BENDA SUR TOSTOÏ
Deux rives tirées d'un avant-propos de Benda
Début : « Tolstoï conte qu'étant officier et voyant, lors d'une marche, un de ses
collègues frapper un homme qui s'écartait du rang, il lui dit : »
Fin : « C'est ce que je commencerai par montrer ».
[Rives tirées d'un avant propos de la première édition de la Trahison des Clercs de
Julien Benda (p. 106 de l'édition Cahiers Rouges, Grasset).]
Sabirateur
jetage de pont
Ecrire un texte dont on ne possède que le début et la fin.
"Tolstoï conte qu'étant officier et voyant, lors d'une marche, unde ses collègues
frapper un homme qui s'écartait du rang, il lui dit : "hé collègue!"
En effet à Marseille, nombre d'officiers russes appelent leur collègues"collègue".
Ils les tutoient même...
-As-tu vu, petit, que tu as une tâche sur le colback?"
Certaines fois aussi, ces officiers appelent leurs collègues "petit"même si leur
taille leur est supérieure. Il faut aussi préciser quecolback (aujourd'hui nous
acceptons d'utiliser ce mot pour collet)signifiait à l'époque bonnet à poil en forme
de cône tronqué.
"Lev Nikolaïevitch, s'esclaffa le collègue, tu peux parler avec ta barbede 20
centimètres (ce qui équivalait à environ 0,000187 verstes), on ytrouve encore des
reliefs de bortsch...
La honte empourpra le visage de Tolstoï qui ne savait plus où se mettre.La
marche était loin d'être terminée, ils devaient visiter les calanquespuis rejoindre
la ville de Cassis et de là prendre le train qui lesramèneraient dans le Caucase.
Tolstoï n'avait pas 25 ans et pourtantsavait qu'il allait bientôt rédiger ses
mémoires, il n'avait pas enviede confesser ce manque d'hygiène.
-Profitons de ce que nous soyons à Marseille pour acheter du savon, luiconseilla le
collègue au bonnet crotté.
Tolstoï était assez content d'avoir un tel ami qui comprenait le tréfondde son âme.
(En même temps, il est vrai qu'un colback sale n'est pas duplus bel effet auprès
des jeunes filles de bonne famille)Ensemble, ils se dirigèrent vers une droguerie,
près du port pour fairel'acquisition d'une savonnette. Ils ressortirent pourtant
assezsceptiques.
-Ma foi, déclara Tolstoï, je trouve ce savon bien fin... chez nous ontrouve de plus
gros blocs...
-Tu as raison, renchérit son collègue,la réputation de Marseille esttrès surfaite, il
faut le dire au monde entier, au lieu d'écrire uneautobiographie, concentres ton
écriture, rédiges un pamphlet décapant,j'ai déjà le titre, "Guère épais", oui ! oui !
si j'étais toi, tu vois,la surévaluation de ce savon, c'est ce que je commencerai par
montrer".
Jetage de Pont avec, tous les douze mots, le titre d'une chansonchantée par
Georges Brassens dans l'un des douze disques de son"Intégrale". Les titres en
question sont en majuscules.
Tolstoï conte qu'étant officier et voyant, lors d'une marche,un de ses collègues
frapper un homme qui s'écartait du rang, illui dit :
" LES PRÉNOMS EFFACÉS de tous ces malheureux prisonniers anonymesdont
nous conduisons LES CASSEUSES destinées vers la carrière nepeuvent
dissimuler le fait que LE MÉCRÉANT que tu frappes est unhomme, a un nom.
Fais LA BALLADE DES CIMETIÈRES du coin, et tuverras ses ancètres reposer.
HEUREUX QUI COMME ULYSSE, songrand-père paternel, gît déjà en paix ; LE
VIEUX LÉON, son père,vient lui aussi depuis peu de rejoindre LES OISEAUX
DE PASSAGEque tu vois dans le ciel là-bas. CEUX QUI NE PENSENT PAS
COMMENOUS méritent mieux que ces coups : LA CHASSE AUX PAPILLONS
etla cogne diffèrent beaucoup. Lors d'une BALLADE À LA LUNE, je mesuis fait,
une nuit, sévèrement tabasser AUPRÈS DE MON ARBRE.J'y ai appris comment
taper avec respect : BOUM ! Tu vois, lescoups se donnent plus souplement, plus
personnellement enfin.
C'est ce que je commencerai à montrer. "
"Tolstoï conte qu'étant officier et voyant, lors d'une marche, un de ses collègues
frapper un homme qui s'écartait du rang, il lui dit en français : " Battre un
homme, Iaspoutine, c'est comme parler russe. Cela ne se fait pas ". Comme
l'autre, interloqué, ne comprenait pas, Lévine, qui chevauchait à ses côté, lui dit :
" Si tu avais le choix, pour le dîner du Club des Moscovites, d'une sauce à quinze
roubles et d'une autre à deux mille pour accompagner les zoublatski, laquelle
prendrais-tu ? ". " La deuxième ", répondit-il de mauvais gré. " Et bien, dit Tolstoï,
il ne s'agit pas seulement de le faire, il faut que cela se sache, que tu as ordonné
la sauce à deux mille roubles et non celle à quinze. Pour les hommes, c'est la
même chose. Il faut qu'ils sachent que tu es un prince aux sauces à deux mille
roubles et non un moujik aux sauces à quinze roubles, qui bat sa femme, ses
enfants et tous ceux qui sont plus faibles que lui ". L'officier, qui avait compris où
son interlocuteur voulait en venir, commençait à s'échauffer. " Ah, dit Tolstoï en
riant, je vais te mettre de bonne humeur. La sauce que tu as mangée chez moi cet
hiver, je l'ai payée cent roubles. Et je ne bats jamais mes hommes. Si j'étais toi,
c'est ce que je commencerais par montrer ".
"Tolstoï conte qu'étant officier et voyant, lors d'une marche, unde ses collègues
frapper un homme qui s'écartait du rang, il lui dit :
1. Nécessités
Chaque homme pour ses besoins
Doit s'en aller au loin
Pour sortir son engin.
Quant à moi cher Albin
C'est ce que je commencerai par montrer.
2. Emprunt quasi total à François Villon
Quiconque frappe, frappe à douleur
Celui qui perd vent et haleine
Le fiel lui tombe sur le coeur
Puis sue Dieu quelles sueurs
Mais d'icelui faire labeur
C'est ce que je commencerai par montrer.
3. Double Jeu
Tétu Teuton t'es tu tâté ?
Tapant tes potes tu n'épates pas
Six saucissons ou bien six cents
C'est ce que je commencerai par montrer.
Tolstoï conte qu'étant officier et voyant, lors d'une marche, un de ses collègues
frapper un homme qui s'écartait du rang, il lui dit : "Mon ami, que te sers de
frapper cet homme ? Il sort du rang, soit, mais ne pense tu pas qu'il puisse un jour
être ton supérieur car il a su prendre des initiatives ? Alors ne sera-t-il pas
courroucé et à juste titre de te voir un tant soit peu marcher de travers ? Tu seras
son bouc émissaire et tu auras à regretter ce malheureux geste d'aujourd'hui. De
plus, une fois engagé dans la bataille, celui-ci sera des premiers à aller de l'avant
et qui nous fera remporter la victoire. Crois-moi, sortir du rang, même à l'armée,
vaut mieux que de suivre bêtement le troupeau."
"Mais alors où est la discipline ?"
"La discipline mon cher, c'est du vent, à part si l'on en prend pour définition
qu'elle permet de faire suivre un même dessein à tout un groupe d'hommes
armés, c'est tout. Moi-même, il m'arrive de m'échapper un peu. C'est ce que je
commencerai par montrer".
Tolstoï conte qu'étant officier et voyant, lors d'une marche, unde ses collègues
frapper un homme qui s'écartait du rang, il lui dit :
"Cher collègue, c'est certes une tête de con,Mais ce n'est pas ainsi que vous
éradiquerezLa violence de la gueule démultipliée.
Voyez, Micha (car Tolstoï avait le tutoiement facile avec ses pairs),voyez, mon
ami, ce troupeau hagard de moujiks enfouraillés ! Un festivalde Bosch sur deux
pattes - ou Goya dans ses bons jours, des trognes àrendre la nuit durant son
bortsch agrémenté de bouts de barbaques plusanciennes. "
" Toi, là, approche ! ", fit le comte, et le troufion avança, hypnotisépar le
magnétisme de celui dont il ne devinait pas encore la futurerenommée littéraire.
Du doigt : " Voyez ce profil simiesque ou canin, on en sait trop, ceschairs amollies
et épatées de trop de vulgarité veule, ces yeux boueux,ce prognathisme hideux et
ces restes de pelade, sans parler de cettehaleine forgée au chou et à la betterave.
Et tous ici - ou presque - illustrent cette insulte au beau ou plus modestement au
tolérable.
Et ce n'est pas, cher Micha, en écrasant à coups de talon l'une de cestrognes en
terre afin de l'y faire disparaître, que vous résoudrez leproblème. Vous obtiendrez
certes une satisfaction passagère, mais c'estune année entière qu'il vous faudrait
pour assainir ce régiment, sanscompter que ces gueux finiraient par renâcler,
voire par devenirdangereux.
Non, je vous le dis, la solution se doit d'être moderne, c'est à direeugéniste,
comme l'enseigne ce monsieur Spencer de Londres. "Et prenant d'une main la
molle verge du bidasse auquel ordre avait étédonné de la sortir à l'air libre, de
l'autre son sabre d'ordonnance,Tolstoï entendait illustrer un épisode volontariste
de la sélection desespèces à l'aide d'un sujet blêmissant. Au moment de trancher,
il dit aucher Micha d'une voix hamletienne :
"C'est ce que je commencerai par montrer".
nuees d'aristophane
Et comment, sot que tu es, contemporain de Kronos, homme prélunaire, comment,
si elle frappe les parjures, n'a-t-elle pas carbonisé Simon, Cléonyme et Théoros ?
Ce sont pourtant précisément des parjures. Elle frappe plutôt son propre temple
et Sunion, "promontoire" d'Athènes, et les chênes élevés. Quelle fantaisie lui
prend ? Car les chênes ne sont point parjures". (Aristophane, Les Nuées)
Sabirateur
Et comment, sot que tu es, petit saule de misère
Toi qui pleure chaque jour le malheur de ta terre
L'hêtre de peu de foi qui oublie à l'instant
A quel point le charme peut être fort et grand
Royal lorsque l'eucalyptus embaume l'horizon
Béat quand l'arbre à pain nourrit et rassasie
Rêvé quand le palmier régale au goûter
Et que la mandragore illumine nos temps
Symboles de vos pays, baobabs, érables
Urbains ou campagnards quelques soient vos racines
Reniez l'arbre qui souhaite vous cacher la forêt
Une fois n'est pas coutume, à l'endroit des six ifs
Ni ceux qui sont pommiers, ni ceux dans l'espalier
Regretterons les cris, mépriserons les nids
Oubliez les offenses, pardonnez les injures
Car les chênes ne sont point parjures.
Balade des chênes
- Et comment, sot que tu es, tu ne vois
Que les grands arbres vieux qui se balancent
sifflent souvenirs à l ,esprit du roi
Qui s ,étonne ici d ,en trouver le sens?
- J'ai entendu dire souvent en Provence
Une histoire qui vient d'en haut, des ramures
détruit chez le passant son espérance:
- Prie, car les chênes ne sont point parjures."
- Mon âme, veux-tu trouver ton émoi ?
Reine, partages-tu aussi ma romance ?
Ensemble écouter les chiens aux abois
former ce soir cette tiède ambiance
- Je ne veux que chercher là, ta confiance
(elle me croit quand ces beaux arbres susurrent)
- Prie, car les chênes ne sont point parjures."
