kuma

bonnie menteuse

Bonnie est une menteuse. Une vraie. Une bonne. Une bonimenteuse. Sur le petit marché de la langue, elle essaye de vous vendre de l'invendable. Et le temps du jeu, Bonnie, c'est vous.

6 textes · sabirs, sur 00h00.com puis sabirs.net

ENGLISH POUR EVERYBODY * En classe de philosophie: "Je parle anglais, donc je suis" * En classe de Lettres Classiques: "A moi, comte, two words!" * En classe de Lettres Modernes: "J'écris ton nom, en anglais" * En classe de géométrie: "Ne soyez pas obtus: parlez la langue des Angles!" * En classe de théologie: "Au commencement était l'Anglais" * Dans les mosquées, en lettres coufiques: "L'Anglais est grand" * Dans les synagogues: "Ecoute l'Anglais" * Sur les chaussures de sport: "Just speak english" ou "L'Anglais est en nous" * Sur les bouteilles de sodas "Enjoy english" * Sur les produits cosmétiques: "Parce que je le parle bien" * Dans les voitures: "Un petit speak vaut mieux qu'un grand choc" * Sur Radio-Londres: "Les Français parlent en anglais" * Sur les jarretières: "Honni soit qui français pense" * Et si vous avez la chance d'avoir une Charlotte dans votre zone de chalandise: "Vous reprendrez bien de l'anglais, allez, Charlotte?..."

HCH

Le Monde est déchiré par les guerres provoquées par des différences culturelles et religieuses. C'est abominable, et personne ne fait rien. Si... l'ONU ainsi que les ONG militent pour les minorités (bien que l'ONU, des fois, on se demande), et contribuent de ce fait à augmenter encore plus les tensions entre différentes façons de penser. L'opinion publique a de plus en plus tendance à virer dans cette même direction. Les faits sont là : il y a une énorme pression au niveau mondial pour accentuer et affermir encore plus les différences culturelles d'un pays, région, peuple, ethnie, à un/une autre. De plus, et ce qui est, à long terme, bien plus grave, les incessantes rivalités interculturelles nous prennent beaucoup trop d'énergie, et nous n'en avons plus pour nous occuper de notre planète, laquelle, chacun s'accorde à le dire, est menacée. Afin d'enrayer le Mal, j'ai décidé de lancer une propagande mondiale d'unification de la culture. Il faut rendre l'opinion publique sensible au fait que seule une unité strictement et clairement définie, et cela au niveau mondial j'insiste, permettra d'apporter enfin la paix. Nous autres humains vivons tous sur le même bâteau - la Terre - et ils nous faut absolument unir nos forces pour sauver cette planète en péril. Ils nous faut donc commencer par nous attaquer à la racine du Mal : l'identité des différentes cultures. Il faut déstructurer les groupes existants, interdire toute manifestation d'un sentiment patriotique, supprimer tout symbole culturel, afin de détruire l'identité propre de chaque culture. Ce processus est divisé en deux sous-processus, lesquels seront lancés en parallèle : Le premier consistera en une destruction systématique de toute référence culturelle matérielle, tels que lieux de culte, statues, constructions symboliques. Le deuxième consistera à la création et à l'application rigoureuse d'une nouvelle culture, strictement identique pour chaque habitant de cette planète : l'habillement, la monnaie, les systèmes éducatifs, les structures familiales, les services publics en tout genres, etc, seront pensés de manière optimale et appliqués par force obligatoire à tous. D'autre part, la seule langue autorisée, aussi bien en privé qu'en public, sera l'anglais, cela dans le but que d'ici deux ou trois générations, il n'y ait plus une seule personne pour comprendre et parler une autre langue. Tout ouvrage publié jusqu'alors dans une autre langue sera soit traduit puis détruit, soit détruit sans traduction. La variante de l'anglais qui sera définie comme langue unique sera l'anglais d'Oxford. Il ne sera toléré aucun écart ni au niveau des expressions, ni au niveau de l'accent, dans aucune région du globe. Afin de garantir une unification totale, le programme scolaire sera exactement le même pour tous, et toutes les écoles utiliseront les mêmes livres et étudieront les mêmes sujets au même moment, le même jour à la même heure. Un enfant de troisième année primaire, qu'il soit de Tombouctou, Denver, Singapour ou Saint-Pétersbourg, lira la même page de "Le vieil homme et la mer" le même jour à la même heure. Pour parfaire cette unification culturelle mondiale, j'ai également demandé à mes collaborateurs de préparer un troisième sous-processus. L'identité de chaque humain de la Terre sera entrée dans un ordinateur dans une pile A, et chaque endroit où un humain vit sera entré dans une pile B. L'ordinateur, de manière totalement aléatoire, et celà sous le contrôle d'un huissier, mixera le tout, définissant pour chaque humain un nouvel endroit de vie. Cela provoquera un mélange racial (au sens où on l'entend) total et parfait, et anihilera les dernières parts de culture subsistant en chacun de nous par le fait que nous ne seront plus regroupés avec d'autres ayant eu la même culture. Ce projet, qui, il faut le dire, est absolument vital à la survie de l'espèce humaine, sera soumis à l'approbation de l'Organisation Mondiale pour la Survie, organisation dont je suis la présiente et unique membre (afin de garantir un maximum de chances à mon projet). S'il est accepté par l'OMSurv, il entrera en vigeur au 1er janvier 2003, et sera immédiatement appliqué. Le délai accordé pour la finalisation du projet est de deux ans. Au 1er janvier 2005, notre planète sera enfin, et une fois pour toute, débarassée de ce poid écrasant de la multiculturalité, et nous, enfin libres et en paix, pourons nous atteler à la tâche immense qui nous attend : réparer le mal que nous avons fait à la Terre, et éviter que nous lui en fassions davantage. Chers amis humains, nous entrons dans une nouvelle ère. Une ère de bonheur. Les héros de demain ce seront vous, vous tous, qui par votre soutien infaillible au présent projet, aurez permis aux générations futures de jouir d'un monde beau et sain. Je vous remercie de votre attention, et vous souhaite une vie heureuse et harmonieuse. Bonnie HandklaÏd, Présidente OMSurv, Genève.

