Rédiger un rapport de police en choisissant le temps, le lieu, les personnages.
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voleur de pommes
En effectuant récemment des recherches dans les archives de la police grecque, j’ai mis
la main sur un rapport bien étrange qui a fait surgir en moi des souvenirs scolaires que
je croyais pourtant avoir relégués au fin fond de ma mémoire. Certaines parties du
document étaient effacées et je me suis permis de mettre en italique quelques
commentaires.
HELLAS
MINISTERE DE L INTERIEUR
COMMISARIA CENTRAL - ATHINAI
Rapport n
Monsieur l'Attorney,
Veuillez trouver ci-après le rapport de police que vous m'avez demandé à propos des
graves incidents qui se sont produits à Cambridge, en cet an de grâce 1666.
Le 15e jour du mois de juillet, nous avons été saisi d'une plainte émanant d'un
cultivateur de la région, nous signalant qu'un individu suspect venait systématiquement
s'installer sous un de ses pommiers vers 17h.
Le lendemain, le plaignant constatait la disparition d'une des pommes du dit pommier.
(Le dit plaignant semble tenir une comptabilité très précise des fruits de son verger).
Afin de vérifier le bien fondé de cette plainte, nous nous sommes donc dissimulé dans ce
que, dans notre jargon de métier, nous appelons un "sous-marin" à savoir une charrette à
foin banalisée.
Notre surveillance fut longue, mais supportable grâce à l'obligeance de notre collègue
John Smith qui nous ravitailla en porridge, roastbeef à la menthe et plum-pudding,
accompagné de thé et de whisky.
Après quelques jours, nous pùmes constater que la plainte se justifiait.
Chaque soir, un individu habillé comme un bourgeois venait s'asseoir au pied d'un
pommier et attendait que le vent ou la maturité du fruit le fît tomber à ses pieds. Il se
levait alors, ramassait la pomme et, l'élevant à la hauteur de son visage la laissait
retomber à terre à plusieurs reprises. Ensuite, il empochait la pomme, prenait quelques
notes dans un carnet et s'en allait par la route.
Intrigués par ce manège, nous nous dévoilâmes et l'homme, sans prendre garde à notre
présence, pourtant revêtue de son uniforme, continua son geste tout en proférant des
mots incompréhensibles que je transcris fidèlement : "effaygal kaememprim
surdaycarray".
Nous supposâmes qu'il s'agissait d'un étranger et nous lui dîmes, en détachant bien les
syllabes afin qu'il pùt nous comprendre : "Excusez-moi Monsieur, mais pouvez-vous me
donner une justification valable à votre comportement?"
A notre grande surprise, il nous répondit en excellent anglais et avec une certaine
hauteur: "Mon brave, je suis Isaac Newton et je suis en train de découvrir une loi !"
Je lui répondis avec autorité qu'il n'avait pas à découvrir de loi. Que celle-ci existait et
que ma mission était de la faire respecter.
Toujours aussi méprisant, il me dit "mon ami (mon brave... mon ami... il commençait à
m'échauffer les oreilles avec sa familiarité), mon ami, donc, il ne s'agit pas de vos
pauvres lois terrestres mais de la loi de la grave Itation Universelle".
Je n'ai pas bien saisi en quoi cette Itation Universelle pouvait être grave, d'autant plus
que cette notion n'existe dans aucun dictionnaire.
Le "Red-haired with pictures" (*) que nous avons au commissariat n'en fait aucune
mention.
Tous les faits rapportés ci-dessus nous firent penser que le dénommé Newton Isaac était
un malade mental et nous l'invitâmes à nous suivre au poste de police.
Il accepta de bonne grâce et nous accompagna en fredonnant notre hymne national:
"pomme pomme pomme pômme pompomme... "
Le hasard fit qu'au commissariat se trouvât justement le médecin légiste qui confirma
mon modeste diagnostic en ajoutant que l'évocation à "l'Universalité" faite par le de
cujus était souvent un indice de dérangement mental.
Le dénommé Newton Isaac est donc détenu provisoirement au poste en attendant que
vous preniez une décision à son sujet.
Veuillez agréer, Monsieur l'Attorney, l'expression de mes sentiments respectueux.
P. S. : Nous pensons utile de porter à votre connaissance deux faits anciens qui sont
peut-être liés à cette affaire:
Primo, il y a le cas Adam et Eve que tout le monde a en mémoire. Le vol de pomme dont
ils se sont rendus coupables a été lourdement sanctionné, mais peut-être serait-il bon de
relire le dossier.
