Stéphane BarberyPoésie 1咏 © Stéphane Barbery, 杲, stephane@barbery.net IntroductionMaladitExilLitPhotographiquementContrerythmeFixesCapMaladitPrésenceCambrureEclatsCahier rouge et noir 1CheminéeSépiaCilsAutelPlaquetteQuatorzeArbreHéritageCarrelage9508MarchePermissionRêveDos99SoleilCosmogonieScatApocalypseMétéologieShivaRefletsAveuglesAlpesMasquesShitaoSouffleTomoeCielEx-librisPatinirBoireDimancheTristeParquesDireTraireSigneDamnedIndusLogEtoilesVortexAnalyseKiaiRéparerCageSesshuAutomateGlueDéfiBéliersSèveVoileLarmesJouetsEtéLittoralPlage風流 IntroductionLes recueils 「Maladit」, 「Cahier rouge et noir 1」 et 「9508」 réunissent des poèmes de jeunesse écrits entre quinze et vingt-cinq ans.Ces textes attestent :Que depuis l’origine, je suis étranger au langage. Que les mots ne sont pas ma langue maternelle. Que je me bats avec chacun d’eux. A chaque syllabe. A chaque respiration.Que je traque l’instantané comme un photographe sans appareil.Que l’expérience de l’analyse m’a placé à l’écoute de l’angoisse et de l’originaire. M’y a enfermé aussi.「99」reprend des textes mêlés de l’année du même nom.「Reflet」 s’est construit, entre trente et trente-cinq ans, comme un projet à contrainte, inachevé : écrire cent textes où le poème surgit comme reflet d’une image, inspiré par elle, accueilli par elle. Ces images, conçues au tout début de l’internet grand public, au temps des premiers appareils photos numériques et des écrans cathodiques avaient une résolution limitée à 800 pixels. Elles ne méritent pas d’être sauvées.J’ai retouché ici et là en créant le fichier de ce livre qui n’a de sens que comme témoignage d’étapes.Kyôto, 2013. Maladit ExilEtranger au langage. En exil dans les mots. Pas de langue première et absence au loin du verbe dont la force jamais ne fait bruisser mon arbre. Sèche, ma gorge. Retrait d'un pas, témoin terrorisé de la lutte lexicale, à coup de fouet de deux parents qui s'entretuent. Affolement de la parole, honteuse, la mienne.Mon alogie me fait vivre dans les interstices de vos instants.Mon œil colle, à la serrure de votre sabir LitLit vide de la parole, de ton visage, blanchie par la nuit blanchevide du tendu écartelé de l'angoisse, ce drap housse claquant tout propre sur le matelas vide de toi Présence qui fait défaut, la Tienne, Dont je sais le silence blanc, là-bas, blanc comme le drap housse d'un autre lit vide de nous PhotographiquementImploser le savoir. Oublier la mémoire. Jouir et piétinerla nuit dans la ville, les crachas du trottoir.Se faire prendre par l’arachide, son goût de chair et d'arbre mort, et le diluer au goulot d’un porto trop doux aux courbes de femme. Boire à la sensation pure, au marasme, à l'orgasme de la boue. Etre frappé, par la foudre, dans chaque pupille. Tremper toute fibre de tous muscles au noyau de chaque étoile Offrir son corps à l'infini de l'infinie douleur Et mourir/jouir/souffrir/vivre Photographiquement. ContrerythmeNuit pavée au goût de bière. Et les taxis. Et ceux qui crient. Et le clochard gênant, l'idiot, au rire perdu, à l'unique dent. L'enfant, son père, visages aussi clos que des fenêtreset la femme et son corps, entre nisme et nité, qui s'arrache en vain, sous le crachin de la Nuit. Sous le pied ? Le contrerythme. La vague désillusion du pas. Tête refroidie par les baleines. Tout, tout le plaisir de la limite, plaisir carné de chair, de l'esprit lourd et chaud, de la crainte dans l'avancée, salutaire, perçante initiatrice Nuit pavée au goût de bière. FixesC'est la larme qui rigole dans le sourire de tes lèvres * Saisir l'infini.Comme une viande.