je bredouille Ave Ceasar, morituri te salutant.
Beati pauperes spiritu qu'il me réplique le salaud ! Et il disparaît dans la foule.
C'est trop bête de mourir comme ça dans la rue, à l'instar du premier terroriste
corse venu.
Sur ma tombe, soyez gentil de faire graver :
Romain Lelatin
1970 - 2001
Post Scriptum : Errare humanum est
Incipit in medias res
Tu voudrais pas un peu mon curriculum vitae?, s'enquit le quidam. Des foisque
t'aurais besoin du nec plus ultra de ce qui se trouve dans le metier...Bien sur il
yavait longtemps que Marius etait personna non grata au bar desgladiateurs,
mais le vieux ne pouvait pas oublier la fois ou, in extremis,il lui avait servi d'alibi
sans jamais faire son mea culpa (le vieux avaitete mele a l'affaire du fluctuat nec
mergitur).
Il faudrait bien justifier ce choix: Marius ne serait pas stricto sensu lefactotum
ideal,mais il disposait a priori d'un agenda compose in extenso detous les docteurs
honoris causa du Milieu que compte Paris intra muros.Unecondition sine qua non
pour oublier leur numerus clausus.
Le hic, lui retorquerait-on, c'est que ton Marius ca lui arrive de vouloirenvoyer ses
associesau terminus, manu militari s'ilvous plait .De facto, ilaurait fallu avoir le
memento amnesique pour ignorer les travers du gugus.Alea jacta est, lanca le
vieux, sur de lire de visu la stupeur sur la faceréduite a quia de Marius.
Rosa parut,ex abrupto, grosso modo fidele a elle meme (nota bene : ellen'avait pas
oublie son vade mecum). Et, motus, cligna le vieux.Rosa rose âmerosace (ca
faisait bis repetita dans le cerveau emeche de Marius):une bellepromesse
d'accessit, cette Rosa, dixit ses formes de déesse. Le statu quo se maintint
quelques heures entre les choppes. Infine,l'affaire était faite. Les histoires de
reporter ca sine die, pour surc'etait pas des facons de le traiter, Marius.
Ave Sabirator, sabituri te salutant.
- Sab', c’est quoi ce nouveau sabir ?
- [pas de réponse]
- Sab', c’est quoi ce nouveau sabir ?
- [pas de réponse]
- Sab', comment on va à l’Oulipo ?
- Tu vois MM, c’est une latinade, il faut que tu cases le plus possible d’expressions
latines dans un texte. C’est un sabir qui conserve pleinement les qualités
littéraires et élucubratoires des sabiracteurs, grâce à son intitulé novateur et son
opercule spécialement étudié pour les maintenir à l’abri de l’air et de la lumière.
Que répondre à cela ? Sniffffff, je dois être un des seuls sabiracteurs à ne pas
avoir étudié le latin. Mon truc à moi, ça aurait plutôt été « ghnôti seauton », mais
qu’y faire ? Quoique, même pas sùr
« Ita est ». Je vais tout de même tenter de prendre ce sabir « ad litteram », mais
de chez petit Larousse désarticulé : ouf, les pages roses sont encore là. « Fiat lux
» ! Oh puis non, aucun intérêt de recopier des pages de latinismes ahurissantes
pour mes yeux, de Bailly je n’apprécie que les grains. Je n’userai pas de «
l’argumentum baculinum », mais le cœur y est : je ne pourrais pas faire ce sabir «
ex professo », alors à quoi bon ? « Desinit in piscem », mais « non omnia possumus
omnes », je n’y peux rien. Allez zou, tous aux pages centrales ! Et moi aussi, y’a
pas d’raison
Ave Sabirator (sic) magnus
Mes vacances se passent bien : Un cave canem (en incipit de Gloria, nom dema
villa) me protège, condition sine qua non pour que mon ego soit maximum.Mais a
fortiori parce que :
Primo mon agenda est grosso modo complet jusqu'au référendum qui sera
soumisà la vox populi et qui devrait me consacrer doctor honoris causa.
Secondo des missi dominici m'ont offert un specimen de lacrima christi (invino
veritas) qui me conserve mens sana in corpore sano ; je partage avecdes persona
grata , sans numerus clausus, ce nectar nec plus ultra.