KAO

- Bon, Marcel, je n'irai pas par quatre chemins : tu dois te mettre à l'anglais! - Quéll'affure, Bonnie? J'm'en fous moi, d'l'anglais! A quoi tu veux qu'ça m'serve? Causer à mes cochons? - Quand tu voyageras, vraiment, ce sera indispensable! Dans n'importe quel pays, maintenant, si tu parles anglais... - Mais j'voyage jamais, Bonnie! Jamais! J'déteste ça. J'vais pas pu loin qu'le pat'lin d'en face la colline... - Et Internet, Marcel? Tu te rends compte? Si tu parles anglais, tu peux discuter avec un autre agriculteur, en Australie, comme si c'était ton voisin! - T'es malade? De voisin, j'en ai qu'un et on s'fout sur le pif dès qu'on s'voit depuis l'bout du champ, alors l'Australie! - Non mais Marcel, tu sais, bientôt l'anglais va être obligatoire! Tu ne pourras pas y échapper! D'ici deux ans, peut-être trois, tout le monde va devoir parler couramment! Tu vas faire comment? - Qu'y viennent y voir ici, les angliches! Rien de rien! Pas question de ça ici! - Une seule langue pour tous, c'est drôlement pratique, non? On a tout à apprendre de cette culture! Elle s'est diffusée dans le monde entier! Une civilisation brillante! - Tu parles! (Marcel est hilare). Hier, j'ai vu un pote qu'est comme tu dis sur Inter... machin, eh bê tu sais c'qu'y s'disent, les angliches, là d'ssus? Y s' demandent pourquoi les poulets y traversent les routes! C'est ça ta civilisation brillante? Pourquoi les poulets y traversent les... j'y crois pas, fan de pétan! DS