Et le temps s'écoule et le chêne ploie
courbant parfois mes os comme ses branches
Ma tête se plie, mon dos n ,est plus droit
Pourtant je sens déjà cette espérance
Qui avec moi fera ouvrir la danse
des rois vieillis trop tôt contre les murs
des cachots pleins et des prisons immenses
- Prie, car les chênes ne sont point parjures."
Prince des bois, ton discours recommence
le cercueil est déjà prêt, tu murmures,
qui de moi fera un mort en partance
- Prie, car les chênes ne sont point parjures."
Et comment sot que tu es, oses-tu faire rimer
Tous ces mots que tu maraudes sous l'ombre des vergers.
Tes vers dans le fruit des odes jonchent mon alphabet.
Ces sylvestres syllabes que tu taillas sans mesure
Gardent les cicatrices de tes profondes césures.
Au coeur de ces géants tu gravas ton amour, blessure
Fidèle à jamais, car les chênes ne sont point parjures.
--o0O&o0o--
Et comment sot que tu es, parce qu'un hêtre te manque croire la forêtdépeuplée.
Si le roseau peut plier, le chêne lui tremble car il est l'ami de pin, cecroque-mort
malgré lui. 4 planches par ci, 4 planches par là et c'est la forêt qui tombe:
Faut-il s'y receuillir ?
Le géant vert s'est abattu sur le sol près de LA FONTAINE comme il
l'avaitpromis.
C'est un glandeur nature, mais il a tenu parole car les chênes ne sont
pointparjures.
"Et comment, sot que tu es,
feras-tu pour te protéger de cette averse de début du monde en courant à tort et à
travers sur cette plaine immense ?! Il vaut mieux patienterà côté de ce gland, qui
t'a promis de croître afin de t'abriter, et tu peux être tranquille sur son avenir et
le tien.
Car les chênes ne sont point parjures."
Pimprenelle :
"Et comment, sot que tu es, veux-tu arriver à vélo, en jaune etmerveilleux
rutilant, sous les acclamations et les portiquesodoriférants des fleurs accolées,
vainqueur au fier sourire,triomphateur modeste des fémurs brisés, vrillés ou
simplementdouloureux."
Nicolas:
"Paix femme ! Et louque à ce mollet dodu et de coquelet peu dioxineuxqui respire
la puissance et la force, les échappées champêtres sur lebitume alangui par l'été
et la longue copulation des pneumatiques. Etsavoure aussi, ce doublon du cul bien
enflé, joufflu comme unpostnaturé, capable d'endurer les lieues de selles en
ciment rembourrées..."
La télé :
"... Van Demalaenkx en teteudupoloton appuie sur les pédales pouravancer plus
vite que les autres qui, c'est fou, font pareil, et ce sontdes dizaines de coureurs qui
pédalent pour avancer encore plus vite, etplus ils pédalent fort, plus ils avancent -
c'est fantastique ! -, etvoilà qu'au passage de la tribune présidentiable, ils
baissent tous latête d'un geste maintes fois répété, l'homme fort du pays se
saisitalors du tombereau de lisier et le lève au-dessus de sa tête en faisantsaillir
ses muscles, ah ! Chers ! Téléspectateurs ! c'est .... Ah !Sauvés ... Le choix des
badauds continue de se porter vers le garant deslibertés démocratique tandis que
Wermullen attaque à la sorte du virage..."
Pimprenelle :
"Ah, mais regarde les donc ! Des éphèbes aux culottes d'ébènesempoissées de
viriles sécrétions, des titans de la route qui déformentl'histoire à la poigne de leur
guidon, des mignons à croquer dont onépongerait bien les poils après l'effort, des
zeumes, quoi, des vrais,des costauds, des mastards bien baraqués, pas un
minuscule effondré,rimaute connetraule en pogne, et gonades affolées par la
vision de chefsla culotte à craquer."
Nicolas :
"Holà ! Mais tu vas tâter de mon fouet, drôlesse ! Ton babillage m'estémétique et
ton manque de foi lacère mon coeur de l'aorte à la valvule,sans que tu sois
simplement digne de mirer en face le trop lumineux halode mon devenir, qui à
l'instar de la plus primitive éclipse ne se peutcontempler qu'en lunettes ad hoc et
respiration hésitante. Et voilà, parta très grande faute, le virage de Vesoul, et sa
courbe fatale, je rataisur l'écran merveilleux couplé au tube électronique."
Pimprenelle :
"Que voilà bien un grand cornard, un peu pinu bien agité, un slipeu debien faible
capacité qui se sent Alexandre pour peu qu'il assiste àl'accident fatal, programmé
de l'année à l'année pour une hémoglobinesalutaire tout autant que populaire ..."
La télé :
"Eh bien oui, chers, très chers, merveilleux et somptueuxtéléspectateurs devant
lesquels je me vautre telle une crêpe tropflagorneuse, eh bien ,oui, la courbe de
Vesoul a tenu ses promesses demort, de volupté, de carnages et d'amours
contrariés ! Sur les troncspluricentenaires des grands chênes ronchons et avides,
le sang dedizaines de sacrifiés au sourire volontaire a coulé, commémorant
lapromesse faite par ces si vénérables arbres à Jacques de Molay et
samalédiction. Chacun a en tête, chers et merveilleux contribuableslégumineux le
fameux dicton subcarpathique que je ne manque jamais deressortir tel petit
oiseau de sa boite ..."
Pimprenelle :
"On sait : Car les chênes ne sont point parjures. !"
baudelaire
"Grâce au ciel ! la crise - le danger est passé et le malaise traînant est loin enfin -
les Vikings sont en faillite devant Calais, et j'ai fait le bon choix en m'alliant avec
toi comte Guy né d'un corps d'aube habillée et d'un pénis de la couronne lorraine.
Après le tournoi qui suivit ton union avec la reine Annie de Bavière aux yeux de
braise, nous sentîmes avec le duc à ton aisance et ton assurance que tu aurais
notre crédit.
Le temps des transactions avec les brigands était achevé et l'échec nous était
interdit.
Avec la fleur du coin nous prîmes le slogan : Avec les piques ayons les pépettes
mais frappons, encaissons et liquidons.
Les roublardes hyènes nordiques pensaient quand ils sont revenus, se sucrer car
leurs gourdes étaient vides et leurs cales sans provisions. Les futurs massacrés
dits du Nord pensaient mettre à profit le débit de la marée quand leur vigie s'est
hissée sur les caisses et vit le cours d'eau barré par nos coffres et corbeilles
remplis de briques.
Leur virement devenant comme mission impossible dans cet étau.
Avec leurs dix rames dans leurs barques les Norois prirent cette toc option sans
effet de surprise, d'investir notre dépôt placé sur la rive, manœuvre que deux
niais n'aurait pas renié.
Leur assaut, s'il était général, fût bâclé et n'a pas marché car empruntés, ils
n'avaient plus leur rendement.A découvert suite à un mauvais placement, ils
craquèrent et finirent taillés en pièces. Seuls dans un premier temps les gros
porteurs de caisses qui pèsent y sont parvenus. Ces dix vidant deux des six caves
qui leur servirent de cache de fortune durant le raid.
Le souverain Richard assignat à Louis, qui rond au sol sous son écu roupillait,
l'ordre d'une action définitive à tes côtés et plus question d'épargner ces
rançonneurs.
Vous achevèrent les derniers pillards jusqu'à leur chef Nazedak, qui la bourse
percée, couverts de petites coupures et du dos le lard lacéré se cachait sous le
drap que meurtri il endossait.
Maintenant vous contemplez les flots rinçant les culs et dos de jaunes tignasses
flottant entre deux os.Vous avez agi au nom de l'intérêt placé dans les fonds de la
ressource sacrée dite agricole, fonds que nous cultivons comme le blé, l'oseille, le
jonc et autres espèces.
Après vous prêterez l'oreille à l'abbé Hénnepé, qui baisant par obligation la
monnaie d'argent avec sa fine anse de saint Albin que Paris bat, fera lire les titres
de gris biffé et la devise : La paix est à ce prix mais ce qui est capital pour le
bénéfice, c'est d'avoir les dettes à l'usure.
En compensation, pour ton profit Guy, que désires-tu, des livres, une rente, des
richesses, du fric au black, des sous, du numéraire, une traite à la saint Marc. ?"
Pour être franc, si vous en avez la recette : des œufs rôtis de Dinard, du cake qu'a
quatre harengs, de la galette quand même, et puis si on pouvait m'ôter cette
armure, qui me serre tant, rien qu'à la pensée de la lumière des yeux de mon
Anniiie."
"Grâce au ciel ! la crise - le danger est passé, et le malaise traînantest loin enfin.
Ma chère âme, ciel de mes nuits, ombrageuse rêveuseenlassée dans tes draps
sinueux, jamais plus elle ne pensera à toi,Satrape, ni aux jeux convulsifs de ta
langue de Sabir par lesquels tul'emportas, Satyre, aux tréfonds moites de ton
empire de prose, dans lespoufs chiches de ton salon où l'on pose, jamais plus sa
plume fraîche etélectrique n'ira tremper sa pointe sèche dans ton encrier
sombred'électronique, jamais - entends tu ?- ma belle enfant perfiden'écoutera
plus les sornettes de ton discours bifide. Elle s'estévanouie, paisible, enamourée
de mon silence persuasif, et déjà jem'endors en rêvant au matin, à la pensée de la
lumière des yeux de monAnnie."
"Grâce au ciel ! la crise - le danger est passé, et le malaise traînant est loinenfin.
Les choses se sont éclaircies, et j'ai compris pourquoi ma douce Annie
meregardait avec un œil sombre. Je croyais bêtement qu'elle boudait, et j'en
étaismortifié. Je lui en avais fait le reproche, et elle avait réagi un peu
violemment.Le bilan était catastrophique : une partie de notre vaisselle en
morceaux, quelquestâches de purée sur la moquette de la salle à manger. Et puis
près de dix huit ansde brouille, sans voir mes enfants, dont elle avait obtenu la
garde après moninternement.
Mais tout cela est donc bien fini. Son regard sombre, ce n'était pas des
reproches,de la bouderie ou une quelconque colère rentrée. Pas du tout. Elle
essayaitsimplement des lentilles de couleur, et avait donc troqué le bleu lumineux
de sonregard amoureux pour un noisette charmant, mais plutôt sombre. Depuis
que je l'aiappris, le malentendu est levé et tout s'est arrangé. Elle vient me rendre
visiteaujourd'hui et, en me dirigeant vers le parloir je suis ému par avance à la
penséede la lumière des yeux de mon Annie."
Grâce au ciel ! la crise - le danger est passé, et le malaise traînant est loin enfin -
mais il a fallu s'expliquer avec Annie, car si on y pense bien, c'est d'la faute au
suicidé si j'en suis là. Un mec que je connaissais même pas et qui m'a foutu dans
une merde noire alors que je demandais rien à personne.
L'été qu'ça s'est passé, j'habitais encore à Nantes. Il avait plu presque tous les
jours depuis le début du mois. Ça caillait pour la saison et les gens tiraient la
gueule. Moi, j'en ai jamais rien à fout' du temps. C'est l'été, y pleut, et alors! On y
peut rien. Quant y pleut je prends un pébroque voilà tout. Et encore j'ai même pas
besoin vu que je suis veilleur de nuit et que le jour je le vois si peu, qu'il pourrait
neiger en août ça me laisserait de glace. Mais les gens faut toujours qu'y
s'plaignent, y z'ont froid , y z'ont chaud... et puis c'est pas normal, c'est détraqué...
oh la la, vous avez vu tout ce qui tombe pour un mois de juillet; on a jamais vu ça
et tout un tas de conneries, histoire de se prouver qu'ils ont une langue et qu'il
peuvent encore s'en servir. Y se plaignent bien plus du temps, que du
gouvernement et des impôts. Moi je dis qu'en 68 il aurait tomber des cordes et ben
y'aurait jamais eu toute cette pagaille.