Secundo: Nous avons eu connaissance, par un collègue suisse d'un drame évité de
justesse: un ressortissant de ce pays, un certain Tell (Guillaume) allait tuer son propre
fils d'une flèche dans le cœur mais sa maladresse fit que la flèche transperçât une
pomme que, pour jouer, le fils avait posée en équilibre sur sa tête.
Le fils avait volé la pomme et le père, qui avait un sens moral exacerbé avait voulu lui
infliger cette sanction excessive sous prétexte que "Qui vole une pomme, vole une vache".
(c'est un proverbe de ce pays)
Avec votre permission, Monsieur l'Attorney, nous prendrons contact avec nos collègues
helvètes pour connaître le suivi de cette affaire connue sous le nom de "Tell père, Tell
fils"
Votre dévoué,
Tony Brown, constable(**)
Notes du traducteur:
(*) Nous avons respecté le titre anglais de l'ouvrage, qui est l'équivalent de notre "La
Rousse Illustrée"
(**) En un seul mot.
Rapport du brigadier Fontaine
Objet :
Vol de pommes pendant l'horreur d'une profonde nuit dans un verger des
Pyrénées
mettant en cause un certain Loulou Barre qui, dans un état d'alcoolémie
avancé, aurait
volé quatre pommes après une altercation avec le pommier.
ci-joint : témoignage recueilli dans le voisinage
- - - - - - - - - - - - - -
Quelques pommes pendaient
Dans le verger d'un monde dur
Loulou survint d'Agen qui garait sa voiture
- Qui te rend si hardi pour troubler mon feuillage
dit le pommier prenant ombrage,
tu seras chassé pour incivilité.
- Cidre, bafouille Loulou, que votre amabilité,
Ne se mette pas en colère,
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me garerai dès à présent
Dans un tournant,
Plus de vingt pas loin d'elle
Et que par conséquent en aucune façon
Je ne troublerai sa frondaison.
- tu la troubles, reprit l'arbre
je sais que près de moi tu t'es mis l'an passé.
- comment l'aurais-je fait je n'étais pas garé
reprit Loulou, je perds souvent mes clés
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère
- Je n'en ai point
- C'est donc quelqu'un des tiens
car vous ne m'épargnez guère
vous et vos caisses, les pépins.
On me l'a dit, il faut que cela change.
Là-dessus, plus que très énervé,
Loulou emporte les pommes puis les mange
Sans autre forme de procès.
Le dimanche 7 octobre 01 vers 19h, le jeune G.W. Bush 10 ans a volé une pomme à
l'étalage de l'épicerie de M. Ben Laden qui tient commerce à Ménilmontant, 102 bis rue
de la Charia. Le susnommé Bush est revenu sur ses pas pour lancer le fruit dans la
vitrine du magasin, sans occasionner de dégâts, puis s'est enfui en courant. C'est le fils
de M. Ben Laden, Oussama âgé de 11 ans qui a été témoin de la scène et a prévenu la
police.
Le jeune Bush a été interpellé au domicile de ses parents, 8 rue des Deux Tours et a
reconnu les faits. Il s'agirait, selon ses dires, d'une vengeance entre les deux garçons, car
le jeune Bush s'est plaint que le dénommé Oussama lui aurait dérobé une friandise
chocolatée appelée " Twins " dans la cour de récréation le 11 septembre dernier.
Devant le peu de gravité des faits, et puisque le commerçant n'a pas souhaité porter
plainte, il me semble qu'il serait préférable de classer l'affaire.
PPP franchement, y'a pas de quoi fouetter une femme voilée !
L'an mil huit cent quarante cinq et le vingt-neuf du mois de septembre
Devant Nous, Lehcim Nimélliug, Commissaire de Police du 10e Arrondissement de la
République, s'est présenté spontanément le dénommé ci-après, qui nous a fait la
déclaration suivante :
" Mon nom est Madeleine, sans prénom parce que ma maman n’a pas eu le temps de le
choisir pour mon bien avant de s’éteindre à ma naissance, 49 ans, bourgeois, Français,
parisien, résidant habituellement au 66 de la rue du Faubourg Saint-Denis.
Je porte à votre connaissance que le nommé Champmathieu, 54 ans, sans domicile ni
profession, bien connu sur la commune de Chelles où moi même (le témoignant)
Madeleine possède un domaine est dans l’instance de se faire condamner sous ce nom
pour un vol de pomme dans un jardin de Gagny et que cette identité est fausse et
dévoyée.