DS

L'anglais, langue unique universelle obligatoire, car langue beau n'existe pas, hors tout' dialecte hic. C'est le paquebot qui permet de railler (sic) l'insulaire, à l'eurostar du tunnel depuis quelques années. Approchez mesdames et messieurs, come on lady and gentleman, léchez ce nouveau concept d'une luuo, largement utile, d'urgence et d'oubli, librement unitive, ultramoderne et organique, littéralement ubuesque, ultime et onirique. La langue m'importe, la langue m'emporte, ni laide, ni moche, la langue m'oblige. Do it, que le cunnilingus soit bleu, blanc, rouge, votif ou à bandes, il se doit d'être universel et sensuel à l'instar du monolinguisme. C'est ce que Bonnie vous propose d'adopter aujourd'hui : fi des nationalismes, fin des régionalismes, foin des gazons proprets, l'anglais sommeille en vous, laissez le s'éveiller. Si les Britanniques ont brùlé Jeanne d'Arc, - grillons là Purcell lançaient-ils -, osons désormais une langue bien pendue. Et si le gang Barrow s'était énoncé en français, c'est derrière eux et non six pieds sous terre que nous aurions poursuivi notre carrière. " Touch wood " est un plus joli principe que la langue de bois, ne pas savoir tenir sa langue est moins redoutable que de la donner au chat, surtout quand il est Chatertton, Chatham, ou Chaterley. Speakez en gré, mesdames et messieurs, speakez à volonté en pick-up rock'n roll, et glissez avec chaleur et volupté pendant toutes ces vacances d'été : "love, love, love, hurrah !".

