A la manière d'un lipogramme, réécrire un texte sans utiliser de lettres accentuées.
26 textes · sabirs, sur 00h00.com puis sabirs.net
defense et illustrations des accents franco
Les accents sont super !
les accents sont supers,
aigus,
graves
ou circonflexes,
ils changent la prononciation des voyelles.
On les met sur les voyelles,
ils les abritent de la pluie
comme un petit parapluie
et du Soleil qui les chauffe
comme un petit parasol.
Un accent circonflexe
est comme un chapeau
un accent aigu :
comme un parasol
et un accent grave
est comme un parapluie
Voici notre texte
qui se finit,
nous vous disons
Au revoir et merci
On se pressait en foule vers l'Institut National de Linguistique Moderne !La langue -
puisse-t-elle se relever de ce terrible jour !- devait recevoirun coup herculien.
La rumeur courait depuis quelques jours. On allait en finir avec les scoriesde la
dispersion linguistique : retour aux temps de Babel. On nous informaitqu'au sortir de la
communication du Professeur Picrelin, notre langue seraittotalement sortie des
particularismes locaux. Adieu les rythmes des gens dusud, adieu les germanismes de
ceux de l'est, adieu les « r » gras et lesdiphtongues chantantes, adieu les « tu veux-tu » du
Canada, adieu « oubien », plus une fois « une fois ». Adieu aux richesses des terroirs
etterritoires. La langue allait s'uniformiser. S'harmoniser aux dires duPicrelin, maudit
soit-il.
Dans l'amphi principal, il fut accueilli sous les sifflets et par uneescadrille d'avions en
papier. Imperturbable, le dos droit et le sourirehautain, le sinistre professeur expliqua
ses objectifs : obtenir unemeilleure communication entre francophones, hausser le
parisianisme au rangde loi intangible et d'originale connaissance. Puis, d'un geste
outrancier,il exhiba son prototype : d'hors d'une gaine en cuir de grammaire enrichiede
perles de savoir, il tira un couteau long et flexible, fait pour couperles accents. Le pire est
que son invention fonctionne.
Accent de Paris à Paris (j'imagine qu'il faut essayerd'imiter en lisant à vois
haute, non ?)
Je suis du 20e, les poteaux (ami(e)(s)).
Un pur, un vrai, un natif (pur).
Rue de la Chine, du Japon et du Cambodge, que je nus (naquis).
A bettaGam, sur la place.
Pas loin, les escaliers d'Edith sont durs aux poulbots mal pouliches(PMU)
Mon dabe bossait sur Gambetta comme poulet (police).
Ma reum, pour ce qui la concerne, faisait rien que de laver les couchesde mes 12
grandes soeurs (euh, dans l'eau)
12 taupes pour s'occuper de ma pomme, c'est luxurieux, non ? (cool)
Pas comme chez les voisins, qui n'ont pas d'enfants car les liftingset agrafes de la
pouf siliconne claqueraient avec des bruits de court circuit si ill'engrossait par hasard
de ses oeuvres qu'on dit minuscules (robinet).
Directeur de ELF, Total, Shell ou un pollueur du genre, ils bouchentle garage avec
leurs 20 caisses toutes plus bleues pétrole les unes que lesautres, même les
Porsches, les Audi, les Jaguars, Ferrari, Aston Martin, Daimler, mêmeune Ligier sans
permis mais pas du tout de Merco Classe A ni de Alfa car je n'ai pasle droit de dire
les accents des voitures avec le clavier USB de mon Macintosh (ordinateur).
Bref, c'est pas un branleur de bourge qui va faire la loi dans le quartieravec son
accent de Harvard et les arrogances de lituanienne extraite du goulagde son gigot
blondeux (ou slovaque).
Parce qu'il se gausse de meszigues Mister Option, de mon accent du20, du parigot
pur jus, du natif et de la langue qui va avec il se moque, de mes tournuresde
phrases, des images de la vie en vrai que je lui bombarde, gouaillant(déconnant).
Moi, mon pote, je te fais de l'Audiard comme je pisse (lansquine).
Tranquille, les jambes en V comme victoire, les chasses au ciel (zyeux)!
La vitesse d'un croiseur, la puissance d'un porte avions (trop court).
"Mets ta phore, SuperStock, dehors y caille " que je lui dis en guisede bonjour (gaze).
Miss Shagwell, alias Tatiana Bonnbezz, sort ses dents en porcelaineet illumine le
parking d'un flash plein de vide en me voyant avec ma casquette enbiais et la
baguette pour madame Marius dont le mari est mort plongeur en mer Morteet qui
tient la loge (bien cuite).
Le 20e c'est pourri maintenant, je vous dis, c'est le "must" pour d'autres,yes sir, qu'ils
disent (parvenus). Personne cause plus comme du temps del'antan, des aminches plein la
strasse, les fiestas toute la noye, du tafplein la vie (boulot).
Y avait des camarades, des maquis, des ruelles, des jolies cours avecleurs anciens, les
vieux shumaks qui tapaient le zinc, les gars du cuirvenus droit d'Erevan avec leurs
gueules d'Affiche rouge, les ceux de Bretagne,de la Creuse ou du Morvan, dont les dames
faisaient les lessives pour lesbourgeois des Lilas (repassage).
