Rédiger la critique d'un livre dont vous n'avez lu que le titre en y incluant le résumé de l'histoire
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memoires d'un elephant rose
Quel exploit ! Quelle aventure ! Quelle épopée ! Les mots manquent au lecteurqui tente
de décrire au malchanceux qui n'a pas lu ce livre,
le fameux périple qui y est décrit, à savoir la traversée des Alpes par l'arméed'Hannibal
le Carthaginois, et surtout ses éléphants ! Vous rendez-vous compte !Des éléphants se
hissant aux plus hauts cols pour traverser ces (à l'époque)infranchissables murailles de
roc, neige et glace !
Tout cela pour arriver par surprise et prendre l'ennemi romain à revers et luidissimuler
jusqu'au dernier moment la nature exacte de cette expédition.
Mais ami, toi qui lis cette préface, ne te laisse pas emporter comme moi parl'histoire qui
y est narrée, et considere plutot avec calme la qualité de cetteécriture,goute la musique
de ce texte, apprécie comme il faut cette prose enflammée. Tune manqueras pas de
relever, j'en suis sur, la bonne idée du narrateur qui, pourrendre vivant son récit, fait
prendre la parole à l'un des pachydernes del'expedition. Des esprits chagrins diront que
ca sent le procédé un peu facile,maisbalayons-les d'un revers de trompe : c'est une bonne
idée, de faire racontercette aventure par l'un de ces acteurs éléphantesques, ca évite je
pense lasécheresse de ce qui serait seulement la narration linéaire d'un
épisodehistorique.
Donc cet éléphant nous raconte son départ de Carthage, le voyage et sespéripéties
pittoresques, il nous décrit les paysages traversés. Vient le morceaude bravoure : la
traversée des Alpes et la ruse finale qui consista, nousraconte cet animal digne de
confiance et qui pour ce qui est de la mémoire peutenremontrer à n'importe qui dit-on,
qui consista donc à peindre les éléphants enrose au moment de l'arrivée dans la plaine
du Po, pour faire croire à cesimbéciles de romains qu'il s'agissait de cochons géants ! La
ruse fonctionnacomme l'on sait. Ah, quelle truculence dans ce récit, quelle verdeur dans
ladescription de ces vrais-faux-cochons-éléphants roses et la surprise des romainsquand
ils ont tenté de tailler des jambons dans ces énormes cochons !
Comme moi, lisez ce livre au sommet des Alpes en dégustant un jambon bien roseet vous
ne le regretterez pas.
Mont Blanc (plus qu'un éléphant) le 4 Décembre 2000
MEMOIRES D'UN ELEPHANT ROSE
Eros PHANETEL ?
Editions du bois de rose.
Ou comment un éditeur trompe un public sans défenses.
Quand on lit le titre, d'aucun pense quinquin, mais point de Mauroy de Lille ; d'autres
encore imaginent découvrir la vie d'une fleur pachydermique, avatar moderne des
manipulations génétiques, et bien non.
Quant à y voir un rapport avec les hallucinations générées par l'abus d'alcool bu, on
tombe encore sur une fausse piste, en réalité l'auteur nous entraîne dans un récit
surprenant qu'il a recueilli au chevet d'un des derniers proboscidiens agonisant
authentiquement homosexuel du Cachemire.
Le héros nommé Rabab est né bien après terme sans avoir connu son père Barba,
employé dans un cirque en tournée dans le Pendjab.
Son enfance se passa entre les quatre pattes maternelles et celles de sa tante. Pour
s'amuser ses deux sœurs aînées l'aspergeaient de poussières multicolores formant un
maquillage et des jupes ou des pantalons comme ceux des humains.
Son âme sensible allait progressivement l'écarter du troupeau une fois sa mère morte et
ses sœurs prises par les mâles du pays. Seul, il regardait sans cesse les échassiers le
narguant en planant si légèrement au-dessus de son corps fort et un jour un flamand
brave et culotté osa entamer une discussion.
Usant d'une langue fleurie, le volatile lui indiqua une région élevée apte à mettre en
œuvre ses pensées.
Il partit pour un long voyage, durant lequel il croisa près de Pongolo un rassemblement
de ses congénères attirés par les fruits de l'umganu. En leur compagnie, ayant abusé de
ces baies fermentées, il commença à faire le clown, et à tituber en poussant des cris
audibles au très loin, mais les plus belliqueux à l'alcool méchant le tabassèrent et le
violèrent aussi sauvagement que des légionnaires. A bout de force il arriva dans le no
man's land entre l'Inde et le Pakistan, dans les montagnes du Cachemire. C'était la fin
du cauchemar, il croisa rapidement un semblable qui l'accueillit avec un collier de fleurs,
puis l'enduisit d'un mélange parfumé d'argile et de safran, et le présenta à la
communauté des babas roses.
Repéré par le peintre du groupe qui le recueillit, il lui servit de modèle et de support, ses
flancs peints formaient des tableaux vivants pour des expositions itinérantes. Ce qui
devait arriver, arriva, un soir notre héros Rabab céda aux avances de son hôte et y
trouva tant de plaisirs qu'il en snobait les fentes femelles.
Ils vécurent heureux durant dix ans, entre art et plaisirs, mais l'artiste un soir revenant
ivre après avoir englouti le contenu d'un camion de fruits tombé dans un ravin, s'égara et
fut déchiqueté par la grenade d'un garde-frontière indien éméché. Son chagrin asséché, il
se lança dans la culture du thé, mais spolié par une multinationale, il dut se replier sur
le marché du lavage de véhicules. Arrivé au sommet de la réussite il fut écrasé par les
nouveaux mammouths. Ruiné, il revint dans cette haute vallée pour mourir de cette
terrible maladie, faute d'avoir trouvé un soir à Los Angeles un pneu de camion pour se
protéger de ce si damné duo avec Dumbo.
Mémoires d'un éléphant rose, Jean-Daniel DRARX, Plonk.
--Prière d'insérer...
1970. Rémi Fassols entame sa carrière de professeur de musique dans uncollège de la
banlieue parisienne. Son rêve : bouleverser l'enseignementtraditionnel en y apportant le
vent contestataire qui se lève sur laFrance. Mais face à lui se dresseront successivement
sa hiérarchie, sescollègues et ses élèves. Trente ans après, ruiné par l'alcool, ilrevient
douloureusement sur sa carrière, ses espoirs et ses échecs,tentant de comprendre
comment tout a basculé.
Avec le même style époustouflant qui a fait sa renommée, Jean-DanielDrarx nous
entraîne dans le sillage fascinant d'un homme victime de sonidéalisme et de ses
ambitions. Lui seul pouvait ainsi recréer une vie etl'imposer avec autant de force au
lecteur. Un livre nécessaire etindispensable.
--
Le Nouveau Perspicace :
Dans la lignée d'un Bertrand Tavernier, mais pour la littérature cettefois, Jean-Daniel
Drarx livre un témoignage poignant sur l'Education destrente dernières années. Le
portrait de ce jeune professeur, luttantenvers et contre tout pour ses idéaux de jeunesse,
nous rappelle unefois de plus que derrière l'Institution se cache l'homme, fragile
etsolitaire dans ses interrogations. La longue et pénible déchéance dansla spirale de
l'alcoolisme est décrite avec un luxe de détails souventproches de l'insoutenable. Malgré
tout, on ne peut qu'admirer lafidélité du personnage à ses convictions premières. Une
belle leçond'humanité de la part d'un auteur encore neuf mais dont les mots portenttoute
la force d'une révolte lucide.
