Le CRABBLES se joue en duplicate
Le sabirateur (arbitre) tire 7 lettres initiales.
Le sabirateur tire également de son chapeau un contrainte parmi diverses contraintes
oulipienne (lipogramme, mozins, formes littéraires imposés, etc).
Les sabirs (joueurs) doivent :
Inventer un mot inconnu dans la langue française et dont le placement sur le plateau du
crabbles correspond au score le plus élevé.
Régle à dix moins trois près pour l'invention des mots et plus particulièrement des petits
mots (deux, trois lettres) : Le sabir ne subit pas : il est seul juge de la plausabilité du mot
inventé. Seule règle absolue : tout mot doit être défini.
Donner une définition (avec étymologie et fausse citation illustrative) du mot trouvé. Un
mot existant dans le dictionnaire peut être accepté si et seulement si la qualité de sa
fausse définition rachète cette déviation.
Option : les sabirs fortiches doivent respecter dans leur définition la contrainte tirée par
le sabirateur. La contrainte est donc facultative
Option Multimédia : les créations graphiques sont acceptées comme mode de définition
(gif, jpg, flash) tout comme les bandes sonores (format wav ou realaudio).
Poster au sabirateur leur proposition (score, place sur la grille, définition).
Un nouveau sabir peut s'intégrer à n'importe quel moment d'une session en cours. Il lui
suffit de poster sa proposition au sabirateur.
Tous les sabirs peuvent proposer au sabirateur d'insérer une contrainte spécifique dans
son chapeau.
Le sabirateur collecte toutes les réponses dimanche midi dernier délai, dépose sur la
grille le mot au score le plus élevé, publie toutes les propositions du tour sur la page de la
crabbles
Détournement façon Dico, Lipo & Co, d'un jeu de lettres célèbre.
session, tire les nouvelles lettres et la nouvelle contrainte pour le tour suivant, publie ces
dernières.
session 1
Tour 1 : 27/09/98
Lettres : AAEONNT
Contrainte : Lipogramme en E
ANATONE
(66) [H8]
(1613, du sioux anat-taouon, "cul roussi"). Cigarillo qu'introduisait un
grand chaman dans la squaw d'apparat lors d'un gala public afin
d'accomplir un faux coït, fournissant ainsi à sa tribu un show plutôt
distrayant. "L'anatone produit aujourd'hui à Washington un ramdam
abracadabrant." (K. Starr, _Rapport sur l'humour colonial_). (C.R.)
ANATONE
(66) [H8]
adj. : [d'"ana" = pas standard, suivi par "ton" = modulation du son
dans la phonation] prononciation qu'on choisit pour avoir l'air subtil,
sur la plupart du sol papou. On fait allusion à l'agitation d'un combat
par un soupir; un cri traduit la paix; on bâtit un discours clair ou franc
pour garantir sa vacillation d'opinion; l'affirmation a pour trait
distinctif un son final plutôt aigu. Anton Vitäz l'introduisit au public
français autour d'avril 68, mais aujourd'hui, on paraît parfois plus
original si l'on dit son propos sans façon. Pourtant, Marot composa
jadis maints blasons au goût quasi-anaton, amalgamant aux canons
d'amour d'amusants staccati consonnants. Voir surtout sa chanson :
En ôtant ta natte entêtante,
en tâtant ton tentant téton,
on a tôt, nonnette étonnante,
noté ton attente et ton ton.
(G.E.F.)
ANATONE
(66) [H8]
n.m. (du gr. ana, , tonos, ). Litt. Gaz stomacal. Syn. rot. (G.B.)
ANETONA
(66) [H8]
3ème personne du passé simple de l'indicatif du verbe anetoner.
Etymologie zoologique : mot-valise composé de âne, et thon. Se dit
de personnes de peu d'esprit (comme un âne) et au physique
disgracieux (comme un thon) qui cherchent l'âme soeur de façon
sensiblement appuyée.
"Eh chérie, tu baises ?"
"Casse toi Frankenstein"
est au final l'échange statistiquement le plus fréquent dans la
phénoménologie du anetonement.
A. Netona, Sociologie du anetonement, étude de terrain au dancing
Macumba de St-Truffe-les-flots, Ecole des Hautes Etudes en Sciences
Dancingologiques.(S.B.)
ANETAON
(66) [H2]
ANETAON, n.m. [du bas latin asnitabô]
animal volant à longs pavillons, nain mais gras, surtout
roux, qui naît du 21 mars au 21 juin à partir du sang bu
par sa maman. Fam. Vx. non moins distrait qu'un grisaon.
Fam. Mod. "pas point du bourdaon", pas affaibli du tout.
"Voilà un grand froid pas point du bourricaon" (Aragon).
(G.E.F.)
ONTANA
(14) [place]
Forme conjuguée (passé simple) du verbe Ontaner. Terme de chasse
au gibier à plume. L'ontanage consister à parcourir le bois, au petit
matin, non pour rabattre le gibier mais pour répandre des appâts (le
plus souvent du grain) dans une direction choisie. Les faisans et
autres perdrix remontent ainsi d'eux mêmes le bois et les "chasseurs"
invités, postés par leur hôte, ont alors l'illusion d'avoir de la chance et
d'être de bons chasseurs.
"J'avais ontané toute la nuit. Au matin, le Marquis de la Brosse que
j'avais posté dans l'endroit le plus favorable, réussit, pour la première
fois, un doublé de perdrix. C'est ainsi que j'accédais à la pairie."
Edouard Potin-Giraud, in Mémoire des vanités d'Empire (1824) -
épuisé.
Fig. : flatter pour obtenir une faveur / ruse pour obtenir
"spontanément" des autres ce que l'on attend d'eux. Ex : en période
électorale, le député ontane ses électeurs. (B.M.F.)
ATONNA
(14) [H4]
Du verbe atonner, premier groupe
Ethym. : de ab, privatif, et tonnere, casser les oreilles [ab tonnerunt
sed penserunt nihil minor] Définition : (je n'y suis pas arrivée sans e !
j'essaye d'ici dimanche prochain): se taire brusquement, faire silence,
la boucler.
Le loup chantait très faux. Soudain il atonna,
Car le Tex avait ri de voir rater son la
(Jeannot de l'Afontaine) (Samo)
ANONAT
(14) [place]
n.m (1864 de anonymat) - Etat de la personne ou de la chose qui a
beaucoup perdu de son anonymat. "Le généreux et matois donateur a
voulu garder son anonat". (P.D.)
Tour2 : 04/10/98
Lettres : OIUBQRR
Contrainte : Exemple en alexandrins ou lipogramme en E
QUORBIR /
ANATONEB
(152) [15D]
QUORBIR (152) [15D], v.tr. (du latin "quorum" = qui,
puis "bir", contraction dans l'argot carabin du long
"sont sortis du billard panards à l'avant"). Travail
du postillon d'un corbillard. Il conduit son fourgon
au columbarium. "Nous poussions un soupir quand nous
voyions quorbir d'obscurs landaus, à Bir... qu'aucun
n'osait fourbir." (S. Tourbir dans "La mort à Oran")
ANATONEB, n.f. (mot musulman mis au goût du jour par
Ibn OTAN dans sa production d'inouïs rubaiyat - voir
la citation). [NB : il m'aurait paru abusif d'offrir
six points pour avoir l'air ici plus français]. Amas
d'hamada, ou plutôt sablon mis par gros tas, où l'on
s'assoit pour accomplir huit oraisons avant la nuit,
dans un sabir aussi confus qu'anaton. "Qu'ouïr ? Qui
quoi où ? Urbi ou orbi ? Oui, bruir ! Oui, rouir ! ô
ru, or bu, or bio ! ô brio ! ô urubu ! Roi riquiqui,
roi bourru !" (chant pour l'invocation d'un cumulus)
(GEF)
BRIQUOR /
ANATONER
(125)
[B15-H15]
grade de sous-officier de l'armée du porc-salut chez les Sapeurs
camembert. Passé dans l'histoire de France après la compétition
héroïque qui opposa les Briquors Bretons aux équivalents
Briquors Teutons lors de la Foire "ciment brosse-à-dent 1954"
d'Email-sur-Diamant. Rappelons que les briquors Bretons
réussirent à l'emporter sur leurs concurrents en finissant à la
langue le lustrage de leur stock de parpaing de 2,8 tonnes après
avoir épuisé leur attribution réglementaire de 2 brosses-à-
dent/jour pendant la durée de la foire. C'est rapeux qu'il se virent
élever au grade de Récuror. Ils fûrent les seuls Sapeurs
Camembert de l'histoire de France à sauter le grade de briquor-
chef.