Sont partis tous, ou morts, ou vieux, sans ressort, sans ressources,sans dimanche avec
l'Huma au poing, France Nouvelle ou Regards (Eco&Po).
Je me casserai sur Ivry-sur-Seine si il y a des logements sociaux delibres (Aragon).
Les copains de la cellule Ambroise Croizat y sont presque tous (cocos).
Je tiendrai pas longtemps avec mon atelier de 300 m2 et un loyer de48 (1200 F).
Ils sont venus une fois pour me faire partir, et ils ont dit qu'ilsiraient voir madame
Marius pour lui causer (intimider).
Lui causer, c'est bien, mon joli con, lui causer, mais oui (nervis).
La tuer, ouais, l'occire dans son sommeil pour la surface au sol, leSHOM de l'atelier
de l'aieul (vieux).
A 60 000 balles les chiottes, le cadre Sup se sent des ailes de capo(kapo)
C'est un peu confus ce que je vous dis mais c'est dur de sentir le respectdes gens qui s'en
va (peine).
C'est dur (dur).
Je suis du 20e, vous savez (amenez le mouton, amenez le mouton ! commedans la
chanson de Maurice).
Ma famille avant moi (1830).
Et mes enfants aussi (2000).
Accent de Paris à Montréal (plus dur)
Barnak, c'ment v'tu jaser le jouale correk, 'stie, avec une criss d'accentparigot pareil.
Sacrament, t' t'en sortiras pas d'la junk de night club de gars d'bicycsi tu niaises avec
leurs blondes.
Cibouaire, a vont t'maganer comme si t'essayais l'car wash sur la sidede ton char.
Vas'y pas mon chum, les Popeyes, y vont te crusher les gosses.
Tu fourreras bien ailleurs, reste t'en pas icitt.
Order une pizza 3/4 cuite chez Jumbo Pizza.
On la finira de cuire avec le reste de pot de Jacques et Normand.
C's'ra le fun en criss.
Et tu seras safe, 'stie, tu seras safe, comprend-tu ?
T'as absolument pas le bon accent pour aller dans ce coin exact dece downtown de
Babylone.
Vas'y pas, man.
Bon, vas y s'te veux.
C'est donc tous des naiseux ces maudites grenouilles !
Accent de Paris dans le Gard (voisinnage)
Adieu, parisien !
Alore, omm paye le mas des Pings sans emmprunt.
C'est de l'arrgent touteu cet-te terre.
Comma, je commprend rieng que ce que vous diteu.
Ah oui c'est beau, vraiment beau.
C'est mes vigneus au loin, le long du rail.
Du temps de Maximilien, le povre, les fleures de vos cerisiers faisaientcomme ung
voile de promise, vu du vilageuh.
Et vous, les arrbreus, il vous faudra les raccourcire si on veut quilllsdonneunt.
Eh ouais, c'est la campagne.
On taille.
Et madame reste seuleu la semaine.
Le boulot doit bieng payer dans le nord, cong, pour laisser une jolierouquine de
magazine, cong, avé les petits dans une si grande maison, cong.
Quoiqueu il y a les chiengs.
Les chiengs !
... !!!
Les chiengs, couillong, je parleu pas assez bieng poure toi, con.
Mon assent te chagrineu ?
Les chiengs, ouah ouah !!! tu vois !
Vouais, les chiens, voui !
Chiens... et chiennes aussi !
Alors, je parleu mieux, plus poingtu !
C'est quoi les chiengs (chiens) ?
Tu peux pas le direu !
Et pourquoi, couillong
Tu peux pas dire les mots qui ont des lettres qui ont l'assent !!!
Tu te moqueus, oh ! tu me provoqueus, c'est l'assent qui te lasseu,povre bougre.
Si je te gaveu, tu peux rennntrer et pas venireu me prendreu mon soleil,povre riche
de rieng !
Et que tu ne chasseu pas en plus, sur cet-te terre à garenneu.
Char-Pet, quoi c'est ?
Les chiengs ?
On chasseu pas avé des noms pareils !
Quoi pas avé, quoi pas d'assents ?, tu lui diras que je l'emmerdeton internet.
ah! ils gardeunt C'est des chiengs de gardeu.
Et ils gardeunt vraiment au moins ?
Ah ! on rentreu mais on sort pas.
C'est pas bien malin comme chiengs.
C'est chinois ?
Ils nous ont appris plus de malice les chinois pourtant, cong.
Bon, allez, je retourne dans la vigneu !
Quoi la nappeu, quelle nappeu ?
Vous buvez l'eau de la nappe !
T'es fada ou quoi, j'engraisse la terre aux pesticides et toi tu boisl'eau !
Va, va en paix et laisse nous travailler et tuer tes lapings.
Oh povre chiengs de gardeu, garder un couillong pareileu !!!
Povre !
<<Accents, non merci!>>
Ah, quelle fadaise!