* Des phrases qui fusent Comme la colère *Ni alexandriniser. Ni aboyer. Mais trouver le rythme sec et juste, sous le zéro centigrade qui ouvre la serre de l'étranglement. * Trouver ce rythme étrange, fallacieux,antimatique, où se retourne la tête aux joues rouges, - tête claquée passant d'une épaule à l'autre -Voir son absence de faute jaillir à la claire fontaine. * Dans les creux, trouver la raison photographique.Pour la fixer. * Boire le lexique et la syntaxe par ingurgitation du monde. Puis restituer. De la lumière.Par le plexus.* Toucher ta peau trop blanche, trop jeune. Et m'y appliquer comme une poignée de main qui s'étire... Flux et reflux des mouvements émus de la trachée. Qui se serre sur tes lèvres. * Liposucer les phrases et le gras du vide.Entre deux mots * Volutes sonores aux ondes plaisantes de rire-sourirede rire-plaisir dans les yeux embrassant de ton face-à-moi. * Gouttelettes-perles sur ton visage et ta peau sur les gouttes Suspension Un hiver éternel, éternelle la pluie fine suspendu, le froid Le mouvement terrifiant. des gens CapIl y a du bruit autour Et des phrases comme des portes ouvertes Il y a la poussière et la craie Il y a le bois Et des corps chauds qui bougent dans un pourtour de tables Et puis ton regard timide dans la diagonale du mien Des corps qui s'agitent Et nos torses, comme le temps, figés. MaladitPréhension du monde, beau silence, qui s'échappe du ventre et sulfurique perfore l'estomac. Au sein du verbe, une coupure, un écart, un clos sans serrure, refermé à tout jamais par la courbe digitale de ta voix, à tout jamais par le vide de l'illusion que tu sais nommer. Illusion.Pas de porte. de coupure. sinon celle que tu vises, toi, moi, dans un râle hoqueteux. Celle que ça s’ignore : la mort. Maladit PrésenceCalme idée de prolixité, Pas de souffle: Un. Un murmure Fondement originel de ce calme Fondement matériel de ce calme Plus Plus qu'un rien abstrait, passant las, à portée de main Pure négation Pure absence de désir Dans un contentement plein Sans forme Sans vertu Pure absence d'une absence de désir CambrureStatue, là, en jouir, Amante, mon amante, je te parle d'une Statue, là, en jouir. Je ferme les yeux, et, son ici-maintenant éternel, est, plus fort, plus fort en moi quand tes reins se cambrent. Femme-amante, la Statue, là, en jouir, qui s'étire et se tend comme crystal chaud dans l'eau froide Statue infinie, défaitrice de ce que tu ne gagneras jamais, Amante, mon Amante, aux courbes elliptiques, aux seins de caresses : la mort dans l'orgasme, l'Eternité. Mais je triche. Ta cambrure n'est pas le jouir là, comme un roseau de désir. C'est l'étirement de la pureté dont j'ai peur, de ta pureté de femme-vague-feu à jamais suspendue du flux de miel lissé, au sourire mimant l'éclat - comment veux-tu qu'un homme, son torse-équerre, ses angles aigus son sexe droit, ne pleure d'y participer, Amante, mon amante, en t'offrant son plaisir en y souhaitant ton décès. Je t'aime. EclatsUne rose sur la table rouge, blanche, ombrant la tranche d'un livre vieux comme du bon pain. Mes doigts qui frappent. Lieu, temps, humeur fluide et colorée, physiologique : médicale. Et sur la trace des doigts, la lettre suivie d'une autre. Météorologie du poème. Baromètre et son problème : ne pas subir le « temps qu'il fait ». Des paupières, une fenêtre froide, noire. Ecrire aux éclats. Frangin. *Mensonge éveillé. Tu n'es plus que le masque africain, le masque aux yeux bridés, à la bouche souffleuse de vent, de ce grand vent amérindien, océanien, N’es plus que ce masque supportant tous les masques, Jouant seul, en esprit, au cache-cache interminable de l'absent-présent qui n'est pas là lui-même. L'autre pour ne pas être toi. L'autre, cet immense autre, ce toi-même refuge sur le névé de la folie. Tu t'y fuis pour t'y perdre en reniflant d'angoisse - et de plaisir - le fait de n'être que toi, gémissant, pleurnichard. Tout