"Briquons, Briqua, Briqum, on est vraiment très forts
On a la langue rapeuse, c'est nous les briquors"
Cri de Ralliment du 34ème RSC (Régiment de Sapeur
Camembert).
ANATONER : Verbe correspondant à l'anatone de C.R. (SB)
RIBOQUER
(116)
[B14-I14]
[riboke] v. intr. (anc. fr. ribocuant, "courant").
1. Vx. Courir à grand mal; "La Margot riboqua pour St-Paul,
manqua la mort." (Balzac, "Rastignac courtisan", III, 1837)
2. Fam. Hybris du Moi par l'imitation du logo d'un trust US du
sport; "Johnson riboquant son Asics ! On aura tout vu ! Il croit
finir son 100m sans dopant, qu'au bluff !" (L.B.)
BROQUER
(31) [C14]
sens initial: boire l'eau du broc sans savoir qu'elle est réservée à la
toilette; par extension, se dit de toute action inadéquate ou
inusitée commise par ignorance.
Exemple: "Broquer chez les Guermantes était probablement la
hantise de tout le Faubourg Saint-Germain", Marcel Proust, Le
Temps reperdu, tome XXXI.
Exemple: "Bill Clinton a broqué avec ce cigare, c'est certain!
Mais qu'on ne nous dise pas que le Président n'en connaît pas
l'usage courant! ", Bill Copland in The Washington Post.
(MB)
Tour 3 : 11/10/98
Lettres : AEIIIUL
Contrainte : Définitions avec mots imposés :
perversion, corse, radis, génuflexion, ruminant.
ALIQUORBIREUII(122)
[A1-A15]
[pluriel de ALIQUORBIREUUM]
(De 1. "aliquot", une certain partie et "liquor", une
quantité de liquide élevé en alcool; et 2. "biruum" :
nom savant d'une espèce de radis méridionale).
Pratique corse, héritée d'une vieille charge définie
dans le code napoléonien, qui consiste à transformer
en une certaine quantité d'alcool les mesures de radis
allouées au cheptel ruminant, dans le but d'un trafic
illicite.
Par extension: toute forme de perversion du système
de distribution des aides agro-alimentaires qui marque
un irrespect total sans la moindre génuflexion à
l'égard de L'Etat de Droit.
"L'Entrée dans l'Europe généralisera la pratique des
aliquorbireuii, dérivés non seulement du radis corse
mais aussi du foin belge, du choux-fleur hollandais et
du trèfle luxembourgeois, au profit de la maffia
internationale"
Peter HASSHALL. 'L'Europe Interdite - Un coup de
pied dans l'ECU'
(P.D.)
ILUITIAIE (82) [D11]
" ILUITIAE PER VERSIO RADIX RUMINARE
GENUFLECTARE CORSII" : fragments de texte
gravés sur plaques de marbre retrouvées sur une plage
corse. ; il paraîtrait avoir été connu encore au XIIè
siècle. Dans son Livre IVème du Discours Erasme y
fait toujours allusion. " ILUITIAE " est devenu le mot
de reconnaissance des membres d'une secte
officiellement dissoute mais qui a encore des adeptes
secrets, reconnaissables à une alopécie caractéristique
de ceux qui se grattent la tête, ruminant et cherchant à
connaître la signification de mots tels: iluitiae,
perversion, radis, génuflexion et d'autres manquants
qui, mis dans un certain sens , permettraient de
retrouver une recette de magie, voire de sorcellerie.
(C.Bx)
INUILAIE (61) [G9-N9]
Perversion corse consistant à adorer par maintes
génuflexions une femelle sanglier élevée par des
Inuits (d'où le nom). L'eucharistie masochiste chez
ces malades consiste à battre sa coulpe en ruminant
des radis dont l'aigreur provoque des mots d'estomac.
Freud dont on sait la fascination pour la figure de
Napoléon, a suspecté chez le personnage des crises
régulières d'inuilaie dont la main sous la vareuse
(pour calmer les aigreurs dues au radis) serait le
symptôme extérieur le plus évident. Lou Andréa
Salomé raconte qu'elle a souvent entendu le vieux
Freud chantonner : "Nuit calîne, nuit de Chine,
Nuit de niais, Inuilaie"
(S.B.)
Tour 4 : 18/10/98
Lettres : AAEEDML
Contrainte : Définition à écrire dans trois styles à choisir parmi les "Exercises de Style"
EDAMAEL
ALIQUORBIREUIIL(155)
[O9]
EDAMAEL, n. m. (du hollandais "Edam" = port de
l'IJsselmeer, et "malen" = moudre). Fromage étuvé /
dont la pâte compressée / est servie râpée. [haïku]
"L'âme malade, madame Adèle mêla de l'édamael
lamellé à de la mamelle de lama mâle." ("Elle alla
même à dada de l'allée damée à l'emmêlé dédale
dallé d'aléa", de l'aède Adam de la Malle)
[lipogramme]
ALIQUORBIREUIIL, n. m. Treuiil utilisé à
Montreuiil par la famille de Brogliie pour
l'aliquorbireuum de la nourriture des chevreuiils, des
bouvreuiils et des écureuiils. [homéotéleutes &
épenthèses] (G.E.F.)
DAMETALE (90) [D11]
n.f. Premier nom donné à un fauteuil oblong, à
dosseret partiel, très apprécié des dames, envogue au
début du siècle. "Madame S. recevait dans son
boudoir, allongée sur sa damétale", La meilleure
façon de s'asseoir (L. Roset 1928). Syn. méridienne.
Quel est donc cet objet qui permet de m'asseoir,
De m'allonger à chaque instant de la journée
Sans donner pourtant l'impression d'être flemmard
Oh, bien au contraire: être prête à recevoir,
En bonne position, du grincheux au gracieux né?
Croyez-en une grande habituée de la chose
Pour rien au monde ne donnerai ma damétale
Assortie au salon, au bois de son placard
Long fauteuil rembourré tendu de tissu rose
Ma méridienne aimée, mon siège sans égal.
NF STOP SIEGE AVEC ASSISE ALLONGEE
STOP REMBOURRE STOP PROTOTYPE
FAUTEUIL RELAXANT STOP VOIR
MERIDIENNE STOP SIGNE C.Bx
(C.Bx)
ADELTAME (90) [D11-
K11]
n.f. (gr. adèltamè, -ès "fille-mère") [1.- Négativités]
Il ne s'agit pas dans ce mot méconnu d'une
quelconque gaudelurette malvenue dans les sombres
villages de la France profonde. Au contraire, on
pourrait dire, toutes proportions gardées, que
l'adeltame est, à défaut d'une mégère fornicatrice
(ainsi que pourrait le suggérer l'étymologie du nom ‹
dont le sémantisme glissa au cours de la Révolution
par le fait d'un usage ironique ‹ cf. J.-M. Kamerbeek,
"1789, Year Of Lexical Mutations", Oxford, 1963),
une vieille fille antisociale. On ne taxe plus guère
d'adeltame, aujourd'hui, que les bourgeoises
réactionnaires anti-PACS.
[2.- Lipogramme] Fam. Proüt disant du mal d'autrui.
[3.- Botanique] Grande asperge déshydratée,
l'adeltame appartient aux mauvaises herbes qui
essaiment la serre sociale, de part ses idées
contrenaturelles et ses ramifications idéologiques
désolantes. L'adeltame se cultive essentiellement aux
eaux de Vichy ou de Deauville; sa prolifératricité la
rend particulièrement nuisible, notamment chez le
capillicultivateur. (in "Parlez jardin !", Rustica
n°2765, octobre 1986) (L.B.)
DAMETALE (90) [D11-
K11]
De 1) dame et 2) tale (anglais) signifiant conte,
historiette, histoire à dormir debout. Prononcez
"dameutèle".