Sans accent, nous sommes perdus. Le sel et le piment de notre langue, de nosidiomes et
de nos jargons provinciaux se font la malle.
Hardi les gars! sauvez ces signes que des forbans veulent condamner et que lemalotru
Sabirator ose nommer "diacritiques"!
Sus! Refoulez ces fourbes hors notre francophonie! implorez les scribes detout horizon
pour bouter cet ennemi des lettres loin de tout alphabet. Ils lesenverront au diable.
Yooo, toi l'typhon-bouffon de l'Acad' !
Tu me killes mon accent, je te killes ton kangoo
Tu me gaves ma guelan, je t'enc en verlan
Pour moi c'est scarlas teen, pour toi c'est Lamartine
Basta : et vive le frenchy, vive le frenchy !
Yo
Chers maman et papa, cher colonel.
Le camp d'endoctrinement est vraiment confortable.
Les responsables du Hamas et du Hezbollah sont charmants et toujours disponibles pour
m'entendre.
Je rencontre des camarades combattants afghans, libyens, kosovars mais personne de
France.
Les jours sont longs et j'apprends beaucoup sur le terrain.
La technique de la bombe ventouse basque n'a plus de secrets pour moi.
Un syrien en qui je n'avais pas confiance m'a dit le plan d'action pour le futur sommet du
G8 qui vient de se finir auJapon.
J'en ai tout de suite transmis les grandes lignes vers notre centre qui a fait suivre
jusqu'au Q.G..
Quand l'information, volontairement fausse, est revenue, ils m'ont pris et c'est pour cela
que je vais mourir demain.
Je vous embrasse tous bien fort.
Ils m'ont dit que je n'aurai pas mal.
BAVETTE DES MOLUQUES.
Avec la mousson, le temps s'arrange. Beaucoup de gars se terrent au repos, deux hurlent
sans cesse : "Que d'eau, que d'eau". Nous nous promenons sur les herbes folles et
mangeons une trop bonne salade, genre batave. Tout rappelle dans ce pays la Bretagne :
les nuages de type cumolus que l'on redoute tant sont souvent au rendez-vous. Cela vaut
le coup des yeux, au bout des cornes que d'abondance. Quant aux locaux, de grosses
entreprises de l'oncle Sam les engagent et leurs cargos exportent nombre de nos
semblables vers notre propre pays. On leur promet le bonheur alors que beaucoup en
baveront.
Saluez de ma part ceux de la Bourgogne.
UN AN DE SABBAT CELA VA DEUX ANS ON VERRA MON COCHON
Un an otage avec mes douze ou plus compagnons, cela change tout le temps, au fond
d'une brousse ardente, on mange crus des escargots nombreux entre deux averses. Cent
gardes, rebelles du groupe Abbu-Sayyaf s'occupent de nous autour de la varangue. La
lutte dure et les palabres des leaders commencent cette phase menant aux pourparlers
et au but probablement vers la nouvelle lune. 2001 verra notre retour au foyer sans
omettre les passages chez les psychologues, devant les presses et la classe qu'on nomme
dans les urnes.
Mon corps au repos sans mets moelleux souffre, et les massages secrets qu'une
quelconque ombre masque, ne peuvent remplacer une bonne choucroute au gewurtz
avant une farce en X actes sexuels.
Embrassez les choux et le blanc de ma part.
TOURNE SEUL AUTOUR DE LA TERRE
Mon voyage dans l'espace autour de la Terre s'effectue rondement.
Cela m'a valu une bonne brouette de dollars, les payes vont rembourser les dettes
colossales en usage chez les Russes. La bourse et la vente d'escargots, sources de ma
fortune me permettent sous le sceau du secret de voler au-dessus de notre sol commun et
d'y larguer mon spot personnel. D'en haut on constate que le plancher des vaches est
devenu fou. Des nuages sales obstruent des amas de zones de plus en plus grands, le
sable recouvre les murs des forteresses d'antan, l'eau se charge trop, il faut la soulager.
Du hublot on peut rechercher sur cet astre l'emplacement le plus perdu pour y baser mon
futur complexe.
La base un, y lancera le programme quenelle du futur en employant des escargots
mutants, recyclant des ordures corrompues avec des vers achevant les restes.
La base deux montera la manufacture de clones sortant selon mes manques des serfs
androgyves de ma propre marque. Le monde sera sous ma coupe dans peu d'an.
Bon, on redescend. Commander toute la Terre est un boulot trop dur quand on y pense.
Roudoudou partout sur mon corps.
LONGUES PATTES ET LONG BEC ROUGE SANS PASSEPORT
Cher Ahmed, c'est d'une plume lasse que cette carte te racontera mon voyage.
La vue change de Rabat, Bouygues adaptant ces ouvrages. Du sommet de la tour la plus
haute de la Z.U.P., le paysage de l'Alsace avec ces ceps trace vers le sud une chevelure
genre afro. Le temps est moyen, alors on mange de l'escargot tout chaud, gras comme les
crapauds des fables. Tu me transformes en passeur, tu caches des barrettes dans les faux
fœtus que nous devons apporter dans les zones chaudes et quand l'adresse n'est pas bloc
H car un con marque le contenu, on est mal, de plus les keufs comprennent que nos vols
ne sont pas seulement pour amener les futurs occupants des cagettes de la rue des
oranges.