ce que tu hais.Et qui n’est pas toi.En attente de lumière. Cahier rouge et noir 1 CheminéeSur Glenn Gould.Cheminée, c'est le chemin lent de la fuméeFace au chatet dans le ladu piano noir.Cheminement… de la penséelactée, courbe, au velouté de sein naïf.Sur le vallonface à lafenêtre froideLes tracteurs rentrent le bois. SépiaChemins noirsEt pas après pas...la neige crisseà ma botteSur le sable - frustration sourde -j'avance seul.La plage arrière de mon cerveau sepresse contre mon crâne.Mes molaires luttent,Et des oiseaux noirs, minuscules,volettent par bond de cinq mètresprécédant mon désird'éclats.Image qui se déchire comme la mied'un pain sarrasin,comme un sépia,qui déploie le noir parfaitoù mes pattes d’insectes’envolent vers l’arrêt du néantvers soi soleil. CilsUn pas ? la chute.Des fourmis dans mes jambes de mielFermer les yeux etmarcher sur le gouffre.Sol interdit au regard - articulation interditeLe monde bat des cils. AutelC'est une troisième main qu'on perdau détour d’un quartier d'orage Vieux smack haï-donné du bout des doigts à quinze ansDésir chairDe se bonifier au plaisir- Etre dieu rangé,veillant-absent dans tous quanta, dans nul étatEtre le tout, disparu du genre humain. PlaquetteJ'avale ta bave, scargot gras-gros,croque ta chair grise, moite,chiffonnée comme une vulveet m'enfonce dans tonantre,en chercheur sexuel de pi.Le temps chaque matin sortde sa plaquette rosepour s'arrêter tous les quartssur le rouge de ma colère. QuatorzeQuatorze heure :Soleil, trente degrésde tes 4 angles droits.La goutte tombée la dernière veilleremonte le long vertjusqu'au mégot rouge de la fleurpuis s'évapore et glacel'hématome violet-violentdu ciel...Dans le salon froidle fumé du boischarbonne mes muqueuses.Vingt heureAu loin ce soirla pluie goutte. ArbreC'est un avant bras qui sort de mon crânemain tendue.Ses doigts Sa paumeaccrochentla première branche de l'arbreL'arbre tous les trente milles joursgranditet peu à peu,je m'élève du sol HéritageLignée du pèreLignée sans hommesOù le numérairese cash en corps du père du père- Où l'ordre du père, sans mot,s'intone«  be my dady,mon fils » CarrelageP'tit bout de carrelagesur le sol carrelédu langageC'est toi, poème,singularité grise de ce que j'écrisAssesseur fraternelledes touches senties/mentalesde tous mes " Au quatrième top "Au quatrième top, donc. 9508 MarchePuissance de hordepuissance pomiqueheurtant, gommant l'en soiUnion-Section,marchant sur l'être,à l'Attila,gomme blanche du monde.Lasero-huit PermissionSeptembre en samedila brique de l'âtreest blanchie par la braiseSur le chemin permisla lumière d'automne,en éclairagiste de l'entre-deux,rehausse l'ombre terre d'un pré oblique,tache clarté,d’une chope d'arbres verts.Permis de permissionnaire en permission :sur les courbes parallèlesun grande ligne, 15h40,laboure la patried'un sillon de soulagementDans le wagon de comparses : des cris.train de permission.Je m'endorsjaune comme un œil électrifié par la spoliation.Et toi ce soir contre moi.De rien. RêveAu long loin du long couloircake aux anneaux de vitreset rail lissé d'entre-deux portes closesLa ligne d'un iris ceinture-de-feuxle tienirradie le tapis rouge où mes pastentent d'inscrire mon chemin.Explosion.C'est un volcan de tes yeux,miroirs sans teints convalescents,qui, enfin, éclate :chakra...Coulée de lave qui savonnel'épiderme du sol,Coulée brulis de la grande verte viergeRougeoiement feuillu d'été amérindien.C'est la joie et le plaisir violentsilluminant le monde,notre monde.Sur la fusion dansante des entrailles mellifluesnotre jeune chat- notre vrai chat -avance serein sur les flammes,comme un dieu se jouant de la gravité.Parce qu'il ne brule-hurle pas de douleur, je sais :rêve. Un des miens. DosC'est le souffle qui s'enroulejusqu’aux spires du nombrilet le même qui revient en coniquepointé au milieu du frontC'est l'anneau des vertèbresqui ondule et craque petit bois,réchauffe tes hanchesTes doigts de piedcrochètent le solet chapardentla pesanteurEt toi, dans la haine d'une foule de trois violente,matricules minusculesde haine de honte et de dégoutcomptant les joursbecause :t'es serein dans l'isolat. 