A la télé même topo, l'aut' trouduc de la météo qui se pointe avec une gueule
comme si y venait de creuser sa propre tombe ah dîtes donc c'est pas de chance
pour la moitié nord... ah pauvres gens on est pas gâté, et pis l'anticyclone machin
des Essores qui va venir faire sa dépression au début de la semaine prochaine,
palali palala. A mon avis, y sont payés à rien foutre ces gens là... n'ont qu'à nous
montrer une carte juste avec des dessins de soleil, pluie, nuages et on pigerait
aussi bien, plutôt que de se taper l'aut' gland qu'est toujours pressé comme si y
devait aller au petit coin en urgence.
J'ai un copain qui raconte pas mal de salades à la noix, mais un soir au bistrot, il
a sorti une phrase que j'ai pas pigée tout de suite, il a dit, la météo c'est la bourse
du pauvre et ben en y réfléchissant c'est le seul truc valable qu'il ait jamais
prononcé. C'est vrai que ça coûte pas un rond de regarder les prévisions météo,
voir si ça monte ou si ça descend les températures et puis le lendemain comment
ça va être les changements, embellies ou pas, les variations. On peut toujours
spéculer, on risque pas de perdre l'argent qu'on a pas.
Enfin voilà, c'était donc au mois de juillet, il y a deux ans. Je m'étais couché vers
10h du matin, et j'avais du mal à trouver le sommeil. Des jours on a du mal à
s'endormir on sait pas pourquoi. La nuit au boulot avait été calme, rien à
signaler, comme d'hab'. J'aurai du être fatigué pourtant, je m'étais tapé quatre
rondes au lieu de deux normalement parce que mon collègue était tombé malade
et qu'on l'avait pas remplacé, mais c'était juste pour deux jours. C'est peut être le
fait d'avoir passé la nuit tout seul au boulot qui m'a perturbé. Le collègue, il est
sympa, il me raconte ses histoires et j'sais pas pourquoi, mais je l'écoute et j'arrive
pas à trouver ça chiant. Il me cause de sa femme, de ses gosses, de sa bagnole, de
son chat Sabir, qu'il tripote le soir et de tous les problèmes qui lui viennent à
l'esprit, et moi je gobe tout et j'arrive même à m'intéresser.
Je crois que c'est le son de sa voix qui me plaît, je me lasse pas de l'entendre et ça
me calme. Un jour il m'a dessiné le plan de sa maison qu'il a construite lui-même
et pour faire durer le plaisir, je lui demandais plein de détails. Il a passé deux
heures à tout m'expliquer et au final, j'avais l'impression d'avoir été invité chez
lui, sauf que je l'ai jamais été. C'est peut être pour ça que j'avais eu du mal à
m'endormir ce jour là. Elles me manquait les histoires de mon collègue.
C'est le bruit de l'explosion qui m'a réveillé. J'suis presque tombé du lit tellement
j'ai fait un bond. Tout l'immeuble a tremblé sur ses bases. J'suis resté dans mon
lit raide comme un piquet et j'attendais le deuxième boum qui n'est pas venu. Je
sais plus ce que j'ai cru sur le moment, mais je pouvais plus faire un geste. C'est à
cet instant où on sait plus si on est du monde des vivants ou des morts que j'ai
souri, à la pensée de la lumière des yeux de mon Annie.
groddeck-ferenczi
Correspondance Groddeck Ferenczi, pp. 136-137, Payot, 1982
Sabirateur
"J'ai commencé à écrire cette lettre à 11h30, après avoir terminé ma toilette.
C’était toujours un moment désagréable depuis quelques jours.
Le bain de permanganate et les compresses de thym ne viennent pas à bout de ce
suintement continu qui tache mes Eminence de lentilles couleur des pièces de 10
balles y compris le rond en métal argenté.
Aurais je mangé un escargot avarié ?
Depuis petit, je crois dur que les huîtres doivent être bien mâchées sinon elles
remontent quand on dort bourré après le strip-poker.
Et là elles se vengent en te bouffant la gueule de l’intérieur d’une manière telle
que le lendemain on t’appelle Séquelle et tout le monde rit parce que tu as perdu
au strip-poker sinon tu te serai pas couché bourré et tu n’aurais pas subi la
vengeance des huîtres.
Bref si tu mâches pas bien les huîtres, t’as la honte le lendemain.
Donc, pourquoi pas un escargot qui se vengerai sur ma bite en laissant des traces
d’argent et un coeur couleur ambre dans mes Dims depuis que j’ai rencontré cette
fille et ses seins qui dansaient et que j’ai repéré à bien plus d’un kilomètre
quoique d’autres en disent dans cette liste qui pensent la connaître.
Sur le moment, j’ai cru reconnaître la fillotte de Yéyette, la fille de notre curé et
de sa première femme qui était déjà sa maîtresse bien avant la disparition de sa
mère!
Sans déconner !
Mais qu’est ce qu’elle traboulerait dans le coin?
Tout mes souvenirs sont remontés d’un coup et j’ai oublié la doctoresse rousse et
sa bonne odeur de Monsavon et ses chouettes taches de rousseur sur son joli nez.
En fait non, pas du tout, même de loin vu de près, c’était pas la Yéyette que je
pensais... mais le mal était fait, bien fait, en moi et en surface.
Faut pas dire, ni cracher dans la soupe, ni sur la soupe, ni sur le machiniste, la
taupe dans ma mire était canon avec un drôle de regard profond qui laissait voir
au loin l’ogive dangereuse de sa folie mignone sur laquelle pouvait être gravé à
l’Opinel barbare
> "J'ai commencé à écrire cette lettre à 11h30, après avoir terminé ma toilette",
car il vaut mieux avoir les idées nettes pour décrire ma douce envie de vous
laisser trabouler en liberté. Les kangourous sautent toujours, moi également et
en australie, d'où je vous écris, je saurai me consoler en me laissant planer au gré
des courants chauds et finir ma vie sur la langue gluante d'un "caméléon austral".
N'ayons aucun regret, car je ne pense pas qu'un "Sphinx du Laurierrose" et une
"Go-go girl" blonde de surcroit, n'auraient pu vivre longtempsloin des paparazzis.
Mes derniers battements d'aile seront pour vous, madouce.
> "Adieu ma Chérie, menez une vie agréable et joyeuse. Je vous embrasse > un
million de fois"
> "J'ai commencé à écrire cette lettre à 11h30, après avoir terminé ma toilette.
J'en avais partout, ça me dégoulinait le long des jambes.
Cette chose visqueuse et grasse, s'insinuant dans les poils, dans lesorifices... ah!
et l'odeur......
Comment vous faire ressentir ce moment, vous le décrire?
Cela m'a pris aux aurores, une soudaine crispation, un spasme.... commençaalors
un incessant va-et-vient d'une pièce à l'autre.
Vers 9h00, j'ai réussi à croquer une biscotte (sans sel) et à avaler uncafé.
.... recommença alors un incessant va-et-vient d'une pièce à l'autre.
À 11H00, j'ai eu envie de vous écrire, de vous sentir près de moi, j'aidonc pris une
feuille de papier (la dernière qu'il me restait) et....Oups ! ...................... je suis allé
faire ma toilette.
Veuillez excuser les taches marrons sur la lettre.
> Adieu ma Chérie, menez une vie agréable et joyeuse. Je vous embrasse un
million de fois"
"J'ai commencé à écrire cette lettre à 11h30, après avoir terminé matoilette".
Terminée ma toilette à 11h30, j’ai commencé cette lettre une fois àécrire. A
11h30, ma toilette terminée, j’ai cette lettre commencé un millionde fois. Ma
toilette terminée, un million de fois, j’ai commencé cette lettrejoyeuse. J’ai cette
fois cette lettre joyeuse aux toilettes un million defois terminée. Adieu million,
cette fois, cette lettre joyeuse se termine auxtoilettes. Adieu mon agréable million
de toilette, cette joyeuse lettre, cettefois, je termine. Un million de fois, ma
toilette, j’ai embrassé cette joyeuselettre. Un million de fois, j’ai cette lettre
agréable et joyeuse embrassé.Adieu. Embrassé, j’ai cette lettre agréable et ma vie
joyeuse à mener unmillion de fois. Agréable et joyeuse était menée ma vie à
million, cette foisma lettre vous embrasse. Adieu. Cette lettre vous embrasse ma
chérie. Adieu,menez une vie agréable et joyeuse un million de fois Ma vie,
j’embrasse machérie joyeuse. Je vous mène à l’adieu un million de fois. Menez une
vieagréable, Agréable adieu, un million de fois, je vous embrasse ma
chériejoyeuse. "Adieu ma Chérie, menez une vie agréable et joyeuse. Je vous
embrasseun million de fois"
Ma chère Félicia,
J'ai commencé à écrire cette lettre à 11h30, après avoir terminé ma toilette et ma
gymnastique.
Ce matin, il était encore très tard quand je me suis réveillé, l'insomnie ne pas
laissé tranquille avant quatre heures.
Mon oncle et mon père étaient déjà à la boutique. Dans l'appartement vide, j'ai
fait tranquillement ma gymnastique devant la fenêtre ouverte pour me fortifier.
Le docteur Crumb me déconseille toujours de partir en Palestine. Qu'est-ce que
mes poumons ont à voir avec la Palestine? Comme si la rue Bescà était saine et
pure!! Dans le désert, j'aurai chaud, enfin.
Je suis miné par cette guerre insidieuse qui s'avance. On ne sait pas qui sont ceux
qui vont nous attaquer ni quand. Comme souvent, le pire danger vient des nôtres.
Nos dirigeants font preuve d'un tel manque de conviction et d'honneur que j'en ai
la nausée. On se demande entre nous qui est fou et qui ne l'est pas. Les menaces
vont elles se réaliser? Les pierres dans les vitres ne seront-elles pas jetées demain
par les amis d'école? les clientes de mon père ne vont-elles pas se transformer en
furies pour détruire le magasin? Vont-elles arriver, ces armées du désert encore
invisibles qu'ils appellent dans leurs chants à nous anéantir? Je suis trop lâche
pour tenter de me battre en ayant épuisé toutes mes forces à attendre la
destruction. Je veux vivre en paix, dans le désert.
Mon rêve de ce matin : j'allais à la fenêtre, le brouillard avait tout envahi, en me
penchant, je voyais notre cimetière : les stèles brillaient sous la lune,
fantômatiques et dorées, et partout autour, le brouillard, jusqu'en bas de la ville.
Dans mon rêve j'improvisais un poème devant ce spectacle, un poème réussi du
premier jet. Au matin, de manière inhabituelle, je pouvais me souvenir
exactement du poème : il était lamentable!
Vous savez que je rêve de notre cimetière chaque fois que quelque chose de grave
se prépare.
J'ai peur, mais j'ai surtout froid à l'intérieur. De ce froid engourdissant mais acéré
comme une pointe de lucidité.
Max et Oscar m'ont dit que la tournée du Théâtre Populaire est une réussite et
Max dit que vous êtes "la fée de la renaissance définitive du yiddish".
Je suis très fier de vous. Je me suis mis à l'écriture d'une pièce pour actualiser
votre répertoire, comme l'a fait Bruno S. après votre passage à Cracovie.
L'histoire se passe entre l'Amérique et la Palestine aujourd'hui. Le docteur
Crumb voudrait que j'aille en Amérique rejoindre ma soeur!! Que sait-il de l'
Amérique? Pas plus que moi de la Palestine! Moi, j'ai un besoin immédiat de
chaleur. Là-bas j'aurai chaud et vivrai sans craintes.
