Rédiger un mini-feuilleton en deux ou trois épisodes maxi.
8 textes · sabirs, sur 00h00.com puis sabirs.net
l'assassinat du p
Aiguillonné par les commerçants, le Maire avait décidé d'anticiper la date habituelle de
la décoration urbaine pour créer un climat de fêtes propice à la consommation et à sa
réélection d'après une étude américaine ; et dès Halloween finie, le camion nacelle
municipal vint se garer devant l'immeuble m'abritant mes bureaux et les électriciens
installèrent sur la façade qui donnait sur le carrefour giratoire un très bel ange
clignotant en néon jaune.
Cette année l'association des commerçants avait grâce à une large subvention
municipale pût se payer le plus célèbre animateur du canton, celui qui avait fait danser
plusieurs générations dans les différentes discothèques qu'il avait gérées, celui qui avait
animé les premiers supermarchés de la région, et même participé à la première radio
libre du coin. Maintenant il animait des anniversaires, des mariages, enfin tout ce qui
nécessitait d'avoir une session de danse dans les activités festives.
Dans la rue piétonne et surtout commerçante, une scène avait été dressée où se pavanait
notre Jean Lou, sous amphétamines qui débitait entre deux titres de compilation un
discours mâtiné de Jean-Pierre FOUCAULT quand il questionnait les ménagères
attirées par les lots généreusement offerts par les divers négociants du bois.
Au pied des tréteaux, un père Noël trônait dans un traîneau attendant les enfants pour
la photo.
C'était l'année où l'on changeait vraiment de millénaire, mais personne n'en parlait, car
tout avait déjà été dit l'année précédente et selon les sondages, les préoccupations des
français se concentraient sur le menu du réveillon après les révélations sur les derniers
scandales concernant le domaine agroalimentaire.
Que choisir ? :
Le mouton tremblant comme un pâtre ayant abusé du berger ;
Le confit de canard boiteux en boîte déconfite ;
Le poulet dopé aux antibiotiques et fumé à la dioxine ;
Le bœuf qu'on ne suit plus, préférant faire sauter les bouchons des coteaux et affûter les
couteaux pour le bison ;
le cochon, dont on ne sait plus si tout y est bon,
le saumon élevé sous la mer et ses frères,
l'huître huilée à la mode Erika première dépression. Ils nous restent à manger chapons,
dindes, oies, sur le pouce ; biches et bûches, cerfs au Sancerre, boudin de sangliers, voir
du kangourou poché, ou de l'autruche au miel.
De mon coté, je me demandais si le père Noël avait envahi la toile, mais là pas grand-
chose sauf une histoire très drôle, rédigée par un certain J. GUERIN qui contait la mort
du héros des petits en s'appuyant sur une démonstration pleine de bon sens ; mais
échaudé par celui de ma banque proche je la considérais sans intérêt.
Mais le samedi 23 décembre, le père Noël en pleine séance photo avec deux jumeaux sur
les genoux s'effondra mort refroidissant l'ambiance d'un coup..
Voilà, je vais faire comme Stephen King, je vais vendre un livre sur internet. Et ce sera
mon autobiographie : "l'Autobiographie de Judith Sel ou l'Assassinat du Père Noël" . Si le
premier épisode vous plaît, vous payez pour le deuxième.
Alors, les personnages de mon autobiographie sont, par ordre d'importance pour moi, je
dirais en premier ma dernière copine, avec qui je vis, Candice. Elle est productrice
d'événements, c'est un métier qu'on peut trouver dans les pages jaunes. Il y en a qui
disent créatrice ou directrice, elle, elle préfère productrice parce qu'elle demande d'abord
le budget puis le concept. Elle aime ce mot, concept. Quand les clients s'adressent à elle,
souvent ils ont déjà des idées. C'est souvent des municipalités, des villes assez
importantes. Alors, ils veulent un feu d'artifice, une parade, un buffet campagnard, etc.
Elle, elle dit :"Stop! c'est quoi le concept? Vous, c'est le concept, moi, c'est les idées!" Au
début ça surprend, mais elle sait s'imposer. Alors qu'à la maison, elle est douce et fragile
comme un agneau.