Alors pour le retour au pays en octobre pas de blanc sec, pas de cochon, on stoppe avant
la chute de ma couverture.
TA CYGOGNETTE SANDRA
Une exploration minutieuse de mon cerveau m'a permis de trouver, dans uncoin perdu
au milieu de mes neurones sales, un texte de carte postale sansl'assent qui change un
peu des sempiternels "Amical bonjour, ou bons baisersde Palavas-les-flots, Ici le soleil est
au beau fixe, la mer est bleueet si la plage est noire, ce n'est que de monde, nous
bronzons tout letemps, vous allez voir quand on va rentrer. Toute la famille se porte
bienet vous prie bien le bonjour." Allez Johnny, tous en choeur !
Cartes postales d'Alabama
(R. Van Zant / E. King / G. Rossington / C. Moine)
Des fleurs de coton qui bougent
S'envolant dans un ciel bleu
Me rappellent que le blues
Est né sous des jours heureux
Jours heureux
Cartes postales d'Alabama
Vos couleurs sont dépassées
Bons baisers d'Alabama
Tes lèvres ne sont plus sucrées
J'ai vu tout ça dans des films
Aux couleurs qui font rêver
Scarlett O'Hara éprise
D'un Red Buttler méprisé
Mal aimé
Cartes postales d'Alabama
Vos couleurs sont dépassées
Bons baisers d'Alabama
Tes lèvres ne sont plus sucrées
Ku-Klux-Klan tu m'étonnes
Tu resurgis du passé
Cagoulé pour cacher l'homme
Blanc raciste
En croisé preux chevalier
Oui, c'est vrai
Sueurs froides d'Alabama
Sous ton visage masqué
Sueurs froides d'Alabama
Pouvoir blanc et croix brûlées
Majorité silencieuse
Démocratie déguisée
Moralité religieuse
Cheesburger et thé glacé
Terre brûlée
Cartes postales d'Alabama
Vos couleurs sont dépassées
Sueurs froides d'Alabama
Pouvoir blanc et croix brûlées
Pareil, mais sans l'accent :
- Cartes postales d'Alabama -
Des fleurs de coton qui bougent
S'envolant dans un ciel bleu
Me rappellent que le blues
(attention... finesse...)
NAQUIT sous des jours heureux,
Jours heureux
Cartes postales d'Alabama
Vos couleurs sont toutes jaunies
Bons baisers d'Alabama
Tes bouches ne sont plus mielleuses.
J'ai vu tout ça dans des films
Dans des couleurs oniriques
Scarlett O'Hara amoureuse
D'un Red Buttler qu'on honnit
Hallyday.
Carte postales etc.
Ku-Klux-Klan je suis surpris
Tu resurgis d'autrefois
En cagoule pour cacher le type
Blan raciste
Preux chevalier avec sa croix
C'est vrai, ça.
Sueurs froides d'Alabama
Sous ton visage qui se cache
Sueurs froides d'Alabama
Pouvoir blanc et croix en flammes.
Silence majoritaire
Res publica travestie
Ta morale puritaine
Cheeseburger et ice-tea
Terre en feu
Cartes postales d'Alabama
Vos couleurs sont toutes jaunies
Sueurs froides d'Alabama
Pouvoir blanc et croix en flammes.
Ou bien ça :
Carte postale
(F. Cabrel)
Allumés les postes de télévision
Verrouillées les portes des conversations
Oubliés les dames et les jeuxde cartes
Endormies les fermes quand les jeunespartent
Brisées les lumières desruelles en fête
Refroidi le vin brûlant, les assiettes
Emportés les mots des serveusesaimables
Disparus les chiens jouant sous lestables
Déchirées les nappes dessoirées de noce
Oubliées les fables du sommeildes gosses
Arrêtées les valses desderniers jupons
Et les fausses notes des accordéons
C'est un hameau perdu sous les étoiles
Avec de vieux rideaux pendus àdes fenêtres sales
Et sur le vieux buffet sous la poussièregrise
Il reste une carte postale
Goudronnées les pierres des cheminstranquilles
Relevées les herbes des endroitsfragiles
Désertées les places desbelles foraines
Asséchées les traces del'eau des fontaines
Oubliées les phrases sacréesdes grands-pères
Aux âtres des grandes cheminéesde pierre
Envolés les rires des nuits demoissons
Et allumés les postes de télévision
C'est un hameau perdu sous les étoiles
Avec de vieux rideaux pendus àdes fenêtres sales
Et sur le vieux buffet sous la poussièregrise
Il reste une carte postale
Envolés les robes des belles promises
Les ailes des grillons, les paniersde cerises
Oubliés les rires des nuits demoissons
Et allumés les postes de télévision
Allumés les postes de télévision
- Carte postale -
On regarde 'Qui veut gagner des millions'
On verrouille les portes des conversations
Au placard les dames et les jeux de cartes
Endormies les fermes quand les jeunes partent.