A posteriori je me rends compte de facto et le plus souvent de visu que mesa priori
sur mes alter ego n'étaient pas fondés et qu'in fine une lecturein extenso des
textes me sortait de mes analyses ex cathedra amenant à desjugements hic et
nunc de jure.
Tertio je sors manu militari les intrus à l'odeur sui generis et les renvoiepedibus
cum jambis et sine die. Dura lex, sed lex.
Ici on peut dire que mergitur nec fluctuat avec circa 33
Les non latinistes peuvent se reporter aux pages 990 et seq du PetitLarousse
Illustré (1987)
Testis unus, vae soli
Ego tenebrentis, solus, inconsolem
Aquitanum Principe abolitem Pisa
Stella morituri, - per lyra instellem
Ad majorem sole utque Melancolia
Ad vitam aeternam, tu quoque me filii,
Gratis Pausilipum, mare tirenneum
Flores superbonum tristes corda mihi,
Rosa rosis rosae, vinum et non pamprum.
Ego sum Eros aut Phoebus ? Massilia ? Nicae ?
Ut frontum carmine putum de Reginae;
Omnia vincit amor Grota est in piscem...
Aut Caesar secondum passum in Achero
Credo quia absurdum ad buccinat Orpheo
Sancta suspiramus, gementes virginem
Ovide (L'art d'Aimer III, 697), édition princeps du sonnet de Nerval
"ElDesdichado"
ô tempora ô mores dit le de cujus...
Et il partit, pedibus cum jambis, comme on dit vulgairement, interpeller le
quidam qui l'avait traité de minus à la lecture de son curriculum vitae.
Ce dernier resta a quia et, voyant cela, notre héros s'écria: "Quantum mutatus ab
illo!"...
Il se décida néanmoins et, tout en se disant "alea jacta est!", l'envoya ad patres.
(Quos vult perdere, Jovis dementat !)
La victime, in articulo mortis, parvint à dire: "tu quoque..." car il le prenait pour
son fils.
Le corpus delicti ne fut jamais retrouvé, mais un avocat, commis pro Deo et
plaidant le casus belli, ne put éviter une condamnation ad vitam.
Sic transit gloria mundi !
Amen.
Oh Temps pourri, Oh ! Mauresques
- J'ai envie d'aller à Jacta Est en train.
- Je ne te trouve pas très maline, Vinoveritas. Il faut que je fasse chauffer la Loco
Citato.
- Allons y en Imrobus et on descend au Terminus Adquem
- Ou à Alma Mater mais faudra que tu Sucetine et t'Abstine Cette trique tôt,
sangsue.
- Ou alors en Fiat Lux.
- Et si tu te l'Avé César au rhum? J'aime bien Ces culs là, ces culs au rhum !
- Cochon !.ma Marguerite hante le Porc que tu es. Tant con niais, Mords ma
Jorum. Comme ça Paulo Mâchera Qu'un anus.
- Raide César Queue, Son César Voit des Raies (trop), Satan naze.
O tempores O mores, Alea jacta est, In vino veritas, Loco citato, Imrobus,
terminus adquem, Alma mater, Sustine et abstine, Stricto sensu, Fiat lux, Ave
Caesar, Saecula saeculorum, Margaritas ante porcos, More majorum, Paulo
majora canamus, Redde Caesari quae sunt Caesaris, Vade retro satanas.
M "Stop ! le Gaffiot, c'est trop lourd d'une main" .G
Extrait d une plaidoirie de Maître Renard, avocat au barreau de CHEZE, obtenue
indùment par une indiscrétion de mademoiselle LEE, sténotypiste près le
tribunal de grande instance du CID.
" " " " - la parole est à la défense !
merci, monsieur le président ! Ecce homo, ecce homo, lui que vous accablez ; Ita
deus placuit de porter devant cette juridiction cette bien triste affaire ; mais labor
omnia vincit improbus. De tout ce qui fut évoqué ou énoncé dans le précédent
réquisitoire de monsieur le procureur de la République, nul n a rien perçu et
encore moins compris. Je serais tenté d opposer de virulents : quis, quid, ubi,
quibus auxiliis, cur quomodo et quando ?