L'opposé, c'est Martial, mon amant. Candice ne sait pas que Martial existe et ne
l'accepterait pas. Elle n'est pas bi pour deux sous et en plus elle serait jalouse, ce qui se
comprend. Mais moi, j'ai besoin de Martial : c'est l'amant idéal, le type grand bûcheron
comme on en rêve, avec des mains fortes qui me prennent comme une petite chose et là,
je ne m'appartiens plus! Autant avec Candice, je dirais qu'on s'échange des caresses, avec
Martial, on fait l'amour, on le fait et on le refait à chaque fois, on se transcende, en tant
qu'individus mais aussi en tant qu'êtres humains et même en tant qu'entité. ça atteint
des sommets fous! Du coup, Martial est très important pour mes livres. Si lui, il s'allume
au moindre de mes mots ( je dis "dentelle" ou "doigt" et ses neurones font un court-
circuit), moi, il suffit que j'imagine ses mains sur moi et j'écris des phrases complètement
excitantes, celles que mes lecteurs aiment tant. Et c'est de ça que je vis quand même!
Donc Martial, c'est un trésor précieux. Il est dans les "événements", lui aussi, mais lui,
c'est l'artiste : il monte des spectacles laser. A Noël, il sera à Montréal.
Dans les personnages importants de mon autobiographie mais dont je me passerais bien,
il y a Dylan. Dylan est un garçon vietnamien que Candice a adopté avant de me
connaître et qui vit donc avec nous. Dylan hait Candice sourdement, passionnément,
sans répit. Moi, il m'ignore, mais je sens cette haine comme des vibrations dans la
maison, c'est insupportable comme un marteau piqueur psychique. Dire qu'à Noël, je
vais être seule avec lui, parce que Candice "produit un événement" à Kiel!
Dylan ( quel nom! ses copains pensent que c'est à cause de Beverly Hill, ça n'arrange
rien) passe toutes ses journées sur l'ordinateur. Il joue en ligne, on est câblés, il s'est fait
un site web et correspond beaucoup.
Alors là intervient un autre personnage de mon autobiographie, vraiment effrayant :
C'est la grande copine de Dylan sur le net, Ottavia. Elle est d'origine colombienne et
aurait été adoptée, elle, par le fils d'Hugo Pratt et son épouse océanienne. Je n'ai pas été
vérifier dans les People si Hugo Pratt a eu un fils. En tout cas, elle a l'air de vivre aux
îles Fuji, mais parle souvent de Venise. Si son français est un peu approximatif , elle
maîtrise quatre ou cinq langues semble-t-il. Je dis semble-t-il parce que tout ce que je
sais d'elle, je l'ai lu dans leur correspondance, ça n'était pas difficile d'y accéder. Par
contre je n'arrive pas à trouver le forum auquel ils font sans cesse allusion et qui a l'air
d'être un forum d'enfants adoptés, tous bien révoltés élaborant des plans de destruction
contre leurs parents adoptifs! Dylan est très laconique dans ses propos mais Ottavia est
prolixe en paroles de haine et de menaces qui ont l'air très précisément construites et je
me demande quelle est la part du virtuel dans leur fameuse communauté!
Depuis longtemps, Candice est dépassée par le comportement de Dylan qui bien sûr
dévie largement à l'école et dans la rue, tout en restant impassiblement correct à la
maison. Elle va donc en consultation chez un conseiller en parentalité de l'ADASS, et je
l'accompagne. Il voit Dylan séparément. Il s'appelle Witold est dès qu'il a su le métier
que j'exerçais, écrivain érotique, il est devenu comme fou, s'est intéressé à moi, m'a écrit
des choses que je dois reconnaître sublimement excitantes et poétiques.
En fait, il a une tonne de problèmes, une femme qui le délaisse parce qu'abusée par son
père dans son enfance ( je vous jure que c'est vrai, enfin que c'est ce qu'il m'a dit) et des
enfants qui le méprisent, des jumeaux de vingt-trois ans qui ne font ni études ni travail
et restent à la maison avec leur mère. Il oublie tout ce qu'il aurait à soigner chez lui en
s'occupant des autres, pas trop mal d'ailleurs : Candice a l'air de prendre mieux les
choses mais Dylan ne fait que se taire davantage.
Il me courtise sans vraiment y croire, c'est ce que je lui dis. A Noël, il sera dans sa
famille à Aulnay-sous-bois, la branche polonaise, et va faire la connaissance d'une
cousine américaine qu'il n'a jamais vue.
Alors, qu'est-ce qui va se passer à Noël ?
Le Père Noël passe aux ïles Fuji le 23 à minuit, au centre commercial de Talence le 24
après midi, à Kiel le 24 au soir, à Aulnay le 25 au matin vers 8 h, 1h plus tôt à Venise,
6h plus tard à Montréal.
Que va-t-il m'arriver? va-t-il seulement m'arriver quelque chose? Vous voulez le savoir
bien sûr. Alors, envoyez-moi 70FF ( je n'accepte pas d'euros). Si vous êtes suffisamment
nombreux, je livrerai ici-même la suite de cette oeuvre événementielle : "l'Autobiographie
de Judith Sel ou l'Assassinat du Père Noël" .
EPISODE 2
L'adjudant LEMILLE de la police municipale prévint le médecin le plus proche qui ne
put que constater le décès par asphyxie circulaire foudroyante.
La nouvelle se répandit comme une avalanche, partout dans les rues les jumeaux relayés
par leurs amis colportèrent l'incroyable nouvelle, Il est mort !Craignant le gel du Noël
business, le Maire se fit Père intérimaire, mais ne trompa guère les marmots endeuillés,
pire il fut démasqué par les plus espiègles et les moins naïfs se sauvant avec son postiche
qui servait de toison platinée à leurs copines précoces.
Ce décès suspect amena la justice à ouvrir une enquête, car le défunt, Sam PASS âgé de
vingt et un ans, facteur titulaire semblait en parfaite santé, occupant le poste de buteur
de l'équipe fanion de football, cette dernière étant leader dans son championnat.
Arrivés sur les lieux le lendemain de la tragédie, les inspecteurs COLOMBIN et
NAVARIN auditionnèrent l'animateur entre deux titres au sujet du décédé, puis les
riverains et finirent par retrouver le parrain des témoins directs qui leur tendit la copie
de l'ultime polaroïd du feu père Noël ; la presse ayant raflé dès la veille l'original pour
orner les unes d'un fait divers si symbolique.
En lisant debout le constat du docteur J.M MARAIS posé sur un vase, les pensées du
commissaire erraient entre la dinde froide et ses marrons qui l'attendaient dans son
logement de fonction et la cause de cette disparition prématurée. Compulsant son
dictionnaire médical, il apprit que ce type d'asphyxie était courant chez les êtres anglais.
Intrigué, Ridicule poireau, comme le nomme toujours ses collègues ex-stagiaires,
téléphona pour avoir plus de renseignements et comprendre pourquoi ce toubib
généraliste connaissait si bien ce mal. Au bout du fil, le praticien lui révéla son passé
britannique de pneumologue ; il avait dû suite à une découverte gênant un grand
laboratoire, s'expatrier pour pratiquer dans la discrétion son art mais en quittant sa
spécialité.
Le commissaire voulut bien entendu au téléphone en savoir encore plus et lui demanda
si cette mort avait un rapport avec sa découverte
Il expliqua que dans cette région, depuis le milieu du siècle dernier ( date limite de
validité 31.12.2000.) des sales lads anglais venus initier les palefreniers du cru à
l'entraînement des chevaux de course s'étaient insinués dans la population locale et
qu'ils s'étaient multipliés tout en gardant leurs mœurs, maux et us typiques.
Poursuivant il évoqua les années 40 durant lesquelles bon nombre de décès dissimulés
par les morts causés par les bombardements auraient dû être attribuées à Londres à
cette maladie.
Quant au rapport avec ses recherches, il était lointain car il travaillait sur l'asphyxie
sauteuse chronique, mais il lui indiqua le professeur Maerrey qui par chance résidait
dans le sanatorium de Valenciennes pour y fêter Noël avec son fils en stage. Deux
minutes plus tard, au bout du fil, le commissaire LECOUP apprit que ce cas surprenait
le pneumologue qui arrivait au plus vite avec le chauffeur de l'ex-Maire M. MELLICK.
A la morgue, les docteurs réunis essayèrent de comprendre pourquoi cette maladie
disparue depuis 1970 était réapparue ? Ils en conclurent que ce fléau semblait revenir
tous les trente ans sans vraiment en comprendre la cause.
En consultant les renseignements généraux, le commissaire admirateur de Mongénéral
comprit que les jumeaux, fils de goal s'étaient vengés du buteur masqué en réactivant la
faiblesse génétique des anglais quand de Gaulle s'asseyait sur eux ou laissait sa chaise
vide.
Craignant une nouvelle guerre de cent ans on n'en souffla mot et l'affaire fût étouffée.
AFP : Judith Sel arrête la publication en ligne de son autobiographie
Comme vous n'avez pas été assez nombreux à payer, ,je me vois obligée d'interrompre
mon autobiographie, mon éditeur attendant de voir les résultats des ventes outre-
atlantique. Bref, de toute façon, il n'est rien arrivé de nouveau depuis la semaine
dernière, sinon que mon éditeur m'a demandé : "c'est qui ce Martial?" et même pas "c'est
qui cette Candice?" ; les hommes sont incroyables! (Là, je suis en train de manger des
amandes et j'avais oublié ce petit goût impertinent qui vous reste en bouche, musqué,
frisé comme une chèvre noire de Crète). Du coup, j'ai bazardé tout le monde et je pars
voir ma mère pour le réveillon de Noël . Elle va travailler tout le samedi dans la galerie
commerciale de Talence à vendre des parfums et faire des paquets cadeaux pour les
autres, la pauvre! J'irai lui donner un coup de main. Avec un peu de chance, je
rencontrerai le Père Noël!... si personne ne l'a assassiné cette année! Non, c'est une
blague de mauvais goût! J'ai juste un peu le spleen d'arrêter ce feuilleton, c'est tout!
allez, joyeux Noël à vous tous!
... il me resterait plus qu'à balancer le corps dans l'incinérateur d'ordures pas loin de
chez moi. (suite) (PPP)
Je me prélasse encore un peu avant de rendre une visite de courtoisie à mon piteux Père
Noël, enfermé dans la cave. Je le trouve adossé nonchalant contre le mur, l'œil pétillant,
bâillon et corde traînant à ses pieds. Je ne m'attendais pas à ça. Je l'avais imaginé la
peur au fond des yeux la voix implorante ; jubilatoires pour moi. Mais non. La
frustration m'envahit un peu plus et renforce ma détermination.
Alors ainsi, c'est vous ? me demande-t-il de sa voix caverneuse non dépourvue d'une
certaine ironie. Ce qui m'irrite encore davantage.
Agressif, je réponds par une question. Mais son attitude me déstabilise. "Comment ça
c'est moi ? On se connaît ? ".
Non, non, je ne vous connais pas.
Son assurance me donne envie de l'achever là, tout de suite mais je n'ai pas encore
préparé de plan il me faut encore un peu de temps.
D'un ton sentencieux, j'assene avec le peu de conviction qui me reste "Ta dernière heure
est venue mon pote ! ". C'est une sentence à deux balles mais sur le coup j'ai pas trouvé
mieux. Je me sentais beaucoup plus fort, là haut, sur mon canapé défoncé. Lui, me
répond dans un sourire " oui, je sais ".
Alors là, énervé je l'attrape par les épaules, nous sommes de la même taille, même
corpulence et je le secoue à plusieurs reprises et lui, imperturbable poursuit. " cela fait
des semaines que tu demandes la possibilité de tuer le père Noël, alors je suis là ".
Les bras m'en tombent. " T'es pas un peu dingue, Père Noël ? ".
" Non, pas du tout. Je suis las d'être Père Noël. Las de grimper sur les toits, de préparer
ma hotte, de faire des sourires dans les grandes surfaces. J'ai perdu la foi. Alors quand
j'ai entendu ta requête, ressassée sans cesse, avec cette ferveur enfantine, j'ai décidé de
t'offrir ton cadeau et de faire d'une pierre deux coups. Fais de moi ce que bon te semble. "
Il avait perdu le sourire mais était serein. Sans même lui adresser un mot je remonte
dans la maison en refermant bien le verrou de la cave. En passant devant la fenêtre je
vois le flic, toujours là. Il me soupçonne. Je doit être prudent. Je m'étends sur le canapé
avec un cendrier, des clopes et un paquet de chips. J'avais perdu un peu de ma rage face
au père Noël mais je m'efforcais de me rappeler tous ces noëls auxquels il n'avait jamais
répondu depuis mon adolescence. J'avais demandé des tas de choses que je n'avais
jamais eu. Une femme, des enfants, un beau métier, de l'argent. Je n'ai rien de tout ça.
Le seul bien que je possède c'est cette baraque qui tombe en ruines aux abords de Paris
que m'a léguée mon père. C'était certain, le père Noël allait mourir avec son mythe.
J'avais échafaudé des tas de morts lentes et cruelles mais c'était avant de l'enlever. En y
réfléchissant, je réalisais combien cela avait été facile. Je l'avais cherché une partie de la
nuit ; puis, trouvé dans les beaux quartiers et suivi durant sa tournée. Et ce n'est que
par un pur hasard, m'avait-il semblé, qu'il s'était posté en face de chez moi avec sa
clochette à six heures du mat'. Maintenant, le hasard me paraissait moins probable. Je
décidais simplement de l'étouffer, le soir même, avec un oreiller. J'étais certain qu'il ne
broncherait pas. Une question me trottait pourtant dans la tête. " qu'est-ce qu'il
entendait par d'une pierre deux coups ".
Le noir commençait à recouvrir la ville. Je me préparais à accomplir le pire que l'on
puisse imaginer : tuer le père Noël. La joie prenait possession de mon corps. Armé de
mon oreiller, je descendis avec assurance les marches de la cave. Devançant mon attente
il s'était allongé sur le matelas que j'avais jeté en hâte. Ça allait être du gâteau ! " T'as
une dernière requête à formuler avant de faire le grand saut ? " "oui, une question :
Pourquoi tiens-tu tellement à me tuer ?".
" Parce que depuis que je suis adulte tu ne m'as rien apporté de ce que je demandais,
rien, rien. C'est la preuve que tu n'existes pas alors puisque tu n'existes pas du dois
mourir".
" C'est parce tu ne demandais pas, tu exigeais. Tu avais perdu ton âme d'enfant. De plus,
je suis le père Noël, pas Dieu ".
J'en avais marre de l'entendre. Il fallait qu'il se taise. Je commençais à mettre l'oreiller
sur son visage quand je me souvins de la petite phrase. "Qu'est-ce que tu as voulu dire
par une pierre deux coups ? ". "Moi aussi j'ai fait un voeu ". " et c'est quoi, ton voeu ? ".
Avec un sourire moqueur il me dit " Un nouveau père Noël !".
Il m'exaspérait profondément. Il n'était pas question d'un autre père Noël, j'allais pas en
tuer un pour qu'un autre prenne sa place. En rigolant, avant de l'étouffer, je lui dis " on
va voir si t'as gardé ton âme d'enfant ! ". Quelques minutes plus tard, il était mort.
J'avais tué le père Noël. Il n'irait pas à l'autre bout de la terre déposer ses paquets.
C'était fini, fini. Je jubilais.
Je devais faire vite, me débarrasser de ses affaires. L'incinérateur n'était pas loin mais le
flic était peut être encore là. Je tirais sur ses bottes défis sa ceinture et lui ôtait son
chapeau, son pantalon, sa chemise. Oui, parce qu'en dessous de sa veste, il a une
chemise. Je commençais à me les cailler dans la cave alors, machinalement j'ai enfilé sa
veste. Pile poil à ma taille. Quelques instants plus tard, pris d'une frénésie de m'habiller
j'enfilais l'intégralité de son costume. C'était, malgré moi. J'étais grotesque. D'un côté
j'enfilais de l'autre je tentais de me défaire de ses vêtements. Lorsque mon menton se mit
à me démanger. Non, c'était impossible une barbe blanche poussait sur mon menton.
Quatre à quatre, je montais les marches. Je me précipitais dans la salle de bain. Un
miroir, vite. Et là, je suis resté pantois. Non, ça ne pouvait pas être ça. " un nouveau père
Noël ".
En trombe, je sors de la maison et je m'arrête net devant le flic.
- Ah Père Noël me dit-il, je savais bien, que vous étiez là. J'attendais le moment opportun
pour arrêter ce fumier.
Avant de me déposer devant mon traineau le flic me dit. " Père Noël, je vais vous faire
une confidence, pendant de nombreuses années, j'ai cessé de croire en vous et puis, hier
soir, en apprenant votre disparition je me suis sentis comme un gosse. Vous savez ce que
j'ai demandé comme cadeau ? " " Je vous écoute ". J'ai demandé à trouver celui qui
voulait vous assassiner raide mort, dans une cave ".
Alors je suis parti d'un grand éclat de rire, sur mon traîneau, en saluant le flic. J'ai
secoué la main avec mes gants blancs et je lui ai dit avec un rire de gorge. " Ah, ah, ah,
Joyeux Noël ". Et les cloches se mirent à tinter....
Dans le premier épisode, je ne pouvais pas être là parce que j'étais mort assassiné avec
préméditation par un crustacépas frais.
Langouste m'a tuer.
Bon allez, bananiers, pommes sautées !!!
Rendez vous au 3e mis les nerfs.