--
Le Barbier :
Dans ses "Mémoires d'un éléphant rose", Jean-Daniel Drarx dresse untableau sans
concession de trente ans d'élucubrationssoixante-huitardes, et leurs conséquences
inéluctables. Car il seraitnaïf de ne voir en ce pachyderme à la robe incongrue que le seul
clichéemblématique du délire éthylique vécu par Rémi, le personnage central
del'histoire. Ce qui est évidemment dénoncé en sous-main est l'arrogancedes politiques
successives de gauche en matière d'enseignement, et leuréchec patent. Dès lors, il est
regrettable que l'auteur n'ait pasdavantage explicité sa position, préférant s'appesantir
en naturalistesur les déboires alcooliques de son personnage. Il se pose ainsi enpseudo-
Zola dans l'air du temps, qui aurait lâchement omis de joindre le"J'accuse" à
l'Assommoir.
--
Désincarcération :
Dans la mare d'une fin de siècle morne et consensuelle, les "Mémoiresd'un éléphant rose"
de Jean-Daniel Drarx auraient pu faire l'effet d'unpavé délicieusement dérangeant. Mais
c'est à peine s'il engendreraquelques mols remous, à l'image de son héros, le pathétique
Rémi, auquelon est bien en peine de s'identifier. L'auteur veut visiblement jouer lacarte
du réalisme : il passe en revue les moindres événements de la viede son anti-héros, en
rajoute dans la peinture des détails anecdotiqueset dissèque minutieusement ses états
d'âme successifs. Mais au final, ceparcours ne se démarque guère de celui d'un adhérent
aux "AlcooliquesAnonymes", singulièrement asexué de surcroît. Toute la virilité du
pionmaladif est évacuée avec l'alcool dans la trompe tristement pendante dupachyderme
hallucinatoire, et c'est en vain que l'on attend quelquesremontées de sang et de sperme
chaudes et salutaires. Il est regrettablede la part d'un auteur ayant déjà prouvé la
puissance de son écriture des'obstiner à produire de lourds pavés qu'on ne puisse lire
d'une main.
--
Catalogue France Divertissements :
L'itinéraire de Rémi, un jeune professeur de collège depuis les années60 jusqu'à nos
jours, qui noie ses désillusions dans l'alcoolisme.Bouleversant. 145 F.
(Nota : toute allusion à des publications existantes ne saurait être quefortuite, étant
donné que je ne suis abonné à aucune d'entre elles :)
CAe (le surréalisme, y a que ça de vrai)
"C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit" ainsi commencerait,m'a-t-on rapporté, le
dernier livre de Raymond B."Les mémoires d'unéléphant rose". Je n'ose imaginer la
suite, sa mère Jésabel, son enfance àla Réunion, ce cauchemar politique enfin, gris souris
changé en éléphantrose! Plutôt que de m'étendre sur ce livre dont la 4° de couv. nous
prometla jouissance d'une structure narrative en forme d'oeuf au carré, mâtinéed'un
zeste de cyber-récit à cliquements variables, je vous recommandeplutôt la lecture d'un
bonvieux de la vieille: Ford Maddox Ford "Le bonsoldat" (10/18) récit tordu, délicieux,
pervers, trop méconnu. Courez yvite, dans le pré, foin d'élaphant, cueillez les roses.
Mémoires d'un éléphant rose
Face aux échecs répétés dans la vie personnelle ou professionnelle, la tendance
habituelle est d'en rechercher la cause : pourquoi ai-je échoué? pourquoi suis-je
"condamné" à l'échec? A la suite de ce constat, le narrateur, Jacques Valéry Chiscar,
président de la république au chômage, décide de partir pour les Indes en stop à la
recherche du yeti.
Il fait la rencontre porte d'Orléans de Gaby, une psychanalyste nymphomane,
transsexuel freudien en cavale après avoir organisé un gang-bang avec les malades de
son H.P. Gaby va initier Chiscar à la drogue au cours d'une nuit agitée dans un hôtel
Formule 1, à Brou-en-Artois.
Chiscar est un être taciturne et renfermé, abandonné par un père alcoolique et une mère
absente. Arrivé en Inde, il devient très vite le dealer incontesté de la région. Quant à
Gaby, elle aussi a déjà une existence mouvementée : trois enfants, nés de trois pères
différents. D'une relation d'assistance naît une histoire d'amour hors normes entre deux
êtres que 50 ans séparent. Dans cette relation bricolée, marginale et équivoque, l'un et
l'autre ont paradoxalement puisé la force de surmonter leurs échecs et leur détresse.
Le mythe du dealer " romanesque " reste bien vivace. Voilà sans doute pourquoi "
Mémoires d'un éléphant rose " a battu tous les records de vente Gare de l'Est.
Dans cet excitant livre d'aventure, l'auteur explore le mythe du yeti comme les signes
tangibles de son existence. Et sa conclusion est catégorique : le yeti existe quand on
prend du L.S.D, il l'a vu et photographié. Une trentaine de photos d'éléphants roses
illustrent le livre et donnent son titre à l'ouvrage.
Son auteur, Caïn Kéna, alias Jacques Valéry Chiscar, y raconte son itinéraire, où se
retrouvent pêle-mêle hippies provos (dont le fameux joueur de flûtiau Tibéri), vaches
folles, cassettes de Méry, faux électeurs et Bernadette, sa femme, une adepte du S.M,
100% pur porc. Ce septuagénaire beau gosse aurait pu être physicien ou prof de gym. Au
début des années 2000, il est devenu un des plus gros mangeurs de tête de veau du
monde.
PPP sous ex-Stasi
"avec cet ouvrage nous entrons à pleines gorgées dans l'inconscientpochetronesque d'un
auteur moderne et sans complexe.En effet Bou Ray, qui signe là sa première grande
oeuvre, nous trimbale debistrots en caniveaux, de délire en delirium et, peu à peu, le
héros prendla forme d'un gigantesque éléphant rose qui occupe tout l'espace.Prodigieuse
transformation d'un cuistre en cuite, d'un muffle en muffée,d'un artiste en artilleur.
A lire avec modération."
Memoires d'un elephant rose, prix de la litterature des oublies 2000.
Ce prix fut attribue par le jury "Sabirateur", valeur inestimable.
L'auteur, un jeune, de la planete terre, publie son premier roman.
"Memoires d'un elephant rose" raconte l'histoire d'un terrien oublie par
sescomperes,abandonne a lui-meme a se souvenir de ses ancetres, de leur vie.Le
heros,un homme dans la soixantaine,regarde sa bibliotheque,pleine delivres
usages,cherche les livres qui l'on marque,cherche a reconnecter avecdes heros qui l'on
accompagne depuis son enfance.
Malheureusement a chaque fois qu'il prend un livre entre ses mains, le titredisparait et
le nom du personnage principal devient invisible.
Notre heros, doit re-inventer le personnage principal et donner un titre aulivre choisit,
grace a ce processus, notre heros survit a l'oubli et seforge une toile d'ancetres.
Le style de l'auteur est accessible a tous ou l'imaginaire est roi.Aspect inusite du roman,
il n'y a aucun accent, sans doute ceux-ci ontdisparu a l'imprimerie!
Je vous recommande "Memoires d'un elephant rose" pour son texte rare,sonprix
abordable,son imaginaire sans frontieres,ses gravures colorees et unereliure de grande
qualite.
