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OK, père Noël, t’es enfin mort, on est bien contents ! Si tu savais à quel point on a pu te
haÏr avec la bande, à te guetter comme ça dans la neige derrière le mur de la cité ! Pas
moyen de te coincer : on se planquait dans les parkings, t’arrivais par les sorties de
secours. On zonait dans les couloirs pour zyeuter les portes, t’étais passé par les vide-
ordures ! En plus, tu comprenais rien de ce qu’on voulait, t’es ringard dans tes choix, on
est pas des enfants de cœur, t’es balourd ! Notre gang, il peut pas se montrer sans les
NaÏq aux pieds, t’es fou ? T’as refilé dans nos chez nous des trucs naze comme des
pistolets à eau, des jeux de société bidon Nous on sait ce que c’est, la société, c’est pas un
terrain en carton avec des billets en papier et deux dés en plastique, tu nous prends pour
des mômes ? ! Père-Noël, je te file un rencard maintenant que t’es mort, t’es pas chiche,
t’as intérêt à venir ce soir dans la cave 37, sous-sol en bas à droite, bloc B! Mon père, il a
besoin d’un coup de main perso vu qu’il a plein de qualités géniales, genre j’te bouscule la
tignasse avec amour et j’ prends les gnons de la vie sans moufter, malgré quelques cuites
et deux-trois gueulantes. Il est cuistot, il a plus de boulot et dans le resto d’en bas, eh ben
justement le patron il est tombé raide ce matin, y z’ont dit à cause d’une attaque (tu sais,
c’est dangereux ici). Père Noël, si t’es mort pour de vrai, t’as le temps de t’occuper de ça,
maintenant que tes rennes, on va les caser au zoo ou quelque part A ce soir, t’es pas
chiche !
Stephane, 7 ans.
condo
Imaginer le contenu d'un registre de condoléances d'un personnage imaginaire...
Ne t'inquiète pas petit père. J'ai grandi aujourd'hui. Je saurais conduiretes rennes. Je
n'ai plus peur des loups. Je ne me perds plus dans la forêt.Et puis, j'adore faire des
cadeaux. Avec une barbe postiche et mon petitmanteau, les enfants ne verront pas la
différence.
Le petit chaperon rouge
Désolé vieux. Le ciel est trop petit pour nous deux. C'était toi ou moi...
Dieu
PERE NOEL : 1823 - 2001
Le syndicat des fabricants de jeux et joujoux divers, est profondément choqué, par cette
vie ôtée trop tôt, sans que soient amorties les nouvelles usines chinoises, si utiles en vue
de contenir un peuple contestataire, prêt à devenir le jouet d’un pouvoir communiste.
Les planteurs de pins, sapins et épicéas, leurs tronçonneurs avec leur moitié, totalement
abattus ont décidé de laisser pousser ces bois pour se convertir dans la fabrication de
cercueils ou l’élaboration de la bière de noël.
Gavés de foi, les éleveurs de gallinacés festifs, vidés par tant de douleurs, prennent leurs
plumes d’un doigt pour larder cette page d’un trait ému et lever leur chapon devant cette
dépouille.
Représentés par deux religieuses irlandaises O’caffé et O’Schockola, les pâtissiers
bùcheurs tant atteints, se sont roulés par terre à l’annonce du trépas.
Les ayants-droit de Tino Rossi sont comme orphelins une seconde fois devant ce
personnage qui en restant au ciel nous enlèvera nos étrennes royales.
Je t’avais reconnu à Noël dernier, j’ai bien compris que c’était toi le père Noël , t’avais
gardé tes baskets fluo à l’arbre de Noêl de l’usine. Maurice, alors t’es mort. Putain ,c’est
pas vrai.
(Roger, de l’usine et les copains.)
Père Noël, est-ce que c’est-il que tu serais vraiment mouru ou que c’est pour de rire pour
me farcer que c’est un coup à mon père pour me punir de cadeaux ? Si t’es pas mouru,
réponds vite.
Pierre, 9 ans, euh... non, 8.
Enfin débarrassés de ce suppot du marketing libéral.
Arlette L.
Le Père Noël nous a quittés et des paroles très justes ont été ditesau moment de cette
émouvante cérémonie.
Mais les paroles s'envolent et les écrits restent, aussi, voudrais-jeconsigner ici quelques
mots pour la postérité.
Des bruits ignobles ont couru, dont le plus odieux fut qu'il avait étéassassiné parce qu'il
était une ordure...
Traitons ces ragots par le mépris et parlons plutôt de la lumineuse vérité: Il ne faut pas
oublier qu'avant d'être Père, Noël fut aussi un Filsexemplaire et un époux modèle.
Ceux qui ont connu la Mère Noël se souviennent combien il était attaché àelle au point
de ne quitter le domicile conjugal que durant une nuit sur365, les 364 autres nuits et les
365 jours de l'année étant consacrés àchoyer sa chère épouse ( et que dire des années
bissextiles!).
Je laisse entre les pages de ce registre , en souvenir de ce grand ami qu'ilfut et du cadeau
qu'il m'offrit un jour, une photo à laquelle je tiensbeaucoup.
Il apparaît, joyeux, à la fenêtre du premier étage de la maison oùj'habitais à l'époque et
où il était venu m'apporter l'innocent jouet quej'avais demandé (je crois que c'était: "Le
nécessaire du petit Jackl'éventreur" ). J'appelais cette photo, "Noël au balcon."
Certains se sont demandés à quoi il passait ces 364 nuits (365 les annéesbissextiles) de
congé.
Il a suffi de voir la nombreuse progéniture qui assistait aux funéraillespour avoir la
réponse à cette question.
Chacun se rappelle l'immense douleur qui l'accabla lorsque la Mère Noël nouslaissa pour
un monde meilleur.
Nous craignîmes le pire: qu'il ne mangeât sa barbe, qu'il ne se laissâtdévorer par ses
rennes, qu'un jour, ivre de douleur et de boisson, il neressortît d'une cheminée
complètement noir...
Il surmonta heureusement cette épreuve et poursuivit son travail jusqu'à sondernier
jour...
Au nom de tous, je crois pouvoir affirmer:
"Père Noël, Mère Noël: nous ne vous oublierons jamais et nous pallieronsvotre absence
en nous occupant avec amour de tous les Petits Noëls quevous laissez derrière vous."
Néant !