Def 1: sur le mode 'injurieux'
Vocable franco-anglais à proscrire.
Les étymologistes, clique vaine et pédante,
s'accordent à situer son apparition incongrue à la
cour d'Aquitaine, ramassis de désoeuvrés aux murs
cosmopolites et douteuses. Raymond de Q., plumitif
anti-académique s'il en est, raconte à sa manière
floue et idiote comment, un jour, un ménestrel sans
scrupule aux chansonnettes ridicules introduisit cet
artifice de séduction, et bientôt cette mode, qui
consiste à déblatérer des propos galants et peu
profonds sur un ton vaguement chantant (bref de
conter fleurettes aux dames en débitant des inepties).
Ce style moyenageux aurait pu sombrer aux
oubliettes de la débilité si les romantiques,
écrivaillons palots et neurasthéniques, ne l'avaient
pas réhabilité en élevant l'art de dire des sornettes au
rang des dons littéraires, et l'attitude bouffonne à
celui de l'élégance suprême.
Def 2: Sur le mode 'Anglicismes'
Motte franco-english.
Ray Monque tellz au un dai vers middage un jeugne
singneur toqua une 'jolie'* history tou ize misstresse,
jasant et swinguant. The dametale ouose borne et
famously 'en usage'* Hat Eleonore d'Aquitaine
courte. Six ceinturize laiteur, ce motte, presque
forgotteune, comeuz back. Les romantiques bi-
quaime crézé wize ce motte. It ize nao synonyme of
'french-touch'* et smart spiquinne. (* en français
dans le texte)
Def 3: Sur le mode 'Par devant par derrière'
Mot franco par devant, anglais par derrière.
Terme en vogue par devant à la cour par derrière
d'Eleonore d'Aquitaine, connue par devant pour ses
fastes et son hospitalité par derrière. Histoire badine
par devant racontée aux dames par derrière. Inscrit
par derrière dans le rite par devant courtois et
chevaleresque, Raymond (par derrière) de (par
devant) Cucs fait remonter par derrière l'apparition
par devant de ce style aux inventions chantantes des
ballades par derrière en vigueur par devant à cette
époque.
Plusieurs siècles plus tard par derrière, le mot
réapparaît par devant avec les romantiques qui lui
redonnent par devant ses lettres de noblesse par
derrière en élevant par devant cet art de la séduction
par derrière au rang d'élégance par devant et de
délicatesse dans l'art de toucher les dames par
derrière. (P.D.)
EDAMAELA (86) [A8]
Edamaéla, passé simple, troisième personne du
singulier, du verbe édamaéler qui vient
probablement de l'expression populaire: "Eh, dame,
elle est là!".
1. (dictionnairesque) Rendre présent par la seule
force de l'incantation.
"Il édamaéla le diable qui, bien sûr, ne se fait jamais
prier pour cela", in Marguerite retrouvée, auteur
inconnu.
2. (Populaire) Rameuter l'gogo qu'est pas là en
gueulant un max.
"Euhlamondieu, faut que j'l'édamaèle, j'me sens ben
trop seule sans lui!", dit Madame Michu à sa voisine
Madame Leblanc, in Bouvarde et Pécuchère, auteur
inconnu.
3. (Phénomémologique) Présentifier le dasein ek-
statique par arraisonnement/réduction éidético-
vocaux de l'étant (ou de l'être de l'étant?).
"C'est au cours de la trente-deuxième réduction
phénoménologique et de la quarante-quatrième
réduction éidétique (mais n'est-ce pas l'inverse?)
qu'on réussit à édamaéler le verre d'eau posé devant
soi sur la table; alors seulement, il devient présent
pour nous et, plus que pour nous, présent en soi et
pour soi", in Mettre le Temps, auteur inconnu,
éditions Dachau Verlag, 1943. (M.B.)
AMELADEA (83) [H8-O8]
- Topique psychanalytique correspondant à un
étagement de l'âme où la base des désirs ne cesse de
vouloir monter à l'échelle de la réalité.
- Gastronomique : Choucroute piémontaise aux
élements disposés en pièce montée avec une coulée
inversée de griottes caramélisées pour gagner le prix
de meilleur ouvrier.
- Négativités : Non-économique antisomatique, ne
contredisant pas l'antiplatitude de tout ce qui ne
résume pas le corps et où l'inverse du sommet du
non-besoin ne cesse pas de refuser de descendre au
contre-puit de l'antimaginaire.
- Anagrammes : Optique chyps-anal (y tique)
correspondant à une menthe gatée de mâle où la base
des rides ne cesse de vouloir une montre à l'échelle
altière.(S.B.)
Tour 5 : 25/10/98
Lettres : AEIIDGP
Contrainte : Thèmatique érotique
AGAIPIED
DEDAMAEL(125)
[H8-O8]
n.m. contraction de
1) Agaipe qui est lui même une contraction de
a) agape (grec): 'amour' et de
b) gai: 'enjoué, espiègle, mutin'
d'où 'toute forme d'amour coquin, polymorphe et exubérant
dans son expression'.
et de 2) pied(s).
Didact. Contrairement à la définition attendue, l'agaipied ne
désigne pas l'acmé épanoui d'une étreinte homosexuelle mais
bien le préliminaire hétéro qui met le pied au contact des
parties génitales féminines (et par irrésistible extension le
mollet, le genou, la cuisse, la hanche..) .
Dedamael (n.m d'origine turque).
Tissu dont se servent les femmes turques pour confectionner
leurs dessous.
'dans l'alanguissement de ce train bondé, je tentai un agaipied
acrobatique entre la chaleur de son ventre nubile et la fragiité
soyeuse de son dedamael'
Patrick Skin 'voyages en Orient' (P.D.)
AGAIPIED
DEDAMAEL(125)
[H8-O8]
AGAIPIED (128) [8H], n. m.
(de a- privatif, gai, et pied) Union conforme aux
prédispositons chromosomiques; syn. hétérodéo,
sporthodoxe. « Aux portes de l'amphi, une étudiante rousse
m'appelle et me défie de sa gente frimousse : "Monsieur,
venez chez moi si l'agaipied vous tente." Elle sent mon émoi,
la diablesse envoûtante. Dans son appartement habitent ses
deux soeurs, auburn également et de même douceur. Je
comprends que je glisse au milieu d'un guêpier tendu par
Vassilis, mon cher coéquipier. Mais la seule pensée de
triangles de flammes me maintient terrassé, sans volonté,
sans âme. (...) » (Gilbert Lascault)
DEDAMAEL, adj.
(de l'espagnol "ama el dedo", digitophile)
Relatif à l'onanisme féminin.
"Mathieu, dans la pièce voisine, attend
qu'Henriette termine sa toilette
ponctuée de récréations dédamaelles." (Marie
Chaix, "Joies singulières")
(G.E.F.)
AGAIPIED
DEDAMEAL(125)
[H8-O8]
AGAIPIED (adj.) [1634 - contraction de la locution "à gai
pied"] Se dit d'un homme dont le pied particulièrement
préhensile lui autorise des pratiques sexuelles normalement
observées uniquement chez les quadrumanes. Par extension :
homosexuel qui recherche ou prodigue des stimulations
sexuelles en-dehors des zones habituellement considérées
comme érogènes.
[le féminin "agaipière" est peu usité]
"La vieille Antonine entretenait une théorie de gommeux
agaipieds capables de satisfaire les plus exigeants officiers
de la garnison." (G. de Grambeux, "Dans mon étable", 1837)
DEDAMEAL (n.m.) [1926 - marque déposée. Origine
inconnue, p-ê d'après "des dames des Halles" par allusion au
péripatéticiennes de ce quartier de Paris]
Corsage largement échancré dont la coupe et la texture
étaient conçus pour attirer le regard et la main. Le dédaméal,
lancé par le Bon Marché à la fin des années 20, connut une
vogue considérable mais rapidement interrompue par la crise
économique de 1929.
"Pour bien réussir dans la chaussure, portez tout simplement
un Dédaméal dont l'échancrure laisse voir des attraits
charmants..." (C. Trenet, "Manuel de marketing
podologique", 1928)
(N.G.)