Et que le vrai nom du voleur dit Champmathieu est Valjean et de prénom Jean. "
Le sieur Madeleine déclare ensuite connaître l’homme qui se dit Champmathieu par un
portefaix qui, l'ayant vu débarquer du bateau Batofar, sur la Marne au lieu dit
Béhenneffe, lui a adressé car cherchant un domicile, et parce qu'il avait un paquet à
l'adresse du sieur Madeleine, lequel lui offrit pension.
Le dit Champmathieu n'était pas malade et n'avait aucune apparence de vice; il était
gai, ayant même aidé son régisseur dans ses travaux de force pendant 2 ou 3 jours.
Quant au portefaix, il demeure au 33, Quai de Jemmapes à Paris 10e, maison du Café-
Hôtel du Nord au 4ème, sur le palier de Mr Niepce, photographe.
Le dit Champmathieu lui ayant demandé une chambre, il fut conduit chez Mme Bonnet
D., 105, rue du Sein Toilette au 3ème, où il a payé 6 francs qui lui ont été remis en main
par le déclarant sur l’honneur Madeleine, pour 6 nuits.
Seulement il a découché du dimanche au lundi, il est revenu ensuite le mardi matin,
malade de diarrhées de pommes vertes en cette saison, il a payé ce qu’il devait et rendu
la clé à Dame Bonnet E., soeur de Dame Bonnet D..
En sortant de chez cette dernière, une Demoiselle Marie , bonne à Parthes et domestique
chez le sieur Sylvain Rendfoux-Boidleau, à l’angle rue du Grand Essaim et rue du Petit
Tas au 3ème, a repris la chambre qu'il occupait et l’a trouvée crépie d’excréments dont
tous n’étaient pas encore digérés, jusqu’aux plafonds.
Le sieur Madeleine peut certifier que le soit dit Champmathieu est arrivé à Paris,
venant de Chelles, plein de santé; il a quitté cette dernière chambre mercredi dernier au
matin, étant très malade de chiasse grouillante, pour aller chez la sage-femme où il a été
trouvé jeudi dans la journée suintant encore le sang mêlé par l’orifice de l’action
vengeresse des pommes volées.
Il est important de savoir que le sieur Madeleine déclare que le vagabond dit
Champmathieu, malgré les largesses à lui prodiguées de son fait, semble s’en être pris à
son jardin et à ses pommes dans l’obscurité de son intelligence.
Le sieur Madeleine déclare que le trimardeur qui abuse du sobriquet de Champmathieu
est en fait un certain Valjean Jean, bagnard évadé et que c’est sous ce nom qu’il l’abusé
des six pièces en paiement des six nuits,de deux chandeliers d’or,d’une miche de pain et
d’un cruchon de lait .
Mais, non content d’avoir volé les pommes vertes du sieur Madeleine, le clochard dit
Champmathieu se fait passer pour Valjean Jean en maintes occasion de sa vie de
maraudeur à t’il déclaré tout haut dans un rêve encore non analysé.
Non sans justice, le bourgeois Madeleine demande à ce qu’au le bagne le plus dur et le
plus lointain Valjean Jean soit condamné à retourner pour sa maraude et son larcin et
cela sous le vrai nom de Valjean.
Nom dont il est certain qu’il est le sien pour l’avoir entendu gémir dans sa grande
détresse eu égard aux troubles intestinaux issus de la vengeance des pommes vertes
volées et dont le sieur Madeleine ne réclame pas paiement.
Le sieur déclarant Madeleine, dans sa douleur, faisant spontanément don de douze Louis
d’argent à l’Orphelinat de la Police.
De ce fait, Nous,Lehcim Nimélliug, Commissaire de Police du 10e Arrondissement de la
République, recevons et calligraphions ses dires avec le plus grand respect pour la vérité
qu’ils portent et en confirmons absolument la véracité pour les avoir vérifiés
authentiquement.
Lecture faite au déclarant, il a persisté et signé.
(signatures)
Soit transmis à Monsieur le Directeur de la Police Centrale : Monsieur Javert Vert.
Paris le 29 septembre 1845 (signatures)
M " Debout les forçats de la Mère " G
[size=small][font=Arial] Extrait de la Gazetta de Agrigento, lundi 12 mars 457 av.J.C.