Bonne lecture
Le Cœur en Quenouille, ou l’itinéraire d’un célibat’Herr
Un nième road-movie, à la sauce german hic, et teinté de philosophieorientale, « Le
Cœur en Quenouille » retrace la vie de Ken, jeune teutonmalade dans sa tête de ne
pouvoir trouver l’objet de son amour. Unedéception sentimentale l’amènera à accomplir
un voyage avec un ami, pourexorciser ses blocages. Mais, plutôt que de m’étendre sur de
longs discoursstériles, laissez-moi vous citer un passage de ce livre : vous vous ferezune
opinion vous-mêmes, car subjectif est tout jugement relatif à unelecture.
«Alors qu’il vadrouillait sur son scooter, Ken fùt séduit sans détour par lesatours de
l’éclatante Sabine, typée Europe de l’Est, brune aux bouclessans retours. L’idylle dura
pour l’idole et le roi de la rue, et puisque pie
Sous un titre fleurant le contrepet, l'auteur dans un style sinueux livre une incroyable
révélation sur le monde du vélo, au travers de la vie de Guy D., grimpeur breton.
Guy, né s'une danseuse gitane et d'un guide basque en cavale, vécut sa prime jeunesse
dans un village perché au sommet du massif armoricain.
Avalant du soir au matin les côtes pour se délasser, il fut licencié à la Pédale des monts
d'Arrée abandonnant sa formation de tourneur. Dépisté par un entraîneur égaré, il
poursuivit une carrière d'équipier modèle, sachant se sacrifier dès que l'itinéraire
s'élevait, préservant les dents de son leader des moustiques et le dos des bourrades des
insupporters. Un écart dans une descente le jour de l'Ascension lui fut fatal. Voulant
éviter une limace, sa roue mordit le bas côté et sans témoin chuta sans retour au fond
d'une gorge.
Le mystère de sa disparition fut résolu trois jours plus tard quand un promeneur égaré
se retrouva face au mort.
L'autopsie ordonnée pour comprendre l'origine de l'accident fut le point de départ d'une
extraordinaire affaire.
Quelle ne fut pas la surprise des chirurgiens quand il découvrirent, que la peau du
décédé était entièrement synthétique, avec un astucieux système permettant de
convertir le vent, la pluie ou le soleil en énergie. L'intérieur du corps entièrement creux
abritait les batteries qui alimentaient les différents muscles et organes.
Mais la cause réelle de la mort provenait d'un câble débranché du bloc cœur.
Le médecin inexpérimenté tenta la réparation mais le bloc cerveau était trop
endommagé, et en essayant de le rebrancher sur le secteur provoqua le pire, enflammant
le cadavre qui disparut dans une lueur rouge, c'était un envahisseur.
Norbert Robu, le célèbre cuisinier d'origine cantalaise, nous livre dans son dernier
ouvrage Le Coeur en Quenouille (éd. Ecrevisse) une fantastique descente dans les enfers
de la littérature gastronomico-policière. Sur le modèle de Bohumil Hrabald, l'auteur
nous entraine dans la cuisine d'un grand hôtel du Cantal sous l'occupation allemande.
Après la mort du Colonel Heimlich, l'hôtel est en émoi : on a retrouvé sur la poitrine du
soldat un gâteau de quenouille au fromage en forme de coeur, piqué d'une flèche de
menthe ; le cuisinier a disparu, et la femme du directeur vient d'être conduite à l'hôpital
après une violente crise de nerfs. Michel, le fils du portier, dans lequel le lecteur avisé
reconnaîtra la malice et le bon goùt de Norbert Robu, a quatorze ans et fréquente aussi
assidùment les cuisines de l'hôtel que ses caves. Il décide de mener l'enquête, aidé des
treize résistants qui se cachent dans les sous-sols et qui, ce soir-là, avaient largement
abusé de leurs ressources vinicoles. Où est passé le cuisinier ? Pourquoi a-t-on trouvé un
laxatif dans le lait du directeur ? Qui a volé les bouquets d'aromates du potager ?
Pourquoi la recette du Lapin au Munster a-t-elle disparu ? Après le meurtre de la lingère
Marguerite et la découverte sur son corps d'un coeur en quenouille de fromage piqué
d'un brin de lavande, l'hôtel sera déserté. Au terme d'une enquête qui conduira Michel
au fin fond du Cantal, on découvrira l'incroyable vérité dans une mystérieuse grotte où
s'élaborent les plus anciens fromages du pays. Norbert Robu nous offre là une admirable
peinture des moeurs de cette France de son enfance et des traditions : les portraits sont
justes et drôles, le suspens haletant ; le lecteur se laissera charmer par l'évocation des
parfums de cuisine, et s'ennivrera des mille et une recettes égrainées tout au long des
quatre-cent trente et une pages, dont un incroyable faisan farçi aux escargots et arrosé
de Xeres. Norbert Robu n'est pas seulement l'un de nos plus grands chefs : il révèle ici un
formidable talent de romancier, gardien de nos plus anciennes traditions culinaires.
Avec ce dernier roman de Dieu-Donné Moisan, le lecteur ne sera pas laisséfenouil. Voici
une prose intelligente qui va droit au cœur. Pas le cœurromanesque, celui de la vie, celui
des racines et des pieds dans l’eau. Lerécit nous amène à suivre les ramifications des
coÏncidences qui rassemblentdes gens. Se retrouvant liés par les travers de leur histoire
et lessoubresauts de l’Histoire, se retrouvant dans la boue pour enfin unir bongré mal
gré leur aventure. Un peu comme si la vie était une longueautoroute bordée de fossés qui
ramasse la pluie, et dont la boue qui seforme au fond de ceux-ci crée la vie inattendue.
Une vie qui pousse malgrétoutes les controverses et qui fini par fleurir et créer un
monde, unenvironnement, un milieu pour s’épanouir.
Dans ce livre, Maria, l'héroine, a le coeur brisé, un coeur sanguinolent, un coeur en
quenouille. L'homme, qu'elle aime a prononcé une phrase fatale et de malentendus en
malentendus s'est éloigné. Pourtant, leur amour flamboyant, dans ce cadre mystico-
romantico pseudo religieux moyen-ageux, tel Tristan et Yseult, aurait dù avoir l'éternité
devant lui. Ce livre poignant, aux accents sincères et déchirants est une oeuvre très
réussie de cette femme aux mille best-sellers.
Oublions le style bien trop mou, l'histoire pas assez cuite, et la narration qui sent
vraiment le pâté. Ne parlons pas des dialogues qui semblent avoir été dictés par un
autiste qui pensait la bouche pleine.
Les scènes de sexe sont aussi excitantes qu'une interview de Roger Lemerre, et
franchement, après lecture de ce roman, on se demande bien pourquoi l'auteur, Aldo
Barilla, a abandonné la direction de l'usine familiale de pâtes alimentaires pour se
lancer dans l'écriture.
Quand on sait que son prochain livre en préparation a pour titre, " Passion al dente ", on
en viendrait presque à regretter le défunt Paul Guth, que personne n'a jamais lu.
Car chacun sait que pour écrire une œuvre mangeable, il faut faire bouillir l'eau avant de
mettre les nouilles.Comme disait Oscar Wilde
" That noodle at half-mast is, when the heart is not there. "
Que nouille en berne soit, quand le cœur n'y est pas.
PPP oui mais des Panzani !
Du rififi chez les momies
Le nez collé à son miroir, Jeanne regarde son iris. Elle le regarde deux heures par jour.