En morceaux les lampions des ruelles festives
Refroidi le vin chaud, plus de convives
Au loin volent les mots des serveuses aimables
Disparus les chiens jouant sous les tables
En lambeaux les nappes des repas de noces
Dans l'oubli les fables du sommeil des gosses
C'est fini les valses des ultimes jupettes
Et les fausses notes des joueurs de musette.
C'est un hameau perdu sous la Pleine Lune
Avec de vieux rideaux pendus devant des vitres sales
Et sur le vieux buffet - faudrait un coup de chiffon-
Il reste une carte postale.
Macadam couvrant les chemins tranquilles
Les herbes sont hautes aux endroits fragiles
Plus personne aux places des belles foraines
Et taries les traces de l'eau des fontaines
On oublie les phrases des gens d'autrefois
Devant le foyer avec le feu de bois
On n'entend plus rire les nuits de moisson
Et on regarde 'Qui veut gagner des millions' !
Disparus les robes des belles promises
Les ailes des grillons, les paniers des cerises
On n'entend plus rire les nuits de moisson
Et on regarde 'Qui veut gagner des millions' !
On regarde 'Qui veut gagner des millions' !
(22 avec surcontrainte lipo-motivée par la météo scandaleusede ce début d'été : sans
accents et SANS O !)
Salut les aminches !
Une petite carte du Midi (entre deux anisettes) afin de partager un peudu grand beau
temps qui manque cruellement aux ceusses qui turbinent(gniark !)
Au menu de ces heureuses heures : plage, tennis, pastis, grillades aubarbecue (plus
digestifs), sieste, martini, petites balades tranquilleset enfin ce jeu de billard sans
queues ni table (je ne cite pas le termeexact qui sans accent chante bien faux) que les
natifs d'ici pratiquentdans l'ensemble avec art, avec verve autrement.
Je garde silence sur mes nuits, mais ceux qui me tiennent en quelqueestime savent que
je n'y invite jamais les cafards !
De fait, le triste septembre stressant viendra bien assez vite, aussisuivez
scrupuleusement l'exemple que je laisse aux gais vivants !
Sentiments amicaux de
CAe (qui ne part pas ;_;)
Premier essai
Ma chere meme,
Nous etions hier tres emus d'etre enfin arrives a la mer ou nous etions attendus par
Amedee et son epouse Frederique.
Nous avons ete deguster de delicieuses specialites du pays.
Apres un petit cafe serre, nous avons ete au cine. C'etait: Pepe le Moko (ou Desire, j'ai
oublie)
Tu auras un petit coup de telephone des notre arrivee a la maison.
Bisous
Andre, Cecile et Michele
Deuxième essai (nettement meilleur)
Mon cher vieux,
Comme promis, voici quelques nouvelles de nos vacances.
Aujourd'hui, nous avons enfin vu la mer. C'est super. Tous ces voiliers, sur ces vagues
furieuses, ces dunes avec ces corps presque nus qui bronzent au soleil, quel spectacle
admirable!
Nous regrettons beaucoup que tu ne sois pas parmi nous.
Nous ferions, comme nous aimons, une bonne partie de tennis ou de golf avant d'aller au
restaurant se faire une petite bouffe.
Quelle vie paradisiaque!!!
Bisous.
Jules, Marianne et Michel.
Je mange bien, je dors bien, tout va bien.
il fait beau, je me lavabo et le sable est beau.
Cet automne, nous irons par tonnes vider quelques bonbonnes.
ton cher fils(euh) qui t'aim(euh).
BONJOURS LA FAMILLE
JE PASSE DE SUPER VACANCES.
JE BRONZE SANS ROUGIR (ET SANS HONTE) SUR DES PLAGES DE SABLE FIN.
JE PENSE BIEN FORT AUX SABIRATEURS AU TRAVAIL TOUT EN BUVANT UNE
LIQUEUR APHRODISIAQUE.
BAISERS ET MON BON SOUVENIR.
Ma belle et tendre,
Ici tout va pour le mieux, les enfants s'amusent bien. Nous allons nous baigner tous les
jours et je suis devenu le roi du " castle " en sable, comme disent les rosbeef qui pullulent
sur la plage.
On m'a fait comprendre, par une lettre anonyme, que tu avais une liaison avec le facteur.
Comme il va te remettre cette carte, je me permets de lui dire : " Monsieur, c'est moi qui
garde votre casquette de postier. Vous aviez omis de la reprendre en repartant de mon
domicile conjugale. Elle se trouve dans le garage, dans le coffre à outils. Elle est bien
trop grande pour moi, et je n'ose imaginer la taille du reste ! "
Donc, ma douce et merveilleuse, s'il te sied, attends mon retour pour faire venir le
plombier car rien ne presse, du moins en ce qui me concerne.
Je te laisse ma fracassante muse, car, tandis que je te livre ma prose, notre petite
Natacha est en train de se noyer sous mes yeux.
Mon amour, tu me manques, les enfants t'embrassent fort.
Nous attendons ta venue pour le 6.