AGIAPEDI
IEDAMAEL(125)
[H8-O8]
AGIAPEDI n.m.pl. (" lat. agere "prendre les mesures" et pes,
pedis "pied") Beaux éphèbes amoureux aux pratiques
érotiques non-consensuelles. "L'agiapedum remit sa dague
dans son fourreau et s'assit au pied du lit. Les lourds tissus de
tartan débordaient tout autour du baldaquin. En son centre, la
belle infirmière à l'opulente poitrine soupira en voyant ainsi
l'homme de ses rêves qui venait d'entrer par la fenêtre. Elle
se releva contre les coussins et manqua de tomber en
pâmoison en même temps que l'agiapedum lui massait le
genou." (in E. Ross, "Jacques le fataliste et sa maîtresse", éd.
Colombine, 1792)
IEDAMAEL
Autre orthographe du mot EDAMAEL. (cf. E. Ross :
"L'iedamael lui coula sur la peau. "Je n'ai jamais été doué
pour les fondues" lui avoua honteusement l'agiapedum.")
[En hommage pas formidable au maître Diderot.]
(L.B.)
ADIPIGEA(119)
[8H - 8O]
1. "adipis", graisse; 2. "pipio", petit pigeon.
"En Gaule lyonnaise, mot d'amour que susurraient les soldats
romains à l'oreille des fières et rebelles Gauloises aux formes
généreuses et avec lesquelles ils se promettaient de joyeux
divertissements." in O tempora! O mores, Caïus Viagra.
AEDAMEAL : autre orthographe possible d'EDAMEAL (cf
GEF, Crabbles-4)
(C.Bx)
DIGITAPE(98)
[D11-K11]
DIGITAPE (n.f.) [de digitus, doigt, et taper]
Petit coup frappé du bout des doigts sur les parties génitales.
"Elle collait à ma bouche ses lèvres menues au goût de
noisette, elle se coulait contre moi en me pressant de ses
petits seins si fermes et si ronds, mais surtout, ses doigts
roses et délicats me prodigaient sans cesse ces adorables
digitapes dont je raffolais, qui me rendaient fou de désir." (P.
Claudel, "le soulier de catin", inédit) (N.G.)
GAIPEDIA(95)
[A8-H8]
troisième personne du singulier du passé simple de l'indicatif
du verbe du premier groupe gaipédier.
Gaipédier, vb. : prendre son pied en riant, avec gaieté et
insouciance.
1. "On voudrait nous faire croire que le but ultime de la vie,
c'est de gaipédier - et qu'on me pardonne ce langage -. Mais
s'il y a une eschatologie du gaipédiage, je veux bien être
pendu.", in Lire mais pas Jouir de Jean d'Ormesson, Editions
du Figaro, 2036.
2. "Y'avait des ribaudes comme pas possible, dans tous les
coins, le hanhan à l'air, qu'avaient l'fou rire et ça s'vautrait
sur les cornettes, ça s'essuyait les lolos ruisselants dans les
soutanes, ça foufounait sec - ou plutôt mouillé - et tout était
bon pour gaipédier fébrilement, même les crucifix qui sont
ben commodes pour c'que j'pense et maintenant j'y pense
toujours quand j'en vois un dans une église." in Archives
secrètes du Vatican, retranscription des paroles du Pape
Jean-Paul 2 lors de son dernier accès de delirium tremens.
(M.B.)
APIDIGEA(92)
[A8-H8]
3ème personne du singulier du passé simple de l'indicatif du
verbe réflexif du premier groupe : apidiger (s' ). Francisation
du verbe anglais "to happydigit" de "Happy" (joyeux) et
"Digit" (doigt) apparu sous l'ère victorienne. Se [CENSURE]
avec un [CENSURE] tout en [CENSURE] allégrement.
Variantes possibles : a) [CENSURE] b) [DOUBLEMENT
CENSURE] c) [TRIPLEMENT CENSURE] d)
[EXCOMMUNION DE L'AUTEUR DE L'ARTICLE].
"Pour faire échec à Thanatos, je ne vois qu'une seule
solution : que l'humanité s'apidige davantage" (Freud,
Malaise et Civilisation, phrase censurée par ses éditeurs).
(S.B.)
Tour 6 : 01/11/98
Lettres : UJLNRS(joker)
Contrainte : n'utiliser dans la définition que des mots
uniquement composés des consonnes contenues
dans le mot à définir (JNLRS + le joker si utilisé comme consonne).
SLURJIEN(155)
[B14-I14]
SLURJIEN : Jeune raseur sans le sou. Le slurjien jalonne les
rallyes où l'on joue au nain jaune ou au yass, selon la saison ; il s'y
enrôle sans oser jouer.
La slurjienne, elle, a un salaire. Elle jure ou râle sans raison, aussi
nul ne la laisse aller au salon.
"Un slurjien, lui ? Allons ! Il joue sans lésiner, non ?" (Jules
Renars, "Journal")
SL : (ça se lit : "aisselle") L'aisselle, c'est ce lieu sale où l'on sue.
C'est aussi là où l'on scelle les selles.
LI : (on le lit : "élit") Eulalie élit l'élu. L'élu, lui, élit la loi. Eulalie
lit la loi, et la loi lie Eulalie.
UQ : Qu'est un "UQ' ? Un cocu au cul coquet et au caquet
coquin ? Ou un queux con qui cuit un cake au coca ?
RU : En rue errent rats rieurs, ures ruants, araires arriérées et héros
roués. Euh... erreur : y'a "ru" et "rue" ! En ru iront raies rayées et
hérons aériens.
JO : En juin, j'ai joué aux J.O. J'y ai joué à un jeu enjoué et un
juge âgé, jaugeant un jet géant, y a joint un joyau. Oh joie ! J'ai
joui.
IR : "Ire" ou "hier" (I.R.) ? Harry a ri hier à Hyères, Henri en riait
à Erié, Riri rit à Ararat... ire est rare.
NI : Un âne nie ? Nenni ! Un âne "hennit" (ou "N.I."). Et un âne
nain, un ânon ? Non, un ânon nain ne nie ni n'hennit. (N.G.)
NILSJURA(116) [A8-
A15]
En Jura, journalier au XVII° s.
"Nils de Lons le Saunier, sur le Jura ira
Suera tout son aise, son sillon tracera
La, la, la tout son aise,
La, la, la tracera"
Danse folklorique
(G.B.)
JURLI(O)NS(106)
[K4]
JURLI(O)NS (106) [K4] ("jurler" se réalise en
"nous jurlions" à la saison ajournée) Laisser
résonner ses railleries en sales jurons. Nous
ironisons aussi sur un jaune ensoleillé ou un
rose enjôleur s'il ose nuire à l'oeil, ou sur
un son assassin s'il soûle l'oreille : "Alors
là, il jurle !", insinuons nous. Si nous nous
unissons à une jolie nana en un jeu sensoriel
ou salasse, si nous en jouissons sans réussir
à enrouer ni insonoriser les râles nourris en
nos saillies, on les narrera JURL(O)NS-À-GAI-
PIED (128) [8A]. "Le jurlon loin / un jour en
juin / je ronronne // Le rire roi / rallie la
joie / je rayonne" (Saül Jerlaine : "Uranus")
(GEF)
JORNUL(A)SM(82)
[G12-O12]
Terme technique de psychopathologie désignant l'état des
journalistes en proie à une confusion lexicale au cours de
l'orgasme. "Le jornulasm trouve son origine dans le babillement
thanatique de l'Eros, lorsque l'ananké vient lui faire des chatouilles
(Note inédite de Freud).(S.B.)
Tour 7 : 08/11/98
Lettres : ECHLPSX
Contrainte : Illustration à la manière du "Petit Prince" de St-Ex
SCHIPLEX(146)
[K5]
SCHIPLEX (146) [K5], n. m. (du
bas latin schisma = séparation
et plectere = tresser). Réseau
de lézardes du cortex provoqué
par la mycose synaptique; syn.
tissures. "Ça fait donc vingt-
sept-mille-neuf-cent-sept pour
le plexschagaipied orbital, si
nous le calculons en secondes.
- S'il vous plaît... qu'est-ce
que signifie plexschagaipied ?
- Il a déjà diminué. Calculons
sa dérivée. Ça, c'est sérieux.