C'est dans cet iris qu'elle va voir passer sa vie, ses déboires amoureux, ses voyages au
pays de Cocagne qu'elle invente pour elle dans sa chambre de célibataire sans enfants.
Drôle et triste, puéril et cynique, Philibert Aurustain nous gâte une fois encore avec son
dernier roman : Il était Temps. Moulin à vers récidiviste, Aurustain met le feu aux
gorges cerclées d'écailles de l'Académie Française. Accusé de plaggiat par ses pairs, il se
targue de rassembler les foules, et il est vrai qu'un à un ses romans on occupé les têtes
de gondoles pour le plus grand plaisir de milliers de lecteurs avertis. Il est de son temps,
un temps qui n'est pas le nôtre, mais que nous découvrons à chaque épisode avec un
plaisir grandissant.
Enfin... "Il était temps". Le dernier livre de Georges Brougnard vousprend littéralement
aux tripes. D'une écriture hachée, percutante, l'auteur narre avec délectation les
incroyablesaventures d'Antoinette de Gabolde d'Audan, successivement chatelaine,
supportrice du PSG, call-girl, postière, championne de Go,remailleuse de chinchard,
taupe infiltrée au RPR et exploratrice.Du confort douillet du chateau de Longe-Longe-
Les-prés à la traversée de Madagascaren 4X4, Georges et Antoinette nous entrainent
dans une débauche de péripéties toutes plushaletantes les unes que les autres.
A ne manquer sous aucun prétexte : "Il était temps" de Georges Brougnard,aux Editions
du Technicien de Surface.
Il était temps .. Et même grand temps pour un des auteurs les plus prolifiques de sa
génération de rencontrer enfin le grand public, qui plus est en nous révélant sa véritable
identité. Car ce n’est pas à un ni à deux mais bien à trois scripteurs que nous avons à
faire ici. Et l’on ne manquera bien sùr pas d’évoquer les hétéronymes pessoaiens.
Honneur et préséance aux dames. Tous les amateurs de poésie libertine et d’envois sous
pli discret auront savouré souvent d’une seule main les opuscules en vers ( très ) libres
que livre à chaque printemps la Comtesse Sophie de la Mothe Hardante ( tous parus
dans la collection « Rectum-Versum » aux éditions Niquepier), prétendant l’un après
l’autre retranscrire les mémoires de quelque illustre ou méconnu, grand ou petit,
personnage. Citons , parmi les titres encore disponibles : « Lié, têtant », donné comme le
journal des années de s(é)m(inaire) du Cardinal Arlan-Mouy du Plexus, « Y l’étetant »,
manuel de taille du bonzaÏ d’après les estampes du maître Ti Jan Chou, « Lis et t’étends
», mémoire de la star du film porno néo-luxembourgeois, Juliette-Edmonde Congour, ou
encore l’énigmatique « Ilette et taon », signé d’une mystérieuse I.O., journal à quatre
mains d’un jeune loup piqué et d’une chevrette nymphomane. L’autre face (sic) de notre
Janus est moins confidentielle, puisqu’il ne s’agit de personne d ‘autre que de l’auteur de
best-sellers historico-psycho-os-à-moellesques Marcel-Roger Trouillat, publié dans la
série « Les belles histoires à Popaul » aux éditions France-Loisirs : « Il s’en est fallu d’un
cheveu » ( qui nous conta les aventures décoiffantes du perruquier de Marie-Antoinette),
« C’est pas passé Loing » (ou les angoisses d’un pêcheur à la ligne ichtyophobe et
hydroproof ) « On a eu chaud » ( qui sort de l’ombre la vie d’Igni Amadou, tour à tour
allumeur de réverbère à Versailles au temps du Roi-Soleil, récurreur de marmite chez
Denis Papin, porteur de fardeau chez le citoyen Cuvier, aspirant-guide à la Montagne
Pelée, et bien d’autres avatars encore avant de finir factotum au crématorium pour
chiens de La-Chaux-de-Fonds ), enfin « L’Echappée belle » ( mémoires pelotonnantes,
frotteuses et pédalantes d’une coureuse cycliste transsexuelle). Adonque, « Il était temps
» que, dans le folio ainsi titré qui vient de paraître dans la prestigieuse collection «
Planche » aux éditions Calibard, notre Janus dévoile enfin sa double face et son véritable
nom : Louis Carlus, à qui aucun genre n’est décidément indifférent puisqu’il nous donne
aujourd’hui une œuvre incontestablement majeure de la science-fiction de ce début de
millénaire, mêlant avec une redoutable dextérité le thème des univers parallèles et celui
du voyage dans l’étang.
C’est en effet au bord d’un étang dans un paysage qui n’est pas sans évoqué celui de
Vermillon Sand que son héroÏne( qui, pour cause de canicule et en digne émule de
Barbarella, n’en porte guère sur elle ( des effets )), une petite fadée prénommée Célia,
ouvre le premier chapitre.
Alors qu’alanguie sur un tapis de mousse (emprunté à son jeune frère embarqué sur le
Charles DG., dont il ne sera plus question par la suite ) la jeune fille parcourt l’œil
humide un des ouvrages de la Comtesse S. de la M. H. tout en caressant d’un doigt
taquin sa petite chatte ( une persanne nommée Moumoutte ), Célia est soudain
bousculée par une tortue courant à reculons ( dont il s’avérera que la phobie est d’arriver
en avance à ses rendez-vous ). Voulant suivre l’étrange animal, Célia bascule dans
l’étang, en même temps que dans un monde plus étrange encore, où l’attendent moult
rencontres fascinantes et toutes autant basculantes. Entre autres celles du Bachelier
Flou ( on ne sait jamais très bien s’il entre ou s’il sort ), de la Souris du New Hampshire
dont seul le c... demeure visible lorsqu’elle se retire de la conversation, des 2 jumelles
hermaphrodites prénommées Cama et Soutra , ou bien celle d’un E.T. phallique à la tête
en forme de sucre d’orge qui grossit lorsqu’on la suce !
Chacune de ces rencontres sera pour Célia l’occasion d’études linguo-logiques
approfondies et d’expérimentations à la géométrie des plus variées ( par exemple avec un
mémorable quadrille de lanciers déguisés en écrevisses !). Aussi bien nous garderons-
nous de déflorer plus avant cette œuvre touffue et tropicale, dont l’intrigue tissée de
main de maître conduira notre héroÏne jusqu’à la révélation époustourdissante délivrée
par l’oracle de la Dive Fumette : « Si tu a bu le thym dans l’urne, tout est spermis ! » Il
était temps.
Un casse-tete, un labyrinthe qui mène le lecteur tout droit hors du temps par une voie
étonnante: au coeur du livre, cryptique, la clef pour un temps futur; en filigrane, le
temps de la fable comme un écran aménagé pour cacher les trous noirs du récit - autant
de portes vers d'autres temps de lecture;au bout du livre, la conquete du temps présent,
imparfait et pourtant vrai futur.
Si lecteur non averti vous passiez à coté de ces délicatesses, vous pourriez toujours vous
consoler avec la merveilleuse histoire d'amour entre Hellfut et Ilssrah qui fonctionne
comme un attrape-nigaud, et qui est ce qu'il y a de mieux dans tout le livre, quoi qu'en
disent les crictitres.