CC

L’Anglais est la Langue pour échanger des idées mais aussi pour aplanir les difficultés au quotidien entre Européens d'origines diverses au contraire de l’espéranto qui, pour des raisons de neutralité et de facilité d'acquisition, voudrait imposer ses origines cosmopolites à un continent structurellement morcelé. Instaurer une langue "européenne" autre que l’Anglais relèverait d'une utopie et favoriserait l'identité nationale d'origine de chaque pays membre. Il serait préférable cependant de faire de chaque idiome local une seconde langue officielle sur le plan international. C'est déjà difficile de maîtriser sa langue natale, alors autant en maîtriser une facile et se la péter perso pour les acrobaties genre les " aspirées ", les muettes, les conjugaisons à la mormoil, les exceptions sans tellement de fin que c’est la règle qui étonne D’ailleurs, l'Anglais n'appartient ni aux Anglais, ni aux Américains mais à ceux qui l'utilisent. Evidemment, il y a la langue des sourds-muets? Mais comment fait on au téléphone, et puis pour écrire ? Ah ! L’anglais, d’accord pleurent déjà les mous prêts à mollir mais qui s'écrirait (gnagnagna) avec des caractères latins. Eh oui ! ! ! Le latin est une langue commune de fait quasiment, tout le monde l'aura remarqué je pense, mais ce ne sera pas forcément celle qui s'imposera dans le monde à long terme (ce sera l’Anglais, le Mandarin ou l'Espagnol Maximus). Avec le latin, cela permet à chacun de découvrir des visions du monde différentes, polyglottes et multiglottes (polyglotte et multiglotte en fait c’est à peu près synagogue. NDLR) le savent. Personne ne serait jamais totalement étranger où qu'il aille. C’est pas con. Je pense qu'il est possible de créer un sabir européen assez correct avec le latin, tout en préservant les langues régionales. D’ailleurs le Quartier Latin rassemblait tous les étudiants dans le partage joyeux de la langue commune apprise dans les appartements fourrés d’accortes bougresses aux tétons roses. L'anglais restera de toute manière la langue internationale, scientifique et des affaires. Moi je penche pour le latin en seconde langue. Et les idiomes locaux, le Français et tout ces galimatias aussi Has-Been qu’une Face B d'un 45 de Trini Lopez en troisième langue sur option ou bien comme punition si l’élève est particulièrement délinquant. Une nuit un spectre me parla qui parlait d’un spectre : " Un spectre hante le monde dit-il dans mon oreille tandis qu’un goùt de sang envahissait ma bouche : le spectre de la langue unique. Toutes les puissances du vieux monde se sont unies en une Sainte Alliance atlantique pour imposer ce spectre. Ces puissances ont une apparence : un quarteron de commissaires et de dirigeants. Elles ont une réalité : un groupe de technocrates, partisans, ambitieux et fanatiques. Ce groupe et ce quarteron possèdent un savoir-faire sophistiqué et des moyens illimités. Mais ils ne voient et ne comprennent la nation et le monde que déformés à travers leur frénésie. Leur entreprise conduit tout droit à un désastre. " Je soupçonnais immédiatement le quérulent processif derrière le schyzo- paranoÏde et le fit taire définitivement en lui balançant la compil de Buffy en boucle. Des examens post-mortem firent apparaître un encéphalopathie francophone humaine à grande échelle commune chez tous ceux dont l’ambition se borne désormais à envier un strapontin dans les institutions du nouvel ordre mondial, où ils adoreraient se pavaner en déclinant du Duras, du B.H.Levy, pourquoi pas du Lacan, de la Commission trilatérale à la Commission européenne, en passant par la Banque de Francfort, où l’on ne parle qu’anglais et c’est pas plus mal vu ce qui s’y passe. Par la volonté de not’bon maître, le président Grant (qui vaut bien les 1000 de Voltaire) le nouvel ordre doit être anglophone, comme l’envisageait déjà le président éponyme en 1873, évoquant le jour où le monde serait, guidé par la République américaine, une vaste nation où tous ne parleraient plus qu’une seule langue. Par exemple, l’enseignement des langues devrait imposer l’anglais obligatoire dès la maternelle. La France, si elle veut être la France, sera seule ; une ligne anonyme sur le tableau électronique de Wall Street, un pion dans le jeu des échecs mondiaux et seule la langue anglaise sera l’expression de la plus noble des pensées : la Liberté. Nous, partisans de la liberté, et d’abord de la liberté de parler notre langue universelle commune et obligatoire, avons décidé de mettre un terme à ces atermoiements. La langue française est en colère ? Ah, c’est comme ça ! ! ! Si elle continue, elle aura une fessée. Je ne me laisserai pas faire. J’exige l’organisation d’un référendum pour que la Nation manifeste sa volonté de parler l’anglais et renforce les dispositions actuelles de la loi sur l’emploi de notre langue universelle commune et obligatoire. Je recquiers des sanctions exemplaires contre les fonctionnaires français en cas de désertion ou de désobéissance linguistique, notamment contre ceux qui représentent la France dans les divers organismes, réunions ou sommets internationaux et qui continueraient à causer gaulois. J’invite tous les Français à renoncer à l’achat des produits des entreprises qui utilisent encore la langue française dans leurs activités de production, de commercialisation et de communication. Je somme les pilotes d’avion de cesser de semer la terreur dans le ciel de Roissy en parlant français ! Je lance un grand concours de parolier pour l’écritures d’odes, poèmes, apologies, éloges, dithyrambes, louanges, panégyriques, glorifications et encencements de l'utilisation dans le transport aérien de l'anglais comme seule langue officielle de communication des liaisons radiophoniques au motif que le bilinguisme est nuisible à la sécurité des vols et crée l'effroi et l'épouvante que causent les catastrophes aériennes issues de l’emploi des babils autochtones en plein air. L'anglo-américain est une véritable langue internationale, c'est-à-dire un instrument neutre permettant à chacun de communiquer partout. Il est le vecteur d'une culture qui enrichira toutes les autres en faisant d'elles des objets négociables. Chacun sait, que l'exception culturelle par les acteurs de la politique française est une petite guerre d'opérette. En défendant la culture, c'est-à-dire la