UN WEEKEND MEURTRIER - MORT D'EMPEDOCLE Ce weekend aura encore
fait son lot de victimes de la via, dans la région d'Agrigento. Les viae ont connu
une densité de traffic record samedi, à l'occasion de la première représentation
de la dernière pièce de Sophocle, "Electre", tête d'affiche, samedi soir, du
Fesival de théâtre contemporain d'Héraclea. Le Magistrat Empédocle figure au
nombre des victimes. Samedi vers 8h du matin, un carambolage en chaine, implicant
une douzaine de chars totalisant 18 chevaux, s'est produit sur la via Agrigento-Catania,
entre les sorties de Canicatti et de Pavara, en direction d'Agrigento. 4 personnes y ont
perdu la vie. Une seconde collision implicant 3 chars a eu lieu 6 heures plus tard
quelques miliae plus loin, ne faisant heureusement pas de victimes humaines. Ces 2
accidents sont imputables aux distances trop faibles entre les chars et aux vitesses
excessives constatées sur cette via. La police tient à rappeler que la règle des 2 secondes
d'écart entre 2 véhicules est impérative pour la sécurité, surtout lorsque le traffic est à ce
point dense. Des contrôles de police ont été faits le long de la via samedi soir après la fin
de la première journée du fetival afin de tenter d'éviter de nouveaux accidents, mais en
vain. Vers 22h, le Magistrat Empédocle, conduisant un char de sport attelé de 4 chevaux,
roulant à une vitesse manifestement très excessive, perdit le contrôle de son véhicule,
lequel, après avoir heurté la barrière latérale, fit une terrible embardée et entra en
collision frontale avec un char circulant normalement en sens inverse. Le choc fut tel que
les 2 chars furent totalement disloqués. Le conducteur du char victime, un honnête
commerçant de Palermo, fut tué sur le coup. Le Magistrat Empédocle devait décéder des
suites de ses blessures quelques dizaines de minutes plus tard. La via a été fermée au
traffic pendant 2 heures à la suite de l'accident, les chars étant déviés par des chemins
carrossables secondaires. Cette série noire d'accidents soulève à nouveau la polémique de
la sécurité sur les viae siciliennes, réputées parmi les plus dangereuses du Monde Grec.
Certes, les progrès technologiques dans le domaine des chars permettent aujourd'hui une
sécurité tant active que passive plus importante qu'il y a encore 10 ans, mais le principal
danger vient du fait que très peu de conduteurs respectent les distances minimales de
sécurité, sans parler des incessants excès de vitesse. Espérons que la mort tragique du
Magistrat Empédocle servira, de par le prestige de son nom, la cause de la sécurité. On
parle d'ores et déjà d'introduire l'obligation du permis de conduire un char, et, dès qu'ils
existeront, la pose de radars fixes le long des principales viae. Afin que les générations
siciliennes futures ne connaissent plus jamais de tels drames routiers. /kao[/font][/size]
Rapport du gendarme Truchotti En Sicile, aux environs d’avant et autour de Nous avons
trouvé les deux cadavres comme signalé par le témoin sur le bord de l’Etna. Position :
Tête-bêche Sexe : féminin, type sandale Particularité : jumelles (analyse en cours)
Taille : 5 doigts 1 pouce l’une et l’autre Etat de décomposition avancée. Peau couverte de
poussières, cendres. Traces de coups et brùlures. Forte odeur de pieds. Le témoin aurait
vu un individu arriver brides abattues sur les lieux. Après avoir crevé les deux semelles
sous lui, le suspect aurait tenté de les achever sauvagement à coups de pierre ponce puis
se serait précipité dans le cratère Saut qu’il aurait tenté à plusieurs reprises, suivant
une courbe triangulaire qui aurait eu la fâcheuse manie de le ramener à son point de
départ par trois fois. Ce n’est qu’après moult calculs savants sur deux tours de cadran
solaire et après avoir déversé des tombereaux d’injures à l’adresse d’un certain
Pythagore qu’il serait enfin parvenu à disparaître. Cette immolation ne le lave pas de
tout soupçon mais comme il n’y a pas de fumée sans feu, nous gardons sous le coude
notre témoin qui chausse également du 5doigts 1pouce et qui par cet heureux hasard
pourrait tout aussi bien faire l’affaire en cas de disparition définitive du suspect numéro
1 Entre nous, chef ça lui f’ra les pieds ! C’est pas jolijoli de rapporter !
- On recommence ! Nom, prénom, âge, qualité, domicile ! - Pausanias, la trentaine, 5 rue
du Gai-Savoir, 21000 Nietzche-Sur-Tamère - T’as un alibi pour le mercredi soir 432 av.