Ma chère Félicia, ici, j'ai surtout froid de ne pouvoir vous donner la chaleur que
vous attendez. Vous êtes tellement gaie et légère quand vous êtes loin de moi.
Vous le serez encore plus quand vous n'aurez plus le souci de moi. Ce n'est que de
loin que je pourrai vous envoyer un peu de vie.
Adieu ma Chérie, menez une vie agréable et joyeuse. Je vous embrasse un million
de fois
Votre F.
"J'ai commencé à écrire cette lettre à 11h30, après avoir terminé ma toilette.
Ce sera à proprement écrire la dernière.
En naissant sur cette planète, il y a un demi-siècle, je sus rapidement que j'avais
été victime d'une erreur de livraison due à une cigogne, égarée entre les fumées
kifeuses des sepsis marocains hivernaux et les grains de raisin fermenté sur cep
si alsacien des vendanges tardives automnales. J'avais commandé sur le
catalogue des réincarnations, un monde non violent avec peu d'humains, des
animaux parlant russe, des châtaigniers prospères, plusieurs lunes dont certaines
accessibles en montgolfières, pas trop d'océans, des hautes montagnes sans neige,
des vieux fossiles bien conservés, mais surtout ni métaux, ni ingénieurs
militaires.
Vous comprenez mieux cette souffrance qui me plonge de plus en plus souvent
dans un océan de nuages noirs où mon cerveau est foudroyé par les éclairs de
lucidité nés de l'angoisse. Le désespoir étant devenu une certitude, et nos filles
des hommes, je vais pouvoir retourner là-haut pour réclamer le séjour commandé
avant ma naissance.
Traditionnellement, dans la famille de ma mère, les mâles affrontent la mort
entre deux rails et une B.B. électrique :
En 1960, à soixante ans, gare de Triel pour grand-père sucette comme je
l'appelais ;
En 1980 à quarante ans, gare d'Orry la Ville pour son fils puîné, mon oncle
Pierre( *), alors pour l'an 2000 à cinquante ans, mon tour est arrivé.A l'heure du
T.G.V., de l'Europe et d'hiver, j'ai choisi le 9H50, la frontière franco-belge et le 2
novembre, jour des défunts pour conclure mon destin.Afin de pouvoir bénéficier
de votre assurance vie, qui exclue mon autolyse, et d'une grosse indemnité de la
S.N.C.F. ; j'ai patiemment saboté une travée du garde-corps du pont qui
surplombe les voies, en accélérant une oxydation naturelle due à l'urine canine,
de façon à maquiller ma mort en accident. Mes nombreux déplacements dans le
Nord, pour mettre sur pied, la défense de la mise à pied du personnel, d'une usine
de recyclage de vélos en trottinette par compression, m'ont servi à repérer et
préparer la scène finale.
Donc, alors que je regarderai arriver innocemment le convoi du haut de la
passerelle, je m'appuierai sur la main courante qui cédera comme l'expliquera le
rapport d'expertise.
Mon ultime saut de l'ange rencontrera de volée, la pointe du fleuron de l'industrie
ferroviaire hexagonale pour un trépas assuré.
Né d'une matrice, je mourrais d'une motrice.
Ne me regrettez pas, je ne vous aimais plus tant que ça et nouvellement nantie
vous serez une veuve qui comptera.
Voyez Maître Carré, notaire non superficiel, qui vous rendra plus sûre face aux
soucis qui surviendront.
Adieu ma Chérie, menez une vie agréable et joyeuse. Je vous embrasse un million
de fois"
(*) Le titre du journal le lendemain : Gare d'Orry la Ville : Vingt minutes de
retard vers Paris.
J'ai commencé à écrire cette lettre à 11h30, après avoir terminé ma toilette.
J'aurai aimé te répondre avant et j'avais mis le réveil à sonner à 7h du matin,
mais je ne sais pour quelle raison, il n'a pas fonctionné. Ensuite, j'ai perdu un
temps fou car mon chauffe-eau est tombé en panne au moment où j'étais sous la
douche. J'avais commencé à me savonner et à me faire un shampooing quand tout
à coup l'eau est devenue tiède, froide, puis glaciale. Impossible de me rincer.
Nu, j'ai quitté la douche à l'aveuglette, du shampooing plein les yeux. Je suis
arrivé dans la cuisine à tâtons en m'aidant du mur, car le lino glissait sous mes
pieds, ce qui ne m'a pas empêché de m'étaler de tout mon long en entraînant la
poubelle dans ma chute et, c'est couvert de divers immondices me collant à la
peau, que je me suis relevé.
C'est au moment où je m'acharnais sans succès à relancer la flamme du chauffe-
eau, que j'ai entendu crier " Au satyre ! " par la fenêtre ouverte. Comme tu le sais,
ange de mes jours, ma cuisine donne sur une cour d'école, et j'ai encore sous la
rétine, l'image du visage déformé par la stupeur de l'institutrice qui faisait
rentrer précipitamment à l'intérieur du préau, les enfants hilares dans la cour,
qui se gaussaient en me montrant du doigt. Je me suis vite caché et j'ai fini de me
rincer au gant de toilette et à l'eau froide.
J'en suis encore transi !
Pour me remettre de ces émotions, j'ai voulu me préparer un café, mais je n'avais
plus de filtre, aussi je suis descendu à l'épicerie arabe du coin, seul magasin
ouvert à cette heure matinale, et au moment de payer, je me suis aperçu que je
n'avais pas d'argent liquide sur moi. Je suis remonté chez moi, chercher ma carte
bleue fissa et là, oh cruel destin, j'avais laissé mes clés à l'intérieur.
J'ai filé chez le serrurier qui n'était pas là, mais son adjoint est venu me dépanner
avec une simple radiographie qu'il a fait glisser dans l'interstice de la porte au
niveau de la serrure, tout en jouant de l'épaule contre le chambranle et en deux
minutes, la porte était ouverte. Il m'a demandé 200F pour son aide précieuse, ce
qui fait, me suis-je dis en mon fort intérieur, un peu cher de la minute.
Il a refusé un chèque, car il préférait du liquide.
Je suis donc allé tirer de l'argent au distributeur, mais l'appareil a avalé ma
carte. Je suis entré dans l'agence pour la récupérer, et après trente minutes d'une
attente insoutenable, la dame du guichet m'a répondu d'une voix charmante
d'ailleurs, qu'elle ne pouvait rien faire pour moi, et qu'il fallait que je patiente
jusqu'au lundi pour qu'on puisse me la rendre.
En revenant de la banque, j'ai marché, du pied droit hélas, dans une déjection
canine forte odorante ma foi, dont les émanations pestilentielles m'ont soulevé le
coeur.
C'est en me pinçant les narines, que je suis entré au supermarché, et comme je
n'avais qu'un chéquier sur moi, j'ai mis dans le panier des filtres à café, et un tas
de choses dont je n'avais nul besoin, car dans ce magasin, ils n'acceptent pas les
chèques d'un montant inférieur à 50F.
Las, les chèques ne passaient pas pour cause de disfonctionnement du terminal
électronique des caisses enregistreuses. Du moins c'est ce que j'ai cru comprendre
d'après les mimiques et la gestuelle de la caissière d'origine pakistanaise, qui
malgré son air sympathique et enjoué parle un français déplorable.
Arrivé chez moi, j'ai ouvert la boîte aux lettres, et il y avait du courrier. Une lettre
de vous ai-je pensé un instant, en trépignant de joie sous l'œil acéré de ma
concierge qui guignait depuis sa loge, mais hélas, c'était une lettre de mon
employeur qui m'annonçait mon licenciement.
Quelle ne fût pas ma consternation, proche de la crise de panique aiguë !
25 ans de maison ! Pas un retard, pas une absence, pas de revendication salariale,
des journées entières d'heures supplémentaires non réclamées, un dévouement
sans égal à mon entreprise, une obéissance aveugle envers mes supérieurs, bref,
sans me vanter, l'employé modèle.
À mon âge, je crains fort de ne pas retrouver de travail dans ma branche, aussi, je
n'ose imaginer un avenir dans lequel je ne pourrais subvenir à vos folles
dépenses, à vos si luxueuses et fréquentes lubies, qui, bien qu'elles mettaient en
péril ma modeste situation financière, me donnaient la joie de voir quelquefois
s'épanouir le miracle d'un sourire, sur votre si noble visage.
Je préfère donc prendre les devants, et mettre fin à mes jours pour vous épargner
la peine d'avoir à me quitter.
Je viens de terminer d'une grimace de dégoût la tasse de café turc que je m'étais
concoctée de façon empirique, et c'est je l'avoue fameusement raté !
J'ai la bouche amère de tant de choses.
Adieu ma Chérie, menez une vie agréable et joyeuse. Je vous embrasse un million
de fois.
"J'ai commencé à écrire cette lettre à 11h30, après avoir terminé ma toilette".
L'eau était froide.
Adieu ma Chérie, menez une vie agréable et joyeuse. Je vous embrasse un million
de fois"
PH
Le dessein en est pris : je pars chez Théramène, Voir un peu de là-bas quel bon
vent vous amène. Puisqu'il me faut ici vous laisser dans ses bras, Sâchez que
votre femme au Sort ne cèdera. Et s'il faut une excuse à votre position J'en
invente ici-bas et trouve cent raisons. Mais méfiez-vous du Sort qui se rit des
morales; Car il y a une fin à Sardanapale : Autour de sa couche, les chevaux non
morts râlent, Et la vierge fessue, domestique au nez pâle... Ah, le Destin est fort !
Eh bien, je le défie ! Afin qu'il mute l'homme en énorme ornithorynque, Escargot
de Bourgogne ou phoque, afin que Son amante aujourd'hui me tienne lieu de fille.
Variante : Lutter contre le Sort, ô quel vieux défi ! Jeter cette salope, c'est convier
des phoques. Oui, tel est mon dessein: pour vengeance il faut que Son amante
aujourd'hui me tienne lieu de fille.
"Le dessin en est pris, je pars, cher Théramène". Après tout, ça fait longtemps
qu'il me promet un croquis, une toile ou une quelconque trace de son oeuvre pâle
et inconsistante! Je lui laisse ce mot sur la commode en bois de rose, dans le
boudoir du studio (quel endroit parfait pour râler un peu sans avoir à se justifier
comme il en a le secret), il comprendra plus tard les raisons d'un tel revirement.
Et puis, ça lui fera les pieds. Le dessin est de petite taille : une plume malhabile
sur papier Velin, attendrissante muse penchée mais qui, dans les rondeurs
infinies de ses plis superposés me rappelle la Finette, ma camériste, par ailleurs
dotée d'intéressants contre plis. J'en ai ma claque de ce Théramène! Des années
que j'aligne pièces et billets, chèques et mandats pour que les pinceaux huilés de
Monsieur épousent des fibres enduites sur cadre, marine ou paysage par
containers entiers! Des années que ce Théramène (vous vous rendez compte, en
plus? Un nom pareil?) me parle d'une potentielle exposition. Impressionnante,
cela va de soi. Magnifique. Le summum de la reconnaissance tant attendue,
champagne, petits fours amuse gueules et caetera, financées par qui? par "bibi"
(comme dirait la fille de Finette : celle qui louche, pas l'autre). Que nenni!