Ton bichon, en haleine.
Un jour, un super extraterrestre amerrissant dans le pacifique viendra nous proposer la
convention universelle de la paix, liant les mondes sages.
Les humains voudront signer ce document devant apporter une forme de bonheur
inconnue sur Terre ; mais pour la percevoir, il faudra respecter le strict cahier des
charges, qui astreint les pays et leurs habitants. Ils devront en particulier faire
repentance globale et indemniser tous les dommages depuis que l'histoire existe, puis
faire la paix en soi.
Des courants contestataires voudront certainement imposer leur conception de la paix et
nous retrouverons en cette occasion :
Les nostalgiques de Rome avec sa paix plume ;
Les fils des Capet, monarchistes demanderont le retour de la paix royale, cette paix reine
de la longueur ;
Les ruraux car la paix que nos paysans cultivent, lorsqu'en paix, ils labourent leur
champ, c'est pour voir la paix reverdir le sillon, et de la paix pains et pommes
reviendront ;
Les cafetiers verront dans la tasse paix et terrasses garnies pour laper dans la paix riz,
cubes ;
Les Chinois avec leur paix qui noie dans le fleuve Jaune.
Mais pour l'instant c'est une paix p'tite, trop chimique, ( paix gaz ), trop dollar, qui dirige
ce bas monde, tout en attendant que la paix sache voir dans le dico, que le mot qui la suit
est pakistanais.
Au pays des Marseillais,
L’alphabet
Devait se reposer.
Grave et aigu,
Ainsi que chapeau pointu
Trouvaient ce projet tordu.
Dans ce pays d’accent intense,
Leur travail serait immense.
Pour eux pas de vacances.
Leur repos mis en question,
Les accents, contre leur contribution,
Firent une manifestation.
Monsieur e,
Lui aussi se dit furieux,
Dans ce pays on parle de « peneu »
Mais les lettres voulaient du pastis,
Les plages gratis
et les calanques de Cassis.
Puisque c’est comme ça,
La prochaine fois
Ils partiront chez les danois,
.... Histoire de faire bosser le tréma !!!!
le 3 octobre 2001
Pour la restauration de la paix
L'Union ( Union Nationale Indivisible Officielle Nationale ) encourage et approuve le
processus mis en oeuvre depuis deux semaines visant l'instauration d'une paix durable
au salon. Rappelant que le protocole de la cuisine datant du mois de septembre devait
servir de base de travail pour le salon principalement par l'entremise de la mission
accomplie par des officiers ( nom de code BLABLA) de haut rang de l'UNITA (Union
Nationale Indivisible Tous Aux abris ), L'UNION regrette toutefois que, certains jours, le
comportement d'un certain nombre d'officiers aient ralenti le processus de paix en
cuisine ce qui a nui au service de restauration pour les desserts et les liqueurs. Si la mise
en place d'une cellule de crise a permis de rattraper les prestations avec maestria,
l'encombrement en cuisine a malheureusement compromis le service plats du jour. Un
gouvernement autonome a donc vu le jour, hier, comme les 17 et 25 janvier derniers, et
la prestation - de serment cette fois - des ministres aura lieu la semaine prochaine en
raison de la queue. L'UNION insiste notamment pour que les dirigeants de l'UNITA
donnent l'ordre aux futurs ministres, conseillers et autres adjoints de se rendre en
cuisine et au salon le 12 novembre afin que le gouvernement autonome puisse se mettre
au travail, comme le stipule l'article 1807. Faute de quoi, il faudra jeter un semi-
remorque de primeurs, cinquante caisses d'œufs du jour et en aviser le Conseil des
Risques de Saturation (CRS). L'UNION demande au gouvernement autonome et aux
chefs de l'UNITA de surmonter les obstacles qui subsistent afin qu'une paix durable
puisse s'instaurer et que des programmes de redressement ( encombrement minimal,
service rapide, absence de bousculade) puissent voir le jour, surtout vers les portes de
communication actuellement recouvertes de taches d'œuf et de sauce. L'UNION affirme
une fois de plus qu'elle soutient les efforts de tous, remercie les tabliers bleus et rappelle
l'importance des observateurs du processus de paix en cuisine, prioritaire pour envisager
un extension au salon.
texte original :
Proposition à une convention de la paix.
En attendant que la guerre soit à jamais bannie des rapports entre les hommes.
Article unique. -- Tout individu ayant, du fait de sa position sociale, une influence sur le
peuple, et qui aura en temps de paix incité à la guerre ou laissé croire que celle-ci
pouvait régler un quelconque conflit, sera d'office versé, en temps de guerre, dans les
troupes de choc quels que soient son rang, son âge et ses aptitudes physiques.