J.-C., où le dénommé Pédé d’Ocle est tombé dans l’Etna. - Empédocle, si ça ne vous fait
rien. - Moi j’appelle ça une tarlouze en tong, alors accouche ton âme, où je vais te faire
sortir de la lave par les trous de nez ! - J’étais au Queen avec ma mère. - Tiens donc ! tu
me prends pour un con s’pèce de bâtard. On a interrogé ta rem et elle nous a dit qu’elle
regardait Questions pour un champion à la télé ce soir là. - Faite pas attention à ce
qu’elle dit inspecteur, quand elle est sous ectasy elle délire. - Et cette boucle en bronze
qu’on a retrouvé près du cratère, t’en fait quoi ? On a perquisitionné chez toi et on a
trouvé une sandale avec la même boucle. - Empédocle avait les mêmes, on les a achetées
ensemble chez Bata, un magasin de chaussures au pied de l’Etna, tenu par M. André. -
Alors, explique-moi pourquoi tu n’avais qu’une seule sandale chez toi, où est l’autre ? -
Vous avez oublié un détail inspecteur, et de taille ! - Vas-y, déballe. - Je suis unijambiste.
- Si tu crois que tu vas t’en tirer comme ça ! Bon, c’est l’heure de ma pause, Anias, je vais
te laisser dans les mains de l’inspecteur Bourrel, et tu gagnes pas au change, crois-moi.
Quand tu auras entendu la musique du générique, tu te mettras à table, et avec appétit
encore ! PPP allons enfants de la télé !
Rapport de police: L'an trois cent vingt et un depuis la fondation de Rome, en le septième
jour d’avant les calendes de mai. Nous, Nicolaius Sarcosius, Commissaire de Police de la
République Romaine en la province de Sicile. En suite de la déposition faite par devant
nous le neuf courant par messieurs Démétrios de Trézène, Héraclite de Pont et Néanthe
de Cyzique au sujet du sieur Empédocle, fils de Méton, magistrat disparu dans des
circonstances encore inexpliquées. Après déposition des principaux témoins et
fréquentations du susdit, ainsi que réception d’un courrier de monsieur Télaugès à
Philolaos qui nous l’a transmis spontanément, les hypothèses courant sur les causes de
la disparition du sieur Empédocle sont, par ordre croissant de probabilité : -auto-
strangulation par lanière de sandale après avoir prononcé diverses obscénités et
blasphèmes à l’encontre de plusieurs dieux de l’Olympe - suicide par pendaison en haut
d’un cornouiller. -suicide par noyade dans la mer -chute de char alors qu’il se rendait au
lieu dit Messine pour une orgie privée - exil volontaire en la province grecque du
Péloponnèse (destination avancée par le sieur Empédocle devant trois témoins en ces
termes : « Tiens, j’irai bien me faire dorer la pilule au Pélopo ») -Ce qui est certain en
revanche, c'est que plusieurs témoins rapportent l’avoir vu le sept courant se diriger vers
l’Etna dans un état apparemment exalté, attitude qui ne lui était d’ailleurs pas
inhabituelle. Ainsi il prétendait parfois être la réincarnation d’un poisson volant et
formulait souvent des propos délirants comme de proposer un gouvernement fondé sur
l’égalité civile de chaque citoyen, entre autres absurdités. Nous sommes donc transporté,
accompagné de l'agent Patricius Devedianus, au domicile du sieur Empédocle sis à
Agrigente rue d’Ionie n
Police Sicilienne Rapport intermédiaire d'enquête sur l'Affaire Empedocolo 22 mai 1992
Après enquête, il est maintenant certain que plusieurs hauts fonctionnaires Siciliens
sont impliqués dans l'assassinat du parrain d'Agrigento Don Vito "Lucky" Empedocolo.
L'Affaire a été transmise au Juge Giovanni Falcone, hier matin. Ce dernier se rendra
demain à Palerme afin de prendre en main le dossier. Selon lui, l'Affaire Empedocolo
aurait plusieurs liens avec d'autres affaires d'assassinat de parrains mafieux, en sicile,
mais aussi en Italie continentale. M. Falcone affirme avoir maintenant suffisament
d'éléments pour pouvoir déférer devant la Justice un grand nombre de hauts
fonctionnaires corrompus, et de prouver leur culpabilité.