Ab imo pectore et ad honores, aequo animo, credo quia absurdum. Deo gratias
mon client dignus est intrare dans l oubli. Ecce homo, qui parti ex nihilo, horresco
referens, paraît à vos yeux ce jour. In media res dont on l accuse, je pense qu ira
furor brevis est et qu in medio stat virtus. Jus est ars boni et aequi et labor omnia
vincit improbus ; je m y suis employé.
Prolem sine matre creatam, s il plait à la Cour, qui habet aures audiendi, audiat.
Prolem sine matre creatam, disais-je, petit rara avis in terris, et il s agit bien de
res non verba - je vois monsieur le procureur froncer le sourcil, comme à son
habitude, mais sapiens nihil affirmat quod non probet : mon client est désormais
hors d état de nuire. L accusation est exagérée, oui, monsieur le procureur,
oserais-je vous rappeler que res judicata pro veritate habetur ! Mon client a déjà
payé une lourde dette à la société, n est-il pas ? Et n oublions pas que sublata
causa, tollitum effectus !
Oui, mon client a en effet égorgé ses sept sSurs et fut condamné pour six d entre
elles. Il ne lui en reste donc aucune, pas de risque qu il ne s implique dans une
nouvelle récidive ! Sursum corda, sol lucet omnibus, et minima de malis mon
client risque-t-il tout au plus aujourd hui d égorger un chat ! Ne condamnons non
bis in idem. Non possumus encore affliger cet homme.
Plaudite cives, paulo majora canamus. Vanitas vanitatum et omnia vanitas,
volenti non fit injuria, et mon client consent, justement à ne plus recommencer .
Nous nous en remettons à vous, monsieur le président, messieurs les assesseurs,
mesdames et messieurs les jurés : vox populi, vox dei. " " " " " " " " " "
Les indiscrétions de notre sténotypiste si peu délicate, ne m ont pas permis de
savoir si le " client " avait pu bénéficier de l indulgence de la Cour. Toujours est-il
que son conseil, s il n excellât pas dans l art de la plaidoirie, dùt quelques années
auparavant remporter haut la main tous ses accessit en latin.
Pour les moins latinisant d entre nous, et il y en a, relevez la tête, n ayez pas
honte, je vous propose une version plus gauloise que latine de cet excellent mais
non moins catastrophique discours :
" " " " " &&.. le voilà, l homme, le voilà, lui que vous accablez. Il plùt aux Dieux de
porter devant cette juridiction cette bien triste affaire. Mais un travail opiniâtre
vient à bout de tout. De tout ce qui fut évoqué ou énoncé dans le précédent
réquisitoire de monsieur le procureur de la République, nul n a rien perçu et
encore moins compris. Je serai tenté d opposer de virulents : qui, quoi, où, par
quels moyens, pourquoi, comment quand ? Du fond du cSur, sincèrement et d une
âme égale, je le crois, car c est absurde. Grâce à Dieu, mon client est digne d
entrer dans l oubli.
Le voilà l homme, qui parti de rien, je frémis en le racontant, paraît à vos yeux ce
jour. De toutes les choses dont on l accuse je pense que la colère est courte folie et
que la vertu est au milieu. Le droit est l art du bien et du juste et le travail vient
à bout de tout, je m y suis employé.
Enfant né sans mère, s il plaît à la Cour, que celui qui a des oreilles entende,
enfant né sans mère disais-je, petit oiseau rare sur la terre, et il s agit bien de
réalités, non de mots je vois monsieur le procureur froncer le sourcil comme à son
habitude, mais le sage n affirme rien qu il prouve : mon client est désormais hors
d état de nuire. L accusation est exagérée, oui, monsieur le procureur, oserais-je
vous rappeler que la chose jugée est tenue pour vertu ? Mon client a déjà payé
une lourde dette à la société n est-il pas ? Et n oublions pas que la cause
supprimée, l effet disparaît ! Oui mon client a en effet égorgé ses sept sSurs et fut
condamné pour six d entre elles. Il ne lui en reste donc aucune, pas de risque qu il
ne s implique dans une nouvelle récidive !