vie, le français défend sa petite vie contre celle de l'allemand, de l'italien et d'autres européens. On ne remontera pas le cours du temps. La France n'est plus aussi rayonnante qu’à Hastings. Marx pouvait dire que l'idéologie dominante est l'idéologie de la classe dominante, la langue dominante est celle de la nation dominante. Que les états-Unis soient égoÏstement repliés sur eux-mêmes, brutaux, cyniques ou veules dans leurs relations avec les autres états n'y change rien : nonobstant ses inégalités monstrueuses, la violence de ses conflits ethniques et l'irresponsabilité de sa classe politique, les états-Unis d'Amérique sont bel et bien, depuis plus d'un demi- siècle, la puissance dominante, la puissance de référence. La puissance de déférence. à l'intention de ceux qui ne cessent de crier " Non à l'anglais ! ", on pourrait transposer la célèbre formule du général De Gaulle sur l'Europe et les cabris. Il m'arrive, dans le métro ou le RER, de renseigner des touristes. Si leur français est hésitant, c'est spontanément l'anglais que j'utilise. On n'y peut rien et la théorie du " complot contre la langue française " est une ânerie Pourquoi pas promouvoir le breton, le basque, l'alsacien, pour régresser à la féodalité voire se vouer au tribalisme, à la sexualité du cloaque, à l’anthropophagie. Le multilinguisme expose au risque de voir la notion éclater, avec comme exemple que la France, bâtie par la violence par les doctrinaires de1789, est une construction arbitraire et artificielle ? Et bien elle à tenu et l’anglais fera de même dans un nouvel ordre mondial. Dans un paradis mondialiste, sans lieu, sans secrets, sans crypte, donc sans déni faute de lieu où l’aterrir. Contraindre les enfants à parler deux langues, quand ils peinent déjà à en parler une seule ? Bien sùr mais qu’ils la parleront bien si elle est parlée par tous. La constitution impose péremptoirement à tous une langue officielle: le français. La constitution n'est obligatoire que jusqu'à sa révision, ce qui est facile, comme le démontre l'histoire future pour bientôt. Au nom de quel principe, par ailleurs, les bretons, les basques, qui ont existé en tant que nations bien avant les français, vont-ils nous faire chier et jusqu’à quand parce que privés du droit sacré de parler et de cultiver la langue de leurs ancêtres ? La loi est la même pour tous. La liberté individuelle n'est pas la propriété des seuls francophones. Un Homme Une Langue Un Vote Putain, on dirait du Bismark ! Le Français serait menacé par un double complot imbécile. D'un côté les américains combattent activement la langue française, par tous les moyens à leur disposition. De l'autre, les régionalistes, dont certains ne se cachent pas de travailler à la dislocation de la France, souhaitent sa mort et s'attachent à remplacer sa langue par la leur. Bandes de tarés graves que ces derniers qui ne voient pas le rapport de forces devant lequel il faut plier. La régression des langues est un phénomène aussi vieux que l'humanité. et la bébête qui monte, c’est l’Anglais. Lorsque l'Egypte créa un empire et laissa des traces à distance, lorsqu'elle se rétracta le long de la vallée du Nil. Les cités grecques firent de même en colonisant le bassin méditerranéen et les élites parlèrent le grec. Rome devint à son tour le modèle du monde civilisé et le latin s'imposa dans toute l'étendue de l'empire. Après 476, le latin demeura. Il était devenu la langue de l'Eglise et cela permettait de communiquer toute la chrétienté. Puis Paris devint la nouvelle Athènes, la capitale intellectuelle d'une partie de l'Europe. La langue, celle de la royauté alors la plus puissante, s’imposa en quelques décénies. Après avoir niqué l’italien, pourtant plus sophistiqué, le français s’imposa à l'ensemble de l'Europe comme langue dominante. Cette progression fut rapidement irréversible. Au XVIIIe. les correspondances diplomatiques et les traités furent rédigés en français. L'Europe était devenue française. Puis tout se barra sévère en couilles de mammouth grave. La situation actuelle est vécue par beaucoup de français avec tristesse mais ce qui arrive aujourd'hui à la langue française est une phase naturelle de son histoire. L'évolution des langues de communication est essentiellement un phénomène spontané. La théorie du " complot " répandue par certains médias est une sottise ; l’anglais progresse spontanément parce que c’est la langue de la puissance économique la plus importante, parce que, dans le contexte international actuel, elle est la plus utile pour les échanges internationaux. Et nous avons besoin d’un monde utile, composé de gens indulgents, magnanimes, miséricordieux, secourables, nobles et serviables, vertueux, gracieux et braves mais aussi bons, altruistes, philanthropes, bienfaisants, charitables, généreux, bienveillants comme une caresse de ma Tendre et Douce, sensibles et cléments. Pour assouvir ensemble nos pulsions unificatrices, soyons indispensables aux autres, obligatoires, nécessaires, essentiels à leur épanouissement, utiles toujours et primordiaux dans leurs pensées. Pour préparer la venue de clônes salutaires, avantageux, profitables et sains, soyons pragmatiques, réalistes, efficaces, commodes et maniables, aisés et adaptés, fonctionnels et pratiques, employables et disponibles. Ne sommes nous pas nous même des banques vivantes d’organes ? Et ces organes que nous destinons à nos prochains, nourris d’une même langue verront leurs compatibilités accrues. Par la langue unique universelle et obligatoire, l’Anglais, réduisons les rejets des greffons vitaux, capitaux, fondamentaux . Soyons agissants, actifs, énergiques pour être énergétiques, en restant souverains, forts et compétents. Soyons suprêmes, absolus, supérieurs, omnipotents. Soyons divins sans être pompeux, fiers ou vaniteux. Restons simples sans orgueil, sans flatteries ni suffisance. Juste heureux et économiques, intéressants et rentables. Ainsi, parlant tous le même langage, nous atteindrons à l’exquis, au délicieux, au suave et au doux, au débonnaire, au pacifique. Une seule langue Une seule culture Une seule police Un seul supermarché M " Langley " G Merci à Claude Hagège, du Collège de France, à L. Melennec, docteur en droit, à Dolly, à Woolite 12 ans d’âge, et à Arthur Schopenhauer pour " l’Art d’avoir toujours raison "