- Explique-moi ce que signifie
plexschagaipied. - C'est celui
du PSR B 1913+16. Il accélère.
Je n'ai plus le temps. Je suis
un homme sérieux ! - Qu'est-ce
que signifie PLEXSCHAGAIPIED ?
- Que tu me les casses. Soyons
sérieux. En position verticale
8A, le pulsar émet 185 points.
- Mais ce n'est pas un homme !
C'est un schiplex. - Un quoi ?
- Un schiplex !" (A. de St-Ex)
(G.E.F.)
CHLIPSEX(146)
[K5-K12]
Objet auto-érotique pour homme d'origine auvergnate dit
encore "slip kangourou suceur". "On peut situer le début de
l'épisode psychotique du Petit Prince le jour où la rose lui
offrit un chlipsex" (Lacan, Etude inédite d'une psychose
infantile)(S.B.)
HIPSLEXCI(114)
[M7-M15]
"Alors qu'elle croyait avoir tout rencontré, la petite fille buta
sur un mot du livre qu'elle était en train de lire ( "Esprit de
vin" de L. SOULE, que dans sa naïveté" elle avait prit pour
un conte d'Halloween!). Elle vint me trouver :
- S'il te plaît, qu'est-ce que des Hipslexi?
- Vois-tu, il arrive que des grandes personnes abusent des
choses qui leur paraissent bonnes...
-...Comme le Monsieur Cramoisi dans le Petit Prince qui ne
faisait rien d'autre qu'abuser des chiffres pour faire des
additions?
- Si tu veux.
- Oh, alors elles doivent avoir des problèmes!
- C'est cela, oui. Par exemple une personne qui boit de
l'alcool au delà de ce qui est raisonnable est prise de
troubles...
- ...Comme l'a été le Petit Prince devant la rose?
- Ce n'est pas du même ordre. Lui, ce sont ses sentiments qui
ont été troublés; là, dans l'exemple que je te donne, c'est le
corps qui souffre et qui se fait entendre. Rappelle-toi de
l'astéroïde 327 dans le Petit Prince et de la personne qui
habite dessus...
-...Oui, le buveur.
- Très bien. Si le Petit Prince ne l'avait pas quitté si vite il
aurait entendu le buveur pousser des "hips" dans son silence.
La petite fille ne répondit pas et perplexe revit la scène du
buveur bizarre. (Moi, j'aurais eu du mal à lui expliquer
davantage que les hisplexci sont la manifestation buccale de
bruits provoqués par l'excitation des filets nerveux du plexus
lors d'ingestion exagérée d'alcool.) Mais se remémorant la
scène de la planète du buveur, l'enfant dans son intuition
comprit qu'il ne faut exagérer de rien et me dit une fois de
plus que les grandes personnes sont vraiment bien étranges."
(C.Bx )
SCHLEPIX(90)
[L2-L9]
n.m., pej.(se dit aussi schleupix): pisseur, con, gars qui la
ramène pour pas grand chose. Vient de la dernière guerre,
contraction de " le schleu qui pisse ".
" C'type là, c'était un haut gradé d'la Wehrmacht. Un jour,
l'Gaston l'a pris à pisser cont'le mur de son hangar et l'a pas
compris pourquoi il allait pas dans l'chiotte. Il a dit au Dédé
qui passait par là : tiens, vl'à l'schleu qui pisse cont'mon
hangar ! Le Dédé qu'a toujours été un peu dur d'oreille a
demandé : Un schleupix ? Un schleupix ? Qu'est-ce c'est
donc ? Et depuis, c'est resté pour causer d'tout gars qu'on
aime pas ! ", in Chroniques de la Drôle de Guerre de J.-P.
Sabre. (M.B.)
Tour 8 : 15/11/98
Lettres : AEUYDSZ
Contrainte : N'utiliser que des verbes du 2ème groupe
SAUZDEAYR
(216) [J7-J15]
SAUZ-DE-AYR (1588 ; "saultz de l'ayr", 1329) Mouvement dans
lequel un danseur bondit en se grandissant, atterrit en se raidissant
pour rebondir, puis mollit en fléchissant pour se tapir au sol.
"Les damoiselles s'esbaudissent ordinairement lors qu'un escholier
mal affermi sur ses arteils s'estourbit en un sauz-de-ayr qu'il finit en
capriole." (Thoinot Arbeau, "Orchésographie")
[note : la graphie "sauzdeayr" sans traits d'union a été établie par
l'Academie Française en 1995]
SH : cri du public pour avertir un comédien
qu'il faiblit. S'il se ressaisit aussi sec,
le comédien, non seulement n'en pâtira pas,
mais sera au contraire chaudement applaudi.
UP : Boisson gazeuse qu'on unit généralement à plusieurs autres avant
de l'engloutir.
"Les 7 up qui franchirent son gosier sans même qu'il déglutît, au
risque de les vomir, n'assouvirent qu'à peine sa soif qui forcissait."
(Aude Celse & D. Vian, "Queues de boissons").
ZL : zèle exempt des E en excès (et texte exempt de verbe, bel
exemple d'excès de zl :-)
DE : Anatoneb pour quorbir les schiplex.
"Qui fourbit son de, endurcit son uq" (proverbe poldève)
EX : nom dont jouit un humain qui a subi un avatar ayant abouti à sa
Disparition.
"On l'a vu s'affaiblir, s'alanguir, s'abrutir, maigrir, ramollir, jaunir,
pâlir, rancir, puis pourrir. Il a fini par haïr la nation qui l'avait
affranchi. Alors, la nation l'a raccourci." (Alain Ducaux, "Louis XVI")
SLURJIENY : (mot hongrois) sous-officier de l'armée austro-
hongroise qui choisissait les nouvelles recrues, leur fournissait leur
équipement et les aguerrissait.
"Il avait gravi seul les degrés périlleux
Par où s'accomplissait son destin implacable.
Le slurjieny durcit son esprit indomptable,
La poudre des canons noircit son coeur villeux."
(V. Hugo, "Jozsef Fárkas")
(N.G.)
SUDEZAYA /
YSLURJIEN
(185) [A8-A15]
Du verbe du premier groupe "sudezayer". Chez les vacanciers
germanophones arrivés dans leur camping de la côte d'azur, action
d'émettre le soupir caractéristique "Zayé !" (ça y est) en pleine
sudation jaculatoire. "Arrivé à Rome, Freud sudezaya" (Fliess, journal
intime).
YSLURGIEN : état qui suit immédiatement celui du sudezayeur. Pour
fêter son arrivée, le sudezayeur plonge la tête sous l'eau tout en
soufflant ce qui conduit à des productions sonores du type : wisssss,
sluuuurgeeeee. C'est de ces onomatopées que le mot yslurgien fut
créée par le grand Robert qui héllénisa son orthographe parce que lui-
même yslurgia en Grèce la première fois.
"L'ennemi de l'yslurgien, c'est le pet sous l'eau" (De Gaulle, Mémoires
balnéaires). (S.B.)
SADEUZYE
(144) [N1-N7]
Sadeuzye, n.m. : tout mot qui contient deux voyelles identiques
accolées. Exemples: scénarii, coordonnée.
"On croit pouvoir trouver l'origine du terme sadeuzye dans une
réplique exaspérée du réalisateur tchèque Milos Forman alors que son
assistante (qui était hongroise) tentait vainement de lui expliquer que
le mot "scénario" en français prend deux i au pluriel. Ca a deux i, lui
répétait-elle en mauvais français et en pleurant (zeugme…).
Sadeuzye? Sadeuzye? hurlait Forman en croyant qu'elle lui parlait
hongrois, pourquoi pas Goulash tant que vous y êtes?", in Jean
d'Ormissons, Histoire de l'Orthographe, tome 15. (M.B.)
ZYEUTADES
(106) [11D]
ZYEUTADES (106, 11D) n.f.pl. Clins accomplis pour
attendrir sa chérie
qui rougit, pour avertir un abruti qu'on se divertit,
parfois afin de
trahir un pourri mal dégrossi mais surtout quand le jour
faiblit, que
le ciel rosit, blêmit puis noircit et pour finir...
qu'on s'assoupit.