[b] Commissariat des Bons-Enfants[/b] [i]Brigade volante d’intervention rapide[/i] Procès
verbal du 10/10/02 8h 45 [color=9933FF]Faisant notre ronde habituelle, avons interpellé
hier, 9 octobre 2002 vers 23h 30 un individu de sexe fortement masculin, de type
méditerranéen, à l’accent non encore identifié, âgé d’environ 60 ans, dont le
comportement nous a semblé idoine à troubler l’ordre public. Le dit individu, vêtu d’un
drap noué sur l’épaule et pieds nus, importunait les passantes de sexe principalement
féminin et soulevant son drap pour montrer ce qu’il appelait sa philosophie. Appréhendé
et interrogé par le Brigadier Banlaire et moi-même Agent Ditraux, soussigné, le dit
individu nous dit s’appeler Jean Pédoque, orthographié sous réserve de son élocution
difficile causée par des libations abusives comme la prise de sang prélevée
subséquemment nous le fit découvrir. L’interrogation inopinée de l’ordinateur nous fit
constater que le contrevenant ne fut pas connu de nos services, sous réserve de la
consultation ultime de l’Interpol, en raison de l’accent étranger comme annoncé ci-
dessus. Le dit Pédloque était porteur de deux pieds brùlés par en-dessous et qui
marchaient avec difficulté. Devant l’absence de chaussures constatée par le présent
procès-verbal, le dit Pédocle nous a dit les avoir oubliées près de l’Etna, en vertu de quoi
nous sommes transportés avec le véhicule de service jusqu’à la porte de la pizzeria
l’Etna, 12 rue de Sicile, devant laquelle nous avons bien trouvé une paire de sandales
dites tongues, de couleur caoutchoutée et de pointure 38-42. Le tenancier de
l’établissement nous a déclaré qu’après s’être absenté quelques minutes pour achat
impromptu de mozarella, il aurait découvert à son retour et à son corps défendant, le dit
Pétoncle à demi-nu et les pieds dans le four à pizza, cause qui aurait pu produire les
brùlures dont auxquelles déjà décrites ci-dessus.[/color][color=9933CC]L’individu étant
partiellement ivre mais très pris de boisson, en raison de son discours incohérent, l’avons
conduit aux urgences pour les soins nécessités par ses brùlures pédiculaires, puis l’avons
incarcéré en cellule de dégrisement comme le règlement le stipule en ce
cas.[/color][color=9933CC] Fait par l’agent Ditraux à Paris, le 10/10/02 18 h 25[/color]
Dossier Empédocle Assassinat Date: 10/10/02 Lieu: Paris - rue de Naples - Pizzeria
Vesuvio Victime: le plongeur Sri-Lankais du restaurant, Vahalethnaçakhram, dit
"Empédocle" Circonstances: victime brulée au charbon de bois au 3ème degré Pièces à
conviction: une paire de sandales de bonze tamoul Compte tenu que le restaurant sus-
nommé est connu pour être un haut-lieu de la maffia sicilienne à Paris, compte tenu que
la victime portait les valises pleines d'opium afghan pour le compte du patron du
restaurant repertorié chez nos confrères de la Brigade des Stupéfiants, compte tenu de la
faiblesse des indices et des fortes présomptions sur la thèse d'une guerre des gangs, il est
préférable que l'on ne [b]se mèle de rien[/b]. Commissaire HARIEN.
Lundi 14 octobre 2002, commune de Mascali. Témoignage d'un témoin et premiers
constats de la brigade locale. Choisi pour interpréter le rôle principal dans le nouveau
film publicitaire d'un célèbre équipementier sportif, arrivant tel un dieu, flottant dans
ses sandales, Empédocle devait cueillir la flamme olympique au cœur de l'Etna, allumer
les feux de l'amour, éteindre la haine en plongeant dans la mer, bondir sur un char,
fouetter ses chevaux et repartir vers d'autres cieux, laissant aux athlètes assemblés dans
le stade une trace emblématique (sa chaussure) de la marque à la virgule d'or ; " Just do
it " était le slogan qu'il devait prononcer dans un sourire en cette dernière image. Le
bronze n'a pas fondu, mais Empédocle est porté disparu. Des recherches sont en cours
pour retrouver son corps. L'équipe scientifique étudie en parallèle l'ensemble des
procédures de doublage et les effets spéciaux qui devaient être déployés et qui ont, selon
les premiers éléments de l'enquête, été refusés par la victime elle-même au début du
tournage. La plus totale confidentialité est souhaitée au regard de la personnalité du
présumé de cujus.