Au début du roman, il fait beau, puis vers le milieu ça devient couvert, et à la fin il pleut
des cordes. Bien sùr on peut regretter que l’anticyclone soit des Açores, que la dépression
vienne de l’ouest, et que le vent soit du nord, mais il y a quelques belles plages de ciel
bleu, hélas trop courtes, puisque l’action se déroule en Bretagne.
Le narrateur, Aimé Théo, un abstentionniste de naissance qui fabrique des parapluies
l’été et des parasols l’hiver, rencontre dans une cave lors d’un gang-bang raté, une
inconnue surnommée La Grenouille, inscrite au PS, qui fait des prédictions sur le temps
qu’il fera demain en lisant dans le sperme de banlieue.
C’est le coup de foudre malgré l’heure tardive.
Ils ne se quitteront plus jusqu’au dimanche 5 mai, date de leur rupture au moment
fatidique du 2ème tour des élections.
La Grenouille va s’apercevoir que Aimé Théo est un handicapé du bulletin de vote. Elle
va être prise d’une crise de démence en se plaçant jambes écartées devant les membres
du bureau qui vont s’empresser de vider leurs urnes dans la malheureuse qui en
jouissant va s’écrier Mère agitée à peu agitée ! puis Ma mère a voté Mamère ! juste avant
de tomber dans le coma.
Un lacanien de passage, qui se déshabillait dans l’isoloir, aurait été victime, d’après des
témoins, d’un début d’érection présidentielle.
Evelyne Delhiat signe là un premier roman plein de foutre, qui en ces temps de
sécheresse a le mérite de mouiller certains hommes politiques.
Ce que résume bien la dédicace du livre : Le rhum ne s’est pas fait en un jour
PPP Castor et Rama
Chaque jour apporte au critique littéraire son lot d'ouvrages à examiner dans des délais
hélas trop courts pour que chacun puisse bénéficier de l'attention qu'il mérite. Bien sùr,
pour certains d'entre eux un rapide coup d'oil permet de voir que son auteur n'a pas
trouvé la voie qui lui convenait. Il n'est cependant pas toujours facile de dire à un jeune
écrivain qu'il eut été préférable qu'il s'orientât vers l'étude de la muséographie dans le
Poitou occidental à la fin du XIXe siècle, l'élevage du ver à soie dans le Larzac ou
l'utilisation de tenseurs contravariants dans l'étude des trous noirs. Ces activités, citées
seulement comme exemples, n'ont cependant, en soi, rien de déshonorant. Pourtant, de
tels conseils sont souvent mal accueillis. Le métier de critique est parfois bien ingrat.
Mais aujourd'hui, j'ai eu la grande joie d'avoir entre les mains, dès l'aurore, (merci,
facteur!) un livre superbe. Il s'intitule: "Il était Temps" et j'en recommande l'achat à tous
les bibliophiles. Je répète que ce livre est superbe: Reliure somptueuse, comme on n'en
fait plus depuis les éditions Hetzel, caractères du titre particulièrement soignés. Il ne
manque ni un accent ni une majuscule aux endroits adéquats. J'ai particulièrement
apprécié la finesse des décorations à l'or fin qui ornent les couvertures et le dos de
l'ouvrage. Le titre en lui-même est déjà tout un programme: "Il était Temps". Oui, mille
fois oui, "Il était Temps" que l'édition renoue avec un passé prestigieux et trop souvent
oublié. Si je n'ai pas lu "Il était Temps", c'est pour deux raisons que l'on comprendra
aisément: Tout d'abord, je n'ai pas voulu déchirer l'emballage en plastique transparent
qui protège ce bel objet des injures du temps et des détériorations inévitables si on le
manipule sans précautions. Avez-vous remarqué à quel point un livre LU n'a plus cette
allure de fraîcheur et de jeunesse qu'il avait au moment de sa sortie de presse? J'ai trop
de respect pour le travail des imprimeurs, relieurs et autres ouvriers typographes pour
vouloir porter atteinte au résultat de leur labeur. L'autre raison, que j'ai la faiblesse de
croire tout aussi honorable que la première, est que j'ai fait mien le comportement
défendu et adopté par un de mes maîtres en critique littéraire et dont je tairai le nom
pour ne pas froisser sa modestie: "Ne jamais lire un livre que l'on critique, pour ne pas
être influencé par cette lecture". Je sais toutefois qu'il y a une frange de lecteurs de cette
chronique qui aime avoir une idée au moins sommaire du contenu du livre analysé. J'ai
eu la chance de rencontrer le fiancé de la fille d'une amie de la concierge de l'immeuble
où j'habite et qui a lu cet opuscule. Il me dit que le livre raconte l'histoire d'un critique
littéraire qui est amené à rédiger un article à propos d'un livre qu'il n'a pas lu. Ce
critique, après maintes pérégrinations, rencontre quelqu'un qui peut lui faire un compte
rendu succinct du contenu. Il rédige donc son article critique et le dépose in extremis à la
rédaction de la revue littéraire à laquelle il collabore. Son rédacteur en chef l'accueille
par les mots qui donnent le titre: "Il était Temps"! Voilà donc un ouvrage qui mérite de
figurer en bonne place dans votre bibliothèque, entre Marcel Proust et H. G. Wells.
De Gérard Témontrin
(Aiguille de sable éditeur)
La course contre la montre d’un présentateur météo dont les jours sont comptés.
Narrées sur un tempo haletant, de courtes nouvelles s’enchaînent en ne laissant pas la
moindre seconde de répit au lecteur.
Le procédé fonctionne un temps, et peu à peu, se dérègle.
Insensiblement le chaos du héros devient le malaise du lecteur car aucune anticipation
n’est possible, la lecture se fait dans l’urgence avec le sentiment tenace d’avoir un temps
de retard qu’on ne pourra rattraper.
Cette loi du chronomètre, conjuguée au style imparfait de l’auteur, se révèle n’être en fin
de compte qu’un gimmick pesant sur la durée. Entre autres exemples de la même eau, la
succession d’orages hautement symboliques que nous assène Témontrin est trop
répétitive pour convaincre.
Si l’on ajoute que la vie antérieure du héros est occultée, on reste sceptique et indifférent
devant ce présentateur de papier peu consistant, sans mémoire, dont on se détache
insensiblement au fil des pages au point que lorsque le dénouement intervient, l’ouvrage
justifie pleinement son titre.
Le présent ouvrage, sous un titre intemporel, décrit au travers des mémoires d’un
chronométreur suisse natif de Montreux, la généologie qui est l’étude des pierres
tombales en roche dure.
Ses parents horlogers de génération en génération depuis la nuit des temps, l’initient
très tôt, afin qu’il les seconde dans le nid familial, à la fabrication des coucous, comme les
fait mère.
En remontant aux sombres us révolus depuis des lustres, l’auteur nous ramène au
fondement de la recherche du passé.
On découvre ensuite les deux grandes passions du héros, Jonathan Souppeux :
Le chronométrage et la quête d’antan.
Durant sa vie, chaque jour de la semaine, chaque mois de l’année lui apportait son lot
dru de laps qu’il archivait pour la postérité.
Il se spécialisa dans les minutes de silence, instants volés dans les cimetières lui
permettant d’inspecter simultanément les tombes.
Son heure de gloire vint lors de la première olympiade moderne où l’usage du revolver
révolutionna la captation du temps, remplaçant ainsi l’antique baisser de drapeau.
A cette époque, son concurrent principal, le comte Was de Greenwich provoqua un tollé
chez les conservateurs, en inventant à l’occasion d’un meeting de trotteuses le concept de
course contre la montre, qui néanmoins eut un grand avenir.