Revue Défense de l'Homme, Avril 1950, N
POUR LA PAIX
Auteurs
Aux armes
Que vos plumes
Sur les pages blanches
De milliers de journaux
De milliers de recueils
De milliers de manuscrits
Inscrivent
Un message de paix
Par tous les mots
Possibles et inimaginables
Chez ces lecteurs
Chez ces auditeurs
Du monde entier
Choisissez les bien
Qu'ils s'incrustent en catimini
Dans leur chair
Dans leur sang
Que l'homme sans son hommerie
Puisse refaire de cette terre
Un endroit pour mieux vivre
Dormir et vieillir
Manger et grandir
Femmes et enfants
Grands et petits
Et marier leurs différends
D'un regard nouveau
Ouvert et paisible
Avec cette force tranquille
De l'amour
Contenu
Dans le sourire de chaque geste
Dans le geste de chaque sourire
Dans l'espoir d'un avenir meilleur
Sans guerres
Sans larmes
Sinon de joie
Dans un futur multiethnique et multilingue
Sans tyrans
Sans dictateurs
Sans tortionnaires
Sans militaires
Sans Big Brother
Partout
Avec son grand nez et son argent
Sa mondialisation
Et ses lois
Ses poches pleines et ses mains sales
Un monde de Paix
Pour toujours et sans le forcer
Avant qu'il ne soit trop tard
Avant qu'on assassine le dernier humain
Et qu'il ne reste
Que des regrets
Un troupeau sans guide
D'individualistes
Six pieds sous terre
Errant dans les limbes
Les mains vides
La bouche grand ouverte
Sur un dernier cri
Muet
Aspirant l'air
En vain
amen
La guerre, les hommes, les hommes, la guerre...
Une suite sans fin ?
Pourtant les messages de paix de manquent pas !
Je me souviens de cette chanson apprise dans
l'enfance, qui contenait ces mots :
Pourra-t-on un jour vivre sur la terre sans haine,
sans ire, sans chercher ailleurs qu'au fond de son
coeur la raison au secret de la vie?
[Ni Bible, ni Torah, ni Coran...seulement des hommes
vivant ensemble en paix, ne suivant que leur coeur].
Dans le centre de l'univers, des milliards de
constellations naissent et meurent chaque fois qu'un
homme apprend la guerre aux enfants...
(NB : Cette chanson, dont je ne me rapelle pas le
titre a subi quelques modifications afin de
correspondre aux exigences de ce sabir)
Souvenons-nous aussi de ce fameux message de paix qui
commence ainsi : "I have a dream..."
Cela fait si longtemps... et pourtant aujourd'hui ce
discours n'est toujours qu'un songe...
En ce mois d'octobre 2001, quel triste spectacle
s'offre à nous!
Pourquoi vouloir donner raison aux pauvres individus
voulant absolument faire correspondre fin du monde et
nouveau millenium?
Messieurs les politiciens, messieurs les guerriers,
messieurs les chefs religieux, messieurs les cons,
foutez-nous la paix!
Foutez-nous la paix !
Non mais, qu'est-ce que ça veut dire ces histoirespourquoi le Sabir nous cherche des poux
dans le cercueil de notre vivant?
On a rien fait innocents comme l'agneau pas bu l'eau de son torrent comme Il nous
accuse que si c'est pas nous, c'est donc de la famille qu'on aurait dans le voisinage.
Je dis : " Polop ! "
Au nom de tous les obscurs de la plume, de tous les forçats du site, les bagnards oulipos,
les trimards de la langue je demande la fin des tourments le calme le silence des canons
en un mot l'armistice.
On veut la paix, la vraie, la grande, la totale supprimer tous les lundis midi de toutes les
semaines de nos foutues vies qu'Il nous oublie une fois pour toute ! Mais impossibleIl
veut pas Il revient en force pour nous harcelerqu'on se sente contraints rats tournant
dans la cage foutus pour tout dire.
On a eu beau hisser le drapeau blanc au plus haut du ciel se fatiguer les bras de l'agiter
depuis notre boyau puant pire qu'en 14, d'une gadoue l'autre le Sabir qui rapplique avec
ses messages 00h00, qu'on en ferme les yeux de rage qu'on souhaite plus que la canne
blanche l'amputation la blessure mortelle les gazl'obus et en pleine poire encore qu'il
reste rien tous disparus pfuit ! d'un coup passe-passe, magie ah le beau tour ! bien plus
fort qu'Oudini clic-clac, les doigts et hop ! on tourne spectres sur l'instant souvenirs dans
les brumes ectoplasmes au vent mauvais juste un coup de clairon sur nos tombes rideau !
Bast ! Pensez s'il nous entend le Sabir, depuis ses salons cossus, hauts de plafond, riches
en dorures meubles de styletableaux anciens fauteuils profonds domestiques aux ordres
bonne tableen compagnie de sa dame qui lui peigne la barbe, le soir au coin du feu.
S'il en a cure de nos atermoiements pacifistes pas de quartier ! jamais ! nenni ! Il nous
montre les crocs menace, grogne sur le point de bondir la queue basse, l'oreille en pointe
et les babines sanglantes. Il a qu'une envie tailler dans le vif.
Rendez vos textes ! Il aboie comme un chien de l'enfer Il veut qu'on les fasse rouler les
castagnettes, et en rafales jour et nuit et sans accents puisque Monsieur l'exige qu'on a
pas le choix No comment no comment ! Il prend l'accent anglais maintenant avec sa
badine il fouette l'air zzit !zzit ! tout ce qui bouge.