Pour éclaircir ses agissements, on choisit de les
définir par des ;-)
qui fleurissent l'ASYII = American SYstem for
Information Interchange
[à mugir a-ès-y-deux-i = AESYDEUZI (210, N7) en
français]. Envahir un
bâti de telles zyeutades aboutit à l'alourdir, à
l'enlaidir, et il en
pâtit. Agir donc sans surenchérir, ne pas trop remplir,
sinon au lieu
d'ébahir, vos vagissements avachis nous infléchiront à
vomir ! « Pour
réussir un clin, enfouissons notre iris sous notre
paupière, que nous
rétrécissons comme un calisson, et obscurcissons cette
prunelle, sous
le buisson de notre sourcil. Alors les cheveux de
l'étourdissante, de
de la resplendissante se durciront comme ceux d'un
hérisson endolori.
Nous l'envahissons de frissons ! » (Henri Bergson, in
"Le guérir" ;-)
(G.E.F.)
Tour 9 : 22/11/98
Lettres : EIUMNRR
Contrainte : Définitions en alexandrins
MURNOREXIE
(130) [D12-M12]
MURNOREXIE (130) [D12-M12]
Du latin "mus, muris" qui signifie souris,
et du grec "orexia" qui veut dire appétit.
Tendance à se nourrir en faibles quantités
Qu'on observe souvent chez les gens alités
(Ne surtout pas confondre avec l'anorexie,
Qui doit être classée parmi les maladies).
- Et que vous tombiez dans la bradypepsie!
- M. Purgon!
- De là, dans la dyssenterie!
- M. Purgon!
- L'hydropisie!
- M. Purgon!
- Après l'hydropisie la murnorexie!
- Non!
- De la murnorexie, enfin, dans le trépas,
A qui sans lavement vous n'échapperez pas!
-- J.-B. Poquelin : "le Malade imaginaire"
(revu et mis en vers par Nicolas Granaire)
(N.G.)
MURNOREXIE
(130) [12D]
MURNOREXIE (130) [12D] n.f.
(du mot grec "orexia", qui veut dire "appétit",
et de l'expressionniste allemand F. Murnau)
Soif de cinéma triste et de sang en tonneau,
mais allergie aux croix et dégoût des hosties.
Accompagnée parfois de gestes ralentis,
de haine du dentiste ou de maux infernaux,
cette lubie persiste en des bourgs régionaux,
de l'Écosse au Kenya, chez quelques pervertis.
« Quand il passe le pont, le fantôme d'Orlock,
chevauchant un harpon et costumé de loques,
survient à sa rencontre en criant "T'es foutu !"
Une chauve-souris coltine entre ses pattes
notre murnorexique au tréfonds des Carpates. »
(Bram Stoker dans "Le comte Henri Nosferatu")
(GEF)
RUMINOREXE
(130) [12C]
RUMINOREXE (130) [12C] n.m.
Grand lama du Tibet. "Quand il est fulminant,
on le voit saliver, ce roi des ruminants." (J.-C.
Carrière)
(GEF)
RINRUNMAE
(139) [13C]
RINRUNMAE (139) [13C] n.m.
(de "ringard" et de "rune", autrement dit "pas neuf",
et de "maestoso", rapide comme un boeuf)
Vieux qui a l'infortune et la naïveté
d'ouvrir son gros museau sans y être invité
par ses petits-enfants. Ce terme est estimé
carrément décoiffant par les punks allumés.
RLI, n.f.
"Religion" en argot abrégé des banlieues.
Pronom relatif "qui" en extrême verlan.
NRU, n.f.
En parler parigot : "une rue" (c'est sérieux).
RJO, adj.
Aphérèse yankee pour "barjo" (désolant !).
UIR, n.m.
En latin archaïque : "homme" (on l'a oublié ?).
MNI, n.m.
Procédé mnémonique utile pour nier.
SCHIPLEXE, n.m.
Orthographe choisie par certains troubadours
pour un mot défini lors du septième tour.
(GEF avec autodéclassement de la proposition par l'auteur)
MIRENURUQ
(86) [D7-D15]
Jargon des professionnels de la télévision composé de mire et nuruq
(eunuque en sabirite) : dans les harems sabirs, les eunuques n'ont le
droit de regarder qu'une unique chaîne spécialisée qui, diffuse hormis
la météo, une mire affichant une photo dédicacée de l'équipe locale
des Chiffres et des lettres. Par extension : injure ou cauchemar de tout
intervenant audiovisuel (finir en mirenuruq).
"Lacan est le mirenuruq des lacaniens (Roustang, l'effet 'yau de
poêle)(S.B.)
MURRIENT
(68) [A11-H11]
Conjugaison au présent de l'indicatif: je mûris, tu mûris, il mûrit, nous
mûrions, vous mûriez, ils mûrrient. Autre forme: nous mûrissons, vous
mûrissez, ils mûrissent.
"Quand Oriane de Guermantes, dont le provincialisme parfois
claironné n'était qu'un des avatars les plus prégnant de son snobisme
hypertrophié, comme lorsqu'on affirme en pleine assemblée de pairs
que l'on adore les patates à l'eau tout en dégustant un précieux
consommé de morilles en montrant par là que seuls le raffinement et
de civilisation donnent accès à l'intelligence des plaisirs les plus
simples, dans la jubilation profonde de transgresser les règles parce
qu'on est au-dessus d'elles, déclara chez la marquise de Cambremer
qu'elle ne dirait plus que "les pommes mûrrient" et non "les pommes
mûrissent", parce que cette déformation de langage était commune à
sa femme de chambre aussi bien qu'à Rabelais, qui tous deux savaient
ce qu'est la vraie vie et ne pétaient pas dans la soie, elle fit une telle
sensation, dans l'effacement pourtant profond dont elle tentait, tout en
tentant de bien le faire remarquer, d'imprimer à toute sa personne,
qu'on ne parla plus les jours qui suivirent dans tout Paris que du
"mûrrient" d'Oriane qui, à force de charme, de rusticité et d'exotisme,
s'imposa chez ceux qui, en dépit de leur haut degré de culture, ne
semblaient pouvoir en faire état qu'en le conspuant."
Auteur inconnu.
(M.B.)
Tour 10 : 06/12/98
Lettres : EGHMNTT
Contrainte : La Bible
GHIMENETTI(92)
[M6]
[ou khiménetti, ximénetti, jiménetti, chaque
fois prononcé
avec le raclement de gorge de la jota espagnole]
n. m. pl.
(1765; du nom du missionnaire Ghiménès). Fruits
minuscules
de la "ximénie", arbuste des régions tropicales
(Olacées).
On les appelle plus couramment "pommes de mer"
ou "citrons
du désert". Un descendant de Khiménès, le poète
Juan Ramón
Jiménez (prix Nobel litt. 1956), les identifia à
la manne,
nourriture divine trouvée au seizième chapitre
de l'Exode.
Le nom exact des choses lui fut donné par son
intelligente
analyse des ressemblances entre les ghiménetti,
les grains
de coriandre et le bdellium. Un fin calcul de
cabalistique
lui fit également découvrir un diagonnet caché,
au sixième
chapitre de l'Évangile de Juan : « Allah tout
près câlin /
avisé sut vous faire / tout ces ghiménetti /
présumés fort
mielleux / car vous n'aimiez pas ça /
l'infertile sablon »
(G.E.F.)
GHIMENETTI(92)
[M13]
n.m.pl. "RHI" de guilde et "MENET" musicien
Livre de Nathan, Chapitre 1 - Versets 4 à 6.
4 Tous les anciens s'étaient rassemblés. 5 Les ghemenetti
s'étaient réunis et faisaient danser les habitants au son de
leurs instruments. 6 Jouez tambours, sonnez trompettes!
(C. Bx)
MHETGNET(86)
[N2]
n.m. : pénurie alimentaire. Conjonction de "meat" et de
"niet" née sous Staline quand les autochtones signifiaient
d'un air navré aux occidentaux en visite diplomatique en
U.R.S.S. qu'ils ne pourraient les inviter à dîner.