Il répliqua en prônant la mi puis le tiers temps, grande avancée socio-sportive.
Afin d’élargir ces compétences, il tenta de mesurer par la méthode du carbone 14 le
temps du soldat de Marathon mais échoua à construire une jauge pouvant donner la
quatrième dimension, en raison d’un délai trop court.
Il finança par la vente de calendriers la visite des cimetières lointains ; l’examen des
mausolées, stèles et urnes lui permit d’établir les abaques de calcul résolvant le cas rare
de l’amortissement perpétuel des caveaux en marbre.
Pour son ami Marcel il fit des recherches mais perdit beaucoup de temps.
Il ne se nourrit, été comme hiver, uniquement de pizzas quatre saisons surgelés (Vive
Aldi ).
Il fit voter la loi obligeant les automobilistes à passer au point mort le long des demeures
des décédés.
En Algérie, seule ombre, on lui demanda, pour connaître leur tactique, de faire parler
des taupes en les électrifiant au moyen d’aiguilles spiralées.
Il lutta lors de la mensualisation pour que les salariés soient toujours payés à l’heure.
Il imposa au berger l’angélus en grégorien, à la loterie le dixième, à l’Eure dix verres et
les menottes montres au quartier de sécurité.
Toujours pressé, il mena sa vie de centenaire sur un rythme haletant et disparut tard
dans son petit navire au fond de l’étang de Thau.
Aujourd’hui, quand on ressort de la division 24 du Pére Lachaise, en remontant l’allée de
droite après le cerisier, on découvre sa tombe en quartz, dont le cadran étanche et
antichoc, comporte gravé en guise de chiffres, le nom de ses douze descendants, car il
était aussi en vérité et en bracelet un absolu tombeur.
Le dernier né du prolifique Ruppert Lacnée fera légende ou nous n’y connaissons rien en
littérature. L’auteur nous brosse en près de 900 pages, dans une seule phrase non
ponctuée et en un seul et magistral paragraphe, le périple, plus encore, l’odyssée
singulière de l’unique personnage de son gargantuesque roman. Odyssée qui consiste en
ce trajet que tout un chacun accomplissons des millions de fois dans une existence soit :
se lever de table pour rincer son assiette après s’être copieusement sustenter. Mais,
Lacnée, fidèle à son lui-même, ne fait pas dans la facilité. Ce simple geste de vie est ici le
prétexte d’une longue dissertation sur le devenir de l’homme en ce début de millénaire.
Onirique à souhait, le récit en est haletant, en dépit de certaines longueurs, notamment
lorsque Narcisse éprouve non sans une certaine culpabilité, le début d’un orgasme en
rotant ( nous sommes alors à la page 547, et il est à mi-chemin entre la table et l’évier de
la cuisine). Mais on pardonnera cette encoche à son auteur, génie de son époque et très
possiblement futur Nobel de littérature. Lacnée ne nous avait pas habitué a pareille
faconde sinon dans le deuxième tome de sa triptyque : « Nombril ». Là, où il avait mis dix
ans à l’écrire, ici, Lacnée n’y a mis que 18 mois. L’auteur est maintenant rendu à sa
pleine maturité, c’est un grand crù qu’il nous sert ici dans une langue qu’il réinvente,
comme à son habitude, ajoutant souvent une syllabe à certains mots afin de ne pas faire
dans la redondance et ajouter une musicalité au texte qui s’écrit qui déroutera plus d’un.
Ou encore il inverse certains mots, comme pour piéger le lecteur et l’obliger à plus de
rigueur, entremêlant dans l’ordre et dans le désordre; usant de ces vieux temps de verbe
révolus qui ont fait la gloire jadis de notre belle langue française. Lorsque l’on termine ce
fastidieux roman, cette unique phrase, lorsqu’on arrive enfin à ce point final, on ne peut
que se dire, soulagé : il était temps. Et c’est là, à ce moment précis, que le roman de
Lacnée prend tout son sens, que le verbe se fait chair et que les frontières entre fiction et
réel disparaissent afin de nous habiter, en permanence, jusque dans la fibre la plus
intime de notre être. Merci monsieur Lacnée.
Que nous livre un texte écrit à l’imparfait ? « Il était temps », la fiction d’Aliette Pimst
profile quelques réponses. Fiction autobiographique (le titre anagrammatique pourrait
l’induire), le récit se conjugue de plusieurs voix. L’horloger Armel Procust, amoureux du
lever du jour et de la tombée de la nuit n’oscille que dans ses pensées. Il déroule une vie
ordinaire - minuscule écrirait Pierre Michon - aux heures bien réglées, aux mécanismes
huilés entre ses deux femmes, l’une au teint d’albâtre, aux idées arrêtées, aux
sentiments fuyants, la seconde au corps d’ébène l’auteur use parfois de poncifs
mystérieuse et volage, douce et ensorceleuse. Et si Amour Prelecst, Tomas Purrcel ou un
autre improbable Paul Cremrost s’échinent à nous distraire, c’est le temps retrouvé du
héros, sa quête de minutes éternelles, ses recherches perpétuelles qui nous montrent la
route. Un livre à découvrir. PS : « Il était temps » est également le titre d’un ouvrage
paru hier, 5 mai 2002. Nous le chroniquerons dans notre politique rubrique dès la
semaine prochaine.
Passant mes vacances à proximité de la Grande Bleue, je n’ai pas eu à consulter
l’annuaire des marées. Je loue chaque année un mobile-home en Camargue, car j’adore
les moustiques et n’ayant pas encore trouvé la Maîtresse idéale, je pratique l’auto-
soumission. La nuit venue sous l’assaut des insectes assoiffés et attirés par mon nouveau
parfum « Effet Romone », je me délecte en me frappant le corps à l’aide de ma tapette
spéciale cloutée, gagnée en participant au concours " Faites-vous mal tout seul , dont je
n’ai eu hélas que le prix de consolation. C’est pas sur la côte Atlantique que je pourrais
assouvir mon vice, et déjà que je ne connais personne dans le bottin téléphonique
parisien, je ne vois pas qui je pourrais appeler dans l’annuaire des marées. PPP jouissez
après le bip sonore !
Qui ne s'est jamais émerveillé, en portant un coquillage à son oreille, d'entendre la voix
de la mer, comme par l'entremise d'un téléphone imaginaire? Cette expérience nous
ramène tous aux souvenirs de nos tendres années, pleins des embruns iodés et vivifiants
de la côte atlantique au mois d'aoùt. Mais hélas! Autre temps, autre mer... et il faut bien
reconnaître que, de nos jours, même les recoins les plus sauvages de notre littoral
souffrent d'une saturation croissante, due à la prolifération des coquillages portables. Il
est devenu bien difficile d'obtenir du premier coup la communication avec l'océan, et
combien de fois n'a-t-on entendu à la place du ressac espéré le cri déchirant d'un
cormoran emmazouté, ou le moteur tonitruant d'un Zodiac chargé d'immigrants
clandestins kosovars? Aussi, nous ne pouvons que saluer la publication de ce petit
ouvrage très pratique qui permettra à chacun de déjouer toutes ces nuisances de la vie
moderne, et qui sait? de retrouver un peu de son innocence perdue avec les années.