Revirement de situation. Je vais de ce pas chez mon notaire, revoir les
dispositions, accords, legs, droits, appointements, pourcentages, parts et autres
statuts légataires y afférents dont j'ai eu la faiblesse de parler il y a de cela
maintenant dix ans, lorsque par inadvertance je dévalai sur le maxillaire
inférieur les degrés en pierre de taille, fort aigus je dois l'avouer, à l'entrée de
mon hôtel particulier. Ce Théramène me cueillit dans ses bras, fort à propos, et
refusa non sans un certain regret, à l'époque (j'aurais dù lire alors dans sa pupille
dilatée l'indice inquiétant d'une certaine cupidité), la chevalière dix huit carats
que je lui tendis pour le remercier. Il s'est rattrapé depuis, ô combien, me faisant
sentir à quel point je pouvais lui être redevable : talent, carrière, honneurs.
Toutes ces choses abstraites qui finissent par devenir si concrètes... Mais ce
matin, une lueur de lucidité est apparue dans les brumes de mon inconscient. Est-
ce le résultat d'une récente cure de gelée royale? Je ne sais. Mais j'ai soudain
l'esprit frondeur. J'ai convoqué dans mes salons la belle Diane de Cormery
conquise depuis peu par mon peintre du dimanche. Bien qu'inconditionnelle
absolue de l'anglais comme langue universelle (a-t-on idée, quand même?) elle
possède par ailleurs les jambes les plus sensuelles que j'aie rencontrées jusqu'ici.
Ses réactions plus qu'esbaudies devant la vitrine contenant ma collection de
diamants bruts du ZaÏre, me laissent présager des meilleurs effets quant à mon
plan. Cher Théramène... Que son amante aujourd'hui me tienne lieu de fille!
Le dessein en est pris: je pars, cher THéramène, bafoué, méprisé, déshonoré plus
qu'il n'est possible par une mère indigne et un père aveugle, je pars récrire
l'histoire d'une mort trop injuste dans un lac maudit. Neptune ou pas neptune, je
sortirai de l'onde et laverai la honte. Comme dans les mauvais films, le cadavre
renait. Moi, fils de Thésée, je ne laisserai pas mon nom à l'opprobe; plus encore,
j'entends venger, au nom de tous les fils innocents, la vertu silencieuse, la
loyauté. je partirai, non pas seul mais accompagné de la trop jeune Eubage,
l'eclave impubère sur laquelle déjà les yeux de mon père se sont trop souvent
attardés; je connais sa soif de conquete, (déjà la petite Phèdre lui avait fait
tourner la tete) et je soustrais ainsi à son avidité la proie de l'age; son amante
aujourd'hui me tienne lieu de fille!
Le dessein en est pris : je pars chez Théramène. Je sais qu’il ne m’attend pas. Pas
après cinquante ans, qui le pourrait ? Mais cette lettre m’a ouvert une porte que
je ne puis laisser simplement entrouverte. Cette vie de mœurs dissolues que je lui
reprochais alors me paraît bien anodine aujourd’hui. Nous avons tous les deux
changé, en bien, en mal, qui peut juger ? Lire cette lettre a été pour moi comme
ouvrir un vieux carton à photos. Nostalgie, souvenirs et espoir mêlés. Il pense
encore à moi malgré tout. Je n’ai rien à lui pardonner. Il a vécu sa vie
entièrement, pleinement, et je suis enfin prête à accepter cet amour partagé.
Même s’il faut que son amante aujourd'hui me tienne lieu de fille.
" Le dessein en est pris, je pars, cher Théramène " Ces vacances d'été me
mèneront à Trézène, De là je visiterai le beau Péloponnèse Et me délecterai à
l'ombre des mélèzes. " Dans le doute mortel où je suis agité " Jetage de Pont
tragique nous a été donné. Envisage l'angoisse dans laquelle je me tiens, Imagine
des loisirs à jamais incertains. " Je commence à rougir de mon oisiveté. " Le soleil
est intense et mes crèmes oubliées, Je pèle déjà même au dessus des lombaires
Tout à l'engourdissement d'un pareil téméraire. " J'ai couru les deux mers que
sépare Corinthe " Loin de moi toute idée de m'abîmer en plainte, Mais vrai qu'elle
imposture à me livrer ainsi, Quand la fin est écrite et le discours dit. " Phèdre
depuis longtemps ne craint plus de rivale " Connaissant nos classiques, nous
aimons ce scandale. Chercher rimes nouvelles pour rejouer l'infernal, C'est
devenir un nègre à trois siècles d'intervalle. " Si je la haÏssais, je ne la fuirais pas
" C'est comme ça qu'hier soir j'ai conclu le repas, Facile d'abuser de toutes ces
citations, Quand tu veux les séduire avec obstination. " Toi qui connais mon cœur
depuis que je respire " Tu sais quelle est ma quête et qu'à l'amour j'aspire, Couché
sur ma serviette avec livres et crayons, C'est aisé d'éblouir tel un gentil couillon. "
Le Ciel de nos raisons ne sait point s'informer " Le crépuscule s'enfuit en chaleur
étouffée C'est donc sous les auspices d'un magnifique patio Que je déclare ma
flamme et mon drôle de boulot. " J'aime... à ce nom fatal, je tremble, je frissonne "
Je bafouille, je marmonne et tout cela me sonne, Je poétise ses pied, je déclame
mes vers, Racine intermédiaire d'une suite sans travers. " Et lorsque avec
transport, je pense m'approcher " L'objet de mes doux vœux me prie de tout
lâcher, Je conclus sans férir, laisse tomber l'apostille " Son amante aujourd'hui
me tienne lieu de fille. "
Le dessein en est pris: je pars, cher Théramène Pour quitter tout ce qu'une vie
austère amène: Par ici, tout n'est que débauche et infamie Je recherche
ardemment honorable sortie. Aspirant au repli, pareille à une nonne, Ecouter à
jamais ce que Sagesse ordonne: Respecter les règles que notre Père assène, Ne
plus me détourner des voies où le Fils mène. Taisez-vous, tentateurs, éloignez-
vous de moi, Voici ma seule loi, ma profession de foi: Fais droitement toujours ce
que Jésus commande Et de ta vie fais-Lui une éternelle offrande! Mais Marie-
Madelaine, cette femme vénale A fait tomber mon amour en panne optimale: Elle
fut bénie, politesse mise à part, Bien qu'elle fréquentât d'horribles lupanars! Que,
malgré l'ère où nous étions très ennemies, Son amante aujourd'hui me tienne lieu
de fille.
Le dessein en est pris : je pars chez Théramène M'acheter du vieux vers, des pieds
à la douzaine Et aussi de la rime afin que Camomille Son amante aujourd'hui me
tienne lieu de fille.
Le dessein en est pris : je pars, cher Théramène Gertrud n’aime que toi, garde-la
ta gretchen ! Quant à moi je m’engage, demain, dans la milice, Le drame grec est
dur quand on le vit en Suisse, Le Tessin en est gris, je pars, chère terre, Amen !
Ainsi parlait Gottfried, en un discours épique, La légion l’enrôlant pour les
campagnes d’Afrique. Grande est la solitude en ces contrées lointaines, Il y eut
pour giton, Etienne, le bel Etienne, Qui lui fit oublier sa dulcinée cynique. Quand
après ses quinze ans, ce fut enfin la quille, Le Pacs était venu, patience, je
termine : Alors il épousa, (les cloches des Yvelines Sonnent à Mantes
aujourd’hui), Etienne au lieu de fille.
Le dessein en est pris: je pars chez Théramène Un coÏt de vingt ans, l'équivalent
sans elle. Chevauchant bride au vent, je rejoins son domaine. Sise au bas du
pallier, la gardienne du castel Enfanta d'un mâle, d'une sève incongrue, Qui
grandît en vertu, ne connùt qu'une belle. Or donc, son épousaille, lui confia une
bru. Elle, la chaleur au cul, en connu ribambelle. Vous comprîtes Théramène, de
notre ancienne union Mit à bas une donzelle; mais à la bru restons: Des mâles ou
des femelles, tous les coeurs elle vacille Son amante aujourd'hui, me tienne lieu
de fille.
LAMUL671
Le dessein en est pris : je pars chez Théramène Mais il faut pour cela voyager en
Auvergne Se taper les volcans, se fader les fouchtras Qui vous regardent passer
d’un œil bovin, las L’aligot, les tripoux, la truffade bien grasse, Mon slip de
marcheur en garde encore les traces Et je me remémore des vers immortels
Attribués on le dit à ce brave Guillaume Tell « Mieux vaut un pet sonore qui roule
avec fracas Qu’une vesse honteuse qui se trahit tout bas ! » On dirait du Rostand,
mais ce n’est pas de lui Me disais-je en sniffant sous les blancs draps du lit En
rêvant d’une femme fuyant la couche odieuse Demandant le divorce pour cette
odeur fameuse ! Je songe à Théramène en malaxant mes billes Son amante
aujourd'hui me tienne lieu de fille". PPP Théramène sa fraise
leto fut...terre
[size=x-small][color=0000FF][font=Georgia] [b] Léto fut aimée de Zeus et
engendra deux jumeaux. [/b] Léto aimée de Zeus engendra deux jumeaux,
accouchant avec peine, ce qui lui prit neuf jours, d’un fils aux pieds ailés que l’on
surnomma Mau et d’une fille Arthémise, belle comme un amour. Léto, alitée tôt
lutta contre ses maux devenant plus aigrie hélas, de jour en jour. Elle était
exigeante, ne mâchait pas ses mots, et consommait café, soja, oeufs et yaourt.
Arthémise à vingt ans épousa un julot ; Léto était Pythie mais exigeait toujours :
[b] « Les tofus et mes deux oeufs céans, gendre ! Ah ! Deux jus, Mau. » [/b] Sa
santé rétablie par ce régime-miracle, A tous ceux de la terre substitua ses oracles.
Un juge assez connu, venu la consulter voulut lui faire l’affront de partir sans
payer, Et Mau le menaça, l’histoire est très navrante, de lui botter le cul de ses
semelles errantes : [b] Eh ! Substitut assez haut, raque-la, ces deux lattes errent.
[/b] [/font][/color] [/size]
Lêtô fut aimée de Zeus et engendra deux jumeaux. Avant même que Lêtô leur eùt
donné un nom, le divin géniteur décida, - entrevoyant le jour, pour lui funeste, où
ses deux fils, incapables d'agir en rivaux et de tenter de prendre l'ascendant l'un
sur l'autre, incapables donc d'ascension, de pro
Lètô (ou Catherine M. chez les romains) fut aimée de Zeus et engendra deux
jumeaux, Appeau-Long et Arte-Miss. Zeus s'était uni à elle avant son mariage
avec Ikea (déesse du week-end). C'est pourquoi Lètô eut à subir la colère d’Ikea.
Aucune terre ne voulait accueillir Lètô soit parce que les habitants craignaient
l'immense titanide soit à cause de l'interdiction d'Ikea qui avait ajouté de plus
que le soleil ne devrait plus briller sur la contrée de l’Amiricoré (dieu de la L.C.R.)
où elle devait accoucher. C'est pourquoi Zeus fit transporter la jeune femme
bourrée chez Pause & Idon, sur une petite île qui se nommait Orgie (l'île aux
couilles). Listeria, la soeur de Létô, s'était transformée en couille pour échapper à
Zeus qui avait pris l'apparence de Poivre d’Arvor, et s'était jetée dans la mer où
elle était devenue l'île d'Orgie, une île flottante, qui n'avait le droit qu’au nom de
désert. De plus Pause & Idon fit couvrir l'île par une immense verge pour la
cacher des paparazzi. Ni Ikea et ni Avorta (déesse des naissances) ne vinrent pour
assister Lètô. Mais après neuf jours, Avorta succomba aux demandes de Myris
(dieu des savetiers) et vint aider Lètô à mettre au monde Appeau-Long puis Arte-
Miss. Enlaçant un palefrenier, Létô donna finalement naissance à ses enfants. On
dit aussi que Létô accoucha sur l'île voisine de Martinobris (déesse des 35h), car
elle avait promis à Lille que son fils y bâtirait son temple. D'après cette version,
Létô se serait adossée au massif de Laburne, d'où les surnoms d’Appeau-Long et
d’Arte-Miss, "dieux du vélo" et "dieux de lopéo . Après la naissance des enfants,
Pause & Idon retourna chez Ikea puis fixa l'île au fond de la mer par Cousteau
(dieu des bonnets) et les mérous se mirent à se masturber autour de la Calypso.