" Le mhetgnet a pris la force du symbole. Par cette
dénégation multilingue, par cet aveu soviéto-occidental, par
cette défaite de l'universalité de l'estomac se dessinait le
portrait d'une nation à genoux. Mhetgnet, mhetgnet
répétaient à l'envi nos malheureux hôtes en nous conduisant
aux portes des magasins réservés aux porteurs de devises et
nous souffrions de manger devant eux notre foie gras
d'importation", in J.-P. Sartre, Là Ou Je Me Suis Trompé,
Œuvre posthume.
(M.B.)
THINETEGMI(40)
[M6]
THINETEGMI n.f., théol. Ce mot, herite du grec
thinos : "colline" et teggô : "mouiller", issu
du babélien thhegntoggnom, est employé par les
theologiens pour designer le Deluge qui frappa
la terre et auquel seul Noe survecut. "Moi, je
vais faire venir le Thinetegmi sur la terre a-
fin de détruire sous les cieux, toute créature
animée de vie." (Genese, 6, 17) Par glissement
sémantique inexplique, on designe comme thine-
tegmique un joueur peu scrupuleux meritant une
belle correction pour son inconstance dans les
entreprises ludiques auxquelles il est presume
prendre part chaque semaine. "Louis est thine-
tegmique." (Stephane Barbery, chaque dimanche)
(L.B.)
TA (2) [G10]
Abbréviation de Thinetegmi Astronomique.
"Grand Schtroupfreud ! Grand Schtroupfreud ! La 5ème de
Beethoven me crie des TA TA TA TAAAAA" (notes
déchiffrées sur le carnet de rêves du Sabirateur pendant la
semaine du 29/11/98 au 06/12/98
(S.B.)
Tour 11 : 13/12/98
Lettres : EULTTV(blanc)
Contrainte : Texte isocèle finissant cycliquement en "ou" puis "li" puis "po" (tirets acceptés)
L(E)TTUNVAE (154) [13C]
L(E)TTUNVAE (154) [13C], n.f.pl. : Novæ
ou
supernovæ observables uniquement en un
pli
de la Lettonie. Leur existence reste
hypo-
thétique. Voir serpent marin & loup
garou.
LLI, n.m. d'origine catalane : Deux
milli-
détritus de ghiménetto bouilli dont un
po-
ète a dévoré un bout. Ne vaut plus un
sou.
MEUQ, n.m. : Verlan du verlan "keum",
éli-
minant le vocable "mec" qui signifiait
po-
te au début du siècle. Voir "reubeu"
itou.
UTRU, n.m. d'un morceau d'autruche
ramolli
dont les Papous raffolent : Terme
incorpo-
ré au français par des anthropologues
vou-
lant illustrer l'antiracisme des
incivili-
sés, car son sens figuré signifie fort
po-
liment "autrui moins haï qu'on le pense
ou
même étranger transformé en ami
accompli".
RTJO, n.m. du jargon scénographique
suppo-
sé provenir de l'acronyme de "restent
tou-
jours les jeux d'ombres" : Projecteur
cli-
gnotant de couleur vert-jaune, dont la
po-
pularité est salvatrice quand un
amphigou-
rique metteur en scène veut étaler ses
li-
mites créatrices non pas en un jour
despo-
tique, ni même en un demi-jour, mais
crou-
pissant au sein d'un quart-jour
préétabli.
NUIR, v.tr. : Soirer. "Le rtjo nuit le
po-
lysémique théâtre sombre." (Jean
Ricardou)
RVNI, n.m. : Ovni du IVème type,
générali-
sant les pvni et qvni. Jamais vu en
diapo.
SCHIPLEXE, n.m. : Fissures vues sur le
cou
et le cortex d'un mycosynaptique
affaibli.
(GEF, auquel on donne parfois le nom
Espo)
(G.E.F.)
(V)ULVETTAGAIPIED(125)
[8A]
(V)ULVETTAGAIPIED (125) [8A], n.f. :
Valve dont on se sert comme un étroit
verrou
à l'entrée d'une ruche ou d'un guêpier
empli
de frelons, de bourdons ou d'approchant
topo
L'orthographe idiote est due au fermier
soûl
qui l'inventa lors d'une altruiste
apiphilie
afin de préserver tant les taons que sa
peau
(G.E.F.)
UTTLEUVU (90) [E5]
Charabia des Indiens, mélange de
français et de leur langue maternelle.
Interrogation traduite : où l'as-tu
vu ?
En dialecte sioux
La squaw si jolie
Couverte de peaux
Demande à tous où
Est passé son pli
Sur quel entrepôt
Sous quel caillou
(C.Bx)
TLEUVTU(C)RU (74) [E5-
E14]
Un chou
Vraiment
joli
Mais alors qui
cuit po !
Ce serait un
veritable bijou
Qu'il soit frit, roti,
saute ou bouilli
Par malheur et quoi qu'on y
fasse, il ne cuit po !
Il fait dans la nature le
regal des coucous, du hibou
Qui le mangent tout cru, mais a la
maison ca ne fait pas un pli
Une heure et demie, deux, trois
heures, quatre ! il ne cuit toujours
po !
Son gout et son fumet sont si doux
qu'une unijambiste supplierait a genou
Qu'on la laisse gouter ce legume sans
conteste meilleur que l'insipide
broccoli
A cette condition veritablement
incontournable qu'il soit bien cuit, et
on n'y arrive po !
"Le tleuvtucru que j'l'avions fait
cuire, il est t'jours aussi dur !"
(Rejean Ducharme, "Les deux
choux de la Conteche")
(P.B.)
Tour 12 : 20/12/98
Lettres : EEEBFFS
Contrainte : De la Réalité du Père Noël
BESEFFEUTRU(126)
[E5-E14]
Adj. masc. s. (1929, W. St.)
Fut dit du mauvais gus qui fumait du haschich, qui buvait
du whisky, qui avait vu St Xmas, mais qui fut mis a bas
du vasistas.
"New-York. Un banquier qui ne se privait de rien et
croyait encore au Pere Noel s'est jete ce matin par la
fenetre de son bureau en realisant que la crise l'avait
ruine. On l'a ramasse tout beseffeutru sur le trottoir.
(depeche AFP)"
{lipogramme en L,E, P,(e),R,(e), N,O,(el) (sauf citation,
bien sur)}
(P.B.)
BESEFFEUTRU(126)
[E5]
BESEFFEUTRU (126) [E5] n.m. les foyers à
pas feutrés en
(de bésef = beaucoup, feu = plein
solstice, périt en 97
ignescence, puis tru = trou au milieu
d'un béseffeutru.
sans eau). Est employé pour Selon feu
Pierre Laroussie,
désigner une combustion peu on lui
attribue le proverbe
contrôlée dans sa cheminée. empyrique
"Qui trop embrase
Noël de St-Claus, le ventru mal éteint",
crié au moment
chaperon rouge qui visitait de son
incandescent trépas.
(G.E.F.)
BESEFFEUTRU(126)
[E5-E14]
Contenu manifeste d'un rêve de Noël de Lacan qu'il
substantiva en en faisant l'analyse dans un texte
découvert cousu dans la doublure du col Mao d'une de
ses chemises mais bon là je m'égare St-Lazare.
"Le Beseffeutru n'est autre que la feutrine du signifiant
du Nom-du-Père-Noêl qui vient tickeler la lèvre de
l'enfant au destin de vin-aigre : deux "zefs" valant pour
"fez" à la chaleur marmoréenne d'un revenons-y dans la
cloc du jour natal. Que l'on peut A-grapher
B(2f)=0/NDPN. Autrement dit : prout. (S.B.)
FEBESEFS (82) [D5-
K5]
FEBESEF n.m. Concept philosophique introduit
par Pierre Bourdieu dans son controversé "De
l'ontologie patriarcale d'une entité pileuse
achromique dans la tradition nicolienne". Le
fèbésèf, dans la terminologie bourdieusique,
est un ensemble d'actes que fait une société
lorsque approchent les fêtes de fin d'année,
pour pousser le client à la consommation, en
jouant sur l'imagerie traditionnelle du père
Noël, se gobergeant grâce à cela dans un pa-
lais de luxe parfaitement abhorrable. A lire
dans l'ouvrage susmentionné : "Jamais on n'a
vécu dans une société aussi nécrosée par ses
propres démons que sont l'argent et les flux
monétaires. Les fèbésèfs de tout poil qui se
manifestent aujourd'hui sans vergogne aucune
dans les rues et en public, sont les avanies
essentielles de notre monde actuel auquel je
et les autres appartiennent, où nous vivons.