99 SoleilLe quotidiencreuse un sillon sur mon front,ma sueur y dépose le sel,Et personne n'y survivra.Age comme un carquois videRespirance.Mon carnet sur la cuisse.Et nuit à 5h.Pluie.Esprit brouillé par d'alimentaires compromissions.Reste cette fibre,exigeante,comme une artériole aurifèredans un blockhaus de concrétion :Sois ce que tu crées,Et comme un soleilRadioactive ta vie.Ricercar en offEt vue sur la pauvreté du cœurPetite meute autour de soiEt soi dans la meuteDe la fleur, de la racine : laquelle est la fleur ?Vivre en Chêne et s'habiller de soi CosmogonieAu cœur du là,une larme de joie s’endort, s'évapore,se sublime en rêves créateurs de mondesAgile, fissionnant le temps à la pulpe de son regard,Elle tisse les fibres lexicales, sème les sables du silenceSon rêve est garant du globe.Le monde, de l'infini de son rêve.Alors il la berce,la borde de plaisir,en souvenir du plaisir qui la fit être.Sur une cime-neige, une étoile se lève pour honorer l'étoile.Une étoile se lève pour honorer l'hommageLa lumière fond en quartz et s'immobilise au gré.La monade est remise dans un velours noir.L’arbre émeraude souffle ses aum inaudiblesfait danser les courbes du là.Un bulbe binaire se forme,de cause à effet, fleurit en rose des vents,plaisante dans la fugue des pierres - elles qui se caressent en désir de galets.Pour les encrer de couleurs, chromes et mercures viennent y verser leur sang.un magma souffleur de verre y tourne une billequi passe de mains en mainsde poches en poches d'enfants puis explose un soirun soir de feu de chêne à la St-Jean.Les éclats forment le popcorn des champs environnants et le coquelicot irisé de bleuets parfume chacune des tiges du blé.La fauche s'ambre en une miche.Et dessus, comme une couette en hivers’allongel'époisse, dans une trempée qui tâcheL'un de nous berce aujourd'hui la larme en sa pense.Alors pense-là. ScatSur ta tempe argentée,Le « bruit du vent dans les cheveux » scande la fugue des souvenirs,basse continue, éternelle, du temps.Un son de masque tressé qui se pose sur ton visage,celui du souffleur de vent, bouche ouverte sur le futur :Pupille dilatée vers le monde des mondesPupille dilatée vers l'oraison funèbre de la mort.Un aum-soleil pour un homme-soleil,à la Vinci.Restent les notes alpines qui se servent de tes cheveux grisComme instruments à ventEt toi, de résonner, en contrepoint de toute vision,Jouissant du scat causal de la vie. Apocalypse(Caviar d'âge de l'Apocalypse de Jean)Heureux celui qui lit l'alpha et l'Omégadans un livrecomme laine blanche ardentecomme la voix à deux tranchantstel le soleil mort et le vivantJe sais mon nom, mon témoin fidèleet je combattrai Souviens-toi de l'humanité entièreen plein volViens !Un arc rouge feu, blême, suivaitles fauves de la paroleJusqu'à quand ?Comme un figuier battu Le ciel roule les îlesHommes libres : cachez nousNul vent ni arbre : gardez-vousUn silenceflamba,l'absinthe perdit de sa clarté d'hyacintheLes bouches vomissaient leurs hommes- Le pouvoir réside dans leurs œuvres -Et je vis un petit livre comme un secret :« il n'y aura plus de délai ».Je pris le petit livreet le mangeai... MétéologiePour le temps qu'il fait,glissez dans la laineglissez dans la staseet souffrez nez au vent de lunequ'un soleil vole l'écumede vos jours.Gris : comme le temps d'un mort. Shivahanse de mainet œil