Mais Ikea n'arrêta pas ses tourments pour autant. Après l'accouchement, Létô
alla en Glycérine et un jour elle décida de faire la toilette de ses enfants dans le
Xérès. Mais sur l'ordre d'Ikea les paysans espagnols du lieu vinrent troubler le
picrate pour l'en empêcher. Excédée la déesse les fit chasser par Sarkozy (dieu de
l’Intérieur) qui les transforma en roumains expulsables. Toutefois ses deux
enfants lui gardèrent un reste de clafoutis. Appeau-Long tua le monstrueux
Afflelou (dieu des presbytes) qui avait persécuté sa mère pendant sa grossesse
lorsque elle s'approcha de Saint-Troprès. Il tua aussi le géant Tournantis (dieu
des caves) qui avait voulu la violer et fit en sorte que son pénis fùt préparée
éternellement en steak Tartare. Mais surtout, avec sa soeur, il se rendit à toutes
les soirées de l’Ambassadeur qui avait osé se comparer à leur mère et substitua
ses oracles à ceux de la Terre. PPP le caprice des dieux !
Léto fut aimée de Zeus et engendra deux jumeaux. J’vous passe les détails mais
j’dois vous dire quand même qu’il y eut un sacré ramdam du côté de la légitime.
Un fricoteur de première, le Zeus ! Héra n’appréciait pas vraiment ses coups de
canif dans le contrat et comme elle n’était pas la dernière à se bagarrer, elle
affùtait ses couteaux en permanence. Faut avouer aussi qu’il était pas mal, un
gars du tonnerre et frimeur avec ça ! Toujours à faire un cirque pas croyable pour
impressionner, avec des éclairs dans les yeux et des jeux de lumière en décor tout
autourOui, c’était le genre à vouloir dominer son monde. Y’avait bien cette
rumeur qui courait comme quoi Héra était sa sœur Mais ça, on s’en fout car c’est
pas nos oignons ! En tout cas, aussitôt la nouvelle arrivée à ses oreilles, la femme,
jalouse comme une tigresse, se précipita en urgence pour faire la césarienne. Pas
de chance, Léto venait juste de partir vers DélosOui, une soudaine envie de
feuilles de vigne farcies aux calamars Caprice ou pas, c’était une spécialité de l’île
dont on lui avait dit grand bien. C’est là, au resto, entre la friteuse et les poulpes
qu’elle mit au monde Apollon et Artémis. Apollon était un chouette bébé, beau
comme un dieu, fort comme un turc, brillant de partout. Artémis, la pauvre, était
pâle et froide, sauvage, grognouse Toujours un pet de travers, une chieuse quoi !
On lui accrocha aussitôt un petit croissant sur la tête pour l’amadouer et faire joli
parce-qu’elle était une fille et qu’une fille se doit d’être jolie et aimable pour
trouver à se marier. Pour ces jumeaux là, pas de confusion possible, c’était tout
vu, le mignon d’un côté, l’emmerdeuse de l’autre. Les cartes étaient distribuées.
Ainsi fut dit, ainsi fut fait et y’avait pas à revenir là-dessus ! Comme prévu,
Apollon excella en tout. Pas un jour sans une fête pour célébrer sa force, son
courage, ses dons. Il y faisait son gracieux, parlant en vers (et contre tous !),
jouant de la musique à ravir, prenant des mines sur des socles de jardin. Comme
prévu, Artémis devint infernale, toujours à courir les bois, à chasser par monts et
par vaux en prenant un petit air buté très agaçant. On inventa halloween pour la
faire rire mais peine perdue. Elle s’en tapait de ces fêtes pour blaireaux ! Elle
avait d’autres chats à fouetter, des chats noirs venus de l’enfer ! Elle s’exerçait à
la magie en cachette, espérant un jour figer son frangin dans une de ses poses
ridicules. Elle cherchait surtout pour elle. Elle montait de grands projets ! Laisser
tomber la robe pour une cape plus pratique, jeter l’arc pour l’épée, se faire pousser
la moustache avec barbichette assortie ! ça, c’était son rêve ! Et si c’était pas trop
demander C’était pas encore Noël mais bon Juste pour le fun ! Avoir la panoplie
pour le bas son ventre : ze cornet avec ses deux boules. Les recettes à suivre
n’étaient pas pour elle. Elle bùcha des nuits entières mais sans résultats. Sa
dernière formule fut: Athos, Porthos, vin pour tous, tous bourrés ! Vraiment
n’importe quoi ! Comme elle était pressée et un peu folle, elle tenta le diable pour
voir et substitua ses oracles à ceux de la Terre.
Léto fut aimée de Zeus et engendra deux jumeaux. Apprenant sa décision de les
baptiser Artémis et Apollon, sa soeur Astéria fronça le nez : "Ca ne t'a pas suffi
que tout le monde se foute de nous à l'école ! Tu vas encore infliger des noms à
coucher dehors à tes bouts de chou ! Léto répliqua avec exaltation : - Mais tu ne te
rends pas compte, ma petite caille ! Tu ne vois pas qu'il y a là un signe du destin ?
Léto ! Zeus ! Des jumeaux ! Tout se tient ! D'ailleurs, dans mon groupe de prière,
ils disent que... - Ah, ne commence pas avec ta secte new-age ! Tu es
complètement frappée, ma pauvre frangine... Et puis arrête de m'appeler "ma
petite caille", ça m'énerve. Et puis d'abord, Zeus, c'était son surnom sur internet,
pas son vrai nom. Tu n'as jamais su son vrai nom d'ailleurs, ou je me trompe ? -
Quelle importance..." Léto, à ce moment de sa vie, était une fervente adepte des
Adorateurs de GaÏa. Rien ne la ravissait davantage que de faire ses dévotions
devant un petit tas d'humus, sous la bienveillante houlette du Maître. Lorsque
celui-ci lui proposa un jour de partager sa couche, un tel honneur immérité la
transporta de reconnaissance. Elle s'était faite l'humble servante de son mentor
depuis quelque temps déjà, lorsqu'il la convoqua dans son bureau. "Léto, euh...
Notre Mère la Terre m'a fait connaître sa volonté. Tu dois changer deux choses
dans ta vie. - J'écoute et j'obéis, Maître. - Bien, bien... D'abord, tes études pour
être secrétaire, là... - Assistante de direction, Maître. - Oui oui, peu importe...
Notre Mère la Terre dit qu'elle en est offensée. Une véritable Adoratrice de GaÏa
ne saurait se souiller dans des occupations aussi profanes. Elle t'ordonne de te
consacrer entièrement à la bonne tenue de notre maisonnée. - Bien, Maître. -
Bon... et puis concernant Artémis et Apollon... Il n'est pas question que les non-
initiés puissent se douter de la présence des divins jumeaux dans ce monde.
Désormais, nous les appellerons... mettons... Amélie et Anthony. - Bien, Maître."
Le bonheur de Léto ne connut plus de bornes lorsque son idole lui offrit le
mariage. GaÏa pourvoyait abondamment aux ressources du foyer. L'argent
affluait sans que Léto se souciât de son origine ; elle remerciait à chaque instant
la déesse de ses bontés, et prodiguait les soins les plus respectueux à son mari
ainsi qu'à ses deux divinités d'enfants. Son Maître prit des joues, du ventre, et un
air de satisfaction béate. L'univers de la jeune femme s'écroula lorsqu'un jour,
maussade, son époux et maître lui assena : "Léto, le fisc et les associations anti-
sectes commencent à s'intéresser d'un peu trop près à moi. On s'est bien sucrés,
mais il va falloir penser à se reconvertir. Fini, GaÏa et toutes ces bondieuseries !
Un de mes adeptes peut me faire avoir un poste d'animateur télé, et en prime
time, s'il vous plaît ! Avec mon charisme, dans deux ans je présente le JT..." Et
c'est ainsi que la télévision remplaça GaÏa dans la vie de Léto, et substitua ses
oracles à ceux de la Terre.
Léto fut aimé de Zeus et engendra deux jumeaux. Léto, à l'aide d'une paire de
jumelles, observa Zeus qui devait de toutes manières quitter Léto et y aller tôt ou
tard, car il eut obtenu d'elle l'or pour fabriquer les clés, ce qui la faisait hurler de
rire, elle avait tout à y gagner d'un tel échange! Zeus, l'or à clé dans ses mains,
disparut déconcerté, se sachant observé. Zeus, une fois arrivé à l'horizon de la
terre, se coucha à l'horizontale, car il était tard, puis fit dérangé par Léto qu'il
entendit rire de l'horizon d'en face. Zeus se mit à réflechir comment la taire,
toujours dans sa position latérale. Et Zeus grogna 'Si la Terre rale, qu'à cela ne
tienne:' et substitua ses oracles à ceux de la Terre.
PePeTaPaTaPeMeMe
Léto fut aimée de Zeus et engendra deux jumeaux. Léti fut aimée à Suez et fonda
un canal. Léta fut aimé par le peuple, des citoyens émergèrent. Létu fut aimée de
Fiacre, elle se fit même frisée. L'été aima l'hiver, il généra deux autres saisons, et
substitua ses oracles à ceux de la Terre.
Léto fut aimée de Zeus et engendra deux jumeaux : Apollon et Artémis. Elle se
souvient souvent de cette nuit où elle croisa le gars Zeus, beau comme un dieu qui
la séduisit au cours d’un tango lors du bal du 14 juillet des paras d’Auch. Eblouie
par son charme, elle céda sous un arbre et ayant oubliée la prise de la pastille,
elle se retrouva avec deux gros gens sur le devant. Entre-temps, l’oiseau s’envola,
convolant avec la divine Héra. Rejetée de tous, la fille mère dùt s’exiler pour
accoucher clandestinement dans un nid d’aigle, situé sur une île que sa sœur
Astéria avait déniché avant de mourir, pour échapper aux griffes du même divin
escogriffe. La rejetée éleva seul ses rejetons, mais Héra chercha à la punir jusque
dans son logement en essayant de troubler l’eau du bain, mais un préfet vigilant
ayant remarqué un bidon suspect et la porte du château d’eau fracturé éventa la
vengeance. En représailles, Léto fit voter la loi pour la réintroduction au lycée des
loups et des hommes-grenouilles. Ses enfants l’aimèrent et la défendirent,
transformant un géant violeur en tartare à coup de 357 python, tout en liquidant
le clan des Niobé qui avait osé défier leur mère déifiée. Avant de disparaître, pour
connaître leur destinée, Léto consulta madame Soleil et substitua ses oracles à
ceux de la terre.