[b]L'Annuaire des Marées[/b], de Gonzague Saint-Jacques avec des illustrations de
Titouan Lamazoute Ed. du Bain de Minuit 196 pages, 16€
Le débat avait agité des générations d'hellenistes jusqu'à la publication des travaux du
Dr Terranée, voici une dizaine d'années. Mais on sait aujourd'hui de façon certaine que
L'Annuaire des Marées n'est pas le complément à "l'Iliade" et "l'Odyssée" que certains
voulaient à toute force attribuer à Homère. Mais, dit Terranée, dans son brillant essai
"La Trilogie d'Homère n'aura pas lieu", ces fragments, que publient les Editions
L'Armateur dans une nouvelle traduction, sont en fait les témoignages d'une pratique
populaire vivace chez les Anciens Grecs consistant à invoquer les dieux pour qu'ils
favorisent le retour d'Ulysse au bercail. Du simple "graffiti" tracé sur un rocher à l'ode la
plus élégante gravée sur le marbre le plus rare, ces vestiges révèlent un imaginaire très
émouvant débouchant le plus souvent sur une touchante créativité. Ainsi, ce fragment
demeuré célèbre: "Hélas Posidon Renonce à ton empire contre Ithaque Insiste et sois
lucide, Ulysse Qui naguère des étoiles apprenait le chemin" On y décèle la grande
confusion où le polythéisme jetait les Anciens, les forçant à établir un véritable annuaire
des dieux marins, dans le but de toujours invoquer le plus propice à la circonstance du
moment. [b]L'Annuaire des marées[/b], Trad. Melina Mercourrue, photos Georges
Chakihis et O.Santiano Ed.L'Armateur 270 pages, 115€
Après un premier récit débridé écrit à la première personne sans construction véritable,
relatant ses aventures sexuelles multiples, Kathleen C. nous livre pour cette rentrée
littéraire un livre d’une construction plus classique. Alors que le premier récit nous
menait de façon anonyme d’une partouze à l’autre sans jamais citer les noms et les lieux
comme il est d’usage dans ce genre d’ouvrages, la narratrice se livre maintenant sans
fard et livre par la même occasion et par ordre alphabétique, les noms et les adresses de
ses partenaires, ainsi que leurs spécialités. A la suite des démêlés récents de quelques
éditeurs avec le Ministère de l’Intérieur, le livre sera présent chez votre libraire sous le
titre d’ [i] Annuaire des marées[/i], et non sous le titre initialement prévu d’[i] Annuaire
de ma raie[/i], jugé un peu provocateur en ces temps d’ordre moral. [b] Annuaire des
marées[/b], par Kathleen C. Editions Callidard. 853 pages. 21 euros.
Déjà parus en fascicules spécialisés et souvent repris dans la presse locale, ces petits
récits ont été judicieusement rassemblés par l'amer Service Hydrographique et
Océanique de la Marine en un seul recueil. " L'annuaire des marées ", du collectif
d'auteurs du Réseau d'observateurs du niveau de la mer occasionnels et permanents,
autrement nommé Rhomin, porte bien son titre. Il est en soi un petit bijou de
fluctuations, d'attractions, d'atermoiements, de flux variés, de reflux imaginaires et de
vague à l'âme. Si le collectif a choisi de s'en tenir à un plan fort linéaire où les horaires
jouent une grande part dans un scénario renouvelé, les nouvelles qui se succèdent en un
ordre quasi parfait, même si parfois lunaire, développent toutes les facettes d'une vie
nocturne et diurne des peuplades des bords de séant. Sur quelques septante pages
parfaitement structurées, le lecteur s'évade vers des temps bien déterminés sur des
incidences multiples aux fantasques coefficients, tous efficients. Et quand José
Saramago, dans " Tous les noms " a pu écrire " le sens de chaque mot ressemble à une
étoile qui projette des marées vives dans tout l'espace, des vents cosmiques, des
perturbations magnétiques, des malheurs ", Rhomin explore à loisir de vraies questions
et défend dans son ouvrage le temps des valeurs pour notre plus grand bonheur. Le
suspens est présent, il est aussi futur, il se joue dès les premières lignes, notamment en
ce mois de janvier au Pornic. Jusqu'où ira-t-elle ? A quelle saison chavirera-t-elle ?
Acceptera-t-elle de revenir encore et encore ? Comment la trouverons-nous l'an
prochain ? Si le lecteur se saisit de " L'annuaire des marées ", aussitôt, tel le coquillage
collé à son oreille, se diffuse la douce mélodie des ondes et la tendre ondulation des
moutons, des histoires de pêches aux accents insensées, des barques bigarrées, des
mouettes rieuses, des plongées en apnée. Un ouvrage si peu courant, si peu noir, qu'il
nous semble parfois en décalage ; mais las, laissons nous emporter, et tel l'albatros, sur
un pont, malhabile ou comme cestui là, acceptons les augures et naviguons sans crainte
dans les lignes suivantes si pures, si incisives, ô combien indicatives : "84 - 85, 06.20 -
13.36, 00.04 - 12.19, 85 - 84, 06.51 - 19.07, 00.35 - 12.51, 83 - 82, 07.20 - 19.37, 01.05 -
13.21, 80 - 77, 07.48 - 20.06, 01.35 - 13.50, 73 - 69, 08.17 - 20.36, 02.03 - 14-19, 64 - 59,
08.50 - 21.13, 02.31 - 14.50." Saluons également l'initiative de l'éditeur qui bouleverse les
réseaux de diffusion et ose une distribution lors des fêtes maritimes, dans les ports, sur
les plages. Nous aurons grand plaisir à retrouver ses auteurs et Shom lors du prochain
festival "Etonnants Voyageurs" de Saint-Malo. " L'annuaire des marées ", Rhomin aux
éditions du Shom, 2002, 70 pages, hors loi Lang, le prix de ce livre fluctue.
Qu’ils étaient beaux, en ce jour qui allait consacrer leur union ! Elle, Sidonie, de rose et
vert vêtue, et ses yeux énamourés grâce auxquels on ne remarquait presque plus sa
verrue, sa jambe de bois et le pelage brun qui recouvrait une bonne partie de son visage,
lui, Arsène, dont l’élocution approximative témoignait d’une soirée active et qui émaillait
les silences de la même phrase, sans se lasser : Y a rien à boire, ici ? Ils arrivèrent à la
mairie, pourtant, entourés d’une joyeuse bande de noceurs (en situation), et prièrent
l’adjoint au maire de procéder sans plus tarder au scellement de leurs destinées. Après
les lectures d’usage, on leur demanda leur avis qu’ils exprimèrent incontinent et se
retrouvèrent mari et femme. Alors, Arsène sortit de sa poche un mouchoir douteux qu’il
déplia pour en extraire deux anneaux. Mais sa lucidité, quand il était passé le matin
même chez le quincaillier, ne lui avait pas permis de sélectionner la taille idoine.
Désespérément, ils glissaient des quatrièmes doigts et l’un comme l’autre durent les
porter aux pouces - Quoi ? Qu’est-ce que vous racontez ? le thème de la composition n’est
pas l’annulaire des mariés ? Vous rigolez, ou quoi ?