Le père Noël n'existe pas et il est temps de
dire la vérité aux enfants. Sans cela, notre
rôle se borne aux limites suivantes : prédé-
terminer ces enfants candides et naïfs pour,
au mieux, n'être que des consommateurs prêts
à succomber sans résistance de la volonté, à
tout cet étalage inutile d'envies qui seront
devenues entretemps, par le biais des médias
et des vecteurs d'information, des besoins."
(chp. III, pp. 1240 sqq.) A souligner que ce
concept est monovocalique, chose fort rare à
M. Bourdieu ‹ jusqu'ici le sociologue nous a
surtout permis de rire, pas de nous extasier
sur un fait particulièrement oulipophilique.
(L.B.)
Tour 13 : 27/12/98
Lettres : EIONTSS
Contrainte : Repas de fête
STONESIE(62)
[A6-H6]
STONESIE [A6-H6] N.f. (de stone-easy, mot anglais
neolithique : pierrade, festin) (Acad. Fr. 1724) Sous l'Ancien
Regime, procede consistant, dans une invitation a un souper de
fete, a cacher le veritable menu du repas dans une description
toute prosaique, ou meme affligeante, dans le but de decourager
les importuns et les niaiseux. Par extension, deguisement,
travestissement.
" La vicomtesse de ***, pour ses invitations a l'occasion de la
Noel, put cacher les huit points forts de son menu. Qu'on en
juge : Nous vous attendrons, cher ami, a 7 heures. Les
domestiques etant en conge, veuillez vous presenter a la porte
de la cave, y arrimer votre destrier, et entrer. Nous servirons des
graines de sesame faux a grappiller, de la mache en panier, de la
moutarde forte aux lentilles, du chat pompeusement nomme
lapin. Le vin ordinaire sera servi jusqu'a ce qu'on ait bu chaque
goutte. Pour finir, chacun aura un petit boudin d'homme a
ronger. Comme vous pouvez en juger, en somme, on fut
meilleurs l'an passe ! " (Madame de Sainte Simone, "La stonesie
n'est plus ce qu'elle etait")
(P.B.)
SITOENES(62)
[A6-H6]
Célèbre voiture subsaharienne dont le modèle réduit fut utilisé
par le Petit Hans pour figurer la voiture de son oncle.
"La poire du klaxon d'une Sitoene est évidemment un
bon/mauvais sein non clivé" (M. Klein, préface à "Je m'égare
devant l'entrée de gare"). (S.B.)
Tour 14 : 17/01/99
Lettres : AOCKRVW
Contrainte : Pénultième
TR> <
WORKCSAV(419)
[A1-A8]
WORKCSAV (419) [A1] n.m. du jargon
informatique : Commande du
C-shell permettant une
sauvegarde presque
parfaite de tout
travail bogué.
L'erreur est
corrigée par
le système à
condition de
figurer dans
le dernier bit
du programme. Au
contraire, si elle
concerne le pénultième
bit, la totalité du disque
rigide est instantanément effacée.
(G.E.F.)
VACKRSÓW(419)
[A1-A8]
[Du nom d'une ville polonaise fondée en 1 av. J.-C. qui
changea de nom plusieurs fois au cours de son histoire. Le
nom de Vackrsów fut l'avant-dernier qu'elle porta avant sa
destruction en 899, pénultième année du siècle qui précéda
la fin du monde en l'an mil.]
(prononcé va-coeur-souf, avec l'accent tonique sur la
pénultième comme toujours en Polonais. Notéz l'accént aigu
sur l'avant-dernière lettre comme dans Kraków (Cracovie)).
Dispositif placé sur la voiture qui précède la voiture de
queue d'un train pour éviter les risques de déraillement dans
la seconde qui précède l'arrêt complet. Bien qu'un
mécanisme analogue ait existé sur certains chars d'Europe
orientale au millénaire précédent, ce n'est qu'au siècle
dernier qu'il est devenu d'usage courant. Menacé de
disparition lorsque la Compagnie des Chemins de Fer
proposa de supprimer le wagon de queue dans les trains, le
vackrsów fut réhabilité juste avant sa suppression par un
ouvrier de la onzième heure qui, freinant brutalement à la
station d'avant le terminus, fut sauvé par l'un des deux seuls
vackrsów encore en service.
"Zawsze czyba vackrsów w domu albo na lewo" (Zbyszek
Penultski)
(N.G.)
CROWVSKA(419)
[A1-A8]
(A1-A8), 419
CROWVSKA, n.f. (issu
de la russification d'un
terme américain). Présage de
malheur incarné par un corbeau
femelle voletant d'ouest en est.
La superstition fait référence aux
menaces de missiles occidentaux de
la Sov. War, plutôt qu'aux augures
latins. Le néologisme est attribué
à Oscar Wok, ancien tsar devenu le
roi des bouviers d'Hollywood, et
gentiment surnommé "cow-ksar":
"Le roi de la pampa retourne
sa chemise pour annoncer
l'avant-dernier flux
de corbeaux"
(G.E.F.)
VROCKSAW(A1-
A8) [254]
Chanteuse amérindienne de rock pour vieux.
"J'ai appris sans surprise que "Dora" était devenue une
Vrocksaw. Logique, au fond."
(Freud, Correspondance inédite).
[Pour la petite histoire, Dora devint plus tard la mère de
Nina Hagen]
(S.B.)
KRCAVSOW(242)
[A1-A8]
(de Curacao, selon Robert Petit ; de Carcassonne, selon
Henriette Walter)
Phenomene optique, du a la birefringence de l'air humide,
qui produit une perturbation legerement en deca de la limite
du champ de vision de l'observateur. Le krcavsow (ou
certains voient l'origine du flou artistique) serait la cause de
l'occultation quasi systematique de ce qui est a la limite de la
limite. Ainsi, il semble qu'a cause du krcavsow, personne
n'ait jamais bien distingue le 39e voleur d'Ali Baba, le 9e
petit negre d'Agatha Christie, le 11e apotre de Jesus, le 100e
dalmatien de Walt Disney. Par contre, mettre sur le compte
du krcavsow le non-respect du 9e commandement n'est pas
tres honnete.
"Le krcavsow et le rayon vert sont les deux derniers
phenomenes optiques mysterieux et controverses qui laissent
au poete une avant-derniere marge de reve." (Charles Trenet,
Barbery a l'horizon de Barbera)
(P.B.)
SKRACOWV(123)
[A6]
(Nom déposé) Nom masculin
SKRA (de to scrabble, gratter)
COW (vache)
V (5ème)
Avant-dernier prototype (numéro cinq) d'appareil permettant
aux bovins mis à l'étable de se gratter car privés d'arbres,
grattoirs naturels et combien appréciés, ils souffrent d'en être
dépourvus.
"Après de longues et fructueuses recherches nos laboratoires
d'essais viennent de tester le SKRACOWVI devant les
résultats concluants, il sera mis en vente dès le mois
prochain dans nos coopératives. En cette période de voeux
nous souhaitons heureuse et douce vie à nos laitières grâce à
cette géniale invention". A l'antépénultième page de
l'Exploitant bovin du mois de janvier 99.
(C.Bx)
Tour 15 : 24/01/99
Lettres : OOA
Contrainte : Fin de l'acte I
KOAO(26)
[A4-D4]
Onomatopée étouffée lancée par les Crabblois qui, par solidarité
avec Gödel ont avalé leur E restant, et qui signifie : "Quoi? Oh!"
marquant ainsi leur déception de voir déjà s'arrêter leur jeu
hebdomadaire.
(C.Bx)
WAOO(14)
[A1-D1]
Cri final, corrollaire du cri primal, poussé par les sabirs recevant
enfin l'illumination.
"Le crabbles est le satori occidental" (J. Lacan, sur le zen
cruciverbiste). (S.B.)
N.B. La lettre E manquante a été avalée par Gödel, le chien du sabirateur. Elle n'a
pas été réintroduite, en hommage à la Disparition.