On abandonne, on lui propose la paix sur un plateau! et nous pauvres larves, de lui
fourbir en esclaves, suant du burnous, nos mots au rabais.
Quand le Sabir ordonne, pas le moment de l'ouvrir, il supporte pas la contestation c'est
plus fort que lui cette façon Mussolinienne ces gestes d'Adolphe vous verriez ces coups de
mentons qu'il donne dans le vide tous les mardis et de tortiller de la moustache devant la
glace et roulades d'orbites devant son ordinateur baveux de jouissance en concoctant ses
exercices de torture pour la semaine.
Alors nous abdiquons contraints, vaincus une fois de plus et on file la phrase, la haine au
bout de la plume, mais dociles en somme humains, trop humains !
Finie la parodie, laissons la parole au grand Louis-Ferdinand pour l'exercice du jour :
" Nous voici encore seuls. Tout cela est si lent, si lourd, si triste... Un jour, je serai vieux.
Et ce sera enfin fini. Il est venu tant de monde dans ma chambre. Ils ont dit des choses.
Ils ne m'ont pas dit grand-chose. Ils sont partis. Ils sont devenus vieux, pitoyables et
lents chacun dans un coin du monde. "
PPP Vie à crédit
(lipo sans accent ni point) Entre en mon coeur, femme cruelle et sourde, Fauve d'amour,
monstre tout de paresse ; Je veux ploger mes ongles en souplesse Au plus profond de ta
fourrure lourde ; Dans tes dessous, que ton parfum parcourt, Engouffrer ma gueule avec
ses douleurs, Et absorber, comme un ersatz de fleur, Le relent venu de feu mon amour.
Je veux me coucher ! Perdre tous mes sens ! Dans un repos doux autant que la mort,
Apposer mes caresses sans remord sur ton beau corps de bronze aux formes denses. Pour
que mes sanglots sombrent dans le cool, Mon refuge est le gouffre de ta couche ;
L'effacement demeure dans ta bouche, Le fleuve d'absence en tes mamours coule. A mon
sort, devenu ma lente extase, Je me soumets comme un nouvel adepte ; Martyr heureux,
car l'holocauste accepte Ces tortures que ma ferveur embrase. Je suce, pour noyer cette
rancoeur, Les saveurs de chanvre et de belladone A tes belles mamelles de madone Sous
lesquelles ne se cache aucun coeur. Un ex-fanfarlo devenu dandy ADC
(lipo sans accent ni point) Entre en mon coeur, femme cruelle et sourde, Fauve d'amour,
monstre tout de paresse ; Je veux ploger mes ongles en souplesse Au plus profond de ta
fourrure lourde ; Dans tes dessous, que ton parfum parcourt, Engouffrer ma gueule avec
ses douleurs, Et absorber, comme un ersatz de fleur, Le relent venu de feu mon amour.
Je veux me coucher ! Perdre tous mes sens ! Dans un repos doux autant que la mort,
Apposer mes caresses sans remord sur ton beau corps de bronze aux formes denses. Pour
que mes sanglots sombrent dans le cool, Mon refuge est le gouffre de ta couche ;
L'effacement demeure dans ta bouche, Le fleuve d'absence en tes mamours coule. A mon
sort, devenu ma lente extase, Je me soumets comme un nouvel adepte ; Martyr heureux,
car l'holocauste accepte Ces tortures que ma ferveur embrase. Je suce, pour noyer cette
rancoeur, Les saveurs de chanvre et de belladone A tes belles mamelles de madone Sous
lesquelles ne se cache aucun coeur. Un ex-fanfarlo devenu dandy ADC
Joins-moi au fond, mon ami cru du sourd, Lion manitou, sphinx aux airs indo-mous ;
Faim sans fin pour moi aux doigts d’amadou Fouissant parmi ton luxuriant crin lourd.
Dans ton jus, discours, ronds dans mots, part-faim Pour adoucir mon jabot maladif, Pour
ravir l’air, corrompu palliatif Lourd du puant grain d’amour raffarin. Dormir ! Oui
dormir plus fort puis mourir ! Dans un sot maillot, aussi doux qu’amour, J’aurai par tas
gros bisous sans glamour, Sur corps rompu, trop poli pour courir. Pour assoupir mon
sanglot affaibli Il suffira pour Judas d’un poutou ; L’oubli puissant vit aux abords du
trou Par lui ourdi pour rançon d’un bon lit. A mon futur, pour toujours flamboyant, Dirai
un oui clair, commun, sans boni ; Martyr soumis, vrai naÏf, con banni, Dont soif nourrit
sans faiblir son tyran. Dans moi, tout suc pour abolir l’affront, Calmants, laxatifs, sirops,
bons poisons Bus aux puits d’un pouvoir dur, sans raison A jamais produit pour garnir
prisons.
L’été, tard. Tic-tac tic-tac tic-tac... Tantôt, tonton a tâté les tétons à tata ! Tente Théo
Têtard ! A dire sans accent, devant une grosse tasse de chocolat et trois brioches