ébènede bois qui pense,un rond dans l'espacede ton moiC'est une beauté qui dansesur un refletlasOù tu frémiras Reflets AveuglesAveugles au Monde :Ca crève les yeux !Sur l’avenue de la raison coulante,causal, un nœud au cou,souriante,nez au ciel,chenille l’humanité.Marche automatiseMarche autobêtise :Les Ténèbres sont - toujours - clairespour celuiqui n’y voit que du feu.Par le credo de noëlPour l’espoir d’un seinPour l’empire dans l’empireles hommes - inlassablement - se crèvent les yeux. AlpesSerein.Regard clair du souffle court.Larme glace du vent qui sèche :Grand angle.Je chemine et domine ma vie ;La montagne m’accouche ;Mes points serrés boxent l’univers.Temps suspendu.Alpes.Et devenir homme :à-pic.Sur les cimes d’un néant de valléesles plaines - à vides - à jamais me font peine. MasquesPourtant sourire :du vent dans les yeux, se fairesouffleur de vie.Et de plaisir :ciller les yeux ShitaoLève la tête et tu la vois,La ligne sur le cielLa ligne sur la pageLe sommet de ta vie.Pas futur-idéalMais royaume-origine :Ton lieu etTon éternité.Alors monte.Et vis SouffleSouffle, soufflePour que la puissance de l’homme n’efface pas l’humainPour que le ciel blute l’acide des songesEt tienne réel- tout soleil -- de tout plexus -Souffle des paroles d’orPour tisser l’étoffe des vies,Et déploie la chaleur de tes paumesVers l’étoile irisée de tes frères en demainIl n’en tient qu’à toi. TomoeTransir le vortex sous la cascadeoù l’eau, étincelant l’effervescence d’elle-même,monade tourbillonnant dans le flow du temps,se rêve abstraite.Penser, ou la mécanique des fluides CielCiel, dans la temporisation maladived’une errance,celle de toute vie.« Désolé, vous vous êtes trompé de numéro » Ex-librisCe qui court, là, sur le solArriveras-tu à en goûterle selArriveras-tu à lire - en braille -l’ex-libris du làet rire de son tour ? PatinirSur quel arbre graves-tu ton nom ?Sur quel filtre comptes-tu pour la reconnaissance de ta vision ?Auras-tu la force, un matin, de tuer le deuil inachevé de l’œil uniqueet rire avec autrui du miroitement de la forêt ? BoireJe suis l’île du chiffrel’architectela femme à qui l’on confie le dessin des pontsBois-moi DimancheFroid aux doigtsPoumons en fleurs,A l’instant de basculeOù la lune achèveson ahhhh,A l’instant de basculeoù tu respires avec elleTon espritdans le bruit du galet golong golong,Chante, stupéfait,Vers le soleilDimanche TristeUn homme bienVisage au ventTriste de ses erreurs ParquesClotho file, muetteLachésis roule, en silenceAtropos coupe, sans voixEt moi de m’imaginernuavec ellessous leur drap DireFroid au corpsChaudes larmesMentalesqui coulentcomme la sueurimmobilede ta résistanceà cet effortLe soulagementd’un dire TraireSilence des couleursSur ma maisonDimanche de soiJe n’irai pas pour toitraire le dictionnaireErre vers toi SignePour que le signereste attaché au lacOn lui casse une aileVol DamnedUne couleur n’est pas le cœurlourd de ton amouradulescent- Plier les genoux sur son sternum -La vérité est une musique qui me manque.Stop. J’en ai l’oreille absolue. Stop.Homme : bébé rêve de maman. Damned. IndusTout seul et fatiguéDe se forcer à vomir- avec le sourire -pour nourrirles adorateursdu temps perdules imbus indusbouffeurs du vomi de la vieVoles et voisTraces LogQui te dit que sur la plageoù la mer signe son vais-et-vienstu trouveras le portailnon loguévers le ciel sans limites ?RienSalutation au soleilvent pour tes poumonsminutes qui suffisent à ton jour EtoilesRange le monde autour d’un lever de nuitOù les étoiles ne sont pas des yeux maternels- ni les attentes d’autrui -mais ce qui brille au fond de toi :les mots qui font naîtreton sourire.La voie lactée est non-voyantePartant orpaille ta voix du vrai VortexPas de nuages, pas de vortex, pas