MG

BONNY ET DEDE Loin des phares, là où les yachts naissent, les pauvres bègues du port mendient , dont la jolie Bonny et le beau Dédé. Assis sur le site avec des singes sur mon quai, ils désirent ces jours-ci en vérité trousser et voler les soldes vendus, chez Fly plein de foule : - de mauvais jeux bas de gamme, - des outils de Toul, - des Waterman, de l’Omo, - des pneus d’une mauvaise année, - Et des nems sans noms. Après dit Bonny « On va chez le cow-boy, dit taureau en boule, patron de la Beauce, son herbe est grasse, mais il ne file de champs qu’aux vaches. C’est une saleté de pépère poivre et sel. L’homme est à la maison triste comme Sade, mais il gueule tel un aigle et est capable, canne et arme au bras, une pomme sur l’épaule, de faire avec son père le sac de Bagdad. » Une ombre est là, sous le parapluie, pour un travail dans les labours. C’est le tueur qui leurre, esthète américain. Il sut faire souffrir un mort de plus, et se pique à parler, « Ce n’est que serpent qui entre en terre » Un prêtre hérite de l’imparfait, qui lègue sa jambe malade et laisse moins à son fils, hors ce cheval. Puis, B&D achètent le bail de quatre forts dont trois en Syrie, chipent un bateau pour aller au Togo et avec un quart de voiture rodant la route se perdent à Toulouse. De jour Dédé et la jolie Bonny, s’ils étaient oisifs marchaient surtout en mars. « AÏe ! c’est haut » râle Dédé, « Pourquoi vos aÏe ? C’est plus haut ailleurs. Allons au lit Dédé, ce sont les vacances et l’été est sommaire. » « Oui, nous . » « Trouves-nous du Findus, pour la blanquette sur la couverture, mets sur un set ce mythe de la viande. « Commande Baby Bonny. Bouillant, il ôte en hâte son chapeau, le short court, il vend de l’idylle et commence une béguine, mais Il émane des semelles un parfum d’homme gênant même la flore du plancher. Mais la bouche dans son taillis, il embrasse l’exquise encore en gaine, sa hotte est chaude au-dessus des ovaires. Douce suite pour l’équipe intime rouge et raide, les amants se lovent pour faire tout doux, pissent en paix et tout de go il va comme l’Oedipe profond, dans le coin ou corps et nerfs heurtent le cœur. La sève se sauve, et aide la tête et des yeux de folle à tomber dans le sommeil, on s’endort sans slip. Les loups que regardent tous les riches ont atteint trop vite les bornes néfastes, les trusts perdent confiance. L’ordre des lords stoppa ceux qui roulent les règles, l’arrêt dit est prêt. La quatrième force avec les autres osèrent mettre en taule ce molosse petit et l’enceinte au lit, et ce tard, sous les étoiles. Le pêne s’ouvre : « Chut ! Je dors, fermes la porte. » Cette sentence fut la dernière phrase de Bonny.

YL