Lêtô fut aimée de Zeus et engendra deux jumeaux. Avant même que Lêtô leur eùt
donné un nom, le divin géniteur décida, - entrevoyant le jour, pour lui funeste, où
ses deux fils, incapables d'agir en rivaux et de tenter de prendre l'ascendant l'un
sur l'autre, incapables donc d'ascension, de pro
conte ericksonien
Une patiente se présenta dans une pharmacie avec une ordonnance d'huile de
ricin. D'un air gêné, elle dit au potard: C'est pour un voisin. Il l'observa, l'air
dubitatif. La quarantaine bien sonnée, le sein en chute libre, le gauche surtout,
un peu de blush sur les joues et un rouge excessif aux lèvres, mon Dieu, se dit ce
brave bourgeois, quel usage envisage-t-elle? Il remplit un flacon, colla l'étiquette
et y inscrivit en belles anglaises huile de ricin, puis, malicieux, lui murmura: n'en
abusez pas, quand même. La dame rougit si fort qu'il en demeura troublé
jusqu'au soir. La journée achevée, il revint au domicile conjugal. Son fils avait
encore été surpris par le conseiller supérieur d'éducation de son collège à vendre à
ses copains un savant mélange de feuilles de géranium et de crottes de nez séchés
et sa fille n'était pas encore rentrée. Mélanie, sa femme, lui asséna: Tu devrais lui
faire la morale, avec moi, ça ne sert à rien. Il la regarda d'une manière
inhabituelle; elle avait soudain pour lui un attrait nouveau. Pris d'une subite
inspiration, il dit à Clovis, le collégien, qu'il ferait bien d'aller au devant de sa
soeur, puis, à peine ce dernier sorti, il aborda sa femme qui préparait un pot-au-
feu. Il souleva son jupon et lui fit son affaire avant qu'elle ait pu réagir. Il avait
oublié de préparer une fiole de ricin pour lui, mais qu'importe le flacon, il utilisa
la bouteille d'huile d'olive posée sur le plan de travail pour faciliter le passage.
Elle hurlait et ses cris décuplaient son ardeur. C'était la première fois qu'il
l'empalait ainsi devant les fourneaux, et, surtout, la première fois qu'il s'en
prenait à son oeillet. Crois-moi, femme, clama-t-il après cet acte de bravoure, on a
tort de ne pas oser et on néglige souvent ce qu'on sait déjà.
Merla
Une patiente se présenta dans une pharmacie avec une ordonnance d'huile de
ricin. Mais elle ne venait pas que pour cela. Elle avait fait une bêtise (et c'est donc
pour cela qu'elle était constipée) et il fallait rapidement la réparer. Présentons-la
un peu (la patiente, pas la bêtise!): elle s'appelait Gladys, avait à l'époque des
faits 35 ans, svelte, très jolie et sensuelle à souhait pour tous les hommes. Cette
dernière chose, pouvant passer pour une qualité quand on regarde en surface,
était en fait un handicap; pour elle tout d'abord et pour les hommes qu'elle avait
fréquenté et fréquente encore. Eh oui, un handicap. Et pour que vous, chers
lecteurs (surtout masculins!) compreniez mieux de quoi je parle. En effet, je vais à
présent vous narrer l'histoire de Gladys, juste avant qu'elle n'entre dans cette
pharmacie. La veille au soir, un vendredi pour être précise, elle était sortie
comme à son habitude avec sa bande de copines célibataires en recherche de
"mâles" et par ailleurs de ruth. Et ce soir là elle rencontra Martin. Bel homme
d'une trentaine d'années, taillé comme un athlète, doté d'une superbe paire
d'yeux. Ils se tournèrent autour pendant environ 2 heures, échangeant regards
brùlants, mains baladeuses et pieds coquins. Et ça se finit où ça devait se finir,
dans le lit d'une chambre d'un bar, bar spécialisé dans les rencontres et donnant à
la disposition des clients des chambres se louant au
Une patiente se présenta dans une pharmacie avec une ordonnance d’huile de
ricin. C’était un clair après-midi d’hiver, et le soleil brillait sur la froidure
générale, sur la pétrification glacée de la ville. La femme approcha le comptoir
blanc à petits pas hésitants, serrant timidement le précieux papier à en-tête
médicale griffonné de prescriptions illisibles. Le pharmacien, un gros rougeaud
méticuleusement peigné et gominé qui la toisa avec un regard méchant de singe,
lui adressa, d’une voix criarde, un retentissant « Madame ? », qui, tel l’ordre
aristocratiquement articulé d’un colonel de gendarmerie lancé à un mousse
apeuré, exigeait sur-le-champ une réponse circonstanciée. La patiente, ainsi
admonestée avant même d’avoir pu présenter son bout de papier par le ton abrupt
avec lequel l’apothicaire l’avait entreprise, rougit immédiatement, toussota
comme ayant avalé de travers, puis blêmit à un point si extrême que l’on aurait
cru qu’elle allait défaillir à l’instant, les yeux vissés au sol comme une domestique
pétrifiée de terreur qui a fait pipi au lit de ses patrons. Sans lever les yeux, sans
rien dire, le visage comprimé sur son menton, elle tendit sans assurance
l’ordonnance à l’homme en blouse blanche, gênée par l’abondance de sa poitrine
qu’elle ne pouvait s’empêcher de présenter au regard insistant de celui-ci. Ayant
componctueusement chaussé ses petites lunettes sur la pointe couperosée de son
nez, le pharmacien se saisit du papelard et, alors que ce dernier tremblotait entre
ses grosses mains de bùcheron qui prouvaient ainsi qu’elles avaient également
pour habitude de tenir les grosses chopines remplies de bière et les innombrables
petits verres de bibine que l’homme de l’art pharmaceutique ingurgitait à grande
dose et qui lui donnaient ce nez tout vermiculé et bosselé de couperose et ce
ventre proéminent qui annonçait une cirrhose, il émit à la lecture de l’illisible
griffonnage médical un superbe « mouais » qui tonna comme un coup de clairon,
plein d’une quantité de postillons spumeux qui giclèrent comme une poignée
d’embruns à la face de la dame. Immédiatement, recevant comme un souffle de
vent inattendu ce crachin brutal qui la giflait, elle ouvrit la bouche pour répondre,
elle l’ouvrit brutalement comme si ses mâchoires avaient été traversées d’un
réflexe d’indignation qui tranchait avec la réserve déférente et les manières
timorées qu’elle avait jusque là affectées, d’un automatisme douloureux qui la fit
béer de la bouche horriblement, mais elle resta sans voix, grimaçante et stupide,
à peine laissa-t-elle entendre un petit chuintement aigu venu du tréfonds de sa
gorge qui bientôt s’épuisa complètement et se termina en un gargouillis, en une
rauque plainte respiratoire catarrheuse, de bronches sifflantes de cancéreux.
Mouais ! Madame ! répéta bruyamment le pharmacien. Encore cette liqueur !
Cette sainte huile ! Exagération ! Vous insistez ! Vous exagérez ! Vous
m’exaspérez ! Mais, M’sieur bredouilla la patiente en chiffonnant nerveusement
les plis de sa jupe à son giron, ployant plus que jamais l’échine de honte comme
entraînée vers le bas par le gros paquet gris de ses seins. Sa face se décomposa.
Une terreur obscure d’animal se lisait dans les plis de sa face. Elle roulait les
yeux en écarquillant ses paupières qui cillaient en accéléré, ses pupilles se
dilataient, ses lèvres tremblaient et ondulaient, ses mâchoires se crispèrent de
nouveau et se détendirent comme animée par un ressort. Pour toute réponse, le
pharmacien bedonnant lui adressa un autre regard terrible ; il grommela. Il
secoua la tête avec un air désapprobateur. Il fit craquer horriblement les
articulations de ses dix doigts successivement, comme du petit bois que l’on casse.
Il posa ses poignets sur ses hanches ; il se caressa le menton ; il se frotta les
mains ; il s’épongea le front ; il se frictionna la panse ; il se gratta les tempes ; et il
lança à la dame timide aux mamelles exubérantes un regard plus ténébreux
encore en fronçant les sourcils jusqu’à paraître méchant comme un tigre qui
retrousse ses babines. Il leva la main, ce qui effraya la patiente qui attendait
presque un coup. Celle-ci se rétracta de tout son corps. Elle attendait un coup,
comme un chien qui se tasse, la queue basse, le corps instinctivement tendu en
tous ses muscles. Satisfait de cet effet d’autorité, l’homme pinça orgueilleusement
ses lèvres qui luisaient, enduites d’écume et de bave, comme les plis d’entrée d’un
boyau ténébreux et malodorant. Et brusquement, comme s’il feignait la
compassion, il se reprit et dit, d’un ton adouci par l’envie de complaire : « Allons
bon, encore une fois et cela ira ! », et il ajouta : « tu sais comment ça marche. »
Puis il se dirigea nonchalamment jusqu’à la porte et il ferma de moitié le rideau
de fer de la pharmacie. La patiente, bienheureuse qu’on lui fasse droit, eut alors
un rictus de bonheur qui dévoila deux rangées inégales de dents gâtées trouées
par-ci par-là par les ravage de l’édentation, tout comme un animal qui exhibe sa
denture en signe de soumission. L’apothicaire lui saisit le bras et l’entraîna tel un
ballot de linge sale dans l’arrière-salle. Là, ils entrèrent ensemble dans un cagibi
mal éclairé et sans aération, et ils se serrèrent l’un contre l’autre dans une
promiscuité absolue. L’homme fouailla avec sa grosse main bùcheronne sous la
jupe de la femme, dont il saisit la fine culotte qu’il fit glisser fébrilement et sans
ménagement le long des cuisses lisses et il tritura ainsi et pénétra même avec son
gros pouce au diamètre inquiétant le sexe féminin dénudé qui brùlait de désir. La
femme fit entendre un cri étrange. Ensuite, de plus en plus excité, le gros
pharmacien rougeaud qui ahanait de joie lui enleva, lui arracha presque ses
vêtements du haut pour dénuder ses seins. Elle l’aida à la dévêtir, comme pour se
débarrasser d’une gangue inutile qui emprisonnait son désir. Ils s’embrassèrent
sauvagement dans un assaut de fils de bave qui se collèrent à leurs lèvres.
L’homme ouvrit sa braguette d’un coup sec et déploya complètement un
ithyphalle gigantesque qui transporta de joie la patiente demandeuse d’huile de
ricin. Et puis ils s’accouplèrent frénétiquement dans la noirceur exiguë de ce lieu,
en faisant entendre des râles, de petits cris, les bruits saccadés et frénétiques
d’une bousculade copulatrice. Enfin, ils se rhabillèrent. Sortirent du cagibi dans
un silence un peu gêné d’après l’acte. Et la femme, qui avait du mal à ajuster ses
grosses mamelles dans son soutien-gorge, s’approcha de la porte et se baissa pour
sortir, un sein moitié dehors, l’autre moitié dedans. Le pharmacien lui dit alors,
d’un ton curieusement moralisateur, la prenant par le col avec sa grosse main
pesante alors qu’elle était à moitié accroupie pour passer dans la chatière à
hauteur d’homme du rideau de fer : « On vient ici pour se guérir et l’on oublie les
conseils que l’on a reçu des autorités médicales. Je te l’ai dit et redit, et je ne veux
plus désormais avoir à le refaire, polissonne, point d’huile de ricin pour toi quand
cela te déclenche ces furieuses, ces terribles crises d’hystérie sexuelle, quand cela
te frappe d’érotomanie aiguë, quand cela te fait outrepasser tes droits. Arrêtons
ce pitoyable cirque ! On prend ses petites habitudes. On fait de malheureuses
emplettes. Et on néglige souvent ce qu’on sait déjà. »
« Une patiente se présenta dans une pharmacie avec une ordonnance d'huile de
ricin. Le pharmacien leva un sourcil d’un air hautain, puis ôtant son monocle,
s’adressa à la dame d’une voix pincée : - Vous avez des problèmes intestinaux,
madame ? - Non, c’est pour mon mari qui me fait chier maintenant on va inverser
les rôles, je vais lui en verser une bonne dose dans son potage du soir, et comme
on a les toilettes au fond du jardin, il a pas fini de cavaler toute la nuit ! - Et avec
ça ? - Mettez-moi deux tranches de museau ! - Faites attention, la charcuterie
donne des gaz. - Ben pour une fois, c’est moi qui pèterait au lit. Car il n’y a pas
qu’en Irak qu’il y a la guerre, et le couple comme disait ma grand-mère est le lieu
de tous les affrontements. Elle ajoutait en rasant sa moustache qui la faisait
ressembler à Saddam : « Et on néglige souvent ce qu'on sait déjà ». PPP qui rit
sain !