Haut les cSurs, le soleil luit pour tout le monde et des maux il faut choisir le
moindre, mon client risque tout au plus aujourd hui d égorger un chat. Ne
condamnons pas deux fois pour la même chose, nous ne pouvons pas affliger cet
homme une fois encore.
Citoyens applaudissez ! Chantons des choses un peu plus relevées. Vanité des
vanités et tout est vanité ; on ne fait pas de tort à celui qui consent, et mon client
consent, justement, à ne plus recommencer..
Nous nous en remettons à vous, monsieur le président, messieurs les assesseurs,
mesdames et messieurs les jurés : voix du peuple, voix de Dieu ! " " " " " " " "
( j me laisserais bien tenter par une petite inscription au barreau, moi &&&.. )
Vero, c'est mon alter ego, enfin couci-couça!
Moi, j'suis qu'un quidam, un pauvre gus : sur mon lavabo, les boîtes de Valium et
de Lysanxia sont là pour me le rappeler.
Tandis qu'elle, elle se la joue carpe diem dans son sauna. On peut être sùr que sa
peau n'a connu que Bébé Cadum et savonnette Lux.
Aujourd'hui, madame Da Silva fait le ménage dans mon studio où je vis en solo,
comme dit l'autre socio. Enfin, elle passe son Ajax sur mon unique mini-vasistas.
Dans mon frigo, pas même un nem et en plus j'ai des problèmes de delco sur ma
Fiat.
Donc, après Picpus-Opera à pattes, j'étais pas frais dans mes pataugas quand je
suis arrivé dans son duplex !
Son chien Rex s'enfilait son César à grand bruit. Le placyterium dégoulinait sous
le velux. Elle, plongée dans un capitaine Had Hock : motus! Et tout à coup, la
goutte d'eau qui fait déborder l'aquarium : je vois mon Primo Levi tout froissé par
terre sur le linoléum ; ça m'a fait un coup dans le plexus.
- " Finito mon pénis de male bonum ad libitum", je lui lance ex abrupto, " tu vas
connaître le post coÏtum"
- "Homo!" qu'elle me fait "Vade retro! Ad Patres ! Recta! "
- "... Gaffiot!... " : c'est tout ce que j'ai trouvé à lui répondre. Quel cave!
la complainte du prof
(La scène se déroule quelque part dans Paris intramuros)
Vade retro satanas ! cria julius in extenso.
Maudits élèves, ils sont possédés!
Cogito ergo sum, une citation de César!! et Veni vidi vici, de Julio Iglesias!
Le nec plus ultra des "apprenants" n'est certes pas dans cette classe. D'ailleurs je
dirais grosso modo que la moyenne de leur QI ne dépasse pas les 50. Ils ont dù
avoir un problem in utero, le développement de leur cerveau n'est de
touteévidence pas achevé, et voilà le résultat in vivo!La reproduction in vitro
aurait peut-être été plusefficace dans leur cas...qui sait! Pour autant dois-je faire
mon mea culpa, moi leur prof? En tout cas, mon ego en prend un coup, et a fortiori
s'ils ne réussissent pas ce foutu examen! Devrais-je revoir mon modus operandi,
trouver un statu quo, ou une formation ad hoc? Comment leur faire comprendre
la distinction évidente entre compétence ratione personae, ratione loci et ratione
temporis*? (*Les juristes comprendront) Et le principe non bis in idem?*
Resteront-ils des sots ad vitam aeternam, ou a contrario réussirai-je à leur
inculquer quelque savoir? Et quid de leur curriculum vitae si ils n'ont pas ce
diplôme... En plus leur philosophie c'est Carpe diem, prenons la vie comme elle
vient, ne nous prenons pas la tête comme ils disent!
Driiiing (la sonnerie retentit)
Julius, déreminé : - je m'en vais illico presto essayer d'en tirer quelque chose.-
Répétez après moi : Rosa Rosam rosae rosae rosa
Maintenant les dés sont jetés, alea jacta est commedirait l'autre...
Ave Sabirateur,
In fine, mon but ètait de m'amuser autant que possible
Hummm ! (réponse d'un sage latin contenant toute la sagesse latine)