de filtresMais la déchirureEntre ce que tu eset ce que tu es à êtreQue tu suturessereinement.La vie, cette épisiotomiequi prend du temps AnalyseVérifier qu’il faut du tempspour serrer dans tes brasce que tu n’as pas appriset que tu ne légueras pasla touchstone de ta viequi alchimise tes serrements de cœurs.S’aimer, sans violence ni orgueil.Dans la tendresse et le demi-sourire de soi.Et investir cet amourdans une trace digne.Celle que laisse les marqueurs sur les chemins de randonnée KiaiFlux et refusde l’instantLes arbres jouent leur contrepointZipper le réel - l’alephiser -Pour en faire un kiaiPour en faire un qui aille RéparerQuelque chose te prendà la gorgeet cet indéfini familiertu le connais parce qu’il trembleau fond de toiC’est une terreurCelle d’une langue qui n’est pas la tienneCelle de désirs qui ne sont pas les tiensAlorsTu essayes encore,de réparer,ce qu’on t’a cassé,la mère de tranquillité CageJe ne laisserai passur mon chemindenappe sur ma cagedecage sur mon voldevol sur mon videdevide sur mon cœurcarJe ne suis pas l’homme-cageJe ne suis pas l’homme-videJe ne suis pas l’homme-peurs,mais juste,- parfois -,invisible à moi-même,et,invisible aux autres.alorsEssentielmez-moi SesshuVue,comme une lettre lavée de larmes,Avec là-bas, là-haut,de l’autre côté du chenal, unlieu-dit sanctuaireà atteindre,pour voir lelieu-dit sanctuaireici-haut,d’où je te peins - serein, rayonnant -une vallée de larmes AutomateC’est le Même et c’est l’Autre,cellulaire, automate,qui se donne, numérique,aux variations,arbitraires,mais définies,d’un autre,automate, cellulaire GlueNe censure pasla flaque de ragequi source de tes dentsQuand la trouille itérée des autresglue le faire de ta vie DéfiTon chant loge ce défid’avoir trouvé ta voixGourmande les vaguesdresse le ventsouffle le sabledans la seconde où tu goûtesl’aise de ton souffleJouis comme un indienen te frappant le torsepour hurler moi moi moi BéliersDans une station service et une remorquequatre beaux béliers.Je vois leurs yeux effrayés.Ma main pleure.Je ferme les yeux en priant pour eux.Ma main ne pleure plus.Quand je me retourne, mon chien sourit. SèveCe décalage sourireentre le voir et l’avoir vu,su du percevoiret ce qui se poursuit seulSe déployerSolideSolaireSouple tel un chêne-roseau VoileFace au vent : leçon de l’arrêtAlors tes mains,salées,à l’écoute de tes voileset pesant le bordaccordentle sens- là où tu vas -au prix du jouir- là où ça gite -Les flèches en vecteur caressentla gorge de ta toileAu près de mon gré vrai :ce point juste,aplomb sûr mesuré par mon corps.Voile actée. Larmes14 ans : j’entends« … quand on a fini de pleurer,on s’mouche… »30 ans : je m’y entends ;mes larmes coulent par le nez,je pleure en me mouchant.- Ne laisse pas les mots qui flottents’aligner dans ton corps -De là,mes mots sont mes mouchoirsMon faire ma contre-plainteEt je pense sérieusementà l’exclusivité monadique du soleil JouetsDans le coffre à jouetsd’une grand-mèreUn fouet, un martinetdeux paires de baffesune tête de poupée crasseun harmonica au goût de silexEt les rires des jeuxqui restent làLes enfants sont les jouetsde leurs parents EtéLe soleilneige sur la merLe ventneige sur les feuillesMes yeux étoilent à celadébruiteurs- comme mes mots -Je, un flocon dans l’espace LittoralAmer risqué périlsous la pluieje foule seulle cordon littoralChaque pied de maïs,pourri,cherche à m’épouvantaillerMes lunettes laissent goutterdes lacssur mes jouesDanger d’éboulementje retiens au bunkermon envie d’envol« par arrêté préfectoral… »Qui m’arrêtera ?Popcorn-toiVivre assez,à ses risques et périls PlageUn homme de la montagneQui n’y a jamais vécuMarcherala nuiten hiversur la plage 風流風流, FûryûLe flow du ventse tairepour le sentirsur son front