Une patiente se présenta dans une pharmacie avec une ordonnance de ricin. Elle
attendit 6 heures d'affilées et présenta humblement son salut au pharmacien
aveugle. Elle lui refila son ordonnance et lui dit quelle avait besoin d'huile de
ricin pour pouvoir bien évacuer le tas de merde qui la dérangeait. Offusqué par le
propos, le pharmacien ferma boutique instantanément. Bloquée du cul, Ginette,
la patiente, se dit qu'elle pourrait attendre encore un peu. Après deux semaines
d'attente, miss Ginette n'était plus patiente et son ordonnance n'était plus
valable. Elle décida de règler son problème par elle-même et devena
entrepreneuse. Elle alla dans sa chambre de bain et observa son anus
spéculeusement. Elle conclua donc qu'il était bloqué et se demanda alors
comment se libérer sans purgatif. Premièrement, elle pensa à prendre un manche
de couteau et de ramonner un peu sa cheminée. Elle le fit aussitôt, mais le
manche avait de la difficulté à passer par la sortie. Elle prit alors un peu d'huile
de ricin et en glua le manche. Elle le passa facilement et remarqua que ça ne
réglait pas du tout son problème. Elle ne faisait que faire remonter ses crottes en
rentrant un objet, et celle qu'elle évacua par la bouche lui coupa un peu l'appétit.
Elle se remonta un peu le moral en se disant qu'elle avait déjà été patiente avant.
Tout d'un coup, l'idée du siècle vint lui souffler à l'esprit qu'elle n'avait besoin
qu'un peu de succion mécanique pour régler son léger problème. Elle courra
chercher son aspirateur et le mit vis-à-vis son trou. Aaahhhh, la joie
incommunicable qu'elle eu ne se traduit point. D'un point de vue théorique,
Ginette a réussit à prouver deux choses: il ne faut pas se sortir de la merde mais
bien sortir la merde de soi et on néglige souvent ce qu'on sait déjà.
Une patiente se présenta dans une pharmacie avec une ordonnance d'Huile de
Ricin : Ah ! Merde ! Voilà encore la mère Briquemol, je me la suis déjà farcie deux
fois hier, c’est ton tour aujourd’hui, qu’est-ce qu’elle a encore ! Bien le bonjour,
messieurs-dames. Bonjour Madame Briquemol, je m’occupe de vous, donnez-moi
votre ordonnance. Ah ! Vous avez revu le Docteur de Ricin pour votre Alzheimer
Oui à ce qu’on m’a dit paraît-il, c’est sùr, du moins je crois, regardez-donc, c’est
écrit sur la feuille, mais pourquoi donc qu’il s’appelle Huile, le Docteur de Ricin ?
Je vous l’ai déjà dit, Madame Briquemol, c’est son père, vous vous souvenez, le
vieux docteur de Ricin, il avait choisi le prénom sur le calendrier républicain pour
emmerder sa femme qu’était de l’Action Française, c’est à cause du 28 prairiose,
le jour de sa naissance, s’il était né la veille, il s’appellerait Poireau de Ricin. Ah,
c’est vrai , votre collègue m’a dit quelque chose comme ça hier quand je suis venue
chercher mon escalope de veau, mais vous savez, avec ma maladie, c’est pas
marrant, parfois et même la plupart du temps quand c’est pas toujours, on
n’arrive pas à retenir bien ce qu’on a appris depuis peu, on oublie très facilement
ce qu’on n’a jamais su et on néglige souvent ce qu'on sait déjà.
Une patiente se présenta dans une pharmacie avec une ordonnance d'huile de
ricin : Huile de ricin, un bidon de 5 litres. Vous savez, Madame, que Monsieur
Sarkozy l’a fait mettre au tableau B, l’huile de ricin, on peut en extraire la ricine,
c’est une arme chimique, avec 5 litres vous pouvez empoisonner Paris et la
banlieue ! Je vous en mets 5 cl renouvelable 100 fois, vous reviendrez. Pas
question, j’en ai absolument besoin, je m’en sers comme antiride en crème de nuit,
en massages pour mes kystes et excroissances, sans compter mon vitiligo, il en
bouffe 5 cl par jour à lui tout seul ! La corne sous les pieds de mon mari, les
verrues plantaires, les douleurs articulaires et l’enflure des doigts de mon amant
sans compter ses raideurs dans le cou et sa gorge douloureuse, l’irritation des
yeux, l’infection aux oreilles. Et la pousse des cheveux de mes jumeaux, les
cataplasmes pour mes adhérences et mes nodules lymphatiques, mes problèmes à
la vésicule biliaire et au foie, mes fistules rectales et vaginales, ma sclérodermie
(au niveau du plexus solaire) sans compter mes désordres rénaux et ma
menstruation irrégulière, mes kystes aux seins et aux ovaires, mon fibrome, la
constipation chronique et la vaginite de mon aînée, les kystes sébacés de la
cadette, la cholécystite, l’abcès péri-rectal et les hémorroÏdes (ça c’est mon mari),
les contractions et les spasmes musculaires, les abcès, l’incoordination du système
nerveux, la myosite de mon dernier, l’insomnie du grand-père, sa colite et sa
diarrhée, ses plaies infectées, ses lacérations multiples avec enflure des tissus ça
va, ça va, n’en jetez plus, et ne criez pas comme ça, je vous le remplis, votre
jerrican Attendez, j’ai pas fini, j’en prends aussi pour mes vergetures, la kératose
cul-tanné, les enflures, foulures, entorses, pieds gonglés ou écrasés (en
cataplasmes), l’épicondylite, la tendinite et la bursite de mon mari (ça, ça fait mal,
on peut plus y toucher) . Et j’oubliais la tularémie, vous y avez pensé à ma
tularémie ? Oui, oui, on y pense, et merci madame, merci beaucoup pour la
formation continue, mes cours de la Faculté de pharmacie sont un peu loin et on
néglige souvent ce qu'on sait déjà. Merci à
[size=small][color=6600FF][font=Georgia][url=http://www.osez.ca/info/ricin.htm]J
e-vais-pas-bien-mais-je-me-soigne-au-ricin.com[/url][/font][/color][/size]
Une patiente se présenta dans une pharmacie Avec une ordonnance d'huile de
ricin, Elle patientait en lisant les distrayantes inepties Figurant sur la
prescription du médecin. Médecin était le titre qu’il lui avait donné, Cependant,
elle se méfiait de ce marabout Qui guérissait de ces irritations cutanées Dont
seuls les Dieux pouvaient venir à bout. Il lui avait été conseillé par sa tante
Marie-Edma, Qui souffrait anciennement de crises de mysticisme. Très atteinte,
elle consulta le professeur N’boma Qui en un presque rien la délivra de son
illuminisme. Ledit « presque rien » n’est que sémantique, Elle gagna en âme ce
qu’elle perdit de tangible. On néglige les biens matériels en pratique Quand, de la
détresse on devient la triste cible. Et c’est finalement une tante Marie-Edma
ruinée Qui lui recommanda son gourou favori. Pour guérir ses multiples
étrangetés cutanées. Jamais de sa vie, elle n’avait autant ri. L’huile de ricin
n’était que le début de la liste. Car le parchemin recommandait aussi bien Larmes
de mandragore, cheveux de harpiste, Neige chaude de juillet qu’incisives de
saurien. Son tour arriva et l’apothicaire la questionna. Rouge de gêne, elle tendit
son curieux document, Il le lut et, de rire, son visage se congestionna. Elle, de son
côté, ne sut retenir un gloussement. Une minute passa et nos deux personnages
S’enfoncèrent dans le gouffre immense D’un fou rire dont le gourou avait
l’apanage. Une semblable euphorie était une chance. D’un seul coup, le visage de
la jeune femme, Déridé pour la première fois depuis des années, Evacuait de son
fragile épiderme le drame, Qu’elle portait sur la face sans pouvoir le soigner.
Sortant guérie de l’officine, elle avait pensé Que, rouge de confusion et
d’allégresse, Sa peau, désormais saine, avait chassé Les maux et retrouvé toute sa
délicatesse. Elle avait acquis à prix d’or, Lors d’une consultation unique, Les clefs
d’un combat à mort, Contre sa maladie chronique. Pour trouver comment elle
avait pu guérir, C’est vers le marabout qu’elle se dirigea. En réponse, il vanta les
vertus du rire, Et on néglige souvent ce qu'on sait déjà. Docteur ès Zygomatiques
Une patiente se présenta dans une pharmacie avec une ordonnance d'huile de
ricin alors que les cloches de l'église de La Résurrection tintaient à fendre tympan
dans le ciel orageux de cette nuit d'été sans lune. Aline Colerette se toucha le
front avec sa langue à la recherche du point d'exclamation, enfoui sous une
chevelure hirsute et une cervelle de moineau. Gênée depuis la puberté par des
excès de flatulences nauséabondes et souillantes, elle se décida un beau matin à
consulter. Occultant son anneau pylorique sans gants chirurgicaux, le gastro-
entérologue l'examinant détecta quelques fissures pouvant expliquer ces
saignements provoqués par l'effort qu'elle mettait afin d'expulser de son corps les
excréments. Il lui fit un lavement au sulfate d'ammoniac trente-cinq pour cent et
lui remit la fameuse prescription, renouvelable sur une année, les dimanches et
les congés fériés exceptés. Elle enfouit le feuillet mal calligraphié au fond de son
sac à main et s'avala l'air dans les poumons jusqu'en respirer l'odeur salé du poil
de ses narines. Sous ses airs de fausse nonne vierge se cachait une simple d'esprit
en mal de vivre sa peau oubliée quelque part par quelque amoureux aussi
anonyme qu'une pierre tombale. Une bonne lobotomie, suivie d'une purge au jus
de tomate, auraient sans doute eu raison des synapses récalcitrants de la dame,
ce fut-il trouvé un médecin neurologue sur son chemin pour lui tâter la poitrine et
la faire tousser en lui imposant le doigt jusqu'au sternum. On dit qu'en chant
choral, c'est de là qu'il faut pousser les sons afin de donner souffle à ses hautes
comme à ses basses. Mais, hélas, la vie est ainsi défaite que, de ne pas savoir
qu'on sait, rend toute recherche empirique de connaissances insensée, pour ne pas
dire caduque. Et on néglige souvent ce que l'on sait déjà.
Une patiente se présenta dans une pharmacie avec une ordonnance d'huile de
ricin. Cette substance grasse, onctueuse et inflammable, liquide à la température
ordinaire et insoluble dans l'eau qui, lorsqu'on l'extrait de la plante à grande
feuilles palmées, nommée ricin, et dont le fruit renferme des graines
oléagineuses, est employée en médecine comme purgatif. Elle est délivrée selon
les prescriptions d'un médecin , dans un écrit qui les contient et s'achète en ce
local où l'on vend les médicaments (spécialités ou préparations), des substances à
usage thérapeutique, des produits, objets et instruments destinés aux soins du
corps ; tel qu'il se présente, c'est une personne dont la santé est altérée qui
l'incarne, une malade, qui est l'objet de ce traitement, sachant que ce vocable de
patient, du latin patiens est dans son sens premier, lorsqu'il est adjectif, un
individu qui a de la patience, qui ne se lasse pas, qui sait attendre, voire même
développer une action pour mieux apprendre Et on néglige souvent ce qu'on sait
déjà.