Merla
Résumé : Nous sommes en 2002. Alors que le monde frappé par les malheurs que l'on
sait menace de plonger dans l'anarchie la plus totale, impertubables, seules, les marées
continuent de défier le chaos ambiant en tentant de respecter à la lettre des lois
physiques absconses afin de montrer la voie de la sagesse et de la prévisibilité à une
humanité fantasque. Aidées dans leur tâche par des personnalités de premier plan, le
soleil et la lune, arriveront-elles à gagner leur pari insensé mais optimiste ? Critique :
dans une tentative louable de répondre aux précédentes critiques sur son style littéraire,
l'auteur du célèbre "Horaires des trains de la banlieue parisienne pour l'année 1998" fait
appel dans son oeuvre à une distribution cette fois-ci grandiose : trois corps stellaires,
tous les océans du globe, les lois physiques les plus célèbres... C'est donc avec
empressement que le lecteur qui avait senti toute la portée philosophique du premier
opus mais s'était légèrement endormi devant un style un peu trop prévisible, voire même
mécanique, s'emparera de ce nouvel ouvrage, espérant y trouver une dimension un peu
plus épique, une histoire un peu plus prenante, des protagonistes un peu moins
banalement tristes. Et tous ces ingrédients y sont mais, et c'est tout à l'honneur de
l'auteur, ils se méritent. Il faut s'armer de patience, de ténacité aussi, afin de dénicher
toutes les pépites de ce livre. Ainsi l'intervention tant médiatisée du soleil et de la lune
se fait en filigrane ; ils ne seront jamais nommés, et cependant leur trace se fait sentir
lorsque l'on s'aperçoit que le rythme temporel que l'on croyait figé, proche de celui du
RER A Cergy-Marne le Vallée, se voit tout à coup enfler, les dates s'affolent, les marées
prennent une ampleur soudaine qu'on avait peine à imaginer et encore moins à prévoir
et ce juste avant de retomber aussitôt dans le petit, le frileux, le banal, le triste. Certes,
il faut prendre son temps avant de sentir la lente respiration de ces fameuses marées,
comprendre leurs brusques états d'âme, sentir les liens qui les unissent au cosmos, mais
la révélation vaut l'implication. Malheureusement, une fois ce mystère dévoilé, que reste
t-il ? L'auteur retombe trop vite dans ses déboires habituels, utilisant les mêmes ficelles
tout au long du roman, en boucle. Si l'on frémit en lisant le passage des Grandes Marées,
qui devrait rester longtemps dans l'histoire de la littérature, on se lasse un peu trop vite
de voir que tout n'est que répétitions à des échelles différentes. Et plus grave, alors que
l'auteur voulait nous donner une leçon de stabilité et de régularité, nous n'en retirerons
qu'un assènement brouillon du message que "tout est pareil en étant différent, et
inversement". Un conseil : il est amplement suffisant de lire la moitié de l'oeuvre pour
pouvoir briller en soirée.
[size=x-small][color=0000FF][font=Georgia] Le lecteur sensé s’épargnera une dépense
inutile (47 euros en version brochée, 89 euros en version skivertex dorée à l’or fin) en
évitant d’acheter le nouveau roman de France West, [i] Annuaire des marées[/i]. C’est
une succession de dates, chiffres, horaires et noms de lieux souvent imprononçables. La
critique avait unanimement déploré le nombre trop élevé de personnages dans le
premier roman de France West, [i] Annuaire du téléphone[/i]. L’auteure tombe ici dans
l’excès inverse : aucun personnage mais toujours pas d’intrigue. En revanche on retrouve
une partie des noms de lieux qui faisaient le charme de son premier ouvrage. Le lecteur
se perd en conjectures : que s’est-il passé à Bénodet le 15 septembre à 10h12 ? Le nombre
114 qui revient à plusieurs reprises a-t-il une importance ? Et pourquoi 112 seulement à
Locmariaquer ? Non, décidément, Mesdames et Messieurs les oulipiens, tout le monde
n’est pas Georges Perec ou Raymond Queneau, la contrainte ne fait pas tout et elle gâte
un peu le plaisir quand elle reste trop apparente. Le préfacier annonce une suite à
paraître l’année prochaine. Souhaitons que nos critiques permettent à l’auteure de
recentrer son oeuvre vers un roman plus traditionnel. La recherche a fait son temps,
revenons à l’efficacité. Aucun éditeur n’ayant voulu prendre le risque de publier ce
roman expérimental, il est édité par l’auteur et n’est disponible que dans les Maisons de
la presse du Morbihan et Finistère Sud. France West : Annuaire des marées. Ed. Ouest-
France, 2002. [/font][/color] [/size]
L’âne nu erre Démarrez ! : Un roman qui va faire du foin ! Oui démarrez, traquez, serrez
l’âne nu. Vous participerez à un jeu dont la règle ne vous paraîtra claire qu’à la fin Farce
tragique où la cruauté domine ! âmes sensibles, ne lâchez pas ce livre, n’envoyez pas
l’âne se rhabiller Il est peut-être VOUS ! L’âne nu erre Démarrez ! Troisième roman de
Bourik. 845 pages. Aux édissons Bonédane. Prix : Trois euros six sous
L’annuaire des marées Après le foisonnant Larousse des noms communs, c’est peu dire
que le nouvel opus de Louis-Marie Lafarge était attendu avec impatience. Hélas ! Si le
coup d’essai était un coup de maître, l’auteur n’a pas su convaincre cette fois-ci, comme
s’il s’était vidé de sa substantifique moëlle et avait épuisé toutes ses cartouches sans
pouvoir recharger après une vigoureuse et séminale salve désespérée sans retour
possible. En effet, ce qui aurait pu être, avec un peu de cette sincérité vis-à-vis de soi-
même qui seule permet à une conscience originale de s’exprimer, un passionnant roman
d’analyse aux thèses audacieuses, s’avère à l’arrivée n’être qu’un pontifiant traité des
petites vertus morbihanes, un pensum vaguement structuraliste aux recettes éprouvées.
LML a préféré bricoler paresseusement cette macédoine trop salée pour être honnête,
insufflant sur une intrigue à la mords-moi-le nœud dont on se fout dès la première page,
quelques saynètes de plage aux couleurs pastels, tombant par là dans tous les travers de
la carte postale ringarde (mais n’est pas Perec qui veut). Se contentant pour tout style
d’un sabir rappelant les pires brochures éditées par les administrations de collectivités
territoriales, mais sans la distance critique qui sauve par exemple les notes de frais de
Jonathan Franzen, LML ne parvient pas à se libérer de cette voix entêtante qui, après
nous avoir séduits, égrène les poncifs au gré d’un catalogue complaisant qui risque de
décevoir même les plus aguerris des aficionados. L’ auteur n’est donc pas invité à passer
en classe supérieure, même en comptant les points en gym et en arts plastiques. ADC
[size=x-small][color=CC33FF][font=Georgia] Il faut saluer le courage des [i] éditions
Padequoisse [/i] qui publient le premier annuaire des marées depuis les années du grand
cataclysme. La fuite progressive des populations vers l’Ile centrale dans les premières
décennies du troisième millénaire avait été un tel traumatisme que les côtes étaient
devenues totalement désertes. L’arrêt de la fonte des glaces polaires depuis 2042 semble
avoir stabilisé la ligne côtière et permet enfin l’édition de ce volume. Pour les plus âgés
d’entre nous il semblera curieux de découvrir les horaires de la marée haute à Périgueux,
Cahors ou Montauban mais les plus jeunes qui sont nés sous le climat tropical de notre
Ile centrale n’y verront qu’un outil efficace pour un nouveau développement des loisirs
maritimes. [i] [b] Annuaire des marées pour l’année 2043[/i] [/b]. En cyberlibrairie ou aux
éditions Padequoisse, Secteur Padequoisse-Marées : Département de l’Aubrac, Tour
14523, New-Paris, (Ile Centrale). 964 pages. 128 new-